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Hommage à Michel Blanc.Michel Blanc inconnu.
Michel Blanc ne fut pas que Jean Claude Duce. Avant de s’imposer comme tous les comédiens, il était passé par les petits rôles, les seconds rôles, les troisièmes rôles, sur le grand ou le petit écran. Plus improbable, il signa l’adaptation française des dialogues de la comédie anglaise « Ouragan sur l’eau plate » puis, une fois reconnu après « Tenue de soirée », incarna le docteur Augoyard, médecin humanitaire enlevé en Afghanistan. Sa carrière fut riche et variée.
RIP.
« La meilleure façon de marcher » de Claude Miller (1976) En moniteur malheureux et complexé d’une colonie de vacances.

« Je t’aime moi non plus » de Serge Gainsbourg (1976) en ouvrier.

» Attention les yeux » de Gérard Pirès (1976) En flic goguenard.

« Maigret et l’indicateur » de Yves Allégret. Première apparition de l’acteur dans la saga du célèbre commissaire.

« Le pendu de Saint Pholien » de Yves Allègret (1981), duexième contribution de Michel Blanc à la saga Maigret.


Avec Philippe Augoyard, préparant son rôle pour le téléfilm d’Alain Corneau « Afghanistan, le pays interdit » (1987)

Actor Michel Blanc works on his script with Dr. Philippe Augoyard in Paris. Blanc is preparing to play the part of Dr. Augoyard in a television movie entitled Medecin des hommes. The film is based on Augoyard’s book La prison pour delit d’espoir: Medecin en Afghanistan, which describes his abduction in Afghanistan. (Photo by © Richard Melloul/Sygma/CORBIS/Sygma via Getty Images) -
Aujourd’hui: « Le boxeur manchot/One arm » de Tennessee Williams (1960)
Recueil de nouvelles dont la première « La statue mutilée » narre le destin tragique d’un jeune boxeur qui sombre dans le crime suite à la mutilation qui a brisé sa carrière sportive. Déjà le ton est donné dans ce récit, marginalité sociale et érotique, destins tragiques, folie, infirmité. Le tout sous le regard à la fois lucide et compassionnel de l’auteur.
Dramaturge, nouvelliste, romancier, très aimé du cinéma – qui ne traita pas pour autant son oeuvre pour le mieux- Tennessee Williams fut et demeure une figure culturelle américaine et même mondiale. Toutefois, pour reconnu et prolifique qu’il fut, Thomas Lanier Williams fut aussi très inégal. Sans doute parce qu’il ne variait guère ses thèmes. Aussi finit-il par se répéter et ce parfois jusqu’à la parodie. Heureusement, rassemblant des textes datant de ses débuts et milieu de carrière, « Le boxeur manchot » échappe à ce travers. Evidemment. Poétique, brutal, tendre, plein de l’imagination encore intacte de Williams, le recueil constitue le meilleur de ce que le natif du célèbre état pouvait produire à côté de son théâtre. Il y a de surcroît de vraies audaces, comme lorsque l’écrivain flirte avec le fantastique dans la dernière nouvelle « L’oiseau jaune » (Williams écrivit quelques textes pur la célèbre revue « Weird tales »)
A lire? Oui!

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Aujourd’hui: « A bord de l’étoile matutine » de Pierre Mac Orlan (1920)
Un vieil homme au début du XVIIIème siècle fait le récit de sa jeunesse aventureuse à bord d’un navire pirate aux côtés du capitaine George Merry.

« Une île au trésor sans trésor, sans perroquet et sans espoir… » Ainsi parlait du roman de Mac Orlan l’érudit Francis Lacassin. Cela suffirait à ma chronique et m’épargnerait de la sorte une crampe aux doigts. Mais étant comme vous le savez magnanime, je vais développer un tant soit peu. En partant de cette citation. La référence au célébrissime ouvrage de R.L Stevenson n’est pas innocente en cela que « A bord de l’étoile matutine » en est l’exact reflet inversé. Là ou le livre de Stevenson présentait une dynamique – en l’occurrence la recherche d’un trésor- celui de Mac Orlan dépeint le quotidien de bandits des mers entre ennui et éclairs de violence d’ou ne ressort nul profit et donc nul trésor. Et dont les seules issues sont le retour à la terre…ou le gibet. L’autre différence majeure qui sépare les deux oeuvres, c’est qu’il n’est pas question chez Mac Orlan de voyage initiatique. Le Jim Hawkins de « L’île au trésor » découvrait la vie lors de cette quête avec un vieux pirate truculent en guise de figure paternelle et surmontait sa lâcheté. Le narrateur de « A bord de l’étoile matutine » – qui n’a pas de nom- ne retire rien de ses pérégrinations maritimes. Sinon une initiation aux amours viriles, ce qui devrait plaire à nos amis progressistes, et donne raison à Winston Churchill qui déclarait, n’est-il pas vrai, la Marine c’est « Rum, sodomy and the lash »!
Plus sérieusement, voilà une oeuvre sombre et belle, dont la prose transcende la noirceur du sujet, à lire? Absolument!
Un post-scriptum concernant le destin de ce roman. Publié en 1920, il ne connut d’édition définitive qu’en…1955! Après maintes révisions de l’auteur.
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Aujourd’hui: Le Windmill.
Crée par l’excentrique mondaine Mrs Henderson au début des années 30, il était le temple des danseuses nues aux postures osées mais toujours élégantes, caractérisé par ses tableaux vivants. Le Windmill. Après des débuts difficiles, le club devint vite une institution londonienne et, partant, britannique. Il fut au cours de sa longue histoire transcendé par l’Histoire tout court, et pas seulement celle des lieux de plaisir. Oui, le Windmill entra dans l’Histoire avec une majuscule au moment du Blitz. Alors que les bombes allemandes déferlaient depuis les cieux, le club offrait plus qu’un refuge: un défi à la mort qui frappait la capitale du Royaume uni. Il représentait les valeurs du Royaume: l’humour, la ténacité, cette peau qui doit être dure dans un pays ou la pluie concurrence le roi en personne, lequel en serait incapable. Personne ne fait la pluie et le beau temps, surtout pas en Angleterre. A défaut, il est toujours possible d’égayer la vie….











