Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers- Littérature française.

Aujourd’hui: « A bord de l’étoile matutine » de Pierre Mac Orlan (1920)

Un vieil homme au début du XVIIIème siècle fait le récit de sa jeunesse aventureuse à bord d’un navire pirate aux côtés du capitaine George Merry.

« Une île au trésor sans trésor, sans perroquet et sans espoir… » Ainsi parlait du roman de Mac Orlan l’érudit Francis Lacassin. Cela suffirait à ma chronique et m’épargnerait de la sorte une crampe aux doigts. Mais étant comme vous le savez magnanime, je vais développer un tant soit peu. En partant de cette citation. La référence au célébrissime ouvrage de R.L Stevenson n’est pas innocente en cela que « A bord de l’étoile matutine » en est l’exact reflet inversé. Là ou le livre de Stevenson présentait une dynamique – en l’occurrence la recherche d’un trésor- celui de Mac Orlan dépeint le quotidien de bandits des mers entre ennui et éclairs de violence d’ou ne ressort nul profit et donc nul trésor. Et dont les seules issues sont le retour à la terre…ou le gibet. L’autre différence majeure qui sépare les deux oeuvres, c’est qu’il n’est pas question chez Mac Orlan de voyage initiatique. Le Jim Hawkins de « L’île au trésor » découvrait la vie lors de cette quête avec un vieux pirate truculent en guise de figure paternelle et surmontait sa lâcheté. Le narrateur de « A bord de l’étoile matutine » – qui n’a pas de nom- ne retire rien de ses pérégrinations maritimes. Sinon une initiation aux amours viriles, ce qui devrait plaire à nos amis progressistes, et donne raison à Winston Churchill qui déclarait, n’est-il pas vrai, la Marine c’est « Rum, sodomy and the lash »!

Plus sérieusement, voilà une oeuvre sombre et belle, dont la prose transcende la noirceur du sujet, à lire? Absolument!

Un post-scriptum concernant le destin de ce roman. Publié en 1920, il ne connut d’édition définitive qu’en…1955! Après maintes révisions de l’auteur.


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