
-
Aujourd’hui: « Le grand blond avec une chaussure noire » de Yves Robert (1972)
Un violoniste gaffeur se retrouve à son insu utilisé par un chef des services secrets qui, pour contrer un concurrent, le fait passer pour un agent. La maladresse du musicien et le concours d’une fort accorte espionne vont contrecarrer ces plans.
Ah la musique enjouée de Vladimir Cosma, la robe de Mireille Darc, les contorsions de Pierre Richard, Blier, Rochefort, la tripotée de seconds rôles géniaux (Jean Saudray, Robert Castel, Jean Carmet et bien d’autres!) le générique de Gérard Majax (Qui a droit à une apparition, eh oui, y’a un truc!) et bien sûr le script à la fois délirant et très précis de Francis Veber servi par la mise en scène de Yves Robert. Une réussite et dans son genre, un chef d’oeuvre! « Le grand blond avec une chaussure noire » fait partie de ces rares comédies à demeurer désopilantes après mille et une rediffusions. Mais ça, tout le monde le sait.
Suite à l’article sur l’espionnite dans le cinéma américain, il m’a semblé bon d’ajouter une chronique sur la comédie susmentionnée en cela qu’elle aborde ce thème. Mais sous un angle totalement différent, celui du rire et de la légèreté. Le comique consiste ici à opposer des professionnels du renseignement à un artiste fantasque. Ce dernier par son extravagance met à mal ces hommes habitués à la violence et à une certaine rigueur – et ce bien que ces « pros » soient eux aussi à leur manière assez étranges et, en un sens, enfantins avec les croche-pieds qu’ils ne cessent de projeter. Dans ce paradoxe, c’est l’élément féminin qui va contribuer à rééquilibrer – et à sauver le personnage joué par Pierre Richard- en dévoilant la supercherie dont l’homme qu’elle est chargée de surveiller est la victime. Pour la petite histoire, la robe portée par Mireille Darc devenue désormais iconique avait été conçue pour mettre en valeur les fesses de l’actrice, cette dernière étant plus callipyge que mammaire (Pas comme Noel, donc, Noel Mammaire) Plus sérieusement, dans le cadre du thème du viol des vies privées, le film a l’originalité de focaliser sur un individu qui ignore tout de la situation et provoque donc les réactions comiques de ceux qui l’espionnent, convaincus d’avoir affaire à l’un des leurs.
Mais comme toujours, il y a un peu de sérieux dans l’humour. D’ou la citation du code pénal avant le générique de fin « Chacun a droit au respect de la vie privée »




LE GRAND BLOND AVEC UNE CHAUSSURE NOIRE DE YVES ROBERT PIERRE RICHARD MIREILLE DARC 
LE GRAND BLOND AVEC UNE CHAUSSURE NOIRE DE YVES ROBERT PIERRE RICHARD MIREILLE DARC 






Une dernière chose avant de finir. « Le grand blond… » fit l’objet d’un reake américain en 1985 avec Tom Hanks « L’homme à la chaussure rouge/The man with one red shoe » de Stan Dragoti. A éviter? Si quelqu’un l’a vu, je serais heureux d’avoir son avis!
A bientôt!
-
Aujourd’hui: Quand la techno débloque: gadget et indiscrétion dans le cinéma américain des années 70. Deuxième partie.
« Converation secrète/The conversation » de Francis Ford Coppola (1973)
Harry Caul, professionnel de la surveillance surprend lors d’une mission l’échange inquiet entre un homme et une femme qui semblent craindre pour leur vie. Affolé, Caul se met en tête de les sauver. Il entre alors dan un engrenage d’erreurs et de violence.
« Le gang Anderson » effleurait le sujet de la déshumanisation due à une technologie envahissante. » Conversation secrète » s’y plonge jusqu’aux oreilles (C’est bien le cas de le dire, puisqu’il est beaucoup question d’écoute ici) et s’attaque également à un corollaire de ce thème: la solitude. L’isolement en milieu urbain, tout comme la violence politique ou non, fut au centre de nombreux films de cette période « Taxi driver », « Le flingueur » et d’autres. (Sans compter la chanson « Les villes de solitude » de Michel Sardou, ou encore « Fingerprint file » des Rolling stones qui aurait pu être la bnde son du film de Coppola) Mais là, elle et caractérisée par le gadgets qui emplissent l’existence de Caul, le pivot de l’histoire, au point de tout remplacer. Caul n’a ni famille, ni amis et ne souhaite pas en avoir (Il va jusqu’à refuser les voeux d’anniversaire de sa concierge) Il serait inexact de dire qu’il n’a que son travail: il EST son travail. Un instrument parmi tout ceux qu’il manipule à longueur de journée. Toutefois, l’incident qui le met en éveil le ramène à son humanité: pour le pire. Car, pour doué qu’il soit derrière ses manettes, Caul paraît par ailleurs perdu, ainsi que le montre la scène du congrès de la surveillance ou il se force à jouer la sociabilité avec ses homologues. Et, plus grave, s’il entend tout, il comprend peu, ainsi que le prouve sa réaction à la fameuse « conversation » du titre. Au lieu d’analyser, il réagit, croyant sauver les des victimes potentielles alors qu’il s’agit de conspirateurs. Aussi « Conversation secrète » à ce titre ne traite pas de l’irruption de la technologie dans la société mais de l’humanité dans une société asservie par la technique. Esclave du progrès? Il semblerait bien. De ce point de vue, « The conversation » est le parfait contraire du « Gang Anderson » qui montre à casse échouer en raison d’une surveillance intempestive. Toutefois, quels que soient les termes de l’équation, le résultat demeure le même: le désastre, la destruction, symbolisée par celle que Caul inflige à son appartement à la fin du récit.
A bientôt!





-
Aujourd’hui: Quand la techno débloque. Gadgets et indiscrétion dans le cinéma américain des années 70.
Micros, magnétos, caméras. Respirez, vous êtes sur écoute. Souriez, vous êtes filmés. La technologie qui inonda la planète durant les années 70 inspira forcément le cinéma, principalement policier. Les truands s’en servaient pour leurs mauvais coups, comme notre Bébel national dans « Le casse » de Henri Verneuil, les flics aussi mais pour la bonne cause comme Bébel dans « Peur sur la ville » de Henri Verneuil (On ne change pas une équipe qui gagne, c’est bien connu) Mais outre l’aspect utilitaire de la chose, ce qui retint l’attention du public fut les éventuels abus que pouvaient entraîner ce nouveaux moyens de mettre son nez dans l’appartement de madame Michu. Cela fut accentué par l’affaire du Watergate qui fit que plus personne ne regarda le plombier de la même façon. Plus sérieusement, l’angoisse devant un viol de la vie privée commandité par la raison d’état avec l’aide de nouvelles techniques, fantasmée ou non, fut au centre de nombreux thrillers de l’époque.
Parmi lesquels ces deux films dont il va être question dans cet article.
« Le gang Anderson/ The Anderson tapes » de Sidney Lumet (1971)
Cambrioleur tout juste libéré après une peine de dix ans de prison, Duke Anderson accepte le vol d’un stock d’antiquités dans un immeuble chic. Il réunit une équipe sans savoir qu’il est surveillé par la Police.
Les yeux dans le dos..Tel aurait pu être le titre du « Gang Anderson » En effet, le héros et ses complices font l’objet de la surveillance constante des oreilles et des yeux de la Maréchaussée. Des yeux dans le dos, oui, mais pas les leurs. Cela dit, le titre d’origine est plus explicite que sa traduction française « The Anderson tapes », autrement dit en bon français: les bandes Anderson, « bandes » au sens d’enregistrement. Car le récit se déroule selon deux points de vue: celui du voleur et de leur chef et celui de la Police, au travers de plans rapides dans les postes d’observation de policiers avec une insistance sur les gadgets que ceux-ci utilisent.
Par extension, les personnages sont réduits à l’état d’objets. Entre ceux qui surveillent et deviennent partie intégrante de leur matériel et ceux qui sont surveillés et qui ne ont plus qu’un objectif à atteindre, privés de leur humanité parce que dépouillés de leurs secrets. Mais le véritable propos est moins l’intrusion de l’autorité (Après tout, la Police accomplit seulement son travail) que les limites de la technologie. Car ici, les cambrioleurs ne sont sous l’oeil de la Police que dans le cadre d’une enquête sur le clan mafieux qui les emploie et leur « coup » n’intéresse donc en rien les enquêteurs. Ce qui n’empêchera évidemment pas le drame de se produire. Et c’est ce qui rend la technologie terrifiante dans « Le gang Anderson », les dégâts qu’elle commet en cas de négligence.
A suivre….




-
Aujourd’hui: Les albums rouge et bleu des Beatles.
Noel au balcon d’EMI!
C’est la saison de Noel et donc des cadeaux. La double compilation des Beatles – communément appelée « Albums rouge et bleu »- trôna longtemps parmi les achats les plus populaires de fin d’année. Constituées sous la férule de Allen Klein, manager du groupe, en 1973 ces compilations sont un cas unique. Comme bien des choses touchant aux Fab four. Ces derniers furent considérés comme un phénomène et ils le furent dans tout les sens du terme. Groupe de Rock qui plut à ceux qui détestent le Rock, inspirés par le Rock’n’Roll dont ils furent les fossoyeurs, image d’une époque et artistes transgénérationnels, les quatre de Liverpool furent et demeurent un paradoxe. Ces galettes présentaient la particularité de refléter l’évolution des musiciens tant dans leur art que dans leur apparence. Ah ces photos prises à sept ans d’écart sur le même balcon d’EMI qui montraient le passage de l’état de garçons d’honneur à celui de hippies velus.
Tout cela est bien connu. Le plus intéressant demeure cependant la date: 1973. Cette année là, Ringo Starr sortit son album éponyme « Ringo » qui réunissait tout le groupe (Séparément, mais tout de même!…) et donna à certains l’espoir que cela annonçait une possible reformation. Au point que Rock & Folk consacra une couverture à cette angoissante question: »Le retour des Beatles? » Las, que nenni! Aussi ces compilations signèrent-elles dans ce contexte la fin du rêve chanté par John Lennon. Mais faisait définitivement entrer le groupe dans la légende. Ce qui est une forme d’éternité…












Ringo Starr et Allen Klein sur le tournage de « Blindman », western italien.

Allen Klein, manager controversé.





