Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers- Le cinéma américain- Edition spéciale.

Aujourd’hui: Quand la techno débloque. Gadgets et indiscrétion dans le cinéma américain des années 70.

Micros, magnétos, caméras. Respirez, vous êtes sur écoute. Souriez, vous êtes filmés. La technologie qui inonda la planète durant les années 70 inspira forcément le cinéma, principalement policier. Les truands s’en servaient pour leurs mauvais coups, comme notre Bébel national dans « Le casse » de Henri Verneuil, les flics aussi mais pour la bonne cause comme Bébel dans « Peur sur la ville » de Henri Verneuil (On ne change pas une équipe qui gagne, c’est bien connu) Mais outre l’aspect utilitaire de la chose, ce qui retint l’attention du public fut les éventuels abus que pouvaient entraîner ce nouveaux moyens de mettre son nez dans l’appartement de madame Michu. Cela fut accentué par l’affaire du Watergate qui fit que plus personne ne regarda le plombier de la même façon. Plus sérieusement, l’angoisse devant un viol de la vie privée commandité par la raison d’état avec l’aide de nouvelles techniques, fantasmée ou non, fut au centre de nombreux thrillers de l’époque.

Parmi lesquels ces deux films dont il va être question dans cet article.

« Le gang Anderson/ The Anderson tapes » de Sidney Lumet (1971)

Cambrioleur tout juste libéré après une peine de dix ans de prison, Duke Anderson accepte le vol d’un stock d’antiquités dans un immeuble chic. Il réunit une équipe sans savoir qu’il est surveillé par la Police.

Les yeux dans le dos..Tel aurait pu être le titre du « Gang Anderson » En effet, le héros et ses complices font l’objet de la surveillance constante des oreilles et des yeux de la Maréchaussée. Des yeux dans le dos, oui, mais pas les leurs. Cela dit, le titre d’origine est plus explicite que sa traduction française « The Anderson tapes », autrement dit en bon français: les bandes Anderson, « bandes » au sens d’enregistrement. Car le récit se déroule selon deux points de vue: celui du voleur et de leur chef et celui de la Police, au travers de plans rapides dans les postes d’observation de policiers avec une insistance sur les gadgets que ceux-ci utilisent.

Par extension, les personnages sont réduits à l’état d’objets. Entre ceux qui surveillent et deviennent partie intégrante de leur matériel et ceux qui sont surveillés et qui ne ont plus qu’un objectif à atteindre, privés de leur humanité parce que dépouillés de leurs secrets. Mais le véritable propos est moins l’intrusion de l’autorité (Après tout, la Police accomplit seulement son travail) que les limites de la technologie. Car ici, les cambrioleurs ne sont sous l’oeil de la Police que dans le cadre d’une enquête sur le clan mafieux qui les emploie et leur « coup » n’intéresse donc en rien les enquêteurs. Ce qui n’empêchera évidemment pas le drame de se produire. Et c’est ce qui rend la technologie terrifiante dans « Le gang Anderson », les dégâts qu’elle commet en cas de négligence.

A suivre….


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