L’Indochine, en paix ou en guerre à travers le cinéma.
Afin de commémorer Dien Bien Phu, rapide passage en revue.

« Fort du fou » de Léo Joannon (1963)
Réalisé en 1963 par Léo Joannon, « Fort du fou » raconte la mission de sauvetage de civils par une unité de soldats coloniaux. Ces derniers suivis des civils se retrouvent pris au piège du fort qu’ils doivent évacuer.
Que dire? Un bon film d’aventures très bien réalisé, bien interprété (On y voit Jean Rochefort à ses débuts, déjà excellent.) bien documenté quant à la guerre psychologique menée par le Viet minh. Le scénario est bien écrit mais il souffre d’une fin un peu abrupte.

« La 317ème section » de Pierre Schonedorffer (1965)
Classique du cinéma de guerre, mis en scène par l’auteur du livre dont il est adapté, « La 317ème section » respire le vécu et se regarde presque comme un documentaire qui demeure toujours aussi poignant près de soixante après sa sortie qui fut pourtant dès plus discrète. Heureusement cela précéda un succès considérable. Et mérité.

« Le crabe tambour » de Pierre Schoendorffer (1977)
Deux officiers de Marine évoquent leurs souvenirs d’un officier surnommé le « Crabe tambour », personnage légendaire mais révoqué pour avoir désobéi à De Gaulle.
Douze ans aprs sa première évocation de l’Indochine via « La 317ème section », Schoendorffer revient sur ce thème mais de manière bien différente. Loin du ton documentaire de son précédent film, il s’agit ici d’une sorte de « Contes et légendes militaires » traversé par les regrets et les doutes de soldats floués par le pouvoir. Mélancolique, poétique qui nous rappelle à travers le sort de ces personnages de fiction les fautes de ceux qui nous dirigent, bien réels, eux.

« Charlie Bravo » de Claude Bernard Aubert (1980)
Une section de soldats accompagne des civils égarés lors des dernières salves de Dien Bien Phu.
Les films sur la guerre d’Indochine sont peu nombreux, il suffit pour s’en convaincre de regarder cette liste consacrée au sujet, laquelle, si elle n’est pas exhaustive, contient une bonne part des oeuvres sur ce thème. Ces dernières sont sporadiques, éparses, parfois remarquées et même reconnues (Cf: les films de Schoendorffer.) quand beaucoup passent à la trappe à peine sorties. C’est le cas de « Charlie bravo » production au modeste budget, joué par des acteurs peu connus ( les amateurs de X reconnaîtront le hardeur Piotr Stanislas) mais réalisé par Claude Bernard Aubert à qui l’on doit « L’affaire Dominici » et dialogué par le romancier Pascal Jardin, dont ce fut l’ultime travail pour le cinéma avant son suicide.
Alors? Le film ne souffre pas trop de son manque de moyens mais plutôt d’un manque de rythme et de punch, défauts récurrents chez Aubert. Ces réserves mises à part, le film ne manque pas de mérites, abordant les rapports parfois difficiles entre civils et militaires en temps de guerre, le sens du devoir malgré la défaite inéluctable, la torture, et les imprévus qu’entraîne tout conflit. Il se dégage par ailleurs de « Charlie bravo » une espèce d’héroisme désespéré rarement vu ailleurs qui fait que si le film n’est pas un chef d’euvre, il mérite une redécouverte.

« L »amant » de Jean Jacques Annaud (1990)
Une adolescente fille de colon en Indochine tombe amoureuse d’un riche chinois, au grand dam de son entourage.
La guerre vous fatigue? Voici un film qui se déroule en temps de paix, inspiré su roman homonyme de Marguerite Duras, adapté par l’auteur. Romantique, esthétique pointu quant à la reconstitution….il n’y a guère plus à en dire. Sinon que la mère Duras exigea et obtint en fait de salaire table ouverte dans un restaurant de luxe de son choix. Ckaude Berri qui produisait la chose fit une tête quant il vit la note. C’est la note finaaaaale!

« Indochine » de Régis Wargnier (1991)
Heurs et malheurs d’une femme colon à la tête d’une plantation d’hévéas en Indochine et ce au travers des aléas de l’histoire.
Alors là…Amis lecteurs, je vous dois un aveu: je déteste les films de Régis Wargnier. Ces machins aux intrigues flasques, aux personnages sans intérêt voire antipathiques, au climat déprimant. « La femme de ma vie »? Ce truc nous aura non seulement transmis la vérole des oreilles avec sa ritournelle indigne de Goldman, il nous aura en plus donné une sévère tourista en nous narrant les déboires (Je le fais exprès) d’un violoniste alcoolique sauvé par sa femme courage. « Une femme française » et sa nymphomane mariée à un militaire (Daniel Auteuil, une bonne tête de cocu, il est vrai!) dont l’infidélité se confond avec les défaites vécues par son mari. Intrigues flasques, personnages sans reliefs voire déplaisants, ambiance déprimante, comme dirait Omer Simpson: « C’EST NUL!!!! »
« Indochne » ne fait pas exception à la règle: hommes faibles, femmes fortes, et atmosphère au goût mêlé de cigue et de Prozac avarié. Au plus le film a-t-il pour lui de révéler le traitement réservé aux indochinois, qui fut pire que celui administré aux algériens. Pour le reste, à dégager d’urgence!

« Dien Bien Phu » de Pierre Schoendorffer (1992)
La relation de la célèbre défaite de la France.
Avec tout mon respect pour Schoendorffer, sa fresque sur la célèbre bataille déçoit tant elle transpire l’ennui. Bon, par considération, je passe à la suite.

« L’empire du tigre » de Gérard Marx (2005)
Un colon français, planteur de son état, dont un employé est accusé d’un crime qu’il n’a pas commis se trouve aux prise avec un policier venu de métropole qui s’intéresse moins à son enquête qu’au passé du planteur.
Gros téléfilm qui joue sur la carte de l’aventure et de la nostalgie. Problème, pour l’aventure, on repassera, ce n’est guère spectaculaire, quant à la nostalgie, ce n’est guère mieux, c’est plutôt laid. Mais qu’attendre d’autre de Gérard Marx (Ou crève?) faiseur de télé qui est au cinéma ce que le surgelé est à la grande cuisine. Zou, au suivant!

« Saigon, lété de nos vingt ans. » de Philippe Venault (2011)
Le destin de plusieurs jeunes amis d’horizons divers au travers des tourments du conflit indochinois.
Une bonne surprise. Un scénario riche et intelligent qui ne se contente pas de remâcher des idées déjà usitées, des acteurs convaincants, que ce soient les jeunes ou les moins jeunes, une originalité dans le traitement et une volonté de couvrir aussi largement que possible le spectre des individus qui ont été volontairement ou non concernés par ces tragiques événements. A découvrir!


A bientôt!
