Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers

Le cinéma américain

Aujourd’hui: Black mama White mama de Eddie Romero (1973)

Deux prisonnières, une noire (Pam Grier) et une blanche (Margaret Markow) s’évadent du pénitencier d’un obscur pays exotique pour rejoindre des guerilleros qui luttent contre la tyrannie à l’origine de l’incarcération des femmes susmentionnées.

« Black mama, white mama » est du nombre de co-productions américaines de la firme de Roger Corman AIP avec les Philippines. Corman, pour enrichir le spectacle autant que pour des raisons économiques produisit de nombreux films dans ce pays, dirigés tantôt par des américains comme Jack Hill, tantôt par des metteurs en scène du cru comme c’est le cas ici, le réalisateur étant Eddie Romero. Parmi ces films,si certains relèvent du fantastique ( Twilight people) beaucoup appartiennent au genre très particulier du WIP, acronyme de Women In Prison. Autrement dit, des histoires mettant en scène des prisonnières en butte à des gardiens ou gardiennes sadiques, des consoeurs guère plus recommandables, leurs propres passions ( Drogues, alcool, homosexualité, collectionner les disques de Jean Jacques Goldman…euh non, en fait, mais j’avais envie de le dire!) Bien sûr, tout cela comporte sexe, violence, tortures et surtout la scène de douche collective obligatoire. Sans oublier la révolte finale qui voit la revanche des pensionnaires de l’hôtel des barreaux gris sur leurs geôliers/geôlières ( Soyons inclusifs!)

Réalisé après « The big doll house » de Jack Hill (1971) et « The big bird cage » du même réalisateur (1972) ou figurait déjà la sculpturale icône de la Blaxploitation Pam Grier,  » Black mama, white mama » respecte le cahier des charges avec toutefois quelques différences. Le schéma humiliations/ scène de douche/ révolte est très vite expédié pour céder place à un hybride entre le film de poursuite (Le chasseur de primes comme habillé par Nudie Conn joué par Sid Haig, extraordinaire gueule du cinéma d’exploitation américain des années 70) et le film de guérilla avec le groupe de révolutionnaires décidé à en découdre. Aussi, sans être un modèle de complexité, le scénario fait montre d’une recherche relative mais d’une recherche quand même. Par ailleurs, il y a une référence à un classique hollywoodien: « La chaîne/The defiant ones » de Stanley Kramer ou deux évadés, un noir Sidney Poitier (C’est un acteur, par un rallye) et un blanc Tony Curtis s’affrontaient enchaînés (Ainsi que le titre le laisse entendre) le blanc étant raciste. Loué d’abord à sa sortie pour le courage de son propos dans une Amérique alors encore ségrégationniste, le film de Kramer fut ensuite très vite contesté pour son manque de courage par les ligues afro-américaines et certains intellectuels noirs notamment l’écrivain l’inénarrable James Baldwin ( Dont on disait qu’il était suivant les jours Bette Davis et Martin Luther King), en particulier en raison de la dernière séquence ou Poitier sauve la vie de Curtis. Le propos politique de « Black mama… » est évidemment plus limité, le duo noire/blanche s’expliquant surtout pour faire valoir le contraste entre la beauté d’ébène de Grier et celle américano-slave de sa comparse d’albâtre Margaret Markow. Un effet domino sexy en somme.

Cette dualité s’applique également aux geôlier/geôlières et autres vilains (Soyons inclusifs, toujours!). Le sec Sid haig et le gras Vic Diaz, qui se fait pédicurer par deux ravissantes esclaves. Laurie Burton la brune directrice de la prison stricte mais sans excès et Lynn Borden sa blonde adjointe (Et amante) libidineuse et cruelle lesbienne qui séquestre les taulardes à sa convenance mais sera bien punie! Comme quoi, c’est très moral!

Bon en bref, si vous voulez (Pour citer James Ellroy) du « Look good, kick ass and get laid » ou pour le formuler en bon (?) français: de la gueule, de la poigne, de la fesse, « Black mama, white mama » est un film pour vous!

Lynn Borden et Laurie Burton

L’eau vive!

« Un bouquet ma soeur? »

Sid Haig, grand second rôle américain.

Vic Diaz, vilain habituel des productions Corman, en bonne compagnie!

Lynn Borden du temps de sa splendeur et…

….après!

A bientôt!


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