Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers!

XXXIV- Femmes vampires, sorcières et immortelles, troisième partie.

« Les yeux sans visage » (1960) de Georges Franju fut un des films fantastique à avoir eu le plus de poids sur le fantastique en France et sur le Fantastique tout court. C’est d’autant plus remarquable que le genre est peu représenté dans notre pays. Quoiqu’il en soit, le film de Franju fut l’objet de très nombreuses variations, « La rose écorchée » (1970) de Claude Mulot fut l’une des plus remarquables, ou le chirurgien prêt à tout pour sauver le visage de sa fille du film de Franju est remplacé par un artiste fou de femmes et de fleurs prêt au pire pour rendre sa beauté à l’amour de sa vie (Annie Duperey, au sommet de sa splendeur) avec l’aide d’un médecin, émule de Frankenstein.

Howard Vernon et Philippe Lemaire.

Baroque, sanglant et beau, « La rose écorchée » est un classique à redécouvrir qui s’inspire d’un chef d’oeuvre sans le plagier.

« Au service du Diable » (1971) de Jean Brismée narre les mésaventures tragiques d’un groupe de touristes contraint de trouver refuge dans un château qui s’avère être l’antre de Satan lui-même! ( En l’espèce Daniel Emilfork, toujours excellent) Ironiquement, chacun des voyageurs incarne un des sept péchés capitaux et se trouve piégé par un succube (Erika Blanc, dans une performance remarquable passant de la plus grande beauté à la plus terrifiante laideur et ce sans guère de maquillage) qui l’amène à sa perte.

Violent, érotique et désespéré, très bien écrit, un autre excellent film à voir ou à revoir. Pour citer une anecdote personnelle, le film fut diffusé à Rennes au cinéma le Zen sous son titre alternatif « La nuit des pétrifiés »

« Contes immoraux » (1974) de Walerian Borowcyck. Borowcyck, incontournable dans un tel dossier, tant il incarna un érotisme cru, échevelé et esthétique dans les années 70.  » Contes immoraux » est un film à sketchs aux sources d’inspirations diverses, tant littéraires (Boyer D’Argens) que réelles (La comtesse Bathory) S’il n’est pas le plus abouti de son auteur, il contient des moments mémorables, parfois sublimes (Paloma Picasso, impériale en Bathory) ou grotesque (Fabrice Luchini et son petit chapeau, déjà ridicule) Mais c’est une mise en bouche pour le vrai de résistance: « la bête »

Béatrice Harnois dans « Le sexe qui parle »

« La bête » (1975) est sans doute le grand oeuvre de Borowcyck, mélangeant passé et présent et traitant du thème de l’animalité et de la fascination/ répulsion qu’elle exerce, parfaitement résumée par la réaction de l’héroine face au « monstre » évoqué par le titre. Le contraste est d’ailleurs fort bien rendu par le ton du film qui mêle une esthétique très travaillée à une évocation très crue de la sexualité. Un grand film.


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