Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers!

XXXI- Dans les jardins de Pierre Louys, Appolinaire; Mirbeau.

Guillaume Appolinaire et Octave Mirbeau ont en commun d’être presque contemporains et d’avoir écrit deux des ouvrages les plus outranciers de leur temps.  » Les onze mille verges pour Appolinaire et « Le jardin des supplices » pour Mirbeau.

Outranciers, certes mais très différents l’un de l’autre. « Les onze mille verges » narre les aventures sexuelles et les tribulations de Mony Vibescu, hospodar autrement dit préfet roumain et de l’amour de sa vie Culculine dans l’Europe d’avant 1914 (Le livre aurait d’ailleurs du s’intituler « les amours d’un hospodar). Délirant, obscène, aux limites du fantastique, malicieux, devançant le surréalisme de quelques décennies, « Les onze mille verges » sont un joyeux fourre-tout qui côtoie la grossièreté sans jamais y tomber.

 » Le jardin des supplices » en revanche a un tout autre ton. Il raconte non l’histoire mais la descente aux Enfers d’un français égaré dans la Chine de la fin du XIXème siècle qui rencontre une autre occidentale expatriée, une britannique qui va se révéler complètement folle. Le vecteur de cette démence est le « Jardin des supplices », lieu de torture situé au coeur d’un parc paradisiaque. Pour les « djeuns » qui me liraient (J’en doute, mais l’espoir fait vivre) le livre est « Gore »et raffiné, terrible et mélancolique, comme le résume cette scène ou un bourreau se plaint que toute grâce ait été ôtée à la Chine, jusque dans l’horreur. Il convient à ce propos de rappeler que le livre a été écrit au moment ou les occidentaux et les japonais pénétraient le territoire chinois.

Ces deux euvres intéressèrent le cinéma pour le pire. « Les onze mille verges » d’abord en 1974 via la piteuse adaptation d’Eric Lipmann (voir photo ci-dessous) ou Marion Game faisait…ses gammes (avant de vendre des ustnsiles pour se masser les ripatons sans se baisser)

Puis Mirbeau eut à son tour droit à un passage à la moulinette moins raté mais guère mémorable avec « Le jardin des supplices » (1976) de Chritian Gion ou l’acteur belge Roger Van Hool (qui vient de nous quitterle mois dernier) côtoie Jean Claude Carrière et la délicieusefranco-chinoise Ysabelle Lacamp, actrice discrète qui se reconvertira plus tard dans l’écriture de romans à succès. Moins traître que le nanar de Lipmann, il est parfois traversé par quelques fulgurances esthétiques, sans toutefois sortir de sa condtion de film de second rayon. Il se maintient cependant à un niveau honorable. Mais d’un autre côté, il se heurte au même problème que Lipmann avec « Les onze mille verges » Des textes aussi radicaux pouvaient difficilement passer le cap de l’écran. Et ce quel qu fut le talent du réalisateur, kubrick l’avait bien compris en ne s’attaquant qu’à des auteurs mineurs ou presque, à l’exception de Nabokov, bien entendu.

La très belle Ysabelle Lacamp.

A bientôt!


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