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« Pour rentrer chez vous, une seule adresse: la vôtre! »
Francis Blanche

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Aujourd’hui: « Fièvre au marais. » de Léo Malet (1955)
Nestor Burma qui se trouve dans une situation financière difficile (Encore!) se rend chez un prêteur sur gages, un certain Jules Cabirol. Or, alors que Burma se trouve dans la boutique de l’usurier, ce dernier est raide mort. Comme il estimait peu le bonhomme, l’ami Nestor profite du refroidissement de ce dernier pour le délester de son argent. Hélas, Burma ne peut profiter de sa rapine, un mauvais plaisant croyant malin de l’assommer (Encore, mais enfin on devrait être habitués!) Alors qu’il émerge, Burma découvre dans la pièce une jeune femme qui pourrait bien être la meurtrière de Cabirol. Elle disparaît, Burma retrouve sa trace et surtout une piste en rapport avec un étudiant menant des recherches aux Archives nationales…
Après la violence des deux précédents opus des « Nouveaux mystères de Paris », « Fièvre au Marais. » tranche par son ton plus humain, proposant – dans les limites d’un roman de divertissement, cela va sans dire- une réflexion sur la dualité implicite mais bien réelle entre la loi et la morale. Pour Burma, du moins en l’occurrence, elle ne se pose pas. Il laisse en effet filer la jeune femme sans nom qui l’a plongé dans les nuées et possible meurtrière du prêteur sur gages. S’il est illégal de tuer, est-il condamnable de supprimer un personnage qui n’hésite pas en prendre en gage un ours en peluche, un jouet d’enfant? C’est d’ailleurs la présence de cet accessoire qui explique le titre original du roman: « L’ours et la culotte. »
Un Burma plein d’une émotion qui reviendra plus tard dans l’un de ses sommets « Brouillard au pont de Tolbiac. » Mais, patience!


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Aujourd’hui: Quand le Rock’n’Roll donne dans la prévention routière.
« Ralentissez!… » Tel est le message des chansons dont il va être question ici. Certes la voiture est emblématique de notre musique préférée. Elle est représente la drague comme l’amour romantique, la puissance comme la bourde (La panne d’essence est un classique dans les thèmes de chansons Rock’n’Roll) mais aussi, mais surtout LE DANGER.
Oui, il est dangereux de conduire. De boire, aussi. Et de se droguer, ma pauvre dame! Mais tout cela n’est rien comparé au monde de périls que le tout un chacun suscite dès lors qu’il empoigne un volant. Oui, le conducteur est un ennemi public en puissance. Heureusement, la chanson s’est portée au secours du citoyen en tirant les oreilles des auditeurs (Qui peuvent ou pourraient être des conducteurs) et ce faisant les sensibiliser (Comme me disait un flic, il n’y a pas si longtemps) aux risques encourus sur la route. Vous l’aurez remarqué, j’ai repris le titre « Les excentriques du Rock’n’Roll » car il s’applique au sujet du jour. Cela n’est pas tout à fait exact, car les chansons traitées dans cet article relèvent en fait d’un genre avec lequel le Rock’n’Roll a parfois fricoté: la Novelty. Mais qu’est-ce que la Novelty? Une chanson a vocation publicitaire ou éducative. Tout simplement. Ceci posé, commençons, ou plutôt, démarrons!
Ainsi, Jimmy Drake, plus connu sous le nom de Nervous Norvus, chanta-t-il « Transfusion ». Sur fond de crissements de pneus et de tôle froissée (Et accessoirement de ukulélé) les mésaventures d’un brave automobiliste victime d’une série d’accidents, séjournant en conséquence régulièrement à l’hôpital. Ou il reçoit à chaque fois une transfusion. D’ou le titre. J’ignore si ce monsieur connaissait la violence routière, en tout cas il connaissait sans doute les hôpitaux, l’homme étant de santé fragile. Ce triste état eut ua moins l’avantage de lui éviter la guerre. Eh oui, Nervous Norvus avait dépassé la quarantaine quant il enregistra son chef d’oeuvre dans les fifties.


Il n’y a que peu de renseignement concernant Homer Denison qui oeuvra surtout dans la musique de films et dans l’Exotica. Toutefois, il laissa dans le genre qui nous intéresse cet avertissement lancé à la jeunesse: n’imitez pas James Dean dans « La fureur de vivre », ne jouez pas au « Dégonflé »! Il est vrai que se maintenir à plat ventre sur une voiture roulant à pleins gaz, c’est bien imprudent. « Better a live chicken than a dead duck. » Qu’on se le dise!

« Chickie run »figure sur diverses compilations dont « That’ll flat git it vol 32 » éditée par l’excellent label Bear family.

Et maintenant les Playmates, trois gars du Connecticut et non les copines de Hugh Hefner, qui connurent leur heure de gloire en 1960 avec « Beep beep » récit de la course à laquelle se livrent deux conducteurs. Ce morceau très drôle qui s’achève sur une conclusion inattendue a pour particularité d’avoir un tempo qui s’accélère à mesure que la chanson progresse l’amenant à s’achever dans la plus parfaite frénésie. Il est amusant que « Beep beep », onomatopée simulant le bruit d’un klaxon en anglais revienne ici et là dans le Rock’n’Roll. Preuve en est le « Road runner » de Bo Diddley. C’est aussi le nom de l’oiseau qui fait courir Will coyote dans les cartoons de la Warner, mais ce n’est pas le sujet.

Pour finir et en guise de conclusion, le classique absolu de la prévention routière en mode binaire: »Dead man’s curve » composée par Brian Wilson des Beach boys pour le duo blondinet Jan & Dean. Ici encore, on nous avertit du sort terrible qui attend celui qui confond l’autoroute avec les 24 heures du Mans. Le jeune homme qui se livre dans la chanson susmentionnée à ce périlleux exercice se réveille sain et sauf, telle la morale. On est bien content. Chantal Perrichon aussi. Je tiens d’ailleurs à dédier cet article à la madone de la lutte contre les excès de vitesse!







