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Célébrons aujourd’hui Saint Achille, martyr romain!

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Aujourd’hui: Privés, léopard, cinéma et Rock’n’Roll.

En 1982, d’étranges détectives aux tenues voyantes prirent l’Europe d’assaut. Michel Serrault reprenait le rôle de Nestor Burma dans le bien nommé « Nestor Burma, détective de choc » de Jean Luc Miesch enfilant le temps de quelques scènes l’uniforme Teddy boy (Très mal reproduit d’ailleurs, mais ‘est un autre sujet) Quant à Rainer Werner Fassbinder, il faisait le kéké en costume panthère (Ou léopard?) dans « Kamikaze 1989 » de Wolf Gremm.

Avant d’aller plus loin, il convient de faire un constat: ces looks d’inspiration clairement Rock’n’Roll semblent pour certains aller de soi dans les univers du polar visités par les deux films susmentionnés (Et celui de la science fiction pour ce qui concerne le teuton)
En fait, c’est faux.
Il existe certes une histoire des rapports entre le genre noir et la musique au cinéma. Mais celle-ci ne démarre vraiment qu’au milieu des années 50. Jusque là, les bandes sonores des films noirs américains étaient vaguement classiques et fort peu remarquables. Sauf rares exceptions. Comme le mythique thème du « Troisième homme » (The third man, de Carol Reed, 1949) film par ailleurs britannique soit dit en passant. Et qui fut repris plus tard par Eddie Cochran.
A partir de ce moment, certains réalisateurs pratiquant le genre Noir se soucièrent d’ajouter un doigt de Jazz dans leurs bandes son. Laszlo Benedek utilisa du Jazz West Coast pour son « équipée sauvage » qui deviendrait ironiquement un fétiche des fanatiques de Rock, alors que ce dernier en est absent. Mais peu à peu, la musique au cinéma – et ce indépendamment du Rock qui n’a pas encore explosé- prend de l’importance. Des noms de compositeurs émergent, notamment un certain Henry Mancini. Si je le cite, c’est parce que celui-ci est l’homme du passage. Il s’était préparé avec l’excellente partition de « La soif du mal/Touch of evil » de Orson Welles (1958) qui sonne, toutes proportions gardées comme l’avant-goût de la bombe « Peter Gunn » composée l’année suivante pour la série éponyme mettant en scène un détective privé. Très vite Duane Eddy livrera une magnifique version Rock’n’Roll.
C’est sans doute ce qui explique cette association entre détective privé et Rock. Laquelle n’allait pourtant pas de soi. Cela permit en tout cas à Fassbinder et Serrault de cabotiner dans leurs déguisements. Sans que la musique entre en ligne de compte. Dieu, que tout cela est tordu.





En guise de conclusion, il faut noter au moins un exemple de détective ouvertement Rock’n’Roll, celui interprété par Andrew Dice Clay,comique révélé par l’émission « Saturday night live » dans « The adventures of Ford Fairlane/Les aventures de Ford Fairlane » de Renny Harlin, curieuse comédie policière sortie en 1990…

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Aujourd’hui: Ted Benoît.
Comme Floc’h évoqué précédemment, Ted Benoît appartient aux sectateurs de la Ligne claire chère à Hergé, prolongeant et non ressuscitant un passé qui n’est en fait jamais mort. Auteur de « Bingo Bongo » et de « Ray Banana », travaillant pour sn compte comme pour la publicité, poursuivant à l’instar de son confrère Floc’h l’oeuvre de Edgar P. Jacobs, il fut aussi un pilier de l’émission « Les enfants du Rock » pour lesquels il dessina le générique de la séquence « Sex machine » l laissa un grand regret lors de son décès en 2016.







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Aujourd’hui: « Les rats de Montsouris » de Léo malet (1955)
Le même jour de l’été caniculaire de 1954, Nestor Burma est contacté par Ferrand, un ancien camarade de captivité et l’avocat Gaudebert au passé collaborationniste qui prétend faire l’objet d’un chantage de la part de…Ferrand. Ce dernier en dit plus à Burma avant d’être assassiné. Burma se jure de le venger et de faire la lumière sur l’affaire.
« Les rats de Montsouris » renvoient à la première aventure du détective « 120 rue de la gare » ou le héros sortait d’un camp de prisonniers. Par là même, cela permet à Malet d’évoquer les blessures mal refermées de l’occupation, avec les collabos plus ou moins punis et ceux qui tentent de faire leur beurre sur les craintes et la mauvaise conscience de ces mauvais sujets. Par ailleurs, l’auteur fait le travail. Sans plus. Il manque à ce sapin l’énergie des « Kilomètres de linceuls » ou l’émotion de « Fièvre au marais ». Cependant, histoire de ne pas cracher dans la soupe, il faut retenir la savoureuse introduction, portrait vivant de la pègre de l’époque ou Burma apparaît incognito déguisé en clochard.






