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« Glace; matière à réflexion. »
Léo Campion
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Aujourd’hui!: « M’as-tu vu en cadavre? » de Léo Malet (1956)
Nestor Burma se trouve encore une fois dans le Showbiz, mais côté chanson pour le coup. Il doit découvrir les troubles affligeant un chanteur de charme savonnette à la demande de l’imprésario de ce dernier. Il va découvrir que le fan-club entièrement féminin du crooner Palmolive est à la source des états d’âmes du pousseur ce chansonnettes.

Tableau pittoresque, réflexions désabusées sur les divertissements à la mode (Le music-hall n’est plus ce qu’il devrait être depuis le retrait d’Edith Piaf selon Nestor, opinion qui devait être celle de Malet. A ce propos, il reste quand même un peu d’espoir pour la chanson avec l’apparition de Brassens) intervention élargie d’Hélène qui enquête pour son patron dans le fan-club interdit aux hommes et humour noir. Pour finir, rappelons à toutes fins utiles que ce roman servit de base au scénario du nanar « Nestor Burma, détective de choc » avec Michel Serrault.
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Aujourd’hui: « Les loups dans la bergerie »de Jean Amila (1959)
Trois malfrats en fuite trouvent refuge à « La vie claire », sorte de camp de vacances à l’usage de petits délinquants tenu par un couple d’éducateurs idéalistes. Les criminels se font passer pour des campeurs mais leur supercherie est vite éventée. La tension s’installe alors entre le trio, les gamins et les éducateurs.

J’avais parlé du film, il était temps de traiter du roman qui l’avait inspiré. Cette oeuvre fut rédigée en 1959 par Jean Amila qui avait depuis longtemps laissé derrière lui son ancienne identité d’auteur de littérature blanche qui signait ses premiers livres sous son vrai nom, Jean Meckert (Lire « Nous avons les mains rouges », excellent récit d’Après-guerre par ailleurs chroniqué dans ces pages) Toutefois, s’il a changé de genre, l’auteur n’a pas changé de thèmes. La violence et ses effets sur les individus, en particulier les idéalistes et les jeunes. Amila confronte avec beaucoup de finesse des adolescents à la dérive fascinés par la brutalité, même quant ils en sont les victimes, leurs « pasteurs » qui travaillent à leur rédemption en rêvant d’un monde meilleur et les trois criminels traqués , désespérés et néanmoins endurcis.
La violence dont il ne faudrait jamais faire usage mais qui s’avère parfois inévitable, ceux qui croient pouvoir l’abolir en feignant d’ignorer les instincts primaires sommeillant en chacun de nous. Ceux qui vivent par la violence sans oublier qu’ils périront par elle, tôt ou tard.
Un livre percutant qui montre que Jean Meckert ne perdit rien de son talent en se consacrant à la série noire et prouvait par là-même que le thriller n’empêchait pas de savoir écrire et de produire de bons livres, voire mieux..






