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Aujourd’hui: « Nestor Burma dans l’île » de Léo Malet (1970)
Nestor Burma s’offre une excursion en Bretagne à la demande d’une dame Chambaud dont il avait tiré le neveu, un prénommé Arthur, d’un mauvais pas quelques temps plus tôt. Or Madame Chambaud est décédée à l’arrivée du détective. Ce dernier ne croit pas à la thèse de la mort naturelle émise par le médecin, incité par l’absence de chagrin du neveu et la disparition de Annette, la bonne. Aussi l’ami Nestor se met-il en quête de la vérité…
» Nestor Burma dans l’île » est l’avant-dernier roman de la saga Nestor Burma et dernier roman original mettant en scène le privé(« Nestor Burma court la poupée », dernier opus publié, est en fait la réécriture d’un livre rédigé bien plus tôt) Il est le seul à se dérouler en Bretagne, Malet préférait le sud dont il était originaire quand il sortait son héros des matins parisiens, et se permet quelques personnages assez amusants tel le garagiste chanteur dans cette histoire de famille peut-être peu originale mais bien menée rafraîchie par les vents de ma région (N’empêche, pourquoi n’a-t-il pas choisi Saint Malo? C’est vexant!)

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Aujourd’hui: « Un croque-mort nommé Nestor » de Léo Malet (1969)
Nestor Burma surveille pour le compte du banquier Durocher le Grand Jo, truand notoire en possession d’une forte somme en titres. Le détective découvre bientôt que le bandit en question cache un poisson beaucoup plus gros.
« Un croque-mort nommé Nestor » porte bien son titre qui aurait pu être le résumé de la carrière de la création de Léo Malet, tant le détective aura enterré de monde au cours de sa carrière. Le présent volume ne fait pas exception à cette règle mais offre quelques piments inattendus. Notamment lorsque l’auteur dévoile l’identité du grand méchant de l’histoire tout en révélant un sens inattendu du verbe « Chiffonner » Je n’en dis pas plus afin de ne pas gâcher votre surprise!

Version 1.0.0 -
Aujourd’hui: « Drôle d’épreuve pour Nestor Burma » de Léo Malet (1968)
Nestor Burma est chargé par Victor Cousin de retrouver sa fille Simone qui a disparu (Décidément, c’est une manie!) Or, celle-ci se manifeste le lendemain au téléphone et enjoint au détective de la rejoindre au plus vite à Paris. Ce n’est que le début d’une histoire ou Burma enchaînera pas moins de trois enquêtes!
« Drôle d’épreuve pour Nestor Burma » ou le pouvoir non du deux en un mais du trois en un! Entre disparition, vol de bijoux et chantage, le livre apparaît comme une somme, partielle, mais une somme tout de même de la série, à la limite de la parodie. L’humour très présent est un des atouts majeurs de cet excellent volume qui demeure l’un des plus divertissant de son auteur!

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Aujourd’hui: »Talk radio » de Oliver Stone (Etats-unis, 1988)
(Egalement intitulé « Confessions nocturnes » et pour le Québec « Conversations nocturnes »)
Barry Champlain est un animateur radio dans la région de Dallas. Sa spécialité consiste à remettre à leur place les auditeurs qui lui téléphonent pour lui confier leurs malheurs. Ou déverser leur bile. Cela devient un sujet d’inquiétude pour Barry qui fait de plus en plus souvent l’objet d’attaques de militants tendance « Nazisme et dialogue ». La paranoia qui gagne l’animateur s’en trouve d’autant plus renforcée que la station pour laquelle il travaille est sur le point de conclure un accord lui permettant d’émettre sur le réseau national.
Sorti en 1988, « Talk radio’ se situe dans la filmographie d’Oliver Stone entre « Wall street » et « Né un 4 juillet » et représente une pause dans la carrière du réalisateur. Loin des grosses machines précitées, ce film se révèle plus intimiste, confiné même, l’intrigue se déroulant pour sa plus grande part dans le studio ou travaille l’animateur. On sort en effet peu de cet espace, à l’exception de quelques extérieurs et flashs back sur lesquels on reviendra. Cela offre à Stone la possibilité de se livrer à une étude de caractère plus approfondie que dans des productions plus amples et il ne s’en porte que mieux (Du moins à mon avis) Il s’agit donc d’une étude de caractère, ou plus précisément d’un caractère qui se transforme au gré des circonstances. Barry Champlain passe ainsi de l’état d’un inoffensif vendeur de vêtements, hippie et idéaliste à celui d’histrion cynique n’hésitant pas au nom de l’audience et de son ego à jouer avec la souffrance des autres, voire avec des sujets brûlants. Tellement brûlants qu’ils finissent par l’atteindre insidieusement de menaces verbales en morts symboliques (Le verre que lui balance une auditrice dépitée) Tout cela forme un chemin vers la mort que Champlain pressent, prenant au passage conscience de ce qu’il est devenu ce qu’il prétendait combattre dans sa jeunesse: un agent du statu quo, sinon de l’oppression en même temps qu’un personnage gonflé d’une importance qu’il n’a pas. « Toi, tu raccroches au téléphone, tu es un petit vendeur de costumes qui a la langue bien pendue. » Comme le lui rappelle le directeur de la station.
Marchandisation des émotions et des problèmes sociaux, trahison des idéaux , renoncement à l’éthique, « Talk radio » aborde de nombreuses questions et, ironiquement, met le doigt sur un paradoxe des boomers – caste à laquelle appartient manifestement le personnage principal. En fait, les maux que maudit Champlain à la fin du récit sont les effets de causes que lui et ses pareils non seulement chérissent mais dont ils sont à l’origine. Cette société de la transparence (Symbolisée ici par les auditeurs désespérés ou en colère dont les propos retransmis ont valeur de confessions) est une des conséquences des voeux de cette génération tellement acharnée à détruire le « vieux monde » et ses valeurs forcément toxiques, dont le respect du secret.
Point intéressant, le scénario (Une pièce de théâtre au départ déjà jouée par l’acteur Eric Bogosian) est basé sur un fait réel: l’assassinat d’un animateur de gauche par un groupuscule néo-nazi, auquel se référait également « La main droite du Diable » de Costa-Gavras sorti la même année et consacré au Ku Klux Klan.



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» Les anglais et les américains sont deux peuples séparés par la même langue »

George Bernard Shaw




