Célébrons aujourd’hui Sainte Sophie!

Célébrons aujourd’hui Sainte Sophie!

Aujourd’hui: « Les saisons du plaisir » de Jean Pierre Mocky (1988)
Adam et Simon, gardiens de (Une centrale nucléaire? Je ne sais plus!) s’aiment beaucoup. Au point de se le montrer lors d’une pause. Après « Tenue de soirée » hier soir, continuons dans la terre jaune!
Adam: « Tu sais que t’as un cul de reine? »
Simon: » Et toi t’as une bite de roi! »

Aujourd’hui: « Mona Lisa » de Neil Jordan (Royaume uni, 1986)
George (Bob Hoskins), truand de basse envergure, trouve après sa sortie de prison un emploi de chauffeur pour une certaine Simone (Cathy Tyson) prostituée de luxe de son état? D’abord orageux, leurs rapports dérivent vers la complicité puis une relation amoureuse. Les choses se gâtent quand Simone veut retrouver une collègue…

Il faudrait remercier l’ancien Beatle George Harrison pour avoir sauvé le cinéma anglais dans les années 80. Sans lui, des perles comme « Mona Lisa » n’auraient sans doute pas vu le jour. Film noir, étude de caractère et de société, Neil Jordan, son réalisateur, joue sur plusieurs tableaux et…gagne. Familier des changements de genre (Fantastique, thriller, drame) Jordan n’a pas de mal à jongler avec les mélanges et les ruptures de ton et sait planter sans tarder son décor et les enjeux de son récit.
A ce propos, les premières images annoncent la couleur, passant du clair obscur à la grisaille d’un quartier ou pullulent sex-shops et bars à hôtesses. Là émerge George, truand à la petite semaine à l’allure insignifiante qui va se révéler, aussi étonnant qu’il paraisse, un coeur pur. Ce qui ne lui porte pas chance, car ses bons sentiments et son courage ne l’amènent qu’à se laisser manipuler par la belle hétaire tarifée. Il y a chez George du Pierre Mondy du « Téléphone rose » – autre histoire d’homme d’âge mûr piégé par une prostituée- et du Robert de Niro de « Il était une fois en Amérique », autre truand déchu faute d’avoir compris que les temps avaient changé. En effet, il y a du romantisme et de l’esprit chevaleresque chez George (Le saint patron de l’Angleterre, il est bon ici de la rappeler), bandit de la vieille école croyant encore un peu à l’honneur (Mais ces hommes ont-ils jamais existé?) et ne récolte en échange que des bleus à l’âme supplémentaires. A ce titre, la scène ou les masques tombent est déchirante avec une pointe de dérision via les lunettes de carnaval ridicule que portent George et Simone, dissimulant les protagonistes alors que la vérité éclate. Bob Hoskins livre ici une des prestations les plus émouvantes de sa carrière proche de cet autre excellent polar ou il tenait le rôle d’un chef de gang aux abois: « Racket/The long good friday » de John McKenzie. Hoskins sait fort bien jouer les hommes au destin tragique (Il joua également Mussolini au moment de sa chute) et choisir des rôles – et des films intéressants. Il faut signaler par ailleurs les performances de Cathy Tyson et de Michael Caine en maquereau faussement suave et vraiment visqueux. Il y enfin l’utilisation de la chanson de Nat King Cole qui donne son titre au métrage « Mona Lisa » référence au mythique tableau de Léonard de Vinci et à son mystère qui renvoie à l’énigmatique et traîtresse Simone.
Un excellent film à (re)découvrir!



Aujourd’hui: Maurice Lamy
« Mais pourquoi est-il si méchant? » « Parskeuuuuu! »
L’homme Orangina à la tronçonneuse. C’est cette image de Maurice Lamy qui reste accrochée à la mémoire du public. Quand on ne le confond pas avec Sarkozy ou, pire, Booder. Pourtant, il n’y a aucune parenté entre ce comédien, lyonnais d’origine né en 1963 passé par le cours Simon et les deux gugusses susmentionnés. Certes, il y a la ressemblance, mais après…Il vaudrait mieux parler de l’avant. Il faut bien commencer quelque part. Et on ne commence jamais par beaucoup, c’est bien connu. Ainsi, Maurice Lamy se fit connaître au début des années 80, apparaissant d’abord dans « Les bidasses aux grandes manoeuvres » de Raphael Delpard (1981), comédie troupière comme il y en avait encore beaucoup à l’époque. Puis, il y eut le polar nanar de Paul Boujenah « Le faucon » ou Francis Huster (Ha ha!) jouait un policier traumatisé par la mort de sa femme (Ho ho!) qui retrouvait la niaque en tombant nez à nez avec le responsable du drame (Hi, hi!). Un muet qu’il coursera à Paris. A pattes. On fait ce qu’on peut. Avec ce qu’on a. Là-dedans, Maurice Lamy jouait le client d’une dame qui déposait devant Francis Huster suite à un litige avec la commerçante susmentionnée. Sans qu’on sache d’ailleurs qui avait quelque chose à reprocher à l’autre. La fille était vulgaire et Maurice Lamy dont j’ignorai alors le nom étonnant. Eh, oui, ce fut la première fois que je vis à l’écran ce surprenant acteur à la gueule de « Science fiction » comme aurait dit Jean Pierre Mocky, pour lequel il tourna deux fois, figurant dans « Le miraculé » (1985) puis « Agent trouble » (1987)
Lamy ferait son chemin, ornant de sa présence des productions diverses mais souvent singulières. Grosses machines artistiques (« Harem » de Arthur Joffé 1986, « Gwendoline » de Just Jaeckin, 1984) comédies de la « Splendid connection » ‘Sac de noeuds » de Josiane Balasko (1985); « La vengeance d’une blonde » de Jeannot Swarc (1993) etc.
Mais s’il y eut une apparition marquante, ce fut celle dans « Delicatessen » (1991) de Marc Caro et Jean Pierre Jeunet. L’acteur trouvait naturellement sa place dans l’univers poétique de la paire Caro/Jeunet, ou il partageait l’affiche avec une autre « gueule » Daniel Emilfork. A ce titre, il n’est que justice de le remercier. Pour être l’un des derniers de sa race, dans un monde de plus en plus aseptisé, ou l’étrange cède le pas sur le banal et la beauté sur le joli.


Sur scène en Toulouse-Lautrec.

Célébrons aujourd’hui Sainte Claire D’Assise!
Aujourd’hui: Edition spéciale truands qui déraillent, troisième partie. « Scarface » de Brian de Palma (Etats-unis, 1983) « Je suis…comment vous dites?…. Paranoiaque… » L’histoire de Tony Montana, immigré passé des prisons cubaines à l’épluchage d’oignons avant de se retrouver sur le trône de la cocaine dont il ne tardera pas à chuter. Que n’a-t-on écrit et dit sur…