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XXII- Les tiroirs de la Vème République, mercenaires, gauchistes,et mirliflores tueurs à gages ou on rigolait bien sous Giscard!

Pierre Goldman en route vers le tribunal.
Pour introduire ce nouvel article, une photo de Pierre Goldman, figure du gauchisme, assassin supposé de deux pharmaciennes en 1969, innocenté puis finalement assassiné en 1979 dans des circonstances mystérieuses. En fait pas tant que ça. Mais je vais y revenir.
Entre ces deux dates, dix ans. Des changements qui auront eu diverses incarnations, officielles ou secrètes. Ces de ces dernières qu’il sera question ici , au travers des destins de deux hommes Pierre Goldman, déjà cité, et René Rescinitti de Seys alias « Néné » ou encore « Néné l’élégant » ou tout simplement « L’élégant ». Pour ceux qui voudraient en savoir plus, je recommande la lecture concernant les individus susmentionnés « L’insoumis » de Jean Paul Dollé sur Goldman, et « Le roman vrai d’un fasciste français »(Réédité apparemment sous le titre « L’élégant ») de François Rol sur René (oui j’aime bien appeler parfois par le petit nom)

Résumons, avant de devenir un criminel à la manque, Goldman avait été un personnage bien connu de la gauche communiste universitaire, guérillero en Bolivie auprès du Che. Accessoirement, il était le frère d’un célèbre chanteur dont je tairais le nom (respect des familles et tout ça) Suite à son arrestation, il fut condamné puis innocenté grâce à une vaste campagne d’opinion ou figurait la crème de la crème de la caste médiatico-intello-politique de gôche. Après la publication de son livre autobiographique »Souvenirs obscurs d’un juif polonais né en France » – lequel connut un grand succès- il alla à la dérive, trafiqua de l’arme entre L’ETA et Gaetan Zampa. Avant de se faire tuer. Supposément par René.
René suivit un parcours pas si différent (François Rol dans l’opus qu’il lui a consacré pointe du doigt cette ressemblance) marginal engagé en politique mais du côté droit, tendance royaliste, plus ou moins voyou, engagé dans diverses activités louches, parachutiste au RIPMA, mercenaire au Liban et en Afrique aux côtés de Bob Denard – dont il dit le plus grand mal en raison de l’échec de la mission commandé par le mythique soldat de fortune. Cette mésaventure inspira d’ailleurs le film « Les oies sauvages/ Wildgeese » (1977) de Andrew V. MacLagen.

René dériva vers l’assassinat sur commande, sans que cela fut authentifié formellement – en l’état, les choses se réduisent à de fortes présomptions. Suffisamment fortes toutefois pour inclure l’individu dans plusieurs meurtres à caractère politique de la fin des années 70. Celui de l’avocat, porteur de valises, soutien des damnés de la Terre ( des Black Panthers importés en Normandie à la chanteuse Charlotte Julian, non, je plaisante) et en particulier des palestiniens. Ce qui ne l’empêcha pas de finir en viande froide en 1978.

L’avocat Henri Curiel.
On imputât à René ce meurtre, sans doute à raison. Mais le plus célèbre fut celui de Pierre Goldman en septembre 1979. La mort de Goldman fit couler beaucoup plus d’encre que celle de Curiel et suscita des interrogations beaucoup plus persistantes. Longtemps on a seulement su que l’assassin présumé était surnommé « Gustavo ». Mais dans le courant des années 2000, « Gustavo » sortit de l’ombre. Eh oui, René se vanta presque à visage découvert de son acte au journaliste Michel Despratx.
Quoiqu’il en soit, les morts de ces personnalités phare d’une époque surviennent à la fin de celle-ci, lourdement chargée par la violence politique en France qui avait jusque là été plutôt épargnée en comparaison de ses voisins allemands et italiens. En effet, cet espace-temps qui s’étend de 1976 à 1979 vit la fin brutale de nombreuses figures politiques, parmi lesquelles François Duprat, le prince De Broglie, Robert Boulin. Autant d’affaires qui pourront faire l’objet d’un article ici.
En guise de conclusion, j’ajouterais d’autres faits en rapport avec notre ami René, l’enlèvement du Baron Empain, et la mort du peintre en bâtiment et amant de l’épouse du président Bongo, Robert Luong, lequel inspira à A.D.G son roman « Balles nègres » (1982) C’est d’ailleurs cet excellent polar qui me donna l’idée de cet article. Une façon comme une autre de lier la sauce!
Je vous dis à bientôt sur ces images…


Villeneuve sur lot 1979 Meurtre Robert Luong Le peintre villeneuvois 
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XXII- Souvenirs de jeunesse…
Aujourd’hui, un « Tout l’univers » particulier puisque très personnel, voici quelques personnes, objets et lieux de mon enfance et de mon adolescence….j’espère que cela vous plaira…

Une marque que j’affectionnais adolescent….

Façade du cinéma « Les Clubs » avant d’être transformé en « Arvor », une salle de quartier sympathique.

Cinéma Le Paris, il projetait de nombreux dessins animés, très beau cinéma avec son balcon qui était un peu le royaume des enfants.

Marilyn Jess, le fantasme de beaucoup…

FRANCE – CIRCA 1900: Pierre Dubois in France – Author of La Grande Encyclopedie des fees. (Photo by Lily FRANEY/Gamma-Rapho via Getty Images) Pierre Dubois, écrivain, comédien et « Elficologue », mémorialiste du royaume des fées et des lutins, il animait une émission sur FR3, je l’ai rencontré alors qu’il sortait des studios de ladite chaîne. Un ami et un mentor.

Rockin’ Ronnie, disquaire, disc-jockey, roi du Rock’n’roll, ami et mentor.
A suivre…
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Coucou la voilà!
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XXI- Auteurs, auteur, des plumes qui m’ont influencé…
A.D.G l’anar de droite de la Touraine, troisième partie.

L’action qui part en vrille ou démarre là ou ne l’attend pas , ainsi que la présence de personnages décalés, font donc partie des constantes majeures des livres de A.D.G. Dans « Je suis un roman noir » (1974) un écrivain qui ressemble beaucoup à l’auteur se retrouve mêlé à une sombre histoire d’enlèvement et se tire d’affaire grâce à une joyeuse bande d’excentriques ( dont un ami qui porte des culottes de cheval avec des sandalettes en plastique et partage sa vie avec une fille borgne et boiteuse aux étonnants dons d’imitatrice)
Dans « L’otage est sans pitié » (1976) un jeune homme ordinaire et employé de banque (une note autobiographique, sachant que l’auteur a lui-même exercé cette profession) qui décide de cambrioler l’agence qui l’emploie en simulant une prise d’otage. A noter à ce propos que les prises d’otage et les enlèvements sont très présents dans cet univers et cela s’explique par le contexte de l’époque. Les années 70 furent en effet marquées par de nombreuses affaires de kidnappings et de rançons (L’affaire Patrick Henry, la séquestration du Baron Empain,etc) une série noire qui s’acheva au début de la décennie suivante, l’enlèvement de la fille de Frédéric Dard fut un des derniers de ces faits déplorables. Dieu merci, la jeune femme s’en sortit saine et sauve.

« Le grand môme » (1977) est certainement une somme de ces caractéristiques d’A.D.G, notamment par le personnage dont le nom ou plutôt le sobriquet « Le grand môme » (référence amusée au « Grand Meaulnes ») donne son titre, sans véritable nom, sans passé, venu de nulle part mais redoutable combattant. Au-delà du récit qui n’est pas si important, c’est ce monde dont le « grand môme » est à la fois le symbole et l’agent, ou les protagonistes agissent selon leurs propres règles contre le conformisme ambiant. Et ce quel que soit leur camp. D’ou sans doute cette fréquente alliance des contrastes.
Voilà, c’en est fait de ce petit tour d’horizon de l’oeuvre d’A.D..G pour aujourd’hui, elle ne se résume certes pas aux seuls livres chroniqués ici, mais ces derniers me semblaient les plus représentatifs et, du moins à mon avis, les plus intéressants. Il y aura sans doute un petit supplément dans la journée, mais d’ici là, portez vous bien!





