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XXIII- Auteurs, auteur, des plumes qui m’ont influencé….
Gaston Leroux. Le grand bazar de Gaston. Le cinéma et toute la mémorabilia de notre auteur!

Lon Chaney dans le rôle d’Erick. » Le fantôme de l’opéra/Phantom of the opera » (1926) de Rupert Julian, production du grand Carl Laemmle.

(Original Caption) 1925-Lon Chaney in « The Phantom of the Opera. » Movie Still, 1925. 

Lon Chaney et son nécessaire à maquillage. L’homme était un véritable artiste, il créait lui-même ses masques. Il en mourut, les matières de l’époque n’étant pas des plus saines.

Un Erick en cire!

Une des premières versions de « Chéri Bibi » avec Pierre Fresnay avant qu’il ne se compromette.



Eh oui, Jean Richard avant de pantoufler en Commissaire Maigret a été le gendarme de Champignol et même Chéri Bibi!

Hervé Sand dans la version télévisée de Jean Pignol de « Chéri Bibi » ‘1974) ici en compagnie de Jean Lefebvre. A noter que A.D.G participa à l’adaptation.


Winslow Leach, un fantôme de l’opéra digne de l’original dans » Phantom of the Paradise » (1974) de Brian de Palma.






» La cave de Gaston Leroux, café et musée parisien dédié à l’auteur.

C’est tout! à bientôt!
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XXIII- Auteurs, auteur, des plumes qui m’ont influencé…
Gaston Leroux, quatrième partie.

Avant d’aborder la question de Gaston Leroux et l’histoire, je voudrais clore le chapitre de Gaston Leroux et le fantastique sur une créature un peu moins connue du bestiaire de l’auteur: Balaoo, le singe qui parle. Assistant d’un savant qui s’installe en cambrousse (hantée par une bande d’apaches locaux, sans lesquels ce ne serait pas un roman de Leroux) et qui le fait passer pour un indigène asiatique ( reflet du racisme de l’époque?) Balaoo se retrouve évidemment aux prises avec les autorités et plus généralement la société humaine (quoique la société animale représentée par un perroquet ne vaut pas forcément mieux), miné – eh oui, une fois de plus- par la ‘amour qu’il porte à la belle Hélène.
Moins cruel, plus réfléchi que les autres bannis tragiques de l’oeuvre de Leroux, Balaoo se distingue également par sa poésie, par la présence d’un petit texte dans lequel Balaoo, dans un style candide, crie son déchirement et son amour rendu impossible par sa condition et, encore une fois, sa laideur.
Il renvoie de surcroît à cet engouement pour les singes fréquent dans la littérature populaire de la Belle-époque, dans « Tarzan » bien entendu, « Le livre de la jungle » et pour revenir en France « Ouah, roi des singes » ou « Nora la guenon devenue femme » de Félicien Champsaur.
Et Gaston Leroux et l’histoire?
Elle est très présente chez lui et à ce titre, ces romans sont des témoignages sur son époque et, pour certains, des anticipations. C’est particulièrement vrai dans la série « Rouletabille » dont quelques titres sont éloquents « Rouletabille chez le Tsar » « Rouletabille chez Krupp ». ( Sans compter le reportage très clairvoyant de Leroux sur « L’agonie de la Russie blanche) et plus particulièrement le diptyque formé par « Le château noir » et « Les étranges noces de Rouletabille »


Donc le diptyque formé par « Le château noir » et « Les étranges noces de Rouletabille » suit le célèbre reporter sur les traces d’une jeune bulgare dont il est amoureux et qui a eu la déveine d’être enlevée. L’action se passe dans les Balkans en 1912. Sachant que deux ans plus tard, le premier grand conflit mondial qui éclatera tire sa source des embrouilles territoriales des Balkans, le livre de Leroux était prophétique par on analyse plus que pertinente des tensions ethniques et nationales au sein de l’empire Austro-Hongrois qui périrait avec la guerre. A ce propos, il y eut un auteur qui se montra encore plus visionnaire sur le même sujet: Jules Verne avec « Le château des Carpathes » rédigé en…1892.

Dans « La reine du Sabbat », Leroux va plus loin dans sa démarche puisqu’il n’utilise plus le filtre d’un personnage récurrent comme Rouletabille pour nous introduire dans un univers inconnu, il nous y plonge directement. Mais dans quoi? Dans la maison impériale du royaume imaginaire d’Austrasie. Cette dernière est victime d’une vengeance incarnée par la reine du Sabbat du titre.
Complexe, épique, délirant. Un grand livre en même temps que la preuve que les écrivains dits « populaires » se montrent parfois plus clairvoyants que les auteurs sérieux. Comme Stefan Zweig à qui l’assassinat de l’Archiduc François Ferdinand ne faisait ni chaud ni froid.
A suivre…
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XXIII- Auteurs, auteur, des plumes qui m’ont influencé….
Gaston Leroux, troisième partie….

Du fantastique certes mais du Gaston Leroux avant tout avec « La poupée sanglante » avec un homme repoussant mais au grand coeur que l’amour pour une femme sensible pousse à la folie homicide. Leroux pousse cette fois ses thèmes dans leurs retranchements, puisque loin des freins qui retenaient encore Chéri Bibi ou même Erick, Benedict Masson lui tue d’abord par amour puis simplement par habitude. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si son esprit se trouve transplanté dans le corps d’un automate à l’apparence de beau jeune homme. La machine s’humanise et l’homme se mécanise.


Leroux joue avec le fantastique dans « La poupée sanglante » en le mêlant au rationnel – et si tout cela était faux?- il le fait également dans « L’homme qui revient de loin », intrigue ou se mélangent spiritisme, résurrection et complot dans la maison de campagne d’une famille de grands bourgeois.
Dans « Le coeur cambriolé » en revanche, les choses sont plus franches avec cette histoire d’amour contrariée par l’hypnose et la possession mentale.
Mais Gaston Leroux qui avait été confronté en tant qu’avocat puis journaliste à la réalité a très bien su s’en servir dans ses livres. Et même l’anticiper.
A suivre…

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XXII- Auteurs, auteur, des plumes qui m’ont influencé….
Gaston Leroux, deuxième partie.
Le fantastique, donc. Et plutôt deux fois qu’une. On commencera par le plus célèbre roman de Leroux relevant de ce genre: « Le fantôme de l’opéra »

Si beaucoup ont oublié ou ignorent (Jean Kevin, écoute s’il te plait!) le nom de Gaston Leroux, le titre « Le fantôme de l’opéra » évoque malgré tout encore quelque chose pour le public. Adapté, transformé, parfois maltraité, le livre a connu le sort de tout les mythes: la récupération tous azimuts.
Mais qu’en est-il du livre proprement dit?
L’histoire est celle d’un musicien maudit, Erick, qui oeuvre dans les caves de l’opéra puis décide de se venger en tuant. Pour ce faire, il use de moyens aussi atroces qu’ingénieux. Insaisissable, et presque invulnérable, il bafoue les autorités chargées de le mettre hors d’état de nuire. Presque invulnérable car il a (quand même) une faiblesse: l’amour. Tout comme Chéri Bibi. La mûre, toujours la mûre.
Ce n’est qu’un avis personnel, mais Gaston Leroux a une constante, le mélange d’ironie et de compréhension à l’égard de ses héros. Compréhension, car Erick et ses semblables sont des parias, ce qui motive leurs actes. Mais ne les excuse pas. Pour preuve, Erick finit par périr. Ironie car, l’aspect un peu ridicule des personnages n’est pas éludé. Il concerne d’ailleurs une bonne partie de la faune présente dans les livres de Leroux.
Le Fantastique quant à lui vient évidemment de l’ubiquité du personnage et des chausse-trappes délirants qu’il met sur la route de ses cibles, de l’atmosphère macabre et du cadre de l’opéra qui en tant que théâtre accentue le côté dramatique de l’action.

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XXIII- Auteurs, auteur, des plumes qui m’ont influencé…
Gaston Leroux, le maître du mystère, de l’humour et de l’imaginaire…

« Rouletabille », « Chéri-Bibi » ou « Le fantôme de l’opéra » autant de personnages et d’oeuvres que tout le monde connait ou devrait connaitre, qui font partie intégrante de la littérature de l’imaginaire français. Comme il convient de lui rendre hommage, j’ai décidé de vous emmener aujourd’hui en voyage chez ce géant de nos lettres. En guise d’avertissement préalable, cet article ne vise nullement à l’exhaustivité, la matière est trop riche, d’une part, et d’autre part, le tour d’horizon que je vous propose est très subjectif. Rien ne change alors, diront les mauvaises langues. Bon, trêve de préambule, en route!
Ce n’est pas un hasard si j’ai choisi une image de Gaston Leroux en tenue d’avocat, l’auteur Gaston Louis Alfred Leroux (1869-1927) de son nom complet exerça en effet cette profession, ce qui lui servit certainement pour ses futurs écrits ou abondent les crimes tordus et les assassins haut en couleur. Cela dit, il ne s’agit là que de sa première vie, la seconde, il la passa en tant que journaliste, une autre source d’inspiration probable (et sans doute plus que probable) pour son oeuvre. Il est bon de noter à ce propos, undes résultats concrets de cette période le reportage publié ensuite en volume réalisé en Russie « L’agonie de la Russie blanche », son seul livre de non-fiction.
Crimes, criminels, intrigues tordue, justice et journalisme. Les ingrédients sont réunis pour entrer en cuisine et concocter un plat savoureux dont le public est alors friand: le roman-feuilleton. Les journaux à l’époque diffusent non seulement les nouvelles mais également des récits mouvementés peuplés de personnages pittoresques et stéréotypés. Au début du XXème siècle, c’est à dire le temps de Gaston Leroux, la recette n’est déjà pas nouvelle, ce genre littéraire a son Panthéon, Eugène Sue et ses Mystères de Paris (dont se souviendront plus tard Frédéric Dard et peut-être davantage Léo Malet) Ponson du Terrail et Rocambole (un des rares personnages dont le nom est devenu un adjectif « Rocambolesque ») Michel Zevaco et ses « Pardaillan »; et quantité d’autres dont beaucoup sont oubliés aujourd’hui. Mais pas tous, dont notre ami Leroux qui lorsqu’il apparaît rejoint une longue liste d’auteurs populaires.
Donc, l’aboutissement premier de la tambouille de Gaston sera le malicieux reporter Rouletabille qui dénouera « Le mystère de la chambre jaune ». On me permettra de faire une pause ici, « Rouletabille » n’est pas ce que je préfère chez Gaston Leroux et ce pas par ce biais que je l’ai découvert. Cependant, je ne peux en nier l’importance et j’évoquerais ce qui me semble le plus intéressant dans cette part des oeuvres de Gaston Leroux.
L’autre personnage marquant chez Leroux est évidemment Chéri Bibi. Bagnard colossal injustement condamné, à l’effrayante laideur et au grand coeur, il déclenche une mutinerie sur la navire-prison qui les mènent lui et ses compagnons d’infortune vers la bagne de la Guyane.

Héros de cinq livres, ou il poursuivra l’amour de la belle aristocrate Cecily, sauvera des affligés pareils à lui, endossera diverses identités (notamment en se confectionnant des gants en peau humaine afin de changer d’empreintes) Chéri Bibi mélange courage, ingéniosité, cruauté et générosité, en plus de son terrifiant physique et permet de jeter les bases de nombreuses autres figues des romans de Leroux, tel Erick « Le fantôme de l’opéra » ou l’automate tueur (mais pas sans coeur) de « La poupée sanglante. A cela s’ajoute les déguisements, les résurrections et les substitutions d’identités qui seront fréquentes comme dans « L’homme qui revient de loin », « Mister Flow » etc.

Enfin, il s’agit d’un héros en butte à l’autorité, ce qui valut à Leroux d’être révéré par certains anarchistes (Libertalia, éditeur libertaire réédita il n’y a pas si longtemps les deux premiers volumes de la saga), ce qui peut se discuter. Lors de sa discussion avec le commandant de bord une fois après s’être rendu maître du navire dans « Les cages flottantes », le bagnard explique qu’il est une victime de la fatalité ( le fameux « Fatalitas » récurrent dans ses aventures) et qu’il n’accuse nullement le système, à la différence de « Petit Bon Dieu » un de ses co-détenus qui occupe tout son temps à rêver d’une réforme judiciaire. Cette absence de volonté révolutionnaire se confirme dans le dernier opus « Le coup d’état de Chéri Bibi » ou une agitation politique à laquelle le brave bagnard ne peut pas grand chose meurt, tuée dans l’oeuf, car personne, Chéri Bibi le premier, n’en veut.


Il faut plutôt voir une volonté satirique des travers du temps qu’une incitation à changer le monde existant. C’est en ce sens une version plus ludique et nettement moins tragique du crime que celle peinte par Georges Darien dans « Le voleur » dont le héros Georges Randal, fils de famille spolié de son héritage devient voleur sans se reconnaître parmi les autres criminels, y compris ceux qui épousent la cause anarchiste.
Outre tout ceci, l’aspect le plus marquant reste l’invraisemblance assumée et partagée dans le roman-feuilleton peuplés de super-criminels insaisissables et indestructibles Zygomar, Fantomas et compagnie. Ce qui nous amène….au fantastique.
A suivre…




