Avec toutes mes excuses pour les boobs, Pascal!

Avec toutes mes excuses pour les boobs, Pascal!

XXXII- Georges Pichard et les classiques.
Georges Pichard, illustrateur et auteur de bande dessinées, célèbre pour « Paulette » « Bornéo Joe » ou « Blanche épiphanie » (quels beaux titres, et c’est sans ironie) et pour ses femmes plantureuses aux yeux de biche, fut également connu pour ces adaptations de classiques de la littérature. Pas forcément érotiques, mais dont il savait faire ressortir le potentiel sensuel, que ce soit chez Zola ou Homère!






XXXI- Dans les jardins de Pierre Louys, Appolinaire; Mirbeau.
Guillaume Appolinaire et Octave Mirbeau ont en commun d’être presque contemporains et d’avoir écrit deux des ouvrages les plus outranciers de leur temps. » Les onze mille verges pour Appolinaire et « Le jardin des supplices » pour Mirbeau.
Outranciers, certes mais très différents l’un de l’autre. « Les onze mille verges » narre les aventures sexuelles et les tribulations de Mony Vibescu, hospodar autrement dit préfet roumain et de l’amour de sa vie Culculine dans l’Europe d’avant 1914 (Le livre aurait d’ailleurs du s’intituler « les amours d’un hospodar). Délirant, obscène, aux limites du fantastique, malicieux, devançant le surréalisme de quelques décennies, « Les onze mille verges » sont un joyeux fourre-tout qui côtoie la grossièreté sans jamais y tomber.

» Le jardin des supplices » en revanche a un tout autre ton. Il raconte non l’histoire mais la descente aux Enfers d’un français égaré dans la Chine de la fin du XIXème siècle qui rencontre une autre occidentale expatriée, une britannique qui va se révéler complètement folle. Le vecteur de cette démence est le « Jardin des supplices », lieu de torture situé au coeur d’un parc paradisiaque. Pour les « djeuns » qui me liraient (J’en doute, mais l’espoir fait vivre) le livre est « Gore »et raffiné, terrible et mélancolique, comme le résume cette scène ou un bourreau se plaint que toute grâce ait été ôtée à la Chine, jusque dans l’horreur. Il convient à ce propos de rappeler que le livre a été écrit au moment ou les occidentaux et les japonais pénétraient le territoire chinois.

Ces deux euvres intéressèrent le cinéma pour le pire. « Les onze mille verges » d’abord en 1974 via la piteuse adaptation d’Eric Lipmann (voir photo ci-dessous) ou Marion Game faisait…ses gammes (avant de vendre des ustnsiles pour se masser les ripatons sans se baisser)

Puis Mirbeau eut à son tour droit à un passage à la moulinette moins raté mais guère mémorable avec « Le jardin des supplices » (1976) de Chritian Gion ou l’acteur belge Roger Van Hool (qui vient de nous quitterle mois dernier) côtoie Jean Claude Carrière et la délicieusefranco-chinoise Ysabelle Lacamp, actrice discrète qui se reconvertira plus tard dans l’écriture de romans à succès. Moins traître que le nanar de Lipmann, il est parfois traversé par quelques fulgurances esthétiques, sans toutefois sortir de sa condtion de film de second rayon. Il se maintient cependant à un niveau honorable. Mais d’un autre côté, il se heurte au même problème que Lipmann avec « Les onze mille verges » Des textes aussi radicaux pouvaient difficilement passer le cap de l’écran. Et ce quel qu fut le talent du réalisateur, kubrick l’avait bien compris en ne s’attaquant qu’à des auteurs mineurs ou presque, à l’exception de Nabokov, bien entendu.



La très belle Ysabelle Lacamp.
A bientôt!
XXXI- Dans les jardins de Pierre Louys, Appolinaire, Mirbeau….
Pierre Louys, suite. Pierre Louys en images, dessins, bande dessinées, cinéma…

Illustration de Georges Barbier pour « Les chansons de Bilitis »(1922)

Illustration de Suzannne Ballivet pour « Les chansons de Bilitis » (1943)

Et le cinéma dans tout ça? Il faut le dire Pierre Louys n’a guère eu de chance avec le Septième Art, du moins pour ce qui concerne les films que j’ai vu. Entre « Bilitis » (1977) de David Hamilton (Vous savez « Le flou sur la colline ») et « Aphrodite » (1982) de Robert Fuest, qui en fait n’adaptent pas vraiment les livres (En particulier celui de Fuest ou des riches oisifs rejouent « Aphrodite » sur une île grecque avant la première guerre mondiale) et se contentent de profiter sans vergogne du filon initié par « Emmanuelle » « Aphrodite » révéla cependant l’ex-futur jeune espoir féminin du cinéma français, Valérie Kaprisky. Celle qui fut le fantasme de nombreux adolescents de ma génération est à l’origine d’une anecdote personnelle que je vais me faire un plaisir de vous narrer. Je me trouvais dans un train qui me ramenait chez moi et je remarquais dans le wagon au hasard d’un coup d’oeil une femme dont le visage m’était familier sans que je parvinsse à comprendre pourquoi. Je n’y fis pas davantage attention jusqu’à l’arrivée en gare. L’inconnue et moi descendions tous les deux au terminus. Sur le quai, deux surprises. La première la taille singulièrement petite de l’inconnue. Et le fait que l’inconnue en question ne l’était pas tant que ça. C’était Valérie Kaprisky.


Et la bande dessinée? Là, l’auteur eut plus de chance avec l’adaptation de « Trois filles de leurs mère » par Georges Pichard.

XXXI- Dans les jardins de Pierre Louys, Appolinaire, Mirbeau….
Pierre Louys, suite.
Et maintenant, un aperçu de Pierre Louys Photographe.




Suzanne Ballivet, illustratrice qui servit « Les chansons de Bilitis » bien après la mort de l’auteur.

Zohra Ben Brahim et le compositeur Claude Debussy. Zohra était la « petite sauvage » de Pierre Louys, surnom du à la grande liberté de la demoiselle.




XXXI- Dans les jardins de Pierre Louys, Appolinaire, Mirbeau…
Aujourd’hui, une promenade chez les maîtres de l’érotisme Belle-époque et de leurs divers avatars. Au programme, coquineries, saphisme, joie de vivre, cruauté et exotisme colonial!


Pierre Louys, (1870- 1925) fut romancier, poète, conteur et même photographe, ainsi qu’un grand amoureux des femmes et de leur postérieur, comme on le verra plus tard. Ses ouvrages les plus connus restent « Aphrodite » (1896) qui évoque le monde des courtisanes de la Grèce antique à travers le destin de l’une d’elles qui donne son titre au livre. « Les chansons de Bilitis » (1894) recueil de poèmes que Louys attribua à une poétesse contemporaine de Sapho, ce qui était évdemment faux, l’oeuvre étant bien celle de notre ami Pierrot. Il n’en demeure pas moins que cette supercherie littéraire était amusante et permit de ridiculiser la pédanterie de la critique de l’époque. Enfin, il y a « Trois filles de leur mère » qui narre les joies de la prostitution en famille et qui fut publié à titre posthume en 1926. Je n’ai pas cité pour des raissons de temps les autres oeuvres mais j’y reviendrais sans doute plus tard. Quant à ses incursions dans le domaine de la photographie, elle témoigne d’une autre de ses passions, outre l’Antiquité, le monde Arabe. A l’instar de nombre de ses contemporains, Louys était saisi par le mirage colonial et surtout par ses femmes exotiques.


A suivre…
Célébrons aujourd’hui Sainte Claire D’Assise!
Aujourd’hui: Edition spéciale truands qui déraillent, troisième partie. « Scarface » de Brian de Palma (Etats-unis, 1983) « Je suis…comment vous dites?…. Paranoiaque… » L’histoire de Tony Montana, immigré passé des prisons cubaines à l’épluchage d’oignons avant de se retrouver sur le trône de la cocaine dont il ne tardera pas à chuter. Que n’a-t-on écrit et dit sur…