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XXXIV- Femmes vampires, sorcières et immortelles, les figures féminines du fantastique en France.

Les années 70 furent étrangement propices au Fantastique en France, souvent teinté d’érotisme, magnifiant des femmes belles et dangereuses (ou victimes, c’est selon) en particulier chez Jean Rollin qui fit de la femme vampire sa figure de prédilection, le vampire l’attirant car il était la seul créature à forme humaine. Rollin depuis son premier film « Le viol du vampire » (1968) au dernier « La fille de Dracula » (2003) fut le seul réalisateur français à se consacrer entièrement au genre, ce qui en fait un cas d’espèce. Néanmoins, d’autres cinéastes y mirent leur grain de sel. Bruno Gantillon avec « Morgane et ses nymphes » (1971) avec ses fées lesbiennes et immortelles s’ébattant en robes multicolores dans une forêt d’Auvergne. Mario Mercier, sorcier véritable avec « La Papesse » (1974) et la mystérieuse Géziale (Une authentique initiée dont l’identité reste encore mystérieuse), tête d’une secte dont les adeptes subissent des rites initiatiques barbares. Ou encore Maxime Debest et les sorcières très sexuées de « La pipe au bois » (1975)
Admirez!


Jean Rollin et ses femmes vampires comme celles de « La vampire nue » (1970) voir photos ci-dessus.


« Requiem pour un vampire » (1971) de Jean Rollin.


« Lèvres de sang » (1975) de Jean Rollin


« Affiche italienne de « La pipe au bois »

« Requiem pour un vampire »








« La vampire nue »

« Morgane et ses nymphes »

« Lèvres de sang »
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XXXIII- Monsieur Gainsbourg et le cinéma Noir.

Afin d’introduire cet article, je tiens à rappeler le titre de ce blog »France rétro polar » Aussi, même s’il m’arrive de faire des détours par l’étranger (Aimer son pays n’interdit pas d’aimer les autres.) mon propos est d’abord centré sur la culture de notre nation. Dans ses marges, certes mais tout de même.
Aujourd’hui, j’ai décidé de consacrer un article à une figure de la culture française: Serge Gainsbourg. Ce géant de la chanson, tout le monde le sait, eut beaucoup à voir avec le cinéma, principalement pour des raisons financières. C’est dire que la qualité des films était à tout le moins discutable, entre péplums en fin de course et comédies à la ramasse, la carrière du beau Serge se trimbale une réputation peu flatteuse. Mais à demi méritée.
Pourquoi?
N’en déplaise à la critique, tout ne fut pas mauvais dans les aventures de Gainsbourg sur grand écran. Pas toujours abouti, souvent étrange, parfois réussi et très intéressant.
Je vais me concentrer sur les polars (ou assimilés) dans lesquels tourna Gainsbourg. Par ordre chronologique, commençons par le commencement! Et en l’espèce, le moins bon!

« L’inconnue de Hong Kong » (1963) de Jacques Poitrenaud amène notre Serge en Asie et en artiste de cabaret aux côtés de Dalida, laquelle est au centre d’une sombre histoire de vols et de trafics au milieu des pagodes et des sampans (Il ne faut pas prendre les sampans du pont Thieu pour des canots de sauvetage, c’est bien connu!) Peu à dire de cette bande assez banale nonobstant le décor et qui aurait sûrement été oubliée s’il n’avait réuni sur son affiche deux grandes vedettes de la variétés – pas encore des légendes.
Au suivant

« Estouffade à la Caraibe »de Jacques Besnard appartient quant à lui au juteux filon de l’Espionite suscité par le succès des James Bond. Frederick Stafford y joue un agent secret top moumoute qui se ballade aux Antilles et tout ce qui s’ensuit. Je m’attarde un peu sur cet acteur australien qualifié à raison de Sean Connery du pauvre, spécialiste des rôles d’aventuriers ou d’espions (Des OSS 117 à son actif) qui tourna tout de même avec Hitchcock dasn « Létau/ Topaz » (1969)…en remplacement de…Sean Connery. Copie carbone tu es, copie carbone tu resteras.
Et Serge dans tout ça? Il sert la soupe au héros en ponctuant chacun de ses exploits par « Morgan, c’est le plus fort! »
Au suivant!
Avec « L’inconnu de Shandigor » (1967) de Jean Louis Roy, co-produit avec la Suisse, on est à un niveau bien supérieur. A première vue pourtant, l’objet semble un énième sous-produit de l’Espionite (Que les cinéphiles nommeront plus tard l’Eurospy) tant cette histoire de savant poursuivi par des agents de tout bords parce qu’il détient une formule super top moumoute sent le réchauffé. Néanmoins, dès les premières images, on se rend compte qu’il n’en n’est rien avec le ton surréaliste, absurde et très inventif immédiatement posé. Galerie de personnages délirants, à commencer par le premier d’entre eux le savant joué par Daniel Emilfork, mégalomane, tyrannique et….très drôle.

Autour de ce dernier s’agitent des agents excentriques incarnés par une brochette de seconds rôles savoureux, Jacques Dufhilo, Howard Vernon et….Serge Gainsbourg, à la tête d’un commando de chauves experts en déguisement.

Poétique, bouffon et intelligent « ‘L’inconnu de Shandigor » cache en outre un secret contenu dans son titre. Lequel? Allez voir le film les amis!



Pour finir, ajoutons que Gainsbourg signe également la musique du film.
Au suivant!
« Les chemins de Katmandou » (1969) de André Cayatte, récit d’un amour des années hippie gâché par la drogue porte la marque de ses auteurs, Cayatte à la réalisation, plus avocat en plaidoirie que jamais et René Barjavel au scénario, toujours aussi moraliste – ce qui n’est pas un reproche. Accompagné par Jane Birkin juste après « Slogan » ou le couple fit sa première apparition à l’écran, Gainsbourg y joue un salopard à moustache ( la seule fois ou il en porte une) et signe une nouvelle fois la musique (Laquelle ne fut retrouvée que très récemment)

Quant au film lui-même, il est très ancré dans son époque et forcément daté, ce la dit il a le mérite en dépit (ou peut-être à cause) de ses maladresses de dire la vérité sur la drogue en général et dans le contexte post-soixante-huitard en particulier: la fin de la route, l’aboutissement des « Chemins de Katmandou » c’était bien souvent la déchéance et la mort;


Au suivant!

« Cannabis » (1970) de Pierre Koralnik se rapproche du polar classique avec un habillage des années 70 débutantes, rapport à l’esthétique psychédélique du film. Histoire d’un tueur à gages (Gainsbourg) qui tombe amoureux de sa cible (Jane Birkin) n’a rien de neuf en soi, mais une atmosphère mélancolique entretenue par une très belle photographie et un sens du fatalisme le rendent plus attachant que certains autres polars du même acabit.
Conclusion: Gainsbourg au cours de ses multiples carrières fut l’objet d’un certain dédain quant à ses performances d’acteurs et à la qualité des films auxquels il participa, parfois à raison.
Considérant l’échantillon que je viens d’exposer dans cet article, on se rend compte que le bilan peut être nuancé. Si toutes les productions citées ici ne sont pas des chefs d’oeuvres ou même des oeuvres de qualité, elles présentent des caractéristiques qui les rendent intéressantes, amusantes ou étranges et font que pour certaines d’entre elles, elles méritent le détour.
Pour un artiste dont le métier n’était pas celui d’acteur, ce n’est pas si mal…
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XXXII- Séjours ailleurs avec Yan Morvan.
Vous reprendrez bien du Morvan? Pour finir la soirée, quelques photos diverses de l’auteur.




Photographie extraite de la série notamment édité dans le livre « Le Cuir et la Baston ». Travail réalisé entre 1975 et 1977 à Paris et en banlieue (Montreuil, Boulogne-Billancourt…). 
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XXXII- Séjours ailleurs avec Yan Morvan.
Irlande du nord, Lord Mountbatten et Bobby Sands.
La chronologie m’y obligeant, je commence par le commencement. 27 août 1979, à bord d’un voilier, Lord Mountbatten, cousin de la Reine et ancien vice-roi des Indes périssait avec son petit fils et un jeune matelot suite à l’explosion d’une bombe.
5 mai 1981, Bobby Sands meurt des suites d’une grève de la faim. Ce membre de l’IRA et député du parlement d’Ulster, détenu pour détention d’armes à la prison de Maze, Sands avait poursuivi cette grève afin d’obtenir pour lui-même et pour ses camarades de cellule le statut de prisonnier politique.

Il n’y a pas de lien direct entre ces deux événements – sinon qu’ils concernent chacun le problème Nord-Irlandais. Toutefois, ils ont chacun marqué les esprits, en particulier la mort de Sands qui suscita une vive émotion dans le Monde et notamment en France. A titre personnel et ce bien que j’étais fort jeune alors, je me souviens de manifestants à Rennes ou j’habitais qui souhaitaient rebaptiser la rue Hoche « Rue Bobby Sands ». Ridicule. Soit, Thatcher s’est montrée d’une grande brutalité envers les prisonniers catholiques d’Ulster, soit l’Irlande du Nord a beaucoup à reprocher aux protestants et au pouvoir anglais. Néanmoins, l’IRA n’est pas composée de cueilleurs de trèfles, la mort épouvantable de Mountbatten en est une preuve.
Ensuite, il y a en France une fâcheuse tendance à importer des problématiques appartenant à une histoire et à une culture qui ne sont pas les nôtres. La fin tragique de Sands en atteste. Les récents exemples avec l’affaire George Floyd et BLM sont comme une énième répétititon de cette manie consistant à plaquer des événements dramatiques qui ne nous concernent en rien. Enfin, si ces deux faits témoignent de quelque chose, c’est du cynisme qui meut la Raison d’état et ce des deux côtés. Le traitement infligé aux prisonniers catholiques était évidemment indigne (passage à tabac entre autres choses) mais la mort de Mountbatten était pour les « Têtes » de l’IRA un moyen de créer une bonne guerre plutôt qu’une paix médiocre. Sur ce, je vous laisse sur ces images que j’ai laissées volontairement sans légendes. A vous de tirer vos conclusions!


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Striptease artist Lili St. Cyr pulls on stockings during a rehearsal of her interpretive dance for the three-dimensional short film « Carmenesque, » Jan. 23, 1953, in Los Angeles. (AP Photo/Ellis R. Bosworth) -
XXXIII- Des séjours ailleurs avec Yan Morvan.
Vous qui suivez ce blog avez récemment remarqué les photos de blousons noirs des années Giscard. Elles sont l’oeuvre du photographe qui se consacra évidemment à d’autres sujets, notamment la prostitution en Thailande ou encore l’Ulster au temps de Bobby Sands. Concernant ce dernier sujet, j’ai décidé de compléter l’article avec des photos parues dans « Paris Match » relatant l’attentat meurtrier contre Lord Mountbatten et son petit-fils en 1979.
En attendant, un petit voyage en Asie…








