XXXIX- Les excentriques du siècle passé, première partie.
Léo Campion.
Léo Campion (1905-1992) était un humoriste, chansonnier et comédien franco-belge, ainsi qu’un personnage haut en couleur dont la vie ne le ut pas moins.
Objecteur de conscience, résistant, anarchiste et franc-maçon, auteur d’un ouvrage fort prisé sur la sujet. Il était aussi un fou des fesses féminines, auxquelles il consacra un livre – cet homme aimait décidément partager ses passions. A noter que l’ordre des Chevaliers de la taste-fesse l’a conservé en tant que figure tutélaire.
A la radio, il participa à l’aventure de « Signé Furax » et à la télévision il gagna une certaine popularité auprès du grand public grâce à la série « La brigade des maléfices » (1971), essai de Fantastique à la française ou notre bon Léo incarnait un détective du surnaturel -forcément- excentrique. Son side-car conduit par son adjoint marqua les esprits.
XXXVIII- Les déguisés de la Belle-époque, quatrième partie. Joséphin Péladan.
Joséphin Péladan, le Sâr qui ne dînait pas à l’huile!
Joséphin Péladan (1858- 1918) entra dans la République des lettres à l’aide de Léon Bloy, Paul Bourget et de Jules Amédée Barbey D’Aurevilly puis connut le succès avec son roman » Le vice suprême » (1888) premier volume d’un cycle de vingt et un livres clos par « La torche renversée » publié à titre posthume en 1925.
Il se démarqua par ses robes, sa barbe ointe à l’huile de cèdre, ses cravates de dentelle et le titre de « Sâr » (roi en babylonien) voire de Sâr Mérodack le nom de mage ne lui suffisant plus. Cela provoqua l’hilarité de ses contemporains (« Le mage d’Epinal » « Le Sâr dîne à l’huile ») mais passait malgré tout dans le contexte souvent délirant de la fin de siècle.
Outre ses tenues, ses écrits étaient en effet très imprégnés de l’ambiance d’alors portée sur l’ésotérisme, la magie, le mysticisme (Péladan se passionna pour l’occulte sous ses diverses formes, allant jusqu’à appartenir à la loge des chrétiens Martinistes, ce qui n’a rien à voir avec l’apéritif)
Avec le changement d’époque, la gloire de Péladan déclina jusqu’à ce que l’auteur sombre dans l’oubli. Il mourut en 1918 dans l’anonymat le plus complet avant de connaître un renouveau dans les années 70 grâce à l’intérêt du public pour les écrivains fin de siècle.
Signalons enfin que Péladan inspira à Gaston Leroux un des personnages de son roman « Le fauteuil hanté »
XXXVIII- Les déguisés de la Belle-époque, troisième partie.
Jean Lorrain.
Jean Lorrain (1855-1906) Paul Alexandre Martin Duval de son vrai nom fut un journaliste, chroniqueur, romancier, nouvelliste, poète et dramaturge français.
Si son oeuvre lui a survécu, de son vivant, il dut surtout sa notoriété à ses chroniques ou il s’appliquait à décrire les vices du tout Paris. Evidemment, cela lui valut de nombreuses inimitiés notamment chez Zola, et même quelques duels, dont un avec Marcel Proust.
Son observation des moeurs parisiennes l’inspira forcément, nombre de ses livres et nouvelles traitant de la décadence de son époque, à laquelle il participait lui-même. En effet, Lorrain était un personnage flamboyant, qu’on qualifierait de nos jours de « folle ». Moustache teinte au henné, bagues à gros chatons, maniérisme sans complexe. Il aimait à se vêtir en « apache » (les racailles d’alors) ou en fort des Halles, voire en femme et trouvait ses amants dans les lieux mal famés ou il se faisait régulièrement agressé et dépouillé, quant il n’y risquait tout simplement pas sa vie.
Caricature de Jean Lorrain dans « L’assiette au beurre »
Il est possible de distinguer deux tendances dans l’oeuvre romanesque de Lorrain, l’une plutôt réaliste composée d’ouvrages à la limite du documentaire ou du « Naturalisme », observation de la vie des maisons closes (La maison Philibert) ou des hôtels destinés aux liaisons plsu ou moins dangereuses (Hélie garçon d’hôtel)
L’autre tendance est quant à elle plus onirique et, par moments relève du Fantastique, avec « Contes d’un buveur d’éther » ou Lorrain puise dans son expérience des drogues auxquelles il s’adonnait – et qui contribuèrent à sa mort prématurée- ou encore « Histoires de masques » » ou « La dame aux lèvres rouges » qui figurent selon moi dans ce que le Fantastique littéraire français aura donné de meilleur.
Il ne faut pas oublier non plus son oeuvre théâtrale – c’était encore l’époque ou la réussite d’un auteur passait par le succès théâtral- assez riche, mais que je dois l’avouer, je connais mal. Je citerais cependant « Très russe » et mêem cette pièce de Noel dont vous pouvez voir l’affiche ci-dessous.
« Le vice errant » (également inttulé « Les Noronsoff »), roman traitant de la décadence terrible d’une famille de nobles russes. Le vice des riches, un autre thème récurrent chez Jean Lorrain. En témoigne un autre de ses livres, sans doute l’un des plus connu: « Le crime des riches »
En guise de conclusion, un auteur dont le personnage public haut en couleur ne doit pas éclipser l’oeuvre, laquelle mérite d’être lue et même relue!
XXXVIII- Les déguisés de la Belle-époque, deuxième partie.
Pierre Loti
Pierre Loti (1850-1923) connut un double succès en tant que militaire, il était officier de Marine, et en tant que romancier. Ce fut d’ailleurs dans ce dernier domaine qu’il brilla le plus, avec de nombreux romans profitant de la mode alors florissante du roman sentimental et exotique. » Mon frère Yves » , « Le roman d’un Spahi » ou encore » Pêcheurs d’Islande » remportèrent de véritables triomphes et continuèrent à firent l’objet d’adaptations cinématographiques, télévisées et même d’étude dans les programmes scolaires.
Pour ce qui est de sa carrière militaire, s’ il ne démérita pas, il ne s’illustra pas faute d’occasion et non par lâcheté. Preuve en est son excellente conduite lors de sa première mission en tant que jeune enseigne de vaisseau lors de la guerre de 1870 à bord d’un navire espion qui croisait au large des côtes allemandes avec pour ordre de ne pas répliquer en cas d’attaque.
Il est un autre domaine ou Loti se fit particulièrement remarquer: le déguisement. L’écrivain adorait en effet les accoutrements les plus divers, et souvent inspirés par ses voyages allant jusqu’à faire de sa maison un parc à thème avec le salon turc, la pièce bretonne, et même un minaret. Sa demeure sise à Rochefort est semble-t-il toujours ouverte aux visites.
En costume breton. Eh oui, nous autres étions alors des indigènes.
Ceci est un avis personnel, mais si je ne devais conseiller qu’un seul de ses livres, ce serait « Les derniers jours de Pékin », excellent récit de voyage, plus convaincant que ses romans qui ont mal vieilli. Lire malgré tout pour mémoire « Pêcheurs d’Islande » et « Mon frère Yves »
XXXVIII- Lorrain, Loti, Péladan, Eberarhdt et les autres les déguisés de la Belle-époque.
Aujourd’hui, nouveau dossier consacré cette fois à divers excentriques de la Belle-époque. Aventuriers ou casaniers, reconnus ou parias, oubliés ou toujours célébrés, ils ont tous en commun de s’être fait remarqué de leur temps.
Commençons par Isabelle Eberarhdt, que les méchantes langues qualifieraient de « Folle du désert »!
Isabelle Eberarhdt (1878-1905) bâtarde d’un aristocrate russe élevée en Suisse, amoureuse de son frère, grande lectrice, fascinée par le monde Arabe, elle apprit la langue , épousa un algérien, le Spahi Slimène Ehnni, se convertit à l’Islam, ce qui ne l’empêcha pas d’être une alcoolique invétérée. Elle se déguisa en homme sous le nom de Si Mahmmoud pour pénétrer des milieux très fermés, et ce jusqu’à intégrer une confrérie mystique des Soufis, les Quadrias.
Elle fit plus ou moins l’espionne pour le Maréchal Lyautey, pacificateur du Maroc, écrivit de nombreux contes et nouvelles devenus illisibles avant de périr dans une inondation.
Slimène Ehnni, époux d’Isabelle Eberarhdt.
Le Maréchal Hubert Lyautey.
Mathilda May dans le rôle de Eberarhdt, photo extraite du film « Isabelle Eberarhdt » (1991) de Ian Pringle;
Excellente biographie par Tiffany Chevalier pour en savoir plus.
Aujourd’hui: Edition spéciale truands qui déraillent, troisième partie. « Scarface » de Brian de Palma (Etats-unis, 1983) « Je suis…comment vous dites?…. Paranoiaque… » L’histoire de Tony Montana, immigré passé des prisons cubaines à l’épluchage d’oignons avant de se retrouver sur le trône de la cocaine dont il ne tardera pas à chuter. Que n’a-t-on écrit et dit sur…