L- Motocyclistes noirs, body positivité avant l’heure, porno amateur et Elvis en villégiature à Paris. La face cachée des années 50 comme si vous y étiez!
Différents gangs de motards se créèrent après-guerre aux USA suivant le schéma communautaire propre à ce pays, aux Outlaws ( apparus avant la guerre, soit dit en passant) ou aux Boozefighters qui donnèrent plus tard naissance aux fameux Hell’sAngles, des gangs noirs firent à leur tour leur apparition, le plus célèbre étant le club des East Bay Dragons de San Francisco. En voici quelques images:
Mort Shuman, c’était un peu le tonton américain que beaucoup parmi ma génération auraient voulu avoir au fil des « Numéro 1 » de Maritie et Gilbert et Carpentier. C’était en tous cas vrai pour ce qui me concerne. Mais Mort Shuman, c’était plus que cela. Ce natif de Brooklyn, fils d’immigrés juifs polonais qui commença à étudier la philosophie avant de céder au démon de la musique, composa de nombreux succès du Rock’n’ roll – ce genre musical qui m’est cher, vous le savez- notamment pour le King en personne.
Francophone et francophile, il reçut en cadeau de la part de sa maison de disques un séjour à Paris qui devait se prolonger entre autres grâce à sa rencontre avec un certain Jacques Brel. Il adapta pour lui en anglais la comédie musicale « L »homme de la Mancha » puis noua avec ce dernier une amitié solide. Il traduisit d’autres de ses chansons en anglais. Ces traductions donnèrent lieu à un album « Jacques Brel is alive and well and living in Paris »
Mort se mit ensuite à son compte, enchaînant les tubes et les musiques de film, fit même l’acteur à l’occasion, notamment « Dans La petite fille au bout du chemin » (1976) en flic de service face à une autre expatriée américaine: Jodie Foster. On peut également compter « La nuit de Saint Germain des prés » (1977) de Bob Swaim (C’est d’ailleurs ce qui m’a donné l’idée de cet article) et surtout « Rue haute » (1976) film belge de André Ernotte ou il partage l’affiche avec Annie Cordy, un peu moins drôle qu’à l’accoutumée.
Ceci étant, si Mort Shuman s’est illustré dans un domaine au cinéma, c’est d’abord dans sa spécialité, la musique. Sans entrer dans un inventaire qui serait beaucoup trop long, il faut retenir les bandes originales de « A nous les petites anglaises » (1976) et « L’hôtel de la plage » (1977) tout deux de Michel Lang. Les méchantes langues diront que les bandes sons valent mieux que les films.
Pour finir, les dernières années de Mort Shuman furent difficiles, traqué par le Fisc, rencontrant moins de succès, il ne rompit cependant pas ses liens avec notre pays, se lançant dans des projets parfois improbables ( « Pharaon » avec Yves Mourousi!) ou avortés, avec son rôle dans le film inachevé « La jonque chinoise » de Claude Bernard Aubert, inachevé en raison du décès de son interprète principal, Lino Ventura.
La malchance le poursuivit jusqu’au bout, peu avant sa mort il travaillait avec Yves Montand sur un nouveau spectacle qui ne vit pas non plus le jour. Les deux hommes moururent à quelques semaine d’intervalle en 1991.
Anthony Nicholas Twin, dit Tony Nicholas Twin, dit TNT est un héros de romans de gare qui connut une dizaine d’aventures entre 1978 et 1980. Ce héros est un journaliste qui a survécu à une irradiation et, mieux, en a tiré de fabuleux pouvoirs, notamment sexuels. Il est employé par un milliardaire américain excentrique, obsédé par l’hygiène et homosexuel patenté dans le genre grande folle.
Politique, Science-fiction, perversions, espionnage, invraisemblances en tout genres, tout cela dans la joie et la bonne humeur! Plus sérieusement, la série flirte parfois avec l’actualité la plus brûlante et la plus tragique( Les Kmhers rouges dans « Les cobras de Lilliput », les compétitions sportives douteuses dans le bloc communiste dans « Les jeux d’Hercule ») Et si le personnage s’en sort -parce que c’est la règle dans ce genre d’histoires- et de par sa condition, il n’est pas pour autant invulnérable et laisse parfois des plumes dans l’affaire. Enfin pas trop.
Le ressort comique est incarné par l’employeur de TNT, le milliardaire qui finit toujours dans des situations aussi ridicules que dangereuses – c’est d’ailleurs ce qui conclut chaque volume. Une facétie qui ne serait plus autorisée de nos jours.
TNT est signé Michael Borgia, pseudonyme cachant deux auteurs, Loup Durand, plume du Polar et surtout Pierre Rey, connu pour ses best-sellers, le diptyque « Le Grec » (1972) et « La veuve » (1973) récit à peine romancé des amours (Et des histoires de fesses) de Jackie Kennedy et Aristote Onassis.
Idéal pour un moment de détente et peut réveiller une nostalgie des divertissements ou le politiquement correct ne nous avait pas encore pollué!
XLVI- Un pas plus! Des auteurs dont je n’ai lu ou vraiment apprécié qu’une seule oeuvre. A vous de juger!
« L’or des fous » (1975) de Pierre Siniac. Siniac fut un auteur de Série noire particulièrement prolifique, notamment via le très long cycle des « Luj’inferman ». Il a eu droit aux honneurs du cinéma avec l’adaptation de « Les morfalous » par en Henri Verneuil en 1984 avec notre Bébel national. Pour en venir à « L’or des fous », il s’agit d’un roman avec pour toile de fond la débâcle de 1940, période à tout le moins troublée qui permit ou du moins miroiter la possibilité de s’enrichir au nez et à la barbe de la Loi. C’est d’ailleurs le cas des personnages de ce livre, militaires ou civils qui cherchent à s’emparer du stock d’or de la Banque de France qui a été transféré à l’approche des troupes allemandes. Il y a du Sergio Leone de « Le bon la brute et le truand » ou encore du Dumas dans l’imbrication du réel et de la fiction, autrement dit de faire une histoire avec de l’histoire. Efficace, dense sans l’être trop, ironique, un poil cynique tout en demeurant très humain, une réussite du polar historique. A noter que le livre connut une réédition chez Rivages/Noir sous le titre « Sous l’aile noire des rapaces »
Pour finir et sans divulgâcher l’intrigue (Comme diraient nous québecois!) une réplique:’Désolé messieurs, eau régal! »
« Le der des ders » (1984) de Didier Daeninckx est lui aussi un polar historique mais qui lui se situe au début de l’entre-deux guerres et met en scène un enquêteur privé qui va découvrir suite à une affaire banale des secrets fort compromettants concernant certains officiers de l’Armée.
Peinture du monde de l’Après-guerre de 1914, avec ses mouvements improbables (Les « Espérantistes ») l’automobile qui s’installe dans le quotidien des français en même temps que l’influence américaine, « Le der des ders » est une réussite pleine de surprises. Aussi n’en dirais-je pas plus afin de préserver votre plaisir.
Un mot sur l’auteur, Daeninckx appartient au mouvement du Néo-Polar, littérature noire abordant des thèmes politiques, au même titre que A.D.G, Jean Patrick Manchette ou encore Frédéric Fajardie. Dans le cas de Daeninckx (Que j’ai rencontré dans ma bonne ville de Saint Malo lors du festival « Etonnants voyageurs, soit dit en passant), il est apparu tout à fait à la fin de ce mouvement, c’est à dire au début des années 80. Le fin oui, ce courant ayant été initié au début des années 70. Daeninckx se caractérise par un humour et un usage modéré de la violence qui le distingue de Fajardie, ainsi que par un certain attachement à sa région, le Nord, comme dans ‘Lee géant inachevé ». Toutefois, c’est « Le der des ders » qui l’emporte par la richesse de ses thèmes et son prtrait coloré d’une époque.
« Le salon du prêt-à-saigner » de Joseph Bialot (1978) se situe dans un registre différent, celui du roman noir sur fond de chronique sociale. Un tueur opère dans le milieu de la confection avec ses ouvriers immigrés exploités, ses requins de la mode ainsi que toute la faune gravitant autour ou dans cet univers.
Très bien rythmé, rempli d’humour noir et très pertinent dans sa description d’un certain monde, le modèle de ce que de nombreux polars devraient être. Un mot de l’auteur, Joseph Bialot, né de parents juifs ashkénazes, victime de la déportation (expérience qu’il racontera plus tard) et auteur de nombreux ouvrages que je devrais me mettre à lire afn de vous ennuyer un peu plus avec mes chroniques.
« Mygale » de Thierry Jonquet (1984) se rapproche quant à lui du roman d’horreur avec l’histoire de ce chirurgien qui se venge du violeur de sa fille en le séquestrant et en le transformant en femme. Cruel et sombre, il montre une efficacité (Dans l’horrible en l’occurrence) que l’auteur ne retrouvera plus par la suite, que ce soit avec « Les orpailleurs » (qui servira de base à la série « Boulevard du palais ») ou son dernier opus consacré au problème des enseignants de banlieue « Ils sont votre épouvante, vous êtes leur crainte »
Un mot pour en finir avec « Mygale », le roman faillit être adapté dans les années 80 par Francis Leroi, lequel dut renoncer en raison du désistement de l’acteur. Il est vrai que ce rôle à transformation était pour le moins frustrant pour l’interprète potentiel. Il fut finalement porté à l’écran beaucoup plus tard par Pedro Almodovar sous le titre « La piel que habito »
On finit par Fred Kassak, et « Voulez vous tuer avec moi? » (1970), qui narre les aventures d’un VRP qui fou d’amour pour une femme à perruque (!) qui ne veut pas de lui n’en demeure pas moins un chevalier servant allant jusqu’à occire ceux qui gênent sa bien-aimée. Cela va sans dire, tout cela finira…. vous le saurez en lisant!
Fred Kassak était un spécialiste du roman noir humoristique, il montre ici une vraie maîtrise de ce genre délicat.
Aujourd’hui: Edition spéciale truands qui déraillent, troisième partie. « Scarface » de Brian de Palma (Etats-unis, 1983) « Je suis…comment vous dites?…. Paranoiaque… » L’histoire de Tony Montana, immigré passé des prisons cubaines à l’épluchage d’oignons avant de se retrouver sur le trône de la cocaine dont il ne tardera pas à chuter. Que n’a-t-on écrit et dit sur…