Le Rock’n’Roll et la science fiction, une histoire d’amour inconnue, une liaison (plus ou moins) secrète mais durable, depuis Billy Lee Riley et ses petits hommes verts jusqu’au surfeurs américains de « Man or Astroman? » en passant par le gang Teddy Boy de Sandy Ford et les revivalistes teigneux du Psychobilly, les martiens, soucoupes et astronautes ont toujours eu leur place chez les rockers!
« Aujourd’hui, demain et après » (1970) est un recueil de nouvelles de science fiction de Jean Pierre Andrevon ( 1937-) qui brasse des thèmes divers allant de la dystopie (Le temps du grand sommeil) au space opera ( Un combattant modèle) ou à la fable cruelle et intimiste ( Jérold et le chat)
Très bien écrit et faisant preuve d’un art de renouveler des thèmes classiques, toutefois, il souffre d’être par moments assez daté. En effet, rédigées lors de l’après-68, certaines nouvelles portent la marque de l’époque et de son gauchisme redondant ( Dans « Un combattant modèle » et plus encore » Le temps du grand sommeil » avec ses assassinats d’intellectuels de gauche.) Andrevon lui-même reconnaîtra ce travers lors de la postface de la réédition du recueil pendant les années 80. A noter que lors de sa première publication, le livre eut droit à une préface de René Barjavel. Qui ne partageait guère les opinions d’Andrevon.
« Quizinzinzili » (1935) de Régis Messac(1893-1945) appartient à la veine post-apocalyptique. L’histoire est celle d’un éducateur en charge d’un groupe d’enfants attardés qui se trouvent être les seuls survivants d’une guerre – dont la nature exacte n’est pas révélée mais qui a décimé l’humanité entière. Le récit se place du point de vue de l’éducateur qui assiste à la naissance d’une nouvelle civilisation sous l’égide de ces enfants. Le narrateur porte un regard critique et inquiet sur ces moeurs nouvelles ou tout de l’amour au langage est réinventé. Bien qu’écrit pendant les années 30, le roman de Messac reste d’une troublante actualité, notamment quant à la destruction de la langue par la jeunesse.
Un chef d’oeuvre à redécouvrir d’autant plus qu’il est encore très méconnu. Un mot pour finir de Régis Messac. Né en 1893 puis mort en déportation en 1945, il découvrit la science-fiction au contact des Tommies anglais pendant la première guerre mondiale qui amenaient avec eux les magazines américains pionniers du genre. Cette expérience deans les tranchées lui inspira sa vocation d’auteur d’anticipation et de militant pacifiste. L’homme était un humaniste et en mourut pour avoir sauvé des juifs lors de l’occupation.
Aujourd’hui, le crime, petit ou grand, de la banlieue parisienne au lointain Japon….
« Classe dangereuse » de Patrick Grenier de La Salle narre la dérive pendant l’hiver 78 d’une bande de Rockabillies parisiens, laquelle débouchera pour certains d’entre eux sur un changement de vie.
Largement autobiographique, et donc authentique, proche par certains côtés des « Seigneurs » de Richard Price, « Classe dangereuse » est un voyage dans le temps qui plaira autant à ceux qui ont connu cette époque qu’aux autres, lesquels découvriront la dépouille, les codes d’une délinquance ou semi-délinquance disparue ainsi que d’une époque ou le Rock n’était pas qu’un objet décoratif.
Changement de pays et même de continent avec les deux ouvrages suivants, « Yakuza » de David Kaplan et Alec Dubro, et « Mémoires d’un yakuza » de Junichi Saga.
Le premier est un document consacré à la mafia japonaise rédigé par deux journalistes américains qui retrace l’histoire de cette criminalité très spécifique à un pays, au-delà de l’image donnée par la fiction et notamment le cinéma. L’un des points les plus intéressants est que, comme ailleurs, la pègre est un reflet de la société légale…et de ses contradictions. Refuge dès l’origine ( Les clans yakuzas ont commencé à se former à la fin du Moyen-âge) des samourais au chômage et autres parias de la société, ce monde n’en n’est pas moins strict quant au respect des règles, lesquelles incluent une obéissance absolue au chef. C’est aussi une évocation des mutations de cette criminalité qui va de pair avec l’histoire tourmentée de l’archipel, la dictature militaire et le lendemain de la Deuxième Guerre Mondiale.
Un ouvrage de référence pour tous ceux qui s’intéressent au Japon ou veulent en découvrir un pan méconnu.
« Mémoire d’un yakuza » est aussi un document mais au registre plus intimiste, puisqu’il se centre sur la vie d’un yakuza ordinaire, suivant les confidences de ce dernier à son médecin. Le livre a les qualités et les défauts de la littérature de témoignage. L’authenticité pour le meilleur, les limites de l’expérience personnelle pour le pire. Selon l’homme qui livre ici ses souvenirs, la violence du monde des yakuzas telle qu’elle est montrée au cinéma est excessive. Vrai et faux, cela dépendait des villes ou les clans étaient installés et du statut de ces derniers. Ce fut particulièrement vrai après la guerre, dans les villes les plus dévastées ( Hiroshima, bien entendu) ou les yakuzas locaux sans statut se livraient à une violence désordonnée et mortifère. Il en allait tout autrement à Tokyo ou autres grandes cités, ou la pègre locale en cheville avec les autorités d’occupation américaines tenaient à une certaines discrétion et ne recouraient à la violence qu’en cas de force majeure, comme lorsqu’il fallut chasser les concurrents étrangers »Les sangkokujin » ou gens des trois pays (Corée, Taiwan et Chine)
« Mémoires d’un Yakuza » reste cependant un livre intéressant par son authenticité.
L’héritage de Buddy fut immense, beaucoup s’abreuvèrent à son oeuvre si grande et pourtant réunie en si peu de temps. Les Beatles, en premier, tirant leur nom de celui des Crickets. Sans compter le fait que Paul Mac Cartney se rendit acquéreur des droits des chansons de Buddy faute d’avoir pu obtenir ceux des Fab Four. Les hippies du Grateful dead, ( Voir leur version de « Not fade away »sur l’album de leur tournée européenne de 1972), les New wave de « Blondie » reprenant « I’m gonna love you too » sur « Parallel lines » (1978)
Sans oublier les hommages qui plurent en 1991, entre l’album collectif « Everyday is a Holly day » ou la jeune garde de la Pop américaine d’alors payait son tribut au grand aîné, Dick Rivers avec « Holly days in Austin » en bon adepte du Texas, et ce bien avant notre sympathique champion de développé-couché Baptiste Marchais!
Le jour ou la musique est morte, strophe tirée de la chanson de Don Mac Lean « American pie » qui désigne la triste journée d’hiver 1959 qui vit disparaître Big bopper, Ritchie Valens et Buddy Holly. Que cela soit vrai ou pas, ce jour signa la fin d’une ère, celle du Rock’n’Roll classique.
Voici les affiches du concert auquel les trois musiciens auraient du participer.
La pochette d’American pie, dont le titre fut emprunté pour une série de comédies débiles et défiguré par Madonna. Pour l’anecdote cette chanson était la musique d’introduction des concerts de Mott the Hoople lors de sa tournée de 1972. La chanson s’arrêtait à la strophe ‘The day the music died » puis le concert commençait.
Aujourd’hui: Edition spéciale truands qui déraillent, troisième partie. « Scarface » de Brian de Palma (Etats-unis, 1983) « Je suis…comment vous dites?…. Paranoiaque… » L’histoire de Tony Montana, immigré passé des prisons cubaines à l’épluchage d’oignons avant de se retrouver sur le trône de la cocaine dont il ne tardera pas à chuter. Que n’a-t-on écrit et dit sur…