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LXXXIII- Les excentriques du Rock’n’Roll, deuxième partie.
Des pianistes à queue, des loups solitaires et des cimetières…..

Pour commencer ce nouveau chapitre, un autre hommage à un autre grand pionnier noir longtemps méconnu, à savoir Esquerita, de son vrai nom Steven Quincey Rider (1935-1986) natif de la Nouvelle Orléans est considéré par beaucoup comme le précurseur de Little Richard, jusqu’à traiter le sieur Penniman de pâle copie. Bon, trêve de billevesées, s’il est vrai que Esquerita forma en un sens Little Richard, ce dernier se montra un élève supérieur au maître. Certes, Esquerita a quelques très bons titres à son actif tel « Believe me hen I say Rock’n’Roll is here to stay » ou le délirant « Voola », rien dans son répertoire n’est du niveau de « The girl can’t help it » ou « Long tall Sally ». Certains iront chercher des poux dans la tête de Little Richard quant à la coiffure et au look, mais cette allure était la mode dans le milieu des noirs homosexuels auquel appartenaient Esquerita et Little Richard. L »église ainsi remis au milieu du village, Esquerita a eu pour mérite de défricher le terrain pour d’autres. Qu’il en soit remercié.

Changement de registre avec Ray Harris (1927-2003), ce guitariste à la dégaine de cow boy se consacra surtout à la production suite à des essais infructueux chez le mythique label Sun. Et quels essais pourtant! « Come on little mama » « Lonely wolf » et sa variante « Love dumb baby » sont autant de perles de sauvagerie qui en remontrerait aux amateurs de Trashdeathmetalgrindcore » ( Désolé c’est un peu long!) mais qui ne furent pour la plupart publiées que bien après leur enregistrement, ce qui incita Ray à changer de crèmerie…

Après le loup solitaire, allons nous promener au cimetière, c’est justement la saison (« Season of the witch » comme chantait Donovan!) en compagnie de deux artistes qui frôlèrent les morts vivants de près dans leurs chansons. Jackie Morningstar (1938-2006) d’abord avec le bien nommé « Rockin’ in the graveyard », ballade comique au milieu des tombes qui relève autant du Rock’n’Roll que de la Novelty song ( Chanson destinée à la publicité, un genre très prisé jusque dans les années 60, qui avait l’avantage de permettre aux musiciens de se lancer dans des délires parois fort réjouissants) et qui se réfère à deux classiques du genre « The witch doctor » et « Purple people eater » du chanteur country Sheb Wooley.



Ronnie Dawson (1939-2003) fit à la différence de Morningstar une longue carrière qu’il commença très tôt, au milieu des 50s ce qui en fait un des benjamins de cette musique. Lui aussi se frotta aux tombes avec le bien nommé « Rockin’ bones » – titre emprunté à un autre rocker Johnny Dollar, soit dit en passant- puis pratiqua divers variantes de notre musique préférée, allant du High school ou Rock’n’Roll édulcoré- au Rockin’Blues avec des titres étourdissants tel » Do do do » .

A bientôt!
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LXXXIII- Les excentriques du Rock’n’Roll, première partie.
Aujourd’hui sous le haut parrainage de Screaming Jay Hawkins, un aperçu des grands excentriques qui ont eux aussi contribué à l’histoire du Rock’n’Roll!

Screamin’ Jay Hawkins en compagnie de Serge Gainsbourg à Paris en 1983.Les deux artistes interprétèrent en duo ce monument de poésie « Constipation Blues » lors de l’émission « Les enfants du Rock »
Jalacy « Screamin Jay » Hawkins (1929-2000) immortel interprète de « i put a spell on you », titre repris par tout le monde de Van Morrison à Nicoletta en passant par Arthur Brown, méritait bien la place d’honneur dans ce tour d’horizon de par sa proximité avec notre pays qui le découvrit (Eh oui ce fut ce crétin de Boris Vian qui le fit venir à Paris, une des rares bonnes idées du sieur Vian) et ou le pianiste américain eut le bon goût de finir sa vie! Allez, c’est parti pour un tour!


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LXXXII- La Russie vue de France….
La Russie, un pays qui suscite depuis longtemps une fascination chez beaucoup et notamment nous, les français. Et c’est réciproque. Et cela remonte à loin. Lors de la modernisation décidée ( et avec quelle force!) par Pierre le Grand au XVIIIéme siècle, lequel imposa le Français comme langue officielle à la cour et dans la diplomatie ( Voir à ce sujet le très intéressant ouvrage de Marc Fumarolli « Quand l’Europe parlait Français ») jusqu’aux liaisons coupables entre le PCF et l’URSS, en passant par les emprunts russes (Auxquels ma famille a souscrit mais ce n’est pas le problème) c’est une histoire d’amour parfois contrariée entre les russes et nous.
Bien entendu, les écrivains n’ont pas été en reste. Voici quatre livres, quatre exemples de cette intérêt, de diverses natures.

On ne présente plus Alexandre Dumas, on connait le romancier père de personnages mythiques de notre imaginaire par contre on connait moins le journaliste qui se rendit en diverses parties du monde, notamment en Russie et dans le cas qui nous intéresse, le Caucase.
Il est intéressant de relire ce court texte pour de multiples raisons, la précision et l’humour de l’auteur mais aussi sa résonance en regard de notre actualité hantée par l’Islamisme.

Autre auteur bien connu, Joseph Kessel, journaliste, aventurier, romancier mais aussi fort doué pour la nouvelle ainsi que le prouvent les deux recueils « La steppe rouge » (1922) et « Les coeurs purs » (1927)
C’est en l’espèce le premier qui est le plus concerné par le thème de cette chronique, fresque en six histoires de la Russie Bolchevique qui montre comment la folie collective contamine jusqu’au plus modérés, tel le professeur de mathématiques raisonnable qui devient un chef de bande sanguinaire ou encore ces hommes qui simulent la folie pour échapper à la terrible justice communiste.

» Les coeurs purs » se compose quant à lui de trois nouvelles, dont deux concernent la révolution Bolchevique, l’une met en scène l’improbable histoire d’amour entre le leader anarchiste Mkhno et une jeune juive qu’il sauve du massacre, l’autre, un ancien officier membre de la redoutable bande anti-bolchevique « La division sauvage », être fourbe et violent qui survit misérablement à Paris.

Pour finir « Ungern, le baron fou » biographie par Jean Mabire du célèbre baron anti-bolchevique, illuminé et d’une cruauté qui parvint à surpasser une guerre civile russe pourtant peu avare en horreurs. Antisémite, convaincu d’être le nouveau Bouddha qui finit fusillé par ses ennemis, Roman Fiodorovitch Ungern Von Sternberg est l’un des personnages les plus atypiques et les plus répugnants de la révolution russe, qui méritait malgré tout un livre, tâche dont se charge avec un certain talent Jean Mabire, habitué des récits militaires, notamment concernant les Waffen SS.
A bientôt!
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LXXXI- Collection, collections.
Aujourd’hui, Marabout fantastique, suite!





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LXXX- Littérature militaire.
Aujourd’hui: les collabos en uniforme.
Aujourd’hui, sous le patronage du grand mufti de Jérusalem, un tout d’horizon de la collaboration armée avec l’Allemagne nazie. Ainsi que le montre cette photo, le chef religieux susmentionné salue d’un bras levé de circonstance des troupes. Pas n’importe lesquelles, la XIIIéme division SS « Handschar » constituée de musulmans bosniaques et levée grâce au concours du mufti. En ces temps ou la violence politique s’est installée, il semble bon de rappeler que cette dernière n’épargne rien sur son passage. Preuve en est -comme va le montrer cet article- la présence massive de volontaires dans une armée qui n’était pas la leur qui est un effet parmi d’autres de la guerre. Et pas des moindres.
Afin d’illustrer ce propos, cinq livres, qui m’ont semblé parmi les plus intéressants sur cette question au fil de mes lectures.

Der Großmufti von Jerusalem [Amin al Husseini] bei den bosnischen Freiwilligen der Waffen-SS. Der Großmufti ist auf dem Truppenübungsplatz ein[getroffen] und schreitet die Front der angetretenen Freiwilligen mit erhobenem Arm ab. 

« La brigade Frankreich » (1973) et « La division Charlemagne » (1974) de Jean Mabire appartiennent à une trilogie dont le dernier volet est « Mourir à Berlin » (1975) que je n’ai pas lu. Eh oui, les amis, je reste fidèle à mes principes, je ne parle que de ce que j’ai lu. Cette mise au point faite, commençons. Les livres de Mabire retracent le parcours de plusieurs volontaires français dans la Waffen SS, suite à la dissolution de LVF ou Légion des volontaires français contre le Bolchevisme qui dépendait de la Wehrmacht.
Ils permettent des souligner les particularités de ces unités. Formées tardivement en raison des pertes humaines croissantes subies par l’Allemagne sur le Front Russe, et constituées de véritables volontaires, ce qui les distingue d’autres formations levées à grands renforts de « Malgré nous »
Mabire – et c’est là son mérite- s’intéresse aux motivations de ces hommes, allant du goût de l’aventure ou de la guerre à l’idéalisme en passant parfois par l’opportunisme. Il y a par ailleurs dans ces ouvrages une description très précise de la progression et des combats menés par les différentes unités sans négliger le pittoresque et le cocasse.

Je passe sur « La division Nordland » (1982) qui évoque la fin des divisions scandinaves de la SS. Mabire à qui ses éditeurs demandaient toujours plus d’ouvrages sur cette question semble ici à bout de souffle, dépourvu de l’énergie de ses précédents livres. Celui-ci n’a de valeur que documentaire et est à réserver en priorité aux complétistes.

Beaucoup plus intéressant « Les SS de la Toison d’or » (1975) de Saint Loup, de son vrai nom Marc Augier, lui-même ancien engagé français de l’armée allemande. Il avait d’ailleurs raconté son expérience dans son premier livre « Les volontaires » et consacra plusieurs ouvrages en rapport avec ce sujet, mais aussi d’étonnants et inclassables romans comme « Une moto pour Barbara ». Pour en revenir à l’ouvrage ici présenté, il s’agit du récit très détaillé de la formation des unités de la Waffen SS belge et en particulier Wallonne et du destin de son chef l’inénarrable Léon Degrelle.
Plus précis et riche en détails que Mabire (Sans vouloir dénigrer celui-ci, soit dit en passant) et plus clair quant aux motivations très spécifiques des volontaires belges en général et du premier d’entre eux Degrelle. Et qui pourraient se résumer par cette phrase: « Ils avaient oublié leur patrie mais ils avaient retrouvé leur sang. »

« La division Skanderbeg » (2004) de Laurent Latruwe et Gordana Kostic porte quant à lui sur les albanais rangés sous la bannière allemande de manière tardive et de manière encore plus complexe et aigue que pour les belges. En effet, ce pays alors fraîchement libéré de la tutelle austro-hongroise souffrait de nombreuses fractures territoriales, ethniques et religieuses qui amenèrent une partie de la population à endosser l’uniforme allemand. Ils se montrèrent du reste piètres soldats, indisciplinés, parfois déserteurs, ne laissant qu’une poignée d’entre eux respecter leur serment jusqu’au bout auprès d’autres volontaires étrangers….belges!
Le passé éclairant le présent, ce livre permet de comprendre les guerres qui ensanglantèrent les Balkans tout au long des années 90, car il ne se borne pas au strict récit militaire, il évoque de manière très affûtée le méli-mélo géopolitique qui agita cette partie de l’Europe pendant l’Entre-deux guerres.

Pour finir, ce très bel album qui répertorie les volontaires asiatiques et caucasiens des forces armées allemandes, ce qui ne manque pas d’une certaine ironie en regard de l’idéologie prônée par le régime nazi. Mais encore une fois, nécessité fait loi. Vu le manque d’hommes, il fallait bien quelques entorses aux principes.
A noter que cet album propose également de nombreux textes fort intéressants.
A bientôt!
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LXXX- Le retour des femmes en chair!




Beneath the valley of the ultra vixens ultra vixens 1979 real : Russ Meyer COLLECTION CHRISTOPHEL 



