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Bientôt Halloween,

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CIII- La Préhistoire, telle qu’on la voyait au début des années 80.
« Le chaînon manquant » De Picha (1980)
Le cinéma se laisse parfois aller à des amours coupables avec la Préhistoire. Oui coupables, car lorsque monsieur Lumière cherche chez nos lointains ancêtres, c’est bien souvent pour taper au-dessous de la ceinture ou plutôt du slip en peaux de bêtes. Du bikini en fourrure de Raquel Welch dans « Un million d’années avant Jésus Christ » ou les polissonneries italiennes de « Quand les femmes avaient une queue » ou encore « Quand les femmes font ding dong », l’ère préglaciaire ressemble diablement à l’écran à un lupanar à ciel ouvert.
Et ce ne sont pas les quelques films évoqués dans cette colonne qui démentiront ce fait!
« Le chaînon manquant » De Picha (1980)
Picha avait connu un beau succès en 1975 avec « Tarzoon, la honte de la jungle » parodie salace de Tarzan. Cinq ans plus tard, il récidive avec ce « Chaînon manquant », dans une veine similaire, égrillarde et absurde. Jugez ur pièce: Des humains primitifs et pas très malins peinent à se reproduire mais parviennent finalement à donner naissance à deux garçons respectivement nommés Oh et Ah. Oh est beau, imberbe et ne sent pas sous les aisselles. Ah est laid, velu et puant. La tribu de dégénérés rejette Oh, lequel une fois adulte se met à la recherche des siens, ce qui l’amène à de nombreuses rencontres avec des êtres idiots, belliqueux ou étranges. Tout en cheminant, il fait également des découvertes qui changeront la face du Monde – comme le feu. Hélas, une fois revenu dans sa tribu, ses découvertes se retourneront contre lui et provoqueront la première guerre de l’histoire de l’Humanité.
Mais le plus important, c’est le passage ou le héros perd sa virginité avec le membre d’une tribu de créatures mi-femmes mi-chats (Je ne vais pas écrire chattes!) ce qui techniquement, équivaut à une découverte de l’amour à des fins autres que reproductrices. Bref, il prend son pied.
Ce n’est pas bien fin, mais on rigole et comme dirait Jacques Villeret: » On ne regrette pas sa soirée! »
Au suivant!





« La guerre su feu » De Jean Jacques Annaud (1981)
Grande attraction de l’automne 1981, « La guerre du feu » avait tout pour allécher. Adaptation d’un classique de la littérature française de l’imaginaire (« La guerre du feu » de J.H Rosny Aîné, en l’occurrence), réalisée par un français qui gardait toute sa liberté artistique malgré un financement américain. Le film bénéficiait d’un budget conséquent et d’une facture soigné et il devait s’avérer une réussite dont il est permis de regretter qu’elle n’ait pas susciter de vocations.
Bon, ça suffit la pommade, venons en à l’essentiel. L’histoire est celle d’une tribu qui, privée de feu, envoie quatre de ses braves en chercher le secret (Parmi eux, on trouve Ron Perlman, pas encore Biker en chef dans « Sons of Anarchy) Chemin faisant ils rencontrent toutes sortes de peuples et d’animaux bizarres.. Enfin, vous le savez déjà, alors j’abrège. Car le vrai, le seul, le grand moment est celui ou la petite troupe rencontre une tribu lacustre. Une vilaine blessure et une jolie membre de ladite tribu vaudront au chef de la troupe de velus une fellation pratiquée par ladite indigène (Rae Dawn Chong, fille du comique Tommy Chong, membre duo lamentable « Cheech & Chong », vous savez « Faut trouver le joint »)
Bien que très éloigné du « Chaînon manquant », l’oeuvre d’Annaud s’en rapproche par cette révélation du sexe pour le plaisir. Merci monsieur Annaud pour ce moment de grande lubricité!





La guerre du feu 1981 real : Jean Jacques Annaud COLLECTION CHRISTOPHEL « Pourquoi pas nous? » De Michel Barny (1981)
Alors là, bien sûr, cette histoire d’amour entre une libraire atteinte de strabisme et un catcheur trop velu n’a à priori rien à voir avec la Préhistoire. Pourtant, il y a un rapport via le personnage de Aldo Maccione, qui tient son nom de scène « Cro-magnon » de son envahissante pilosité. C’est d’ailleurs pour lui une promotion sociale, après avoir été surnommé par ses élèves « King Kong »Il le dit d’ailleurs lui-même: « King Kong c’est un singe, Cro-magnon, c’est un homme! »
Inspiré par un roman de Claude Klotz (Alias Patrick Cauvin) romancier médiocre mais fort prisé par le cinéma ( » Dracula père et fils », « Monsieur Papa » « E=MC2 mon amour » ont tous eu droit aux honneurs du grand écran) le film appartient à ces comédies typiques de l’époque flirtant avec le nanar sans vraiment y tomber, mi-chair, mi-poisson, ridicules, rarement drôle et surtout très mornes.
Une dernière chose avant de finir, un des seuls moments franchement amusant de cette chose, la séquence ou Dominique Lavanant accompagne son neveu au cinéma (Normal, les vieilles filles comme son personnage, étaient commises à ce genre de tâches.Ah l’utilité de ces dames au chapeau vert, on la sous-estime bien trop de nos jours!) et la salle projetant le dessin animé destiné au bambin étant complète, Tatie se demande quoi faire. Alors le gamin regarde l’entrée d’une autre salle, laquelle projette « Queue de béton ». Euréka! Le gamin propose alors d’aller voir ce divertissement tout à fait de son âge!
D’aucun diront qu’alors, on faisait n’importe quoi avec les enfants. Certes, les multiplexes mélangeaient tétines et sucettes, et les gamins pouvaient regarder en secret « Adorable Lola » en cachette de leurs parents sur le magnétoscope familial. Quitte à être surpris les bijoux de famille à l’air pr les copains s’ils avaient eu l’imprudence de ne pas fermer à clé.
Certes, certes…Mais, au moins était-il impossible de voir des scènes de viol (Ou quasiment!) sur un téléphone portable.
A méditer.

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CII- Les excentriques du Rock’n’Roll, quatorzième partie.
Twin temple, les sectateurs du Doo Wop satanique.

Bientôt Halloween, aussi vous présente-je ce duo américain apparu en 2019, formé par le couple Alexandra et Zachary James, satanistes invétérés qui ont pour originalité de pratiquer outre leur religion, le Doo Wop, un genre musical ignoré par les adeptes du cornu, plus portés sur la merde bruyante à cheveux du longs du Trashdeathmetalgrindcore (Ouf!) que sur les harmonies vocales du Street corner R’n’B ( Pour Rhythm and Blues, pas les horreurs pour minettes Instagram)

Mais qu’en est-il de ce groupe singulier? Si on fait abstraction de leur posture, il faut bien admettre qu’il se montre plus que doué, tant sur le plan vocal qu’instrumental, évoquant les grands anciens tels Phil Spector et Roy Orbison, sans jamais les copier, donnant l’impression d’un disque des années 60 enregistré avec les moyens d’aujourd’hui. Et des textes qui sonnent de manière cocasse sur ces mélodies travaillées aux arrangements ciselés. Sexe, Satan et thèmes LGBTQ+++++ à faire mouiller une culotte inclusive du Wokistan.

Mais bon, pardonnons leur, la paire (Y’en a pas deux!) ne manque pas de talent et sa singularité lui apporte tout son sel, la distinguant du monde métalleux autant que des revivalistes qui, s’ils sont souvent appliqués, manque de personnalité.

Pour ne rien gâcher, Alexandra James en plus d’avoir une voix digne des grandes ancêtres, est une femme magnifique. C’est un compliment sexiste mais j’m’en tape!


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CI- Littérature militaire.
Aujourd’hui: Résistants, GI’s, SS et collabos. La Libération et l’Occupation autrement.
« Les paras perdus » De Jean Mabire (1987)
J’ai déjà évoqué Jean Mabire dans ces pages, connu pour ses nombreux ouvrages d’Histoire Militaire, et d’un dictionnaire de critique littéraire fort remarquable « Que lire? », il est également l’auteur de cet unique roman (Du moins à ma connaissance.) qui, nul ne s’en n’étonnera, met en scène des soldats. Plus précisément une section de parachutistes américains largué lors du Débarquement en Normandie puis égarée suite à la mort de leur officier.
La particularité des soldats qui composent cette unité est que tous sont des américains de fraîche date et sont d’origine diverses – Italienne, française, irlandaise, ou encore allemande comme c’est le cas du sergent. Ce détail a toute son importance dans ce récit qui confronte ces hommes du « Nouveau Monde » à celui de l’Ancien, de l’Europe et de la France incarné ici par un vieil aristocrate excentrique et sa fille.
Le livre est riche de références, ce qui en fait ainsi que l’indique la quatrième de couverture, un mélange entre Samuel Fuller et Barbey D’Aurevilly. D’ailleurs le commandant allemand affecté au village a « L’ensorcelée » sur sa table de chevet, roman fantastique du grand écrivain normand, genre vers lequel « Les paras perdus » lorgne parfois en évoquant les légendes de la région commune à Barbey et Mabire: la Normandie.
Réflexion sur l’Histoire, la nationalité et la Civilisation, « Les paras perdus » est également un roman de guerre et d’action ou l’auteur jongle avec ces différentes composantes sans en négliger aucune. On y retrouve les préoccupations présentes dans les ouvrages historiques de Mabire qui réussit ici le passage d’historien à celui de romancier et donne à regretter qu’il n’ait pas davantage poursuivi dans cette voie.
Allez, une petite citation avant de partir – sans trop dévoiler le roman, bien entendu- « On commence par un concours hippique et on finit par vouloir conquérir le monde! » (A dire avec l’accent allemand)
A lire. Allez ausuivant!

Louis Guilloux (1899-1980) est surtout connu pour sa fresque sociale et quelque peu sarcastique « Le sang noir » Dans ce volume qui réunit deux textes courts ( Longues nouvelles ou courts romans, c’est selon) l’auteur s’attaque à la guerre suivant deux perspectives différentes. Dans « Salido », il narre l’histoire pathétique d’un réfugié espagnol au début de la Deuxième Guerre Mondiale, symbole de ces êtres sans importance balayés par le vent de l’Histoire. Dans « O.K Joe », Guilloux décrit un autre destin tragique d’un autre anonyme, en l’espèce un G.I noir américain qui se retrouvera pendu suite à une accusation de viol.
Dans chaque cas, l’écrivain reste sobre dans le portrait qu’il brosse de situations atroces, générées en marge de la Guerre mais générées par la Guerre. Et c’est justement par cette économie de moyens que ces histoires émeuvent.
A lire.
« O.K Joe » De Louis Guilloux (1976)

« Le goût du sang » De André Héléna (1953)
Encore une fois j’aborde le même auteur pour la seconde fois, en l’occurrence André Héléna, auteur du cycle « Les compagnons du destin » auquel appartient justement le présent ouvrage « Le goût du sang ». Après les GIs de Mabire et Guilloux, voici la résistance selon le peintre du Milieu.
Comme il fallait s’y attendre, Héléna s’attaque à l’Occupation sous l’angle criminel par le truchement d’un jeune bourgeois fils de magistrat, laid et complexé qui trouve une importance en exécutant des « contrats » pour un caid local engagé dans la Résistance. Sorte de « Lacombe Lucien » inversé (Yves Boisset dans sa postface dans la réédition de 1988 chez Fanval Noir s’y réfère) mais tout aussi tragique, « Le goût du sang » fait mal. Comment pourrait-il en être autrement avec ce récit d’un garçon qui tente en usant des pires moyens d’arracher un destin que la Vie lui refuse?
A lire. Mais uniquement les jours de moral au beau fixe.

« Un homme en harmonie » De Frédéric Fajardie (1990)
Frédéric Fajardie (1947-2008) de son vrai nom Ronald Moreau, fut l’auteur de nombreux romans noirs, ce qui ne l’empêcha pas de aire quelques incursions dans la littérature générale, notamment avec « Un homme en harmonie » portrait du colonel Leroy-Clémenti, chef résistant héroique confronté à un dilemme suite à son arrestation et aux tortures de la Police Allemande. Doit-il livrer un stock d’armes et préserver la vie de ses hommes ou au contraire livrer ses hommes?
Curieux livre qui, s’il a le mérite de présenter un militaire communiste (Il y en avait) et de lever le voile sur les contradictions de la Résistance, il manque de souffle et de finesse.
Intéressant néanmoins. A lire éventuellement.

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C- Les excentriques du Rock’n’Roll, treizième partie.
Hector, l’homme aux chapeaux et au bouchon de bidet.
Hector (1946-2020) de son vrai nom Jean Pierre Kalfon, fut une étoile filante, un brillant marginal du Rock français, disciple de Screaming Jay Hawkins (Dont il adapta « Hong Kong) pousseur de rengaines désopilantes parfois coécrites par Jean Yanne (Je vous déteste) repreneur de Buddy Holly, adepte du déguisement souvent ornés de couvre-chefs en tous genres, il compensait son manque de technique par un humour et un délire réjouissants. Qu’ hommage lui soit rendu!











