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CXI- Un film du Printemps pour l’Automne….
» Le lac des morts vivant » (1981) de J.A Lazer (Jean Rollin)
« Le lac des morts vivants » nanar qui met en scène de soldats nazis zombis troublant la quiétude d’un paisible village est cher au coeur de nombreux cinéphiles pour lesquels il est la Rolls du cinéma fauché débile. Mal filmé, mal monté, sans moyens, sans acteurs, sans technique mais avec de la fesse et une interjection lancée par un personnage du film: »Promizoulin! » Et dont tout le monde se demande encore ce que ce mot veut dire. Sans compter la sous-intrigue du soldat mort vivant qui retrouve la fille qu’il a eu avec une habitante du coin.
Réalisé par Jean Rollin, déjà évoqué dans ces colonnes, qui remplaçait Jess Franco qui avait fait défection et qui renia longtemps le film au point de le signer sous le nom de J.A Lazer. Il finit cependant par admettre son « forfait ». C’était son problème. En tous cas, qu’est-ce qu’on a pu rigoler!






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CX- Christine Renard, la discrète et fragile poétesse du fantastique français.
Christine Renard (1929-1979) commença sa carrière littéraire au début des années 60 dans la revue « Fiction » dont le titre parle de lui-même puisqu’il était consacré à un certain genre. Mais les choses sérieuses démarrent vraiment pour elle en 1967 suite à sa rencontre amoureuse autant qu’artistique avec l’écrivain Claude François Cheinisse. C’est en effet cette année là que paraît « Delta », roman écrit par la couple.
Elle poursuivra tout au long des années 70 une carrière en pointillés en raison de son activité enseignante et du succès confidentiel de ses écrits. L’adaptation en pièces radiophoniques de ses nouvelles lui permet de se relancer et de publier de manière plus conséquente. Hélas, un cancer l’emporte en 1979. Ses deux derniers livres sortiront à titre posthume: » « La nuit des lumineux » et « Le temps des cerises » tous deux édités en 1980.
Son décès prématuré rendit fou de désespoir son mari qui tua leurs deux filles avant de se suicider en 1982.
Mais au-delà de cette vie mutilée, qu’en est-il de l’oeuvre proprement dite? Christine Renard fut d’abord ne nouvelliste prolifique extrêmement douée, tant par son style que par l’originalité et la pertinence de ses thèmes. Voir à ce propos « Entre parenthèses » parue dans l’anthologie « Retour à la Terre 3 » dirigée par Jean Pierre Andrevon, réflexion à la fois ludique et inquiétante sur la question du choix de vie et le regard que chacun peut porter sur ses idéaux d’adolescence.
Son ouvrage le plus connu, est le roman fantastique « La mante au fil des jours » . Ce dernier commence sur l’air de « Ils sont beaux, il sont jeunes, ils s’aiment » (Love story, quoi!) avec cette idylle entre un étudiant et une belle et mystérieuse jeune femme. Mais il continue ur l’air de « Dracula » puisque la belle s’avère être une vampiresse. Je n’en dis pas plus afin de ne pas gâcher votre plaisir, toutefois, le livre ou l’auteur use d’une trame plus simple que dans ses textes plus courts, est une métaphore du mal que l’on fait à l’être aimé. Comme l’écrivait mieux que moi Oscar Wilde: » Tout homme tue ce qu’il aime, le brave par une épée, le lâche par un baiser. »
Ci-dessous, deux éditions, l’originale de 1977 et la réimpression chez Fleuve Noir de 1997 dans la collection « Bibliothèque du fantastique » augmentée de plusieurs nouvelles. A titre personnel, je conseillerais la réimpression qui donne un aperçu plus exact de l’oeuvre de Christine Renard largement composée de textes brefs, dont certains n’ont pas été publiés en volume.


A bientôt!
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CIX- Lectures d’automne…
Pierre Pelot, période Fleuve Noir.
J’ai déjà présenté Pierre Pelot et son extraordinaire roman « C’est ainsi que les hommes vivent », au cours de cette présentation, j’ai évoqué l’oeuvre abondante autant qu’éclectique du vosgien, laquelle compte les quatre volumes chroniqués ci-dessous et rédigés sous le pseudonyme de Pierre Suragne pour la collection « Angoisse » de « Fleuve noir »
« Duz » (1973)
« Duz » , un titre qui étonne et qui est aussi le nom du personnage principal de ce roman. Mais qui est Duz? Un garçon laissé dans un orphelinat par sa mère et son beau-père et qui va devoir composer avec les pensionnaires de cet établissement ainsi que les forces obscures qu’il abrite.
Pelot mélange ici réalisme sordide et surnaturel, faisant apparaître la cruauté d’autant plus grande des enfants qu’elle est empreinte de naiveté.

« La peau de l’orage » (1973)
« La peau de l’orage » appartient à la veine paysanne de son auteur et narre les déboires d’une jeune hippie (On parle ici de « Beatniks ») qui échoue dans un petit village dont l’apparente banalité cache un fantôme – Ou un être approchant- à la quête mystérieuse – Vengeance? Pure cruauté?- dont la jeune femme croisera le chemin.
Pour être franc, « La peau de l’orage » concentre des défauts communs à de nombreux « Angoisse » de la dernière période de la collection. Lenteur et enjeux flous à force de trop de mystères. Reste une ambiance prenantes dans les meilleurs moments.

« Je suis la brume » (1974)
L’histoire de la mésaventure de cette dessinatrice perdue dans le Sud des USA ( Pelot est fasciné par cette région américaine.) est d’une autre trempe que « La peau de l’orage ». Plus inventif et mieux rythmé, il parvient à nous emporter grâce à une idée astucieuse, prendre le point de vue de la victime et celui du mal qui frappe l’héroine et ce par le retournement de situation que cette dernière subit. De surcroît, Pelot arrive à nous émouvoir du sort de son personnage et finit sur une note mélancolique bienvenue.

« Brouillards » (1975)
« Brouillards » est de loin le plus étrange des livres de cette sélection en dépit d’un point de départ classique: Rufus, un paysan qui recueille une jeune femme enceinte se persuade qu’il est le père de l’enfant de cette dernière.
Parfois un peu brouillon mais toujours intéressant, il déroute particulièrement avec le retournement de situation final.

Réédition des romans susmentionnés en un volume dans la collection « Bibliothèque du fantastique » (1997)

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CVIII- Les excentriques du Rock’n’Roll, quinzième partie.
Aujourd’hui: Chris Evans.
Chris Evans appartient à la vague Néo-Rockabilly française qui émergea au milieu des années 70. Il découvrit sa vocation en 1976, suite à sa rencontre avec la légende du genre Carl Perkins lors du festival de Country music de Paris. Il commença à enregistrer effectivement au début des années 80 et continue aujourd’hui à porte la bonne parole.
Poulain puis pilier de l’écurie du mythique label Big beat, il eut comme faits d’armes son hommage à Johnny Hallyday en 2018 et surtout ce chef d’oeuvre de poésie « Ma pin-up est une grosse truie » adaptée du classique de Don Woody: »Barking up the wrong tree. »
Un bel exemple d’adaptation phonétique, non? Allez, faut bien rigoler!



A bientôt!





