CXXI- Ode à J.A Barbey D’Aurevilly, deuxième partie, l’oeuvre.
Attention! Je ne présente ici que les oeuvres qui m’ont semblé les plus marquantes. Donc, vous ‘aurez compris, tout n’y est pas! Cependant, il reste une large palette, bonne lecture!
« Une vieille maîtresse » (1851)
« Une vieille maîtresse » est l’histoire d’une passion qui refuse de s’éteindre entre un noble Ryno de Marigny et une mystérieuse espagnole Vellini. Le mystère est d’autant plus grand pour l’entourage de Marigny que Vellini n’est pas belle et qu’elle semble l’incarnation du vice. Quelle candeur. L’ennui est que tout ce beau monde n’a pas complètement tort car cette femme honnie revient au moment même ou Marigny s’apprête à se marier avec une femme de son monde Hermangarde de Pollastron et que la famille de Marigny croit que leur rejeton est sur le point de se ranger.
Je vous laisse imaginer la suite, ou, mieux, lire le livre!
Barbey joue des contrastes et des paradoxes, amour pur et respectable aux yeux de la société, beauté fade et laideur fascinante, opposition entre le nord (Hermangarde, pure normande) et le sud (Vellini) roman d’une passion et étude de caractère, « Une vieille maîtresse » est un chef d’oeuvre.

« Le chevalier Des Touches » (1864)
« Le chevalier Des Touches » est d’une veine bien différente, récit d’un épisode de la lutte des Chouans contre les révolutionnaires que l’histoire nommera « L ‘expédition des douze », il mêle une savoureuse galerie de portraits et la description implacable de l’action d’hommes décidés à mener leur combat à bien coûte que coûte. Le tout est saupoudré d’une certaine mélancolie à l’égard de ces vaincus de l’histoire. Lesquels sont chers à mon coeur.
Dois-je préciser qu’il mérite une lecture?

« L’ensorcelée » (1852-1854)
« L’ensorcelée » comme « Le chevalier Des Touches » s’intéresse également aux guerres Chouannes, il pourrait même être une suite indirecte au « Chevalier.. » puisqu’il se situe juste après la fin des guerres en question et suit le dstin du prêtre Jehoel de La Croix Jugand, ancien combattant royaliste gravement défiguré qui fascine cependant une noble locale qui a épousé un bourgeois enrichi par la Révolution. Evidemment, autour de tut cela se nouera un drame ou se mêleront les sortilèges des bergers ( Marginaux de la campagne normande ou se déroule l’action, personnages à la fois craints et méprisés) et les haines suscitées par le grand bouleversement subi par notre pays. Un autre chef d’oeuvre, ou Barbey flirte cette fois avec le fantastique.

« Une histoire sans nom » (1882)
« Une histoire sans nom » relève d’une veine résolument intimiste, loin du caractère épique du « Chevalier Des Touches » ou des échos des batailles qui résonnent encore dans « L’ensorcelée », loin du foisonnement de personnages de « Une vieille maîtresse », « Une histoire sans nom » se resserre sur une mère aristocrate et sa fille répondant au doux autant qu’invraisemblable prénom de Lasthénie, à peine sortie de l’adolescence et plus apathique que douce. L’existence morne des deux femmes est remise en question par l’arrivée d’un visiteur inattendu, un moine à qui elles donnent en bonnes chrétiennes l’hospitalité. Ce moine pas très catholique pour le moins va mettre enceinte Lasthénie avant de disparaître, puis…
…a votre avis?

« Les diaboliques » (1874)
J’ai gardé le meilleur pour la fin! « Les diaboliques » n’est pas un roman mais un recueil de nouvelles centré sur le thème de la féminité sous son jour le plus sombre. Mère infanticide, aristocrate qui de prostitue pour se venger de son mari, femmes suicidaire, ou adolescente aux désirs trop précoces, le tout se déroulant avec pour toiles de fond les tourments de l’histoire récente du temps de Barbey. Ne faudrait-il lire qu’un livre de l’auteur, ce serait celui-là tant il brasse les thèmes de la noirceur humaine avec une précision et une absence de morale déplacée. Barbey n’oublie jamais les souffrances de ses personnages, et sait les préserver de toute veulerie, aussi loin qu’ils descendent dans vilenie. Barbey savait concilier grandeur et noirceur.
A lire. Obligatoirement.






































