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CXXVI- 14-18 en mots et en images, suite et fin!





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CXXVI- 14-18 en mots et en images, suite!







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CXXVI- 14-18, en mots et en images.
En cette journée particulière, le 11 novembre, je ne pouvais ignorer cette date qui marqua la fin du premier conflit mondial. Alors, sans plus de commentaires, voici quelques livres, films qui ont évoqué le sujet.







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CXXIV- Ode à Richard Boringher et souvenirs de 1987.
Richard Boringher, notre plus grand acteur avec Depardieu, fait partie de ces rares comédiens à se réserver une scène étrange, déroutante qui si elle ne sauve pas le film, l’empêche de sombrer- s’il est mauvais, il va s’en dire. Mais dan le cas contraire, quand il ne rallume pas un pétard mouillé, quand le film est bon, Boringher en fait un feu d’artifices.
Ce fut le cas dans deux pellicules très différentes en l’an de grâce 1987.

Tout le monde connait « Le grand chemin » magnifique évocation de souvenirs d’enfance dans la campagne des années 50. Sous son apparente simplicité, le film de Jean Loup Hubert brasse de nombreux thèmes allant de la découverte de la vie par un petit parisien pour qui la campagne et le fréquentation d’une jeune sauvageonne tient lieu d’initiation, l’ombre des guerres coloniales (L’indo encore et proche et l’Algérie en train de se passer), les souffrances adultes que l’arrivée de cet enfant va apaiser. Enfin, le portrait tendre d’une France disparue, avec ces marchandes de grenouilles et ses curés en soutane.
Et Boringher dans tout ça? J’y viens. Ou plutôt j’y reviens. Ici il campe le mari d’Anémone, fossoyeur de son état, bourru et chaleureux et contrairement à l’habitude, il n’a pas une mais deux scènes d’exception. Celle ou il effraie le jeune garçon en imitant le cri du loup sous la fenêtre de sa chambre, et enfin celle de la dispute avec Anémone, ou éclate le motif qui a amené les époux à faire chambre à part.


On ne peut à ce propos éviter de parler d’Anémone, parfaite dans son rôle de paysanne, qui posa soit dit en passant de nombreux problèmes lors du tournage (Pas étonnant qu’elle ait finit par voter Mélenchon!) sans que cela nuise à sa performance qui lui valut un César mérité…qu’elle refusa! Son « Anconina je t’aime » sur la scène de l’Empire résonne encore dans les mémoires. Syndrome Marlon Brando? Un mot de Christine Pascal qui joue la mère du garçon. Comédienne souvent émouvante, réalisatrice inégale mais intéressante, elle joua souvent des personnages tragiques ou mélancoliques comme c’est le cas ici. A croire que cela jusque dans la vraie vie, puisque Christine Pascal dans des circonstances pour le moins trouble en 1996. On notera enfin Jean François Derec en chauffeur de bus au début et à la fin du film. Une ouverture et une clôture, en somme.


Garçon, la suite!
« Agent trouble » (1987) de Jean Pierre Mocky.
Maintenant, c’est le tour de « Agent trouble », mixture excellente quoique fort différente du « Grand chemin ». Outre que ce récit policier se montre délicieusement hybride avec son mélange d’absurde, d’espionnage et de touches de fantastique, il offre grâce à ses comédiens l’occasion de s’amuser grâce à sa galerie de personnages loufoques et/ou inquiétants. Bien entendu, Boringher n’est pas en reste, coutumier qu’il était déjà des rôles hors des sentiers battus. Et parfois antipathiques. Le cheminot brutal du « Destin de Juliette », le proxénète à peine déguisé de « Martin et Léa ». Dans un registre moins sombre et plus étrange, il y a l’amateur de tartines de « Diva »de Beineix ou encore le fleuriste de « Subway » de Besson- à ce titre l’acteur fut de nombreux films du renouveau du cinéma français des années 80.
Dan « Agent trouble » Boringher trouve l’occasion d’opérer une synthèse de ces deux tendances – inquiétante et déroutante, sans exclure une espèce de sympathie- dans le rôle d’Alex, faux antiquaire et vrai tueur à gages, qui n’en n’a pas moins une certaine moralité – ainsi qu’il l’admet lui-même en reconnaissant sa « loyauté exceptionnelle ». Le comédien est d’autant mieux servi qu’il fait face à une Catherine Deneuve en perruque brune et à contre-emploi en veuve employée de musée. Pour l’anecdote, Mocky aura des mots peu aimables pour l’actrice dans u entretien donné au mensuel « Starfix » en déclarant que Deneuve n’avait tourné avec lui que parce qu’elle était à un tournant de sa carrière. Il se rattrapera plus tard en disant ce qui était vraiment, à savoir que le cinéma français était à ses pieds à cette époque. Cette mise au point faite, cela n’enlève rien à mon admiration pour Mocky.
Les deux vedettes du film jouent fort bien leur partition, séparément ou ensemble ce qui donne une confrontation passionnante entre deux acteurs, deux jeux, deux personnages. Deneuve, obstinée secrète et compatissante dans sa recherche de la vérité, Boringher, obsédé par sa mission de nettoyage, à la fois impitoyable, vulnérable, cruel et doté d’un humour à froid qui fait sourire autant qu’il titille les terminaisons nerveuses.


On signalera enfin la présence du maestro en personne, Mocky lui-même en chef de la DST fumeur. Ce qui donna peut-être des idées à Chris Carter le créateur de « X-files » pour son « Homme à la cigarette »? Bon, il ne faut pas oublier que le film s’inspire d’un roman américain d’un certain Malcolm Bosse ‘L’homme qui aimait les zoos ». Alors que faut-il en déduire?

Je vous laisse méditer à ce sujet et vous dis à bientôt!





