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CXLXXVI- Les excentriques du Rock’n’Roll.
Quand les géant du Blues vagabondent. Les chemins de traverse de Ike Turner et Johnny « Guitar » Watson.
Modèle de Frank Zappa et d’Henrix qui lui volèrent à peu près tout, artiste polymorphe qui passa du Blues au Rock’n’Roll pour parvenir au Funk en empruntant le virage de la Soul, Johnny « Guitar » Watson, se livra à des expériences musicales souvent déroutantes et très en avance sur leurs temps. Preuve en est l’étonnant « Space guitar » qui dut donner des idées à plus d’un! (Voir plus haut, alors, Jimi, Zappa, camembert!)


S’il est des artistes qui furent à l’origine de notre musique préférée, Ike Turner en fut,et non des moindres! Pianiste sur « Rocket 88 » premier Rock reconnu, au studio Sun, deux avant qu’Elvis y mette les pieds, il appartint à cette caste fermée de bluesmen qui dynamitèrent les douze mesures. Pratiquant ensuite le Rock, lançant Tina Turner – qui ne lui montra guère de reconnaissance, le faisant passer pour le monstre qu’il n’était pas- il expérimenta comme son collègue Watson ( C’est élémentaire!) pour aboutir à des disques singuliers qu’il préféra par prudence signer « Icky Renrutt »
« The rooster » ou il emmène la distorsion là ou Howlin’ Wolf l’avait laissé, « Jack Rabbit » ou il violente « Johnny B. Good » de Chuck Berry qui dut tirer une tête à l’écoute de cette parodie qui n’exclue en rien la créativité.




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CLXXV- Xaviera Hollander, la batave internationale.
Après Emmanuelle Arsan, voici une autre légende de l’érotisme de supermarché et fortune des catalogues France Loisirs, Xaviera Hollander enchanta de nombreux pubères et ruina des paquets de mouchoirs jetables au cours des années 70. Née elle aussi en Asie, en l’occurrence l’Indonésie qui s’appelait alors Indes Néerlandaises, ce qui est bien normal notre amie étant de souche batave, issue d’une famille aisée, ultra-diplômée, elle opta pour la plus vieille profession du monde.
Elle gagna une certaine célébrité grâce à son autobiographie « The happy hooker » (1972) publiée l’année suivante en France sous le titre « Madam’ » (NDLR: une Madam’ dans le monde anglo-saxon désigne une tenancière de maison close) ou elle décrit entre autres choses ses succès à la tête de son réseau de call-girls de luxe. On retiendra de son savoureux opus que les françaises sont sales, les japonais antisémites (Souvenir de l’occupation des Indes Néerlandaises, Xaviera Hollander étant de confession juive. Bon, qu’on me permette cette parenthèse, mais pour les nippons d’alors, tous les blancs se valaient!) on apprend les usages étonnants du parapluie, et comment la dame évitait le déssèchement des muqueuses. Suite au triomphe de ce récit un brin picaresque qui pourrait servir de manuel d’éducation à l’usage des jeunes filles en fleurs, Xaviera poursuivit sur sa lancée, publiant une longue série de livres ou elle livre ses secrets sur le mode du temps ou il conviendra de bien faire l’amour. Tour à tour touriste à Saint Tropez, précurseur sexy de Maité avec recettes de cuisine, etc.
Elle eut droit aux honneurs du cinéma avec une adaptation de « Madam’ » et une fiction romançant ses déboires financiers entre Mafia et FISC américain. D’aucuns diront que ce n’est pas de la littérature mais au moins cela a-t-il le mérite d’être rigolo, vécu et dépourvu des prétentions de Madame Arsan. En outre, Xaviera Hollander a pour elle d’assumer ses ambitions commerciales. D’ailleurs, le plus étonnant chez Madame Arsan est qu’elle n’ait pas tenté de se faire un supplément avec les bananes pas mûres détournées à des fins de plaisir!

Xaviera du temps de sa splendeur…

Xaviera adolescente très androgyne avec sa mère…







Xaviera en compagnie d’une autre légende, la star du X marilyn Chambers. Etait-ce donc ce que cachait la porte verte?


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CXLIV-Emmanuelle, prêtresse du plaisir des années 70.
Que dire d’Emmanuelle qui n’ait déjà été dit? Dix ans de projection aux Champs-Elysées, les cars de tourisme qui déversianet leus flots de japonais avides de voir les poils pubiens de Sylvia Kristel, les ados attendant leur majorité pour voir enfin l’objet de leur fantasme sur grand écran, attendu que c’était leur cadeau d’anniversaire. Serge Gainsbourg qui refusa d’en composer la musique, Paul Verhoeven qui refusa de la réaliser. L’auteur du livre (Non je ne rajoute pas de « E », pour l’écriture inclusive, faut pas frapper ici) qui se contenta de le signer, ce qui n’était pas grave, sachant que son mari l’avait écrit.
Pour ceux que ça intéresse, la fameuse Emmanuelle Arsan s’appelait en fait Marayat Bibidh, était une fille de diplomate issue de la haute société siamoise épousa un certain Louis Jacques Rollet Andriane, et joua dans « La cannonière du Yang-Tsé » aux côtés de Steve Mc Queen, ou elle se blotisait dans le giron de Richard Attenborough avant d’entrer dans la légende avec son opuscule. Suite au succès du livre publié par Eric Losfeld et plus encore du film de Just Jaeckin, décida de montrer son académie dans « Laure » (1976), adaptation d’un autre de ses romans « Laure » ou elle se gamahuchait avec l’éphémère et androgyne starlette blonde de l’érotisme pelliculé: Annie Belle.
Elle montrait là un sens de la publicité et du commerce, elle qui avait généré une manne financière grâce à sa niaise héroine qui se retrouva non seulement dans un film mais plusieurs (Des suites, des suites!), mais aussi en bande dessinée. Sans compter la vague du genre érotique papier glacé cucul (Non, je ne vais pas écrire PQ! Ah, zut, je l’ai écrit!) la praline que suscita la bluette de Jaeckin. De « Histoire d’O » à « Joy et Joan », chaque été avait droit à sa livraison de jolies images de nus qui bougent. Et ce jusqu’en 1986.



Images du film « Laure », avec la « vraie » Emmanuelle!


Au centre Annie Belle etses cheveux courts…





Allez, maintenant, je vous laisse avec ces images de « L’antivierge », bonne soirée et à bientôt!
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Après Kennedy, un vrai président: Dick! Avec des astronautes, s’il vous plait!

http://www.rarehistoricalphotos.com -
CXLIII- Kennedy, la France, la culture pop. Considérations générales….
« Le représentant en whisky irlandais! »
En ces termes parlait le grand Charles du trente cinquième président américain. C’était un peu excessif, et aurait davantage concerné son père qui, tout le monde le sait, fit fortune pendant la Prohibition. Néanmoins, s’il est permis de critiquer, voire de tenter de détruire, le mythe lié à JFK – vous verrez d’ailleurs dans cet article que certains ne s’en sont pas privé!- personne ne saurait nier son importance , pour le meilleur et pour le pire, notamment dans la culture populaire. Cinéma, littérature et même musique se sont emparé chacun d’un peu de l’image de ce personnage, non seulement aux USA mais aussi dans d’autres pays, la France par exemple.

Donc, cet article se centrera sur l’image renvoyée par la France de JFK d’une part et des légendes urbaines suscitées par l’assassinat de ce dernier. Commençons alors sous le patronage des Misfits, légendaire groupe punk du New Jersey et de son simple « Bullet » qui usait d’une image tirée du jour maudit du 22 novembre 1963 pour illustrer sa pochette!


Alors? Pour le moins, Kennedy était déjà controversé de son vivant, il le fut davantage après sa mort. Il provoqua d’bord l’ire de l’extrême drouate (La faute est volontaire, le mot m’agace tant il est galvaudé par les temps qui courent) des puissants, mafieux, radicaux, pétroliers texans, qui se sentaient lésés, à tort ou à raison, par son action, dans leurs intérêts. Ou leurs convictions. Il est vrai qu’avec son ouverture envers les minorités, gens de couleurs, et autres, l’homme à la coupe de cheveux classe internationale avait de quoi énerver les réacs de tout poil. D’un point de vue contemporain et français, il est clair que le gauchisme qui imprègne la culture actuelle a toutes les raisons de se lever pour distribuer des baffes à qui mieux mieux à la première tignasse bleue venue. Toutefois, le conservatisme américain est infiniment plus dur que celui existant chez nous, au point qu’un Kennedy pourtant modéré dans ses intentions pouvait passer pour un marxiste aux yeux d’une certaine partie de la population des USA, dans laquelle se confondent les plus pauvres et une certaine élite économique.
Un des premiers films à évoquer ce cas de figure – un complot fomenté par les riches conservateurs ultras contre Kennedy- est « Complot à Dallas/ Executive action » (1973) de David Miller. Basé sur un scénario de Dalton Trumbo, grand contestataire devant l’éternel, et interprété par deux anciennes pointures du Film Noir Hollywoodien, Burt Lancaster et Robert Ryan, le film souffre du manque d’envergure de son réalisateur, d’un usage abusif d’images d’archives et d’un budget trop serré (Pour l’anecdote, Kirk Douglas participa au financement, et Donald Sutherland voulut un temps le produire. Il se rattrapa plus tard en jouant dans le « JFK » d’Oliver Stone) Néanmoins qu’on partage ou non le point de vue choisi par le scénariste -qui donne une image par trop idéale du président victime- et en dépit de ses nombreux défauts, « Complot à Dallas » reste une tentative intéressante et audacieuse pour l’époque de comprendre ce qui demeure un des événements les plus tragiques du siècle précédent.

A la fin des années 60, la contestation anti-Kennedy changea de camp, passant à la gauche de la gauche dans sa version la plus dégénérée, les Yippies, tirant leurs nom de l’acronyme Y.I.P ou Youth International Party, crée par Jerry Rubin et Abbie Hoffman, hippies radicalisés guère plus subtils que leurs compatriotes jean droitards. Ces derniers voyaient des communistes partout, les Yippies voyaient des fascistes partout. En particulier dans le clan Kennedy que Jerry Rubin qualifiait de « Péril fasciste » dans son livre « Do it », manifeste des Yippies.
Pour ce qui est de la littérature, nombre d’auteurs se penchèrent sur le sujet, et non des moindres: Norman Mailer ( « Oswald: une tragédie américaine »), Don De Lilo (« Libra »), mais aussi des écrivains de genre, relevant du roman noir comme James Ellroy (Sur lequel je reviendrais sous peu) ou de la science fiction comme Barry Malzberg avec « La destruction du temple » (Aussi connu sous le titre « Scop ») uchronie sur l’assassinat de Kennedy plutôt casse-tête, qui confond complexité et embrouillamini.

Venons en maintenant à « I comme Icare » (1979) de Henri Verneuil, autre essai sur la thèse du complot contre Kennedy. Bien que l’action ait été transposée dans un pays imaginaire et à l’époque contemporaine ( Contemporaine du film, il va sans dire), la référence est évidente. Réflexion sur les groupes de pression et leur pouvoir pour le moins inquiétant, l’ingérence de grandes puissances dans la politique intérieure de leurs voisins, et sur la soumission des individus aux idéologies, « I comme Icare » est tout simplement passionnant, et l’un des meilleurs films de son réalisateur. A noter que Yves Montand s’était fait la tête du procureur Garrisson, l’homme qui mit en doute les conclusions du rapport Warren pour lequel Lee Harvey Oswald était le seul tireur. A noter enfin qu’il existe un point commun entre Montand et Kennedy: ils eurent tous les deux Marilyn pour maîtresse. Montand s’en plaignit d’ailleurs, trouvant sa célèbre conquête peu efficace. Pour rester poli.


Brigitte Lahaie, dans son rôle bref mais violent dans « I comme Icare »

Puisqu’il est question de romance présidentielle voici le titre d’une jeune Vanessa Paradis qui évoque les amours entre « Une étoile et un lion », selon les premiers vers de cette chanson.

Comme promis, voici James Ellroy et son épopée politico-mafieuse « American Tabloid » ou le géant germano-américain donne sa version de l’assassinat de Kennedy, violente, colorée, audacieuse, dont la complexité ne vire jamais à la complication, malgré la tendance de son auteur au n’importe quoi (Marilyn et Kennedy n’ont jamais été amants, ben voyons, accroche toi au pinceau, Jimmy, je retire l’échelle) A cela s’ajoute un personnage français, ancien du Katanga, et assassin de Patrice Lumumba. Et complètement idiot. Bon, là Jimmy, tu c…s dans la colle. Allez, on pardonne, le livre est un chef d’oeuvre.

Et au moins, on ne s’ennuie pas, contrairement à ce qu’on ressent à la lecture de « La malédiction d’Edgar » de Marc Dugain, qui est surtout celle du lecteur qui aura eu le malheur de jeter un oeil à cette biographie de l’ancien patron du F.B.I, le terrible J.Edgar Hoover, homme de toutes les penderies, celles des autres comme la sienne. Dirigeant souterrain de l’Amérique et homosexuel honteux, sachant les secrets de tous, mais incapable de garder le sien, tenu par la Mafia qui possédait une de ses photos de vacances sur laquelle il apparaissait dans un pantalon de dentelles qui devait être du plus bel effet. Tout cela aurait pu donné une belle réussite (Surtout en regard de l’impressionnante documentation visiblement consultée par Dugain) mais le parti-pris intimiste de l’auteur ne convient pas au sujet et ce en dépit de l’intéressante idée de faire raconter l’histoire du point de vue de Clyde Tolson, « partenaire » de Hoover. Pour l’anecdote, ce dernier reçut des mains de Nixon le drapeau américain replié lors des obsèques de son compagnon, honneur réservé aux veuves de présidents aux USA. Comme quoi, pour reprendre un mot de ma cambrousse: ça rapporte parfois d’être veuvier!

A bientôt!




