« Bananes, ananas et noix de coco, ça se mange, ça se boit… »
Alice Sapritch? Certains parmi vous se demanderont sans doute ce qu’Alice Sapritch vient faire dans une rubrique consacrée à la chanson. Certes, la grande dame d’Arménie fut d’abord et surtout une comédienne. Inoubliable figure des adaptations de Balzac et surtout une Folcoche à jamais mythique dans l’histoire du petit écran français (Catherine Frot, rhabillez vous!), petit rôle récurrent sur le grand et grand rôle récurrent dans de nombreux nanars , femme de scène émérite et souvent courageuse. Mais Alice Sapritch n’était pas que cela. Elle était une artiste complète en un sens qui poussait à l’occasion la chansonnette dans ses films ( Comme dans l’inénarrable nanar « Les vacanciers », voire strophe de la chanson en début de cet article!) L’exercice devait lui plaire car elle se prêta au jeu le temps de quelques disques, l’amusant 45 tours « Slowez moi » en 1986, mais avant cela « A nu » en 1975.
Je me concentrerais sur l’album, le seul de son interprète. qui démarre avec « Vingt années d’existence » sur le thème de la maternité, belle mélodie à la fois moderne et classique, au texte recherché et émouvant. Le reste du disque balance entre l’émotion et l’humour, se permettant quelques virages vers le Rock (Voir ou plutôt écouter le dernier titre pour s’en convaincre!) Très bien construit, intimiste, chaleureux, « A nu » est un trésor caché de la chanson française à redécouvrir et donne à regretter que Alice Sapritch n’ait pas davantage persister dans cette voie.
DCLIV- Célébrons l’excès et nous deviendrons grands!
Plus le droit de fumer, de boire, de rouler vite. Plus le droit aux femmes nues, ni aux plaisanteries de mauvais goût qui font mal mais qui détendent. Plus le droit à certains mots, beaucoup de mots, au point que le dictionnaire aura bientôt l’épaisseur d’une notice de jeu vidéo. En bref, plus le droit à rien, et si vous le prenez, vous offenserez, vous déplairez, vous aurez le tort de fêter des artistes ou des personnages autrefois qualifiés de grands parce qu’ils étaient atteints de vilaines phobies, ils avaient le tort de trop aimer les femmes et donc d’être misogynes, ou alors de ne pas aimer les minorités. Ils avaient eu le tort de déclencher des guerres ou simplement de défendre leur pays, le tort d’aimer leurs pays, de ceci, de cela ou d’autre chose.
De nos jours, des petits malins publient des livres aux intitulés éloquents « Les pubs que vous ne verrez plus jamais » « Les pochettes de disques que vous ne verrez plus jamais » et ainsi de suite. Comme elle est claire votre démarche, messieurs les petits malins. Qu’il était moche le passé, aucun goût, aucune conscience! Heureusement que nous sommes là pour vous éveiller tas de vieux croûtons. De toutes façons, vous serez sous peu six pieds sous terre.
Cela au moins est vrai, petits merdeux. Je pourrais vous répondre que vous aussi la tombe vous attend, même si elle reste de la distance entre elle et vous. (Quoique, un accident est toujours possible!) Mais non, je ne dirais pas ça. Je dirais que nous sommes là et pour encore assez de temps pour vous répondre. On en a sous le capot, que vous le vouliez ou non!
Aussi, pour reprendre ls mots d’Iggy Pop: « Fuck, fumons, buvons, roulons vite, bouffons de la viande rouge et baisons sans capote! »
Et pour illustrer cette noble philosophie, quelques images propres à vous faire chier vos os de moralistes 2.0 analphabètes et bouffeurs de soja!
Sur ce, j’espère que les gens de goût auront apprécié, quant aux autres… En tous cas, bon ouiquènede!
DCLIII- Ode à Constantin Belinsky, deuxième partie.
A noter, un des rares films sortis en France à traiter de la guerre du Pacifique côté japonais. A noter encore, à la différence de l’Allemagne, le Japon n’a pas eu à s’excuser – en raison des bombardements atomiques- ce qui permit aux producteurs de mettre en chantier de nombreux films anit-américains à la fin des années 50 et sans doute au-delà.
« La Goulve » de Mario Mercier, premier long métrage du mystique/ cinéaste/ poète/ écrivain et peintre Mercier avec le concours de Bepi Fontana, ancien musicien de Jazz qui dut renoncer à sa carrière en raison d’une affection aux lèvres appelée « Maladie du trompettiste ». Il se reconvertit dans la production de films sexy. Lui et Mercier se fâchèrent car Fontana modifia « La Goulve » de façon à le rendre plus érotique au grand dam de Mercier qui souhaitait faire un film sérieux sur la sorcellerie.
DCLIII- Ode à Constantin Belinsky, grand affichiste français.
Constantin Belinsky (1905-1999) immigré de souche ukrainienne fut l’un des plus grands affichiste de France et même d’Europe. Son style à la fois esthétique et agressif, criard et élégant s’épanouit pleinement dans les années 60/70, autrement dit l’âge d’or du cinéma populaire européen. Belinsky trouva là manière à s’exprimer, illustrant tout, Eurospy, péplums, mondos, westerns spaghetti, drames, polars, épouvante, jusqu’aux films de Karaté qui déferlèrent chez nous lors des années Giscard. Sans oublier ds films rares, tombés depuis aux oubliettes.
En voici une sélection, j’espère qu’elle vous plaira…
Ce Péplum sorti alors que le genre agonisait mérite le coup d’oeil…pour de mauvaises raisons! Oui, il s’agit d’un vrai, d’un authentique nanar! Mais outre cela, il y a son interprète principal Kirk Morris, de son vrai nom Adriano Bellini dont le cinéaste Ricardo Freda chantait les louanges « Ariano était un maître nageur de Venise, froussard, pleurnichard, très mauvais acteur mais il était sympathique! » Il y a ensuite un des personnages Akulé qui est émir et qu’on appelle do,c lémir Akulé. Enfin le titre français qui cite Tarzan alors que le héros est Maciste et non Tarzan. Cerise sur le gâteau, en 1980 (Environ!) le film fut ressortit en VHS sous le titre « Goldocrack à la conquête de l’Atlantide »Eh, oui ou va se nicher l’influence du Manga!
Les années 60 marquèrent le déclin de la carrière de certains cinéastes artisans du cinéma populaire français, tel Willy Rozier, qui dirigea le film d’aventures ci-dessus. Ace propos, il serait intéressant de faire une étude sur le cinéma de genre français. Objet d’un article à venir? Cela se pourrait!
Plus que n’importe quelle décennie, les années 60 furent celles de l’Europe du cinéma, comme le prouvent les coproductions innombrables (En particulier entre nous, les français et l’Italie) et l’importation de films de tous les coins ou presque de notre continent. Preuve en est ce drame guerrier yougoslave qui eut droit au crayon de Belinsky.
« Le corps et le fouet/ La frusta e il corpo » (1963″ de Mario Bava, classique sadomasochiste du cinéma gothique italien permit à Belinsky de livrer une de ses plus belles affiches. Ici, tout y est: cruauté, esthétisme, romantisme noir et couleurs agressives. Bref, tout le charme des excès du cinéma transalpin que Belinsky sut s’y bien exprimer en affiches.
« Scotland Yard contre cercle rouge », « Krimi » terme allemand pour désigner le film policier, et plus précisément dans un contexte germanique, des films empreints de mystère dont la série « Edgar Wallace » fut le meilleur (Et qui connut le plus de succès) exemple. L’ambiance lourde du genre donnait à Belinsky l’occasion de faire ce pour quoi il était le plus doué: refléter sur l’affiche une atmosphère inquiétante.
« Univers de nuit » film relevant du « Mondo », genre de documentaire racoleur et plus ou moins trafiqué lancé par le duo Jacopetti et Prosperi avec « Mondo Cane » en 1962. Si ces films furent souvent italiens, leurs véritables racines seraient françaises via « Paris la nuit » de Emile Kaeppels qui date de….1926! Dans le présent exemple, on trouve des effeuilleuses, et du Rock’n’Roll, grâce à la présence du chanteur Vince Taylor!
Film d’aventures allemand appartenant à ma série de « Liane la sauvageonne » ou brilla l’éphémère starlette Marion Michael.
Belinsky pouvait tout illustrer, d’un cinéma populaire que d’aucuns qualifiaient de « Bas de gamme » (Pour rester poli) comme des films « intellectuels », qui connurent parfois le même destin que les productions si méprisées pour lesquelles il travaillait par ailleurs: l’oubli. Ce fut le cas « La parole donnée » film brésilien d’un certain Anselmo Duarte ( Bonjour monsieur!) et lauréat de la Palme d’or à Cannes en 1962. Produit du Tiers-monde (Le Brésil en l’occurrence.) politique (De gôche, comme il se doit!) social, tragique, plein de bonnes intentions et….chiant comme la mort! (Si vous voulez bien me passer l’expression!) Il dut sa récompense à son état de pellicule bien pensante ainsi qu’au fait que la concurrence était si rude au sein de la sélection cette année là que le jury décida de se rabattre sur cette chose ni pire ni meilleure qu’une autre. A noter que cette pratique subsista en dépit des changements d’époque, voir en 1992 « Les meilleures intentions » (1992) purge scandinave couronnée par le panel présidé par Gégé, eh oui, Gérard Depardieu en personne! Quel farceur quand même!
Si les années 60 virent la disparition progressive d’artisan tel Willy Rozier, elles furent aussi celles de leur relève avec notamment un certain Max Pécas, dont « La baie du désir » fut un des premiers films.
La vague « Karaté » du milieu des années 70 concerna surtout des films de Hong Kong. C’est d’ailleurs pour cela que le terme Karaté est impropre, le Karaté étant un art martial japonais, alors qu’en Chine c’est le Kung fu qui est pratiqué. Passons sur cette approximation et concentrons nous sur ce film qui fit partie des importationts nippones (Pas les plus nombreuses.) de cette période. Avec en vedette Sonny Chiba, grande figure du genre.
Adaptation du romancier à succès Guy des Cars que les méchantes langues surnommaient Guy des Gares car selon celles-ci les livres du susnommé ne se vandaient que dans les kiosques jouxtant les gares afin de permettre aux voyageurs de faire le trajet Paris-Marseille sans trop s’ennuyer. Méchants!
Aujourd’hui: Edition spéciale truands qui déraillent, troisième partie. « Scarface » de Brian de Palma (Etats-unis, 1983) « Je suis…comment vous dites?…. Paranoiaque… » L’histoire de Tony Montana, immigré passé des prisons cubaines à l’épluchage d’oignons avant de se retrouver sur le trône de la cocaine dont il ne tardera pas à chuter. Que n’a-t-on écrit et dit sur…