
-
DCIX- Jrans, cuir et Rock’n’Roll: Une histoire inattendue!
Le jean, le cuir, des vêtements indissociablement liés à l’imagerie du Rock et ce depuis les origines de notre musique préférée. Surtout les fifties. A ce propos, les hérauts du Rock’n’Roll à bien regarder arboraient rarement les matières susmentionnées. Et pour cause, leur musique créant un tel émoi dans l’Amérique un brin somnolente d’Eisenhower, les rockers devaient montrer une image rassurante. C’était d’ailleurs parfois par goût personnel, comme chez le premier d’ente eux Elvis 1er qui détestait tant le denim (Les jeans lui rappelaient son enfance pauvre) qu’il en interdisait le port à son entourage. Quoiqu’il en soit, bon gré mal gré, les musiciens étaient tenus à une image sage. Sur les pochettes. Mais au quotidien?
Avant de répondre, permettez moi de réparer un élément important que j’ai omis de mentionner en introduction: la moto. Il existe un lien évident entre le deux roues et le cuir. Pour des raisons pratiques mais aussi parce quel’un et l’autre partagent la même mauvaise réputation. Violence, danger, délinquance etc…
Mais trêve de commentaires: quelques images d’Eddie, Elvis et Buddy dans des tenues ou des poses quelque peu voyouses!



Le goût prononcé du jean chez Cochran s’explique par des raisons culturelles. Cochran ayant été élevé en Oklahoma, état cow boy ou le jean était plus que monaie courante, il en reçut l’influence. A la différence d’Elvis, influencé par les noirs très nombreux à Memphis (Qui fut d’abord la ville du Blues avant d’être celle du Rock’n’Roll) et adeptes du costume.


Eddie cow boy!


Et maintenant, les images de deux fous de la moto, Elvis et Buddy!


Célèbre photo d’Alfred Wertheimer, déjà auteur de clichés de James Dean, réalisées alors que le King venait tout juste d’accéder à la célébrité…



-
DCVIII- Ode à René Brantonne seigneur de la fusée du Fleuve Noir!
René Brantonne (1903-1979) fut l’un des plus doué et des plus prolifique des illustrateurs populaires français. Ses dessins habillèrent des westerns autant que des policiers, mais ce fut dans le domaine de la science fiction qu’il s’illustra (Je l’ai fait exprès!) et ce pour quoi il resta dans les mémoires. En effet la collection « Anticipation » de Fleuve Noir permit plus que les autres à Brantonne de donner le meilleur de lui-même. Martiens, robots, fusées, belles de l’espace ainsi que tout les grands thèmes du genre furent magnifiés par l’illustrateur jusqu’à atteindre parfois une certaine forme de poésie qui émeut encore aujourd’hui. Alors, voici en conséquence quelques couvertures, pour le plaisir des yeux!























-
DCVII- Luc Moullet, cinéaste à part…
» Pourquoi filmez-vous? »
« Pour gagner plein de fric, faire de grands voyages et rencontrer de belles nanas! »
Réponse de Luc Moullet au journal Libération dans son numéro spécial consacré aux cinéastes intitulé « pourquoi filmez-vous? »
Sans doute vous demanderez vous qui est le sympathique barbu à pull over rouge qui semble chercher son chemin sur cette carte de France , vous avez sûrement compris qu’il s’agissait du sujet du jour, Luc Moullet et qu’il est cinéaste et accessoirement à part. Trêve de plaisanteries, Luc Moullet qui débuta en tant que critique cinématographique embraya (Sans pour autant cesser son activité journalistique) sur une carrière dans la réalisation au début des années 70 et qu’il poursuit encore. Il est à la tête d’une oeuvre prolifique ou alternent fictions et documentaires. Le ton de ses films, et ce quelque soit le genre adopté, est ironique, décalé souvent porté vers la satire sociale ou/et l’autodérision.
J’ai fait connaissance avec Luc Moullet (Son cinéma, je ne connais pas le monsieur, hein!) en feuilletant en 1979 un numéro du Nouvel observateur ou il était question de son film « Genèse d’un repas » Je n’ai pas vu le film, je ne l’ai d’ailleurs toujours pas vu. Mais le titre m’avait plu. Deux ans plus tard, il se passa la chose inverse, je vis à la télévision un film de Luc Moullet « Ma première brasse. » , court métrage relatant les déboires d’un homme effrayé à l’idée de nager. Joué par Luc Moullet. Je vis donc un film de Luc Moullet; avec Luc Moullet. Mais sans savoir que c’était Luc Moullet.


« Anatomie d’un rapport » (1976)

« Genèse d’un repas » (1978) Documentaire décrivant comment nos pitances parviennent dans nos assiettes, depuis la récolte dans le Tiers-monde jusqu’à chez nous en passant par la transformation du produit.

Photo de « Ma première brasse » (1981)

‘Barres » (1984)

Je ne fis l’addition de tout cela qu’en 1988 lors de la lecture du numéro spécial de « Libération » dont est extraite la citation en exergue de cet article. J’approfondis ma connaissance à la lecture du livre de François Jouffa paru la même année « Entre deux censures » lequel évoquait l’état de la censure en France entre Pompidou et les premières années de Giscard. Il y était question de films érotiques ou se rapportant à la sexualité, dont « Anatomie d’un rapport »
J’ai eu l’occasion de le voir beaucoup plus tard en DVD chez des amis, aussi me permet-je de vous en toucher un mot. Cet opus narre l’aventure d’un couple qui accepte d’être filmé par une psychologue au quotidien, ce qui implique également sa vie amoureuse. Réalisé en 1975 ( Et sorti en 1976), le film porte un regard amusé sur deux phénomènes qui explosaient alors: le cinéma porno (« Paris Match », je crois, titrait « La France porno ») et le féminisme. Cette idéologie affecte d’ailleurs lourdement au cours du récit la femme dudit couple qui s’en prend à son mari en lui demandant sur un ton inquisiteur:’Est-ce que tu sais ou est mon sexe? », à quoi le brave bonhomme répond: » Vous êtes toutes devenues des robots! »
Je laisse à chacun le soin de tirer ses propres conclusions, mais il faut reconnaître à Moullet l’intelligence de garder du recul envers les excès de ses contemporains. Peu importe l’époque. Peu importe le point de vue.
Dans « La comédie du travail » (1988) Moullet enfonce ce clou en décrivant les parcours parallèles de deux personnages que tout oppose mais que le récit fini par réunir. L’un, joué par Roland Blanche, caricature de l’employé de banque modèle qui ne vit que pour le travail et un flemmard professionnel qu’une assistante sociale cherche à remettre dans le droit chemin.
Entre la monotonie de l’un et la tricherie de l’autre, Moullet ne choisit pas, se contentant de pointer les dérives du caractère obtus du travailleur et de l’égoisme du flemmard.

« Les sièges de l’Alcazar » (1989) Le caissier c’est Dominique Zardi, eh oui, encore lui!
Je conclurais par « Les sièges de l’Alcazar » évocation de la cinéphilie à la fin des années 50 au travers de la relation compliquée entre deux critiques cinématographiques, l’un représentant « Les cahiers du cinéma » l’autre « Positif ». Relation complexe car les deux revues appartenaient à des chapelles qui se détestaient ( La querelle était déjà évoquée dans « Liberty Belle » de Pascal Kané, mais dans un registre autrement plus sérieux) Drôle, ironique mais pas sans tendresse, le film est bien de son auteur avec son ton si particulier et son goût des détails dérisoires. Preuve en est la qualité des fauteuils qui obsède le héros, d’ou le titre du film!

A bientôt, j’espère que cet article vous aura plu mais avant de partir, pour ceux que le sujet intéresse, quelques livres sur et par le cinéaste: son autobiographie « Mémoires d’une savonnette indocile », un recueils de ses critiques « Piges choisies » et une étude sur Cecil B. Demille « Cecil B. Demill: l’empereur du mauve »
Voila, maintenant que j’ai fini de faire mon Bernard Pivot, vous pouvez aller vous coucher sans oublier de vous brosser les dents avant!
-
DCCIV- Les rebelles de la chanson française
« Destinée, on a tous quelque part une destinée… »


Aujourd’hui est un jour un peu particulier et surtout très triste pour cette rubrique, puisqu’il s’agit de rendre hommage à Guy Marchand. Figure de la chanson autant que du cinéma, personnage plein d’humour et d’un franc-parler qui faisait parfois mal, musicien accompli, excellent cavalier, l’homme avait tout les talents et souffrait d’être sous employé. Jouant souvent les seconds rôles avec brio, choisissant ses films avec finesse et anticonformisme, il était une incarnation de ce mélange d’élégance et de gouaille si typique de notre pays. Avec Guy Marchand, c’est un peu de ce que le divertissement français pouvait offrir de mieux qui s’en va.
Allez, trêve de bavardage, voici quelques pochettes de disques qui m’ont semblé reflété la carrière de chanteur de Guy Marchand!



lbum hommage à l’un des plus fameux chansonniers de la Belle-époque, Fragson qui ramena des USA le Ragtime. Maurice Chevalier lui emboîta le pas.





La pochette de ce premier véritable album (Dieu que je déteste ce mot! Je vous dirais un jour pourquoi.) annonçait « Nestor Burma »

« Destinée » destinée au film « Les sous-doués en vacances » puis reprise dans « Le Père Noel est une ordure » était une blague…qui devint un des plus gros succès de l’année 1982!

-
DCCIII- « L’affaire N’Gustro » et « Nada », le diptyque politique de Jean Patrick Manchette, entre Afrique (très) noire et terrorisme rouge.
Jean Patrick Manchette initia ce que la critique nomma assez vite le Néo-polar, un renouveau du genre policier survenu après Mai 68, politisé, souvent gauchisant( Exception notable: A.D.G) et ancré dans le réel, l’actualité ou le passé récent. Avec A.D.G, Manchette fut l’un des plus talentueux à défaut d’être le premier (Mais qui est le premier en quoi que ce soit?) de ce genre littéraire. Style vivant, concis et précis, qui n’exclut ni l’humour ni un le sens du tragique.
Il y a dans le sous-titre de cet article le terme « diptyque politique » qui, je l’admet, est un peu abusif. Car, tous les livres de l’auteur sont politiques…plus ou moins. Dans le cas des deux ouvrages ici chroniqués, ce caractère est particulièrement affirmé. Comme vous allez le voir!
« L’affaire N’Gustro » (1971)
« L’affaire N’Gustro » relate l’enlèvement d’un chef d’état africain mené par un conglomérat réunissant barbouzes, truands et militants d’extrême-droite. Au milieu de ces gais lurons se trouve un certain Butron, vaguement artiste, vaguement marginal et surtout très dénué de scrupules et qui est accessoirement le narrateur de l’histoire. Sarcastique, égocentrique, peu sympathique et pourtant parfois très drôle, Butron sert de guide au lecteur dans ce dédale ou la politique et le crime marchent ensemble, un couple vieux comme Fouché et Talleyrand ( « Le vice appuyé sur le bras du crime » dixit Chateaubriand)
Il faut saluer la construction très habile du récit, ainsi que sa densité d’autant plus remarquable pour un livre somme toute assez court. Outre ses qualités artistiques, il est une évocation des magouilles quelques fois sanglantes qui eurent lieu lors des années De Gaulle et surtout du « Monsieur Afrique » du Grand Charles, Jacques Foccart. Eh oui, c’était les rayonnantes années de la « FrançAfrique » ou la décolonisation n’empêchaient pas les affaires, au sens large du terme, entre nous et nos anciens colonisés. Toutefois dans le cas précis du roman de Manchette, c’est bel et bien l’Afrique du Nord et l’affaire Ben Barka qui est évoquée. Et ce en dépit du camouflage au demeurant adroit du romancier qui déplace l’origine des anciens colonisés de l’Afrique du Nord vers l’Afrique Subsah
En guise de post scriptum, et pour ceux qui comme moi aiment les détails, il faut noter l’évolution vestimentaire du héros qui finit en veste d’intérieur à brandebourgs et ceinture mexicaine. Un équipage digne d’Austin Powers!

« Nada » (1972)
Dans « Nada », Manchette s’attaque à un tout autre thème, celui du terrorisme d’extrême-gauche, tout à fait d’actualité en ce début d’années 70, époque de la parution du livre. La période fut il est vrai riche en excités, monstres froids, et pitres de tout poils qui posaient des bombes, détournaient des avion, kidnappaient des personnalités, assassinaient ou se livraient à des manifestations pour le moins exotiques. Septembre noir, bande à Baader, Brigades rouges (Dont certain membres furent si complaisamment protégés par le gouvernement Mitterrand, n’est-ce pas monsieur Battisti?) IRA, sans oublier les Weathermen et les guignols de l’Armée Symbionese de libération chez nos amis américains tout juste capables d’enlever la fille paumée d’un milliardaire. En bref, il y avait l’embarras du choix. Les grincheux en profiteront pour me rappeler que ce n’était pas mieux avant. Certes. Mais ce n’est guère mieux maintenant, notre époque ou il n’est plus possible d’aller à un bal musette sans se munir d’une arme blanche.
Mais je digresse. Revenons au livre, inscrit dans le contexte de son époque, narre avec la précision d’un rapport et un humour à froid, l’épopée du groupe anarchiste « Nada », lequel est bien décidé à enlever l’ambassadeur des USA à Paris. L’ennui est que ce collectif de joyeux drilles idéalistes ne brille pas par l’efficacité et se fait vite rattraper par les autorités. Il s’ensuivra une catastrophe. Vous attendiez autre chose? Ce récit permet à l’auteur d’évoquer le jeu ambigu entre le terrorisme et ce qu’il prétend combattre: le système. Mai qu’est-ce que le système? Le pouvoir sous ses diverses incarnations. Sa forme ultime au travers de l’ambassadeur des USA, symbole de la puissance mondiale néfaste, la Police et la Presse.
Habile comme à l’accoutumée, Manchette pose de nombreuses questions sans en donner la clé. Un livre d’une grande intelligence.

Un mot avant de finir du film « Nada » (1973) de Claude Chabrol adaptation du roman homonyme de Manchette (Lequel eut souvent les honneurs du cinéma). Que dire? Le film est réussi, très bien filmé et prouve l’aptitude du cinéaste à réussir dans un registre ou on ne l’attendait pas. Il est de surcroît très bien servi par une distribution de luxe: Michel Aumont, Michel Duchaussoy, Lou Castel, Maurice Garrel, Fabio Testi et quelques autres. Voila, tout cela est bel et bon, mais quelque chose cloche. « Nada » version filmée n’est…qu’une version filmée! Une mise en image adroite, parfois inspirée, mais rien de plus.
A voir? Peut être, après tout!

-
DCCII- Jacques Tardi, dessinateur du Noir français, et parfois du Rock!

Tardi, c’est Adèle Blanc-Sec, les adaptations en roman graphique de Céline, les récits sur l’anarchisme, les poilus de 14, et l’Allemagne d’Après-guerre. Mais c’est aussi le roman policier français classique avec Léo Malet ou moderne avec Didier Daeninckx ou Jean Patrick Manchette. Concernant ce dernier, Tardi ne s’est pas contenté de transposer ses romans en dessins, il a également crée un personnage original; Griffu. Tardi a par ailleurs mis ses talents d’illustrateur au service de divers formats, couvertures de livres, affiches ou pochette de disque. Mais restant toujours dans un univers proche du mien, du notre, de tout ce que nous aimons chers lecteurs! En voila quelques exemples, pour le plaisir de l’oeil.
















