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DCXXXVI- L’Amérique des marges, huitième partie.
Do the hammer lock! L’Amérique du catch!
En guise de conclusion, un tour (bref!) dans le monde merveilleux du catch américain, avec quelques unes de ses étoiles, plus ou moins luminescentes. Alors sans plus de discours, allons-y, sous le patronage d’une légende de ce sport Fred Blassie! (Voir photo ci-dessous, non, ce n’est pas Hannibal Lecter!)


Fred Blassie eut droit aux honneurs du cinéma dans « My breakast with Blassie » (Quel privilège de jouer dans un film dont le titre contient votre nom!) en 1983 ou il partageait l’affiche avec le comique Andy Kaufman ( Dont la vie fut plus tard relatée par Milos Forman en 1999 dans « Man on the Moon » avec Jim Carrey dans le rôle-titre) Il s’agissait d’une parodie de « My dinner with André » (1982) de Louis Malle, réalisateur doué mais qui se fourvoya ici avec cette purge ou deux intellectuels au physique de Gontran échangent leurs vues sur la vie, l’amour, les vaches. Assommant, ça méritait bien une punition!

Joe Tolos, « The golden greek »

Roule moi dans le foin! Pas vrai Haystacks?!

« Little beaver » Catcheur lilliputien québecois. ( Lilliputien ou québecois? Faudrait savoir!)


« The crusher » qui fit l’objet d’une chanson à sa gloire. Cinéma, musique, les catcheurs, chevaliers des temps modernes!





Non au nu intégral, oui au nu intégriste!

Harley Race! Très Second Empire.

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DCXXXVI- L’Amérique des marges, septième partie.
Le Count Dante, légende urbaine du temps de la vogue des arts martiaux.
Le milieu des années 70 vit déferler sur le monde une toquade d’importance pour les arts martiaux. L’Amérique ne fut évidemment pas épargnée par le phénomène, lequel prit une ampleur à la démesure de ce pays. Outre la multiplication des dojos (Déjà en germe depuis un moment, il faut le dire.) La culture populaire s’empressa de sauter dessus, bandes dessinées, télévision, cinéma et même musique y allèrent de leurs katas et héros champions du coup de pied sauté. Entre les émules de Bruce Lee, Shang Chi ( Le gentil fils de Fu Manchu) et ses mains mortelles, Caine le métis plein de sagesse de « Kung fu » (Joué par David Carradine et qui aurait du l’être par Bruce Lee dont c’était d’ailleurs la création) sans oublier le tube proto-Disco « King fu fighting » qui incitait à la prudence en boite de nuit en cas de rencontre avec un abruti confondant Paso Doble et tatane dans les burnes. Elvis lui-même montra ses compétences en la matière, mais il est vrai que le King pratiquait depuis longtemps. Ironiquement, l’initiateur principal de cette folie ne put en en profiter, à savoir le petit dragon en personne. Il était mort.
Au milieu de cette jungle ou se côtoyaient mythomanes, margoulins, victimes de la mode, prodiges, fiction et réalité, il se distingua une figure marquante et controversée revenue en vogue au début des années 2000: John Keehan, plus connu sous le nom de guerre de Count Dante.
John Keehan, artiste martial et coiffeur.

Keehan, natif de l’Illinois se dota d’un bagage martial respectable puis ouvrit un dojo à Chicago ou il rencontra un certain succès en acceptant l’adhésion d’élèves noirs, ce qui était courageux en ces temps de racisme (La fin des années 50, en l’espèce.) Mais ce ne fut pas pour cette raison que ce monsieur fit parler de lui. D’ailleurs, vous vous êtes peut-être douté de quelque chose à la lecture de son pseudonyme, non? Vous, les familiers de ce blog, vous savez que je parle rarement de gens ordinaires! Mais je digresse. Alors, Keehan au début des années 60 se mit, pour parler familièrement, à péter les plombs. Il exerça pour les Bunnies de Playboy la profession de coiffeur et qu’il s’arrogea indûment le titre de comte (En référence à celui de Monte Cristo, c’est rigoureusement authentique!) et tenta de se faire passer pour le descendant d’un aristocrate espagnol (Le grand d’Espagne? Qu’en aurait pensé Bernanos?) Il inventa le Dim Mak, l’art martial le plus mortel du monde, attaqua plusieurs dojos concurrents puis le domicile de Muhammad Ali (Qui avait refusé le combat que Keehan lui avait proposé) se vanta de pouvoir assommer un boeuf avec le poing et fricota avec la Mafia de Chicago, le » Chicago outfit « . Bien entendu, avec un tel C.V, le bonhomme suscita quelques rancunes, au point que certains virent dans sa mort prématurée la conséquence d’un assassinat par empoisonnement.
C’est d’ailleurs, la seule vraie controverse concernant ce personnage pittoresque mais antipathique. Dans un western assez célèbre (Dont j’ai oublié le titre, pardonnez moi!) un des personnages déclarait: « Quand la légende est plus belle que la réalité, c’est la légende qu’il faut imprimer. » En l’occurrence, quelle est la plus belle, la légende ou la réalité? A méditer.






Publicité pour le dojo du comte qui paraissait dans des bandes dessinées.

Publicités pour tenues martiales.


T-shirts, affiches, bande dessinée et même groupe de Rock, les ex-votos se multiplièrent bien après la mort de Keehan!


Finissons sur de vraies ceintures noires. Le King terrassant Superfoot Bill Wallace!

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DCXXXVI- L’Amérique des marges, sixième partie.
Culbuteurs! Sexe et motocyclette, hypermâles et hyperfemelles derrière les guidons!
La moto est un symbole fort. Puissance, liberté, esthétisme, frime parfois. Elle est un substitut autant que la continuation du cheval, monture d’acier qui effraie et fascine à la fois. Par conséquent, pour tout ce qu’elle représente la moto exprime bien des choses quant à l’individu qui la chevauche et notamment, parfois, le sexe et la violence. Dans le cadre de ce dossier qui traite des aspects marginaux de la vie et de la culture américaine, il va de soi que ces éléments, l’un reproducteur, l’autre destructeur, ont leur place. Et plutôt deux fois qu’une. Les bandes motorisées à l’origine d’un mode de vie désormais partie intégrante de l’imaginaire américain ( Et même mondial!) ont largement contribué à nourrir une imagerie ou se disputent la chair et le sang. Relayée par la culture populaire.
Florilège!
Je placerais cet article sous le patronage de Gilda Texter, rendue à jamais célèbre pour son rôle de motarde dénudée dans « Point limite zéro » (1971) qui lui ouvrit les portes d’une carrière dans le cinéma d’exploitation, notamment dans le Bikesploitation « Angels hard as they come »dont l’affiche figure ci-dessous! Notons que l’accorte dame termina en costumière, notamment sur « A la poursuite du diamant vert », un comble pour quelqu’un qui s’était fait connaître pour être apparue dans le plus simple appareil!

« Easy riders » bible des motards hors la loi…ou pas!




Et revoilou Gilda Texter!

Hell’s angels au repos, Californie 1965.

De dos à gauche, un membre des Gypsy Jokers, bande rivale des Hell’s angels, qui fusionna avec ces derniers suite à a défaite, relatée par Hunter Thompson dans son livre justement nommé ‘Hell’s angels »

Quelques images du très singulier « The born losers/ Le credo de la violence » (1967) ou un ancien béret vert venait à bout d’un gang de motards grâce à sa science du Hap Ki Do. C’était la première apparition du personnage de Billy Jack à l’écran, métis indien justicier, héritier des héros de l’âge d’or du Western et façonné pour plaire au public hippie. Bel art du compromis.




Tom Laughlin, héros justicier du « Credo de la violence »

Jane Russel, gloire du Hollywood classique était aussi de la partie. Cachetonnait-elle?

Bande so du film par Davie Allan, spécialiste de la musique de film de bikers, curieusement non crédité au générique!

Les redoutables amazones sur deux roues de « She-devils on wheels » (1968) réalisé par H.G Lewis, par ailleurs pape du Gore! Sans ce détail, la chose aurait probablement oubliée sans le nom de son metteur en scène et….la chanson de son générique: « Get off the road », plus tard reprise par les Cramps.


« Vixen » (1968) de l’iconique Russ meyer, n’est pas tout à fait un film de motards, toutefois, un de ses personnages est à l’évidence un motocycliste 1% (Ou hors la loi, si vous préférez!) Et regardez (Voir photo après l’affiche!) son regard lubrique sur l’appétissante Erica Gavin!

« Miam miam Erica! »

« The losers/ Nams Angels » (1970) (Les machines du Diables, en France) de Jack Starret constitue l’aboutissement ultime de la violence: la guerre. Le film narre la mission conduite par des motards hors la loi militarisés ( Et par ailleurs anciens mlitaires eux-mêmes) au Vietnam. Il convient de rappeler à ce propos qu’à l’époque (1970, donc.) le conflit américano-vietnamien faisait encore rage. Pour l’anecdote, dans la réalité, Sonny Barger, figure de proue de Hells angels avait proposé les services de son club au gouvernement américain. Soit, Barger avait été soldat, mais quand même…
William Smith, grand acteur de films d’exploitation (Mais pas que, il apparut aussi chez Coppola!)

Autre figure majeure de l’exploitation, Adam Roarke, à gauche de l’image. A droite certains parmi vous auront reconnu Bernie Hamilton, futur capitaine Dobey de « Starsky et Hutch » Une pensée au passage pour David Soul qui vient de nous quitter.

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DCXXXVI- L’Amérique des marges, cinquième partie
Allez, un peu plus de légèreté avec quelques modèles déshabillés! Uschi, Kitten, filles de Russ Meyer ou d’Elmer Batters, ou encore parfaites inconnues, régalez vous et bon ouiquènede!












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DCXXXVI- L’Amérique des marges, quatrième partie.
Le vote à main levé en Amérique, ou les adeptes d’Hitler aux USA.
‘On commence par un concours hippique et on finit par vouloir conquérir le monde! » (Jean Mabire « Les paras perdus »)
Le Nazisme et l’Amérique, une histoire qui prend racine chez certains immigrants allemands séduits par les bruits de bottes venus de leur mère-patrie. Parmi eux, il y eut Fritz Kuhn qui fonda le pendant américain du NSDAP, le Bund (Ironiquement homonyme du Bund des travailleurs juifs d’Ukraine datant de la révolution bolchevique!) Il connut un certain succès auprès des américains de souche germanique, provoqua de nombreux incidents, affronta l’opposition d’une partie non négligeable des américains, et ce dans strates aussi différentes que la Mafia et le FBI. Eh oui, ce bon vieux Edgar Hoover ne prisait guère ces émules de la SA, si peu qu’il en interdit l’existence au début de la guerre. Comme quoi, nul ne saurait être entièrement mauvais Cela au demeurant n’empêcha pas Hoover de lister au moment de la Chasse aux sorcières les « Antinazis précoces », autrement dit tous ceux qui avaient réagi contre la menace venu d’Allemagne, parmi lesquels l’acteur Vincent Price. Ce vieil Edgar aurait pu s’inclure dans le nombre. Quoiqu’il en soit, après avoir été assigné à résidence pendant toute la durée du conflit, Kuhn s’en alla mourir en Germanie (Comme chantait Michel Sardou) ou il était né. Mais pas sans laisser d’héritage…
Fritz Kuhn

Rassemblement du Bund. 1938?

Hollywood perdant rarement du temps pour s’emparer de l’actualité (Il faut battre le fer tant qu’il est chaud, c’est bien connu!), un film consacré aux nazis américains fut tourné dès 1938 par Anatle Litvak: « Confessions of a nazi spy/ Confessions d’un espion nazi. »

A la fin des années 50, un certain George Lincoln Rockwell, publicitaire et ancien pilote de l’Aéronavale, créa le Parti Nazi Américain, en contradiction totale avec son passé. Aviateur sans reproche qui combattit l’Allemagne nazie durant la seconde guerre mondiale, avant de faire à nouveau son devoir en Corée, ce fut une fois rendu à la vie civile qu’on ne sait quelle mouche piqua Rockwell pour que ce dernier s’entiche du Fuhrer. Peut-être avait-il entendu une voix qui lui aurait dit, tel à un Mahomet d’Outre-Atlantique: « Admire Adolf, t’auras l’air d’un coureur! » Mais quelle que fut la raison de ce revirement, Rockwell s’y tint, créanr le Parti Nazi Américain, lançant le slogan « White Power » et malgré son peu d’audience, Rockwell suscita un intérêt qui dépassa et dépasse encore la question de l’aspect folklorique du personnage et de son mouvement.

Le « Hate bus » ou « Bus de la haine » avec lequel Rockwell et ses séides sillonnaient les USA pour porter leur « Bonne parole ».



En effet, si le mouvement de Rockwell ne représenta rien politiquement, il toucha une corde sensible chez une partie de la population blanche. Il ne faut pas oublier que les années 6O étaient celles de la lutte pour les droits civiques, incarnée par l’aile modérée de Martin Luther King et celle plus radicale de Malcolm X. Celles des émeutes de Los Angeles et d’un grand questionnement sur le « Problème noir » qui secouait le pays tout entier. Au sein de ce pays, des gens qui n’étaient en rien des nazis ou même des racistes craignaient quant aux conséquences de cette agitation qui débouchait souvent sur une grande violence. Rockwell était le symptôme de cette peur. Bien qu’il connut un sort identique à celui de ses ennemis King et Malcolm X, il mourut comme eux assassiné (Par un de ses adeptes, un nommé John Patler, pour de sombres histoires de couleurs d’yeux) cette angoisse raciale majeure aux USA qu’il avait découvert ne pouvait plus être niée. D’autres continuèrent à creuser ce sillon, à commencer par son successeur Matthias Koehl mais aussi par des gens beaucoup plus sérieux et discrets: les Alt-rights. Ce mouvement plus social que véritablement politique, prône la séparation des races de la manière la plus stricte. Dirigé par Richard Spencer, il concerne pour l’essentiel des professionnels libéraux à hauts salaires et haut niveau d’études (CSP+ autrement dit) il montre par son existence même la pérennité de ce malaise à l’instar de son pendant noir « Black lives matter »
Rockwell face à Martin Luther King. Il rencontra un autre leader noir, bien plus radical, Elijah Muhammad, auquel il proposait le retour des noirs en Afrique.

Elijah Muhammad, leader des musulmans noirs.




Le « retour » du Nazisme, bien que minoritaire, inspira la culture pop, en particulier à la télévision dans « La quatrième dimension » lors de deux épisodes « The man in the bottle » (1960) (Voir ci-dessous)

Ainsi que « He’s alive » (1962) ou apparaît un jeune Dennis Hopper.


Le cinéma s’y intéressa également avec « Pressure point » (1962) ou Sidney Poitier, psychiatre carcéral, traite le cas d’un jeune nazi à l’époque du « Bund », lequel est joué par Bobby Darin, chanteur alors en vogue, étrange croisement entre Sinatra et Elvis.


Même Jack Webb dut se frotter à de jeunes disciples du petits moustachu lors d’un épisode de « Dragnet » « The LSD story »! (1967)


Pour finir, Brando joua un clone de Rockwell dans le feuilleton « Racines: la nouvelle génération » (1979) saga narrant les heurs et malheurs d’une famille afro-américaine. Notez la pipe, très ressemblante!

Matthias Koehl, successeur de Rockwell.





