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DCXLIII- Le bon des Festivals du film fantastique de Paris et d’Avoriaz!
C’était un temps ou le cinéma signifiait encore un peu quelque chose, et notamment le cinéma fantastique. Les horreurs alors se déroulaient sur l’écran et non sur la scène ou se tient la cérémonie des Césars. Pa de grande perche sale et vieillissante montrant sa chair flasque déguisée en peau d’âne de cauchemar pour nous donner des leçons. Non, alors, on frissonnait dans la salle et devant des films de qualités, du moins répondant à un minimum d’exigence. Certes, le festival de Paris initié par l’excellent Alain Schlokoff (Par ailleurs créateur du magazine « L’écran fantastique ») existe encore mais ce n’est plus la même chose. Ah le festival international de Paris du film fantastique et de science fiction, avec son public qui imitait en choeur les génériques des « Animaux du monde » ou de « Mission impossible », qui réclamait du « Du sang, du sang! » au grand dam de Jean Pierre Bouyxou qui le traitait de « Taré » dans les pages du magazine « Fascination » qu’il rédigeait entièrement lui-même sous divers pseudonymes.
Si Paris était le rendez vous des passionnés lambda mai énergique, Avoriaz était celui du gratin, de la jet-set mais demeurait sympathique et parfois audacieux dans ses choix. J’ai à ce propos une pensée ému pour cet événement disparu qui fut la victime de l’horrible Daniel Toscan du Plantier. Non content d’être un incapable qui ne devait sa survie qu’aux pipes qu’il taillait généreusement aux puissants de la profession, il éliminait le festival au prétexte qu’il « était américain depuis sa création » Mais abruti, si tu m’entends depuis l’Enfer ou j’espère que tu souffres, nous n’avons jamais voulu en France faire un cinéma populaire, spectaculaire et décomplexé! Nous le payons grâce à toi, tant et si bien que notre cinéma vit de subventions qui ne servent qu’à financer des films qui insultent les français et que personne ne se donne la peine de voir!
Tosacn du Plantier est mort, mais son oeuvre délétère lui survit. D’aucuns parmi vous me tanceront parce que j’insulte un mort. A ceux là je réponds, que je ne fais que dire la vérité et qu’aux morts on ne doit que la vérité. Aussi, ni pardon, ni oubli!
Sur ce voici, un assortiment de quelques affiches des festivals susmentionnés, régalez vous!





Alain Schlokoff, créateur du festival de Paris.

La salle du Grand Rex, avec son public non moins mythique que le festival qu’il contribua à faire vivre!




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DCXLI- Un jour en août…souvenir Rock’n’Roll pour se réchauffer!

A chacun son Woodstock! Le célèbre festival tenu sur la côte est des USA, sommet de la culture hippie (Qui abrita au sein de son public une bonne partie des futurs sommités de la justice américaine, Cour Suprême comprise!) événement ultime du genre, image d’un paradis terrestre gâchée par le désastre d’Altamont qui eut lieu quelques mois plus tard lors de cette même année 1969.
Moment de grâce pour les uns, souvenir déformé par la nostalgie pour les autres, Woodstock n’en demeura pas moins un modèle d’événement festif et ce au-delà du contexte du Flower Power. Au point qu’il en devint une référence mise à toutes les sauces musicales. Ainsi parla-t-on de Woodsock noir « Wattstax » en 1972 (Concert en hommage aux émeutes du quartier noir de Watts qui réunit le meilleur de l’écurie du label de Soul Stax, dont Isaac Hayes et Rufus Thomas avec les participations du pasteur Jesse Jackson et du comique Richard Pryor) de Woodstock de la Salsa avec le concert du Fania All Star au Yankee Stadium en 1976. Etc.
Le Rock’n’Roll, le seul, le vrai, celui des origines, des Fifties eut lui aussi droit au sien en 1972 à Wembley, au Royaume Uni. Réunissant quelques piliers de notre musique préférée: Jerry Lee Lewis, Chuck Berry, Little Richard, Bill Haley. S’y ajoutaient quelques anglais Screaming Lord Sutch, Billy Fury et Heinz de la même génération, ainsi que quelques noms contemporains tels les revivalistes anglais Houseshakers et….le MC5! Eh oui, le collectif gauchiste de Detroit y était! Mais son goût pour le Rock’n’Roll n’étant point douteux, cela n’est pas si étonnant. Et comme disait notre seigneur: « Il leur sera pardonné car ils auront beaucoup aimé! »
Le concert qui se tint en Août remporta un grand succès, que les organisateurs avaient du pressentir en invitant une équipe filmer l’événement. C’est là que j’en viens à l’essentiel. D’abord à ce qui était une tendance lourde au début des années 70 dans le monde du Rock qui n’en pouvait plus de remâcher les Sixties avec la disparition des Beatles et des gloires de l’Acid Rock. Et qui surtout, souffrait de la complexité stérile qui le gangrenait et ce depuis la fin de la décennie précédente. Un signe à Woodstock même annonçait ce malaise: la présence du groupe de Doo wop/ Rock’n’Roll, Sha na na. Même si le groupe était loin d’être génial, il constituait un oasis de légèreté au milieu des délires acides lourdingues qui constituaient l’essentiel du programme. Et montrait que le besoin pour une telle musique existait chez le public. Y compris hippie, lequel après tout dansait sur ces airs et ces rythmes quelques années plus tôt. Par ailleurs, sur les photo que vous allez voir, le plus important n’est pas tant les artistes que le public. Outre l’important contingent de Teddy boys, Rockers et assimilés, on y trouve aussi des hippies et autres créatures, tout cela dans la plus grande harmonie. Le Rock’n’Roll agent du Peace and love? (Oui mais pas les deux en même temps me souffle quelqu’un!) Et après tout, pourquoi pas? Pas de morts comme à Altamont et surtout une belle leçon de vie. Car ce sont les fans, ceux qui achètent et écoutent les disques, vont aux concerts, expriment leur joie, bref ceux qui vivent la musique et font vivre les musiciens qui comptent. Autant que les artistes.
Régalez vous!

L’équipe de Football de rêve, Screaming Lord Sutch et Little Richard!

« Oz » l’organe de la culture hippie britannique consacra un article à l’événement, preuve de l’importance de ce dernier!





Bill Haley.


Chuck Berry.

Mick Jagger et Jerry Lee en coulisses.



Bo Diddley.

Screaming Lord Sutch.


Malcolm McLaren, futur manager des Sex Pistols, hérauts du Punk. L’homme vendait alors des vêtements pour Teddy boys. Sa présence en ce lieu est intéressante à la lumière des événements ultérieurs- explosion du Punk et retour à une musique plus brute- et montre que le concert de Wembley avait une portée qui dépassait la simple nostalgie.




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DCXXXIX- Le petit bleu de la côte ouest, ou le vague à l’âme des cadres.
« Le petit bleu de la côte ouest » (1976) de Jean Patrick Manchette.
Ce roman de Manchette fait suite à « Que d’os » (Voir article précédent) et se situe dans une veine sensiblement différente de ce dernier. Là ou « Que d’os » relevait du pur divertissement, « Le petit bleu de la côte ouest » est plus profond tout en suivant un récit plus simple et linéaire que celui adoptés lors des aventures d’Eugène Tarpon. Mais quelle est l’histoire? Celle d’un cadre supérieur qui, un soir, alors qu’il roule un peu éméché recueille un agonisant. L’ennui est que ce dernier n’est ni malade, ni accidenté mais victime d’un attentat. Bien sûr, l’homme en question a une certaine importance et lorsqu’il expire, le cadre devient à son tour une cible. En conséquence, le cadre est obligé de prendre la fuite et, par là même, s’arracher à sa vie confortable.
Ici, il s’agit moins pour l’auteur de suivre un homme traqué que de brosser un portrait d’une société quelque peu à la dérive. En cela, il rejoint l’air de son temps (Le milieu des années 70 en l’occurrence.) en abordant le thème du malaise des cadres. Littérature, cinéma et même chanson vont en effet durant cette période parler de cette catégorie sociale. On peut citer pèle mêle les dirigeants de multinationale atteints du syndrome du corbeau de « L’imprécateur »(1974) de René-Victor Philès (Et que Jean Louis Bertucelli portera à l’écran en 1977), le fondé de pouvoir manipulé de « L’argent des autres » (1978) de Christian de Challonge ou encore le malheureux licencié de « Il ne rentre pas ce soir » chanté par Eddy Mitchell, sans oublier les cadres toujours prêts à se tirer dans les pattes des bandes dessinées de Gérard Lauzier dans ses recueils acerbes « Tranches de vie. » Mais ce qui guette le héros du « Petit bleu..’ ce n’est ni la perte de son emploi, ni les querelles internes, ni de sombres machinations. Non. C’est l’ennui. La première scène du livre donne déjà le ton en le montrant pris de boisson au volant sur fond de Jazz West Coast: le portrait d’un homme qui s’ennuie et cherche une échappatoire. Et c’est l’intrusion du danger qui lui offre une rupture avec cette monotonie. Les analyses des critiques supposées du libéralisme tombent parfois à côté de la plaque, mais ce n’est pas le cas ici car ce qui torture le personnages principal c’est d’abord une existence que d’aucuns trouveraient enviable mais qui ne lui propose rien d’autre que le confort matériel.
Par ailleurs, le livre regorge de personnages pittoresques, en particulier les deux tueurs aux trousses du héros, lesquels font une fixette sur l’homme araignée, dont ils ont une interprétation pour le moins personnelle!

« Le petit bleu de la côte ouest » fut adapté en 1980 par Jacques Deray avec Alain Delon dans le rôle principal sous le titre « Trois hommes à abattre ». Hélas, il lui manque la fantaisie du livre. Reste la belle Dallila di Lazzaro et une certaine efficacité. Heureusement, la seconde rencontre Delon/Manchette se révélera plus fructueuse l’année suivante quand l’acteur adaptera lui-même « Que d’os »! (Voir article précédent)

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DCXXXXVIII- « Morgue Pleine » et « Que d’os », le diptyque du privé Eugène Tarpon de Jean Patrick Manchette.
Nombre d’auteurs de Série Noire sont associés à un héros récurrent. Depuis Sir Conan Doyle avec Sherlock Holmes jusqu’à Frédéric Dard et San Antonio ( Au point qu’une confusion s’installa entre l’homme et l’oeuvre) en passant par Léo Malet et Nestor Burma, Mickey Spillane et Mike Hammer, Raymond Chandler et Philip Marlowe, André Héléna et L’Aristo ou encore, pour citer le plus folklorique, Pierre Siniac et Luj’ Inferman. Jean Patrick Manchette quant à lui se contenta de faire apparaître Eugène Tarpon à deu x reprises, d’abord dans « Morgue pleine » (1973) puis dans « Que d’os » (1976)
Mais qui est Eugène Tarpon? Un homme d’âge moyen, plutôt banal et qui exerce la profession de détective privé. Il est poursuivi par un mauvais souvenir – il a tué un manifestant et, quant démarre sa première aventure littéraire, son activité n’est guère florissante. Tout change cependant ( Et forcément, sinon pas d’histoire!) quant une série de rencontres qui emmèneront notre héros dans une intrigue à la vérité incompréhensible. Mais quelle importance? Ici c’est moins le récit que la galerie de portraits qui compte. En cela, Manchette réussit son hommage au genre du détective privé américain et par là même au « Grand sommeil » ( Le livre autant que le film) dont l’énigme absconse fut finalement regardée comme une qualité avec le temps. Alors, savourons cette plongée dans un Paris interlope et excentrique des années post-68, avec au menu un musicien de Jazz, un milliardaire gâteux et une jolie cascadeuse. Entre autres. Tout au plus faut-il déplorer le manque de rythme qui nuit à cette ballade au demeurant sympathique.
« Morgue pleine » fut adapté en 1983 par Jacques Bral avec Jean François Balmer dans le rôle de Tarpon qui s’y montrait plutôt convaincant et sauvait pour partie le film victime d’une mie en scène chichiteuse, typique du déclin du polar français dans les années 80, entre avant-garde gauchiste et Belmondo et Delon qui délaissaient la partie.
« Que d’os » en revanche s’avère nettement plus dynamique avec son histoire loufoque sur fond de souvenirs d’Occupation et de guerre d’Espagne. On y fait davantage connaissance avec Tarpon, dont on découvre la passion pour les échecs et donne à regretter que Manchette ne l’ait pas davantage utilisé.
« Que d’os » eut également droit à sa version sur grand écran: « Pour la peau d’un flic » ‘1981 réalisée par Alain Delon avec Alain Delon (Bon j’arrête, les Guignol, ça suffit. Leur caricature du personnage tenait de l’acharnement anti-national) et une débutante du nom d’Anne Parillaud (Qui gagna au passage le droit de faire une pub Woolite et de poser dans Playboy) Delon était déjà familier de l’univers de Manchette puisqu’il avait déjà joué dans l »adaptation du « Petit bleu de la côte ouest » sous le titre » Trois hommes à abattre ». Delon se montre à l’aise dans le rôle, montrant un sens de l’auto-dérision qui en surprendrait plus d’un, ainsi qu’une certaine audace, notamment quant au choix de la musique (le très étonnant « Bensonhurst blues » fort critiqué à l’époque) Delon retrempera dans le monde de Manchette l’année suivante avec « Le choc » de Robin Davis d’après « La position du tireur couché »




A bientôt!
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DCXXXVII- Hommage au King. En espagnol.
Pour commémorer la naissance du King, rencontre entre l’original et le plus singulier de ses imitateurs, El Vez, chanteur mexicain, si je ne m’abuse!






Mais il n’y a qu’un seul King!




