Les yeux sans visage, bandelettes, chair martyrisée et amour paternel.
Pour tous ceux qui aiment le fantastique; « Les yeux sans visage » (1960) de Georges Franju est un mythe. Il l’est doublement pour ceux des fantasticophiles qui défendent le fantastique français, genre si peu représenté dans notre cinématographie. Ces derniers ont raison. Car au milieu de la rachitique production fantastique de notre cinéma ( Pourvu de grandes qualités par ailleurs de grandes qualités, l’allez surtout pas croire que je dénigre!) le film de Franju eut pour lui, outre sa valeur intrinsèque, une influence aussi énorme que durable.
Pour ceux qui ne connaîtraient pas, rappelons la trame du récit: Un chirurgien renommé (Pierre Brasseur) dont la fille (Edith Scob) a été défigurée enlève des jeunes femmes qu’il tue avant de prélever leur épiderme qui permettra à son enfant de retrouver son visage. Il est pour cela aidé par son assistante (Alida Valli) sur laquelle l’opération a réussi. Hélas, le succès n’est pas au rendez-vous pour ce qui concerne le fille du médecin. Il s’ensuit une escalade dans l’horreur.
Je n’en dis pas plus afin de ne pas gâcher le plaisir. Et ainsi que je l’ai indiqué au début de cet article, évoquer les sources du film puis, et c’est le « gros morceau » de ce billet, l’influence qu’il a exercé de par le monde. Mais d’abord, quelques images iconiques de ce chef d’oeuvre!
Alida Valli (Louise) and Pierre Brasseur (Prof. Genessier)
Juliette Mayniel, laquelle nous a quitté l’année dernière, qui joue une victime de Pierre Brasseur.
Repas, parlote et crise existentielle. Le restaurant ou le refuge de l’anti-cinéma.
En supplément à l’article sur Johnny Legend, voici un tour d’horizon du cinéma ou se confondent bavardages et gastronomie. Le rapport avec Legend? Le barbu produisit et co-réalisa en 1983 avec une certaine Linda Lautrec « My breakfast with Blassie » ou le catcheur (Souvenez vous que Legend géra la carrière de quelques catcheurs) Fred ‘Classy » Balssie et l’humoriste pas drôle Andy Kaufman discutent du sens de la vie dans un restaurant de Los Angeles.
Johnny Legend avec Fred Blassie.
L’intérêt? Aucun! Des discussions qui s’étalent sur un peu moins d’une heure (Le film ne dure heureusement que 57 minutes et des brouettes) et qui donnent à regretter l’absence de Tim Roth et Amanda Plummer montant sur les tables flingues en main histoire de mettre fin à ce dialogue non de sourds mais pour sourds. Pourquoi se référer à « Pulp fiction’? Parce que le décor n’est pas sans évoquer la cafétéria de l’opus de Tarantino. Mais il est vrai que les établissements de ce genre se ressemblent tous aux USA. Toutefois, il y a bien un attrait dans cette chose, lequel ne situe pas dans « l’oeuvre » elle-même mais dans le contexte qui a baigné sa création. A la base, la pochade gastro-discursive de Legend et Lautrec était une parodie de « My dinner with André » réalisé par Louis Malle, cinéaste de grand talent mais qui cumula le meilleur et le pire.
« My dinner with Andre » narre, euh, raconte, dépeint, je ne sais comment le dire, enfin montre deux intellectuels (Le nain chauve Wallace Shawn, apparu également dans « Manhattan » du pénible Woody Allen, et Andre Gregory, illustre iconnu pour votre serviteur) discutant de choses et d’autres. Résultat: sommeil garanti. En fait pas pour tout le monde, puisque les Simpsons en personne s’y référèrent plusieurs années plus tard.
L’autre point intéressant est que ce genre purges faisaient semblait-il florès en ce début d’années 80. Mais à la différence des machins susmentionnés, il s’agissait d’adaptations théâtrales. Le spécialiste en fut Robert Altman, metteur en scène idole snob de la décennie précédente. Or, celui-ci connut une disgrâce lors des années Reagan, ce qui l’obligea à enquiller des films peu coûteux et quoi de moins cher que du théâtre filmé? « Reviens Jimmy Dean, reviens » (1982) ou des femmes formant un fan club de James Dean se réunissent dans une cafétéria pour évoquer leur passion et leurs vies (La chanteuse Cher y joue une transsexuelle, c’st un des permiers films grand public sur ce thème, il faut le reconnaître). » Secret Honor » (1984) ou Richard Nixon assure sa défense dans son bureau. Ou encore » Streamers » (1983) ou des troufions d’horizons divers en partance pour le Vietnam discutent…Enfin, vous l’aurez compris, on était là pour causer.
Le Royaume Uni et la France ne furent pas en reste lors de cette période. Les anglais avec « L’habilleur » /The dresser (1983) de Peter Yates qui narre les relations complexes entre un acteur shakespearien sur le déclin et son..habilleur lors du Blitz. Et nous, les français avec « Partenaires » (1984) de Claude D’Anna, ou deux acteurs qui forment un couple à la scène comme à la ville déraillent sérieusement. Il faut le dire, les anglais et nous, nous sortons mieux de l’exercice, vieille culture insulaire et vieille culture latine y étant sans doute pour quelque chose.
Aujourd’hui Johnny Legend. Catch, porno et Rock’n’Roll!
Né en 1948, Martin Margulies plus connu en tant que Johnny Legend, incarne mieux que quiconque le « Deviens ce que tu es » d’un célèbre philosophe. S’il n’était pas une légende à la naissance, l’homme à la barbe fleuve en devint une par ses nombreuses activités. Acteur du renouveau Rockabilly, imprésario de catcheurs, réalisateur d’un unique porno ou encore comédien occasionnel, notre sympathique barbu oeuvra dans des domaines divers et variés, ce qui lui permit d’obtenir un carnet d’adresses pour le moins incongru. Il figure en effet dans ce dernier Ronny Weiser, pape du Rockabilly californien, Fred Blassie, dieu du catch, John Holmes et Serena, étoiles du cinéma X, Andy Kaufman, roi des comiques pas drôles et même la firme Disney. Eh oui, le petit Mickey comme cerise sur le gâteau!
Johnny commença avec le groupe Midnight blue puis trouva rapidement du travail sur le label Rollin’ Rock du susnommé Ronny Weiser, pionnier du Néo-Rockabilly aux USA, permettant de faire redécouvrir aux américains cette musique qu’ils avaient oublié alors qu’ils en étaient les créateurs. Aussi Johnny rejoignit-il cette écurie qui comptait dans ses rangs d’anciens noms plus ou moins obscurs tels Alvis Wayne, les immenses Ray Campi et Mac Curtis. Et des nouveaux venus passionnés de la trempe de Johnny Legend. Assez atypique dans le milieu car ne portant pas la Pompadour (Désolé, je ne dis jamais la « Banane »!) il n’en fut pas moins un vaillant héraut de notre musique préférée. Et après tout, avec sa dégaine, il figure très bien un général sudiste, ainsi que le prouve la photo ci-dessus, il ne déparerait pas auprès de Nathan Forrest ou le grand Robert E. Lee.
Bon, je parle, je parle mais je n’avance pas. Continuons. L’un des gros morceaux de la carrière de notre ami reste le fameux porno Rockabilly « Teenage cruisers » que réalisa Legend en 1977 (Connu également sous le titre de « Young’n’hot’n’ nasty teenage cruisers ») Alors? Pour faire vite, il s’agit d’une sorte de version sexe et fauchée de « American graffiti » ou alternent virées en voitures dans les rues de Los Angeles, scènes comiques ratées jouées par de mauvais acteurs amateurs et bien entendu intermèdes culesques ou John Holmes et Serena donnent de leurs personnes. Autrement dit, ce n’est pas grand chose. Faute d’un vrai talent et d’un budget correct, la chose ne se hisse jamais au niveau des comédies délirantes et plus ou moins sexy qui fleurirent au cours des années 70. Loin, très loin de « Linda Lovelace for president », de » The Kentucky fried movie » ou même du très médiocre « The groove tube »
Mais le Rock’n’Roll dans tout ça? J’y viens. Il sert de bande son à ce machin et si les artistes chargés de ce travail ne déméritent pas, ils ne sauvent évidemment pas l’entreprise. Passons en revue l’essentiel des musiciens présents sur la B.O: le groupe de Néo Rock’n’Roll the Blasters, Billy Zoom, ancien chanteur de la formation punk/new wave « X », et quelques vieux briscards comme Ray Campi ou Jackie Lee Cochran. L’ensemble n’est pas déplaisant mais fort inégal et il en ressort le constat suivant, un peu triste mais évident: c’est dans les vieux pots qu’on fait (Souvent) les meilleures soupes. Campi et Cochran (Les deux « C »!) offrent à la bande la plupart de ses meilleurs moments, en particulier Cochran avec l’excellent « Hungry hill », Rockabilly Blues lent aux excellentes paroles qui justifierait à lui seul l’achant du disque. Pour ce qui est de la jeune garde, une mention tout de même aux Blasters qui fournissent « Marie Marie » qui ferait ensuite l’objet d’une excellente version en France par le regretté Victor Leed.
Bonjour à tous! Mon blog vient d’enregistrer 5000 vues, merci à tous ceux qui y ont contribué! Comme cela doit se fêter, une série qui, je l’espère, vous plaira toute entière consacrée aux dames de la scène! Burlesque à tout les étages!
Aujourd’hui: Edition spéciale truands qui déraillent, troisième partie. « Scarface » de Brian de Palma (Etats-unis, 1983) « Je suis…comment vous dites?…. Paranoiaque… » L’histoire de Tony Montana, immigré passé des prisons cubaines à l’épluchage d’oignons avant de se retrouver sur le trône de la cocaine dont il ne tardera pas à chuter. Que n’a-t-on écrit et dit sur…