Pochettes, pochettes, compilations Rock’n’Roll aux illustrations improbables, moches et d’un mauvais goût tout britannique!














Pochettes, pochettes, compilations Rock’n’Roll aux illustrations improbables, moches et d’un mauvais goût tout britannique!














Compilations!
A l’aube des années 80 apparut une nouvelle vague de revivalistes du Rock fifties. Certains parmi ces derniers e montrèrent respectueux du son d’origine jusqu’à l’obsession, d’autres plus aventureux apposèrent leur marque, tirant leur inspiration dans les sources les plus obscures de notre musique préférée. Je veux bien entendu parler dans ce cas précis des Cramps. Ces deux américains non contents de s’être trouvé et de s’aimer, faisant partie des rares êtres en ce monde à trouver leur moitié d’orange, scellèrent leur union par la collection compulsive de 45 tours d’artistes oubliés voire inconnu. Cela fut leur inspiration, les morceaux de leurs débuts étaient soient des reprises, soient de savants décalquages. Honnêtes, ils ne cachèrent jamais leurs influences puis allèrent jusqu’à les révéler de manière très précise dans le cadre d’une série de compilations intitulées sobrement « Born bad » ou l’on pouvait trouver les titres qui les avaient influencé.
Sans plus tarder, voici un assortiment des pochettes de cette magnifique série!







Les grands excentriques français
Aujourd’hui Albert Spaggiari
Albert! Une figure mythique de mon enfance, et pas que de la mienne. Le casse de Nice, une bonne distraction lors du caniculaire été 1976. Mais avant ce coup d’éclat, l’homme avait un passé chargé. Para en Indo, il y goûta de la prison suite au cambriolage d’un milk bar (C’était pour récupérer l’argent d’un camarade tombé au front que ne voulait pas rendre le patron dudit établissement) Il apprit derrière les barreaux le métier de chaudronnier, se maria en Afrique, fut de nouveau arrêté pour avoir détenu des tracts de l’OAS avant de se ranger pour devenir photographe.
Mais un tel homme ne pouvait pas rester longtemps insensible au démon de l’aventure. La lecture d’un obscur polar américain et le manque de fonds pour l’organisation d’estrême drouate à laquelle il appartenait – ainsi que, je me plais à le croire, la beauté du geste- l’incitèrent à cambrioler via les égouts de la ville de Nice la Société Générale. S’ensuivirent arrestation, évasion en mode « saut de l’ange », cavale à travers le monde en particulier l’Amérique latine, Brésil et Argentine. Il trouva le temps d’écrire ses exploits dans le désormais célèbre « Les égout du Paradis » ainsi que plusieurs autres ouvrages dont « Faut pas rire avec les barbares » ou sa geste en Indo, se fit interviewer par Pivot et rencontra son presque homologue britannique Ronnie Biggs. Le cinéma s’intéressa à lui, entre « Les égouts du Paradis » de José Giovanni avec Francis Huster et la couillonade de Jean Paul Rouve « Sans haine, sans violence sans armes » (Jean Paul « J’ai vu de la lumière et je suis entré » Rouve, encore un génie celui-là!) et l’étrange « Un casse en or », film TV anglais pas vraiment abouti mais intéressant.

La photo qui rendit célèbre Albert, cigare, lunettes noires et pose tourmentée lors de son entrée au palais de justice de Nice, sauf erreur de ma part.

Christopher Malcolm et Ian McShane ( à droite dans le rôle d’Albert) dans le téléfilm britannique « Sewers of gold/Un casse en or » (1979) de Francis Megahy.

Le mariage d’Albert avec Audi, sa première femme.


Le livre qui inspira à Albert son coup fumant.

Audi avec Jacques Peyrat, avocat d’Albert et futur maire de Nice.

Albert en postiches.

Ronnie Biggs, autre fameux casseur, qui participa au casse du train « Glasgow-Londres » avant de se réfugier au Brésil et de faire le kéké avec les Sex Pistols.

Rencontre au sommet Ronnie Biggs, Albert!
Albert divorça, se remaria, continua sa cavale, mourut de maladie en 1989. On est décidément bien peu de chose! Merci en tous cas de nous avoir fait rêvé. Du moins pour ce qui me concerne. On manque de ce genre de personnage en ces temps de politiquement correct!
Les excentriques du Rock’n’Roll.
Aujourd’hui: Robert Gordon.
Robert Ira Gordon natif du New Jersey qui nous a quitté il y a deux ans compta parmi les pionniers du Néo-Rockabilly, mais à la différence de musiciens tels Johnny Legend, l’homme venait de la côte Est et appartenait au berceau du renouveau de la scène Rock américaine, le CBGB’s. Il jouait alors dans le groupe Tuff darts, collectif plus ou moins punk qui serait tombé dans l’oubli s’il n’avait eu dans ses membres le beau Robert. Il ne s’agissait d’ailleurs pas du premier effort musical de Gordon, lequel, plus âgé que la moyenne de ses petits camarades, avait semble-t-il enregistré une ballade Doo-Wop en…1962! Soit à l’âge de quinze ans.
A la fin des années 70, suite à son passage par la case punk, Gordon enfourcha le cheval de bataille du Rockabilly, épaulé par le légendaire guitariste Link Wray, auteur de la déflagration « Rumble », morceau qui gagna ses lettres de noblesse en 1959 en devenant le premier et seul instrumental à connaître une interdiction pour incitation à l’émeute. Il s’ensuivit une série d’albums (Dieu que je déteste ce mot!) composé majoritairement de reprises qui ne ressemblent jamais à des copies carbone. Pour l’anecdote, le relatif succès du premier 33 tours (Na!) de Gordon en 1977 fut la conséquence de la mort du King.
Quoiqu’il en soit, le parcours de Gordon, parti du punk pour parvenir au Rockabilly est symptomatique de cette ère qui rêvait faire table rase du passé avant de susciter plus de revivals qu’à son tour. Les Mods puis le Ska chez les anglais via Paul Weller, the Jam ou les Specials. Le Rockabilly, les Girl groups chez les américains via Robert Gordon, Blondie ou Billy Zoom. Ou les Stray cats. Je ne me réfère pas par hasard au groupe de Brian Setzer qui connut un succès auquel Robert Gordon ne parvint jamais. Parce que son répertoire ne comportait que peu d’originaux. Erreur que ne reproduisit pas Setzer et son gang en composant leurs propres chansons et…en passant par le Royaume uni.

En effet, et aussi étrange qu’il paraisse, le public américain s’était montré très oublieux ou indifférent à l’égard de cette musique pourtant née sur son sol. Au point que les artistes américains désireux de réactiver l’authentique Rock’n’Roll étaient contraints de passer par la terre des angles ou se bousculaient les tribus susceptibles de leur prêter oreille. Ce fut le cas des Stray cats qui firent ce pèlerinage apparemment nécessaire pour réussir chez soi. Robert Gordon qui n’y sacrifia pas paya la note en demeurant une figure culte mais au succès limité.







Sur ce je vous laisse, et vous signale quand même pour mémoire les guitaristes qui ont remplacé Link Wray aux côtés de Gordon: Danny « The humbler » Gatton, lequel se suicida puis Chris Spedding, roi des musiciens de séances. Il ne faut pas oublier non plus la participation du chanteur au film de Katherine Bigelow « The loveless », par ailleurs première apparition notable de Willem Dafoe. Enfin, il convient de noter l’excellente reprise façon fifties du « Fire » de Bruce Springsteen. Le lavage fifties d’un titre contemporain, un procédé que d’autres emploieront, notamment les Pole cats avec leur version du « John I’m only dancing » de Bowie. Autant de preuves que le retour du Rock fifties n’était pas qu’un accès de nostalgie!

Je vous parle d’un temps que les merdeux de moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Celui des costumes croisés et des chemises chamarrées (J’en portais), des filles à coque et du Parti Socialiste qui ne se remettait pas du congrès de Rennes (Bien fait!) Les français savaient enfin pour le cancer de Mitterrand et un grand turc devenu son premier ministre à la grâce de la cohabitation crut alors pouvoir devenir calife à la place du calife. Il ne le devint pas. Oui, ce début d’années 90 était chargé d’espoir, entre Tapie enfin rattrapé par la justice, The Cure qui daignait enfin se taire, des bandes d’idiots et d’hypocrites vivaient leur crépuscule annonçant des lendemains qui chantent. Mais surtout, ce début des nonantes comme diraient nos amis belges vit une révélation, une providence pour les couples en déshérence et les adolescents en mal de rêve érotique: Laetitia.
Sans rapport avec la chanson de cette larve de Jean Jacques Goldman, Laetitia, de son vrai nom Marie Chantal Delacoudre née en 1964 à Honfleur, donna une nouvelle orientation à la pornographie en s’adressant exclusivement aux amateurs, s’invitant caméra au poing (Hum!) chez des couples – à la demande de ceux-ci, nous sommes entre gens de bonne compagnie- pour les filmer dans leurs ébats, auxquels elle participait souvent!

Ainsi Laetitia avec sa série de cassettes relatant sa geste intitulée « Intimité violée par une femme » fut à la fois le précurseur des aventures d’Antoine de Maximy allant dormir chez les pèlerins des quatre coins du monde et la mère Noel de nombreux adolescents attendant leurs caresse manuelle (Ou buccale, à votre aise!) Ces grands enfants savaient bien au fond d’eux-mêmes qu’elle ne les visiterait jamais (Mais au moins existe-t-elle, oui, Laetitia existe, je l’ai rencontrée!) mais au moins leur permettait-elle de patienter.

Ah Laetitia, c’était toute une époque! Celle de « Hot Vidéo » publication dédiée au cinéma pornographique aussi excitante qu’un film avec Vincent Lindon, celle ou les sex-shops (Par ailleurs en voie d’extinction) étaient de vrais sex-shops, des lieux un peu honteux ou on ne croisait pas que des pervers en imperméable ( Cohn-Bendit, sors de ce corps!) mais des esseulés avec dans le fond cette odeur de produit d’entretien qui cachait mal d’autres effluves. Oui, de vrais endroits, loin des lieux actuels qui semblent conçus par un styliste stagiaire, et des réunions ou les sex-toys ont remplacé les tupperwares.



A bientôt et bravo à Laetitia qui poursuit son oeuvre aujourd’hui, preuve que tout espoir n’est pas perdu!
Célébrons aujourd’hui Sainte Claire D’Assise!
Aujourd’hui: Edition spéciale truands qui déraillent, troisième partie. « Scarface » de Brian de Palma (Etats-unis, 1983) « Je suis…comment vous dites?…. Paranoiaque… » L’histoire de Tony Montana, immigré passé des prisons cubaines à l’épluchage d’oignons avant de se retrouver sur le trône de la cocaine dont il ne tardera pas à chuter. Que n’a-t-on écrit et dit sur…