« Razzia sur la chnouf » (1955)
Réalisé en 1955 par Henri Decoin « Razzia sur la chnouf », narre l’enquête d’un policier infiltré dans le milieu de la drogue parisien. Archétype du polar français d’alors et du polar français tout court, le film de Decoin est construit comme une visite guidée du monde souterrain des dépravations liées aux stupéfiants. Audacieux dans sa description d’un certain univers, d’une grande violence pour l’époque, et doté par un rythme sans faille, « Razzia sur la chnouf » a résisté mieux que bien au temps et demeure un document passionnant quant au regard porté sur les minorités. Ces dernières ne manquent pas dans la galerie de portraits brossée par le réalisateur. Immigrés afro-antillais, drogués (forcément!) homosexuels y côtoient des gens ordinaires tels ces cheminots qui servent de petites mains au trafic par appât du gain. Au milieu de cette faune se distingue particulièrement le personnage de la toxicomane vieillissante par l’actrice russe mais ô combien internationale Lila Kedrova, perdue entre les vapeurs de la drogue et son goût pour les hommes exotiques bien bâtis.
La vision que donne le film de ces individus provoquerait aujourd’hui les hurlements des défenseurs autoproclamés des minorités. « Homophobie », « Racisme », « Misogynie » et j’en passe! Pour autant, ce qui est rapporté ici l’est de manière neutre, quant aux termes utilisés par les personnages pour décrire tel ou tel, il ne sont jamais que ceux de leurs temps.
Un autre plaisir offert par cet excellent film est la distribution. Outre Paul Frankeur, Marcel Dalio et Albert Rémy, seconds rôles coutumiers des années 50/60, il y a Lino Ventura qui tient sa partie face à Gabin qu’il avait déjà croisé dans « Touchez pas au grisbi » deux ans plus tôt, ou encore un jeune Marcel Bozzuffi qui avait encore des cheveux.





Le passage dans la fumerie d’opium périclitante face au marché grandissant de la poudre blanche. Quant le polar fait de l’Histoire.








« Sauvage, vous m’avez fait mal! »
« Pourtant on m’appelait Henri la douceur! »
A bientôt!








































