Quand la Fantasy ( Et les barbares sexy) dominait le monde quatrième partie. La vraie version d’Astérix! (La fesse en plus!)
Et la France dans tout ça? Eh oui, notre pays a lui aussi versé sa modeste mais bien réelle contribution à ce genre disparu mais pas oublié. Mais quel fut ce chef d’oeuvre? « Les gauloises blondes » réalisé par Jean Jabely en 1988. De ravissantes gauloises servent à faire fuir l’invasion romaine qui menace un petit village d’irréductibles. André Gaillard, Pierre Tornade, Gérard Hernandez ( En centurion romain!) complètent cette équipe sympathique qui anime comme cette pochade ou il ne se passe pratiquement rien!
Sur ce, je vous laisse le plaisir de savourer ces images!
Quand la Fantasy ( Et les barbares sexy) dominait le monde, troisième partie. Les barbares de papier animé. Eh oui l’animation s’empara elle aussi de ces créatures hypersexuées vêtues d’oripeaux issus de la préhistoire des Folies Bergères! Entre « Métal hurlant » et « Tygra la glace et le feu », bienvenue dans le monde enchanté d’une certaine animation! (Non, je ne vous dirais pas « Des seins animés », ah zut, je l’ai dit!)
Quand la Fantasy (et les barbares sexy) dominait le monde, deuxième partie: L’Italie. Pourquoi l’Italie? Parce que nos amis transalpins furent en ces temps de libéralisme sauvage et de vide créatif peu avares de guerriers en fourrures achetées chez Tati, de donzelles en peau de bêtes, et de glaives en plastique.
Sabrina Siani fut la reine de ce genre de cinéma au-delà des Alpes, Laurene Landon ou encore notre compatriote Corrine Cléry apportèrent également leur concours à ces épopées qui flatulaient au-dessus de leurs moyens, leur donnant un atout charme sans lequel ces spectacles n’auraient suscité aucun intérêt. Alors sans plus tarder, voici un florilège de guerrières (forcément) farouches et de demoiselles à sauver (et à consommer éventuellement)
THRONE OF FIRE, aka IL TRONO DI FUOCO, Sabrina Siani, Harrison Muller Jr., 1983. Cannon Films/courtesy Everett Collection Cannon Films/Courtesy Everett Collection ACHTUNG AUFNAHMEDATUM GESCHÄTZT PUBLICATIONxINxGERxSUIxAUTxONLY Copyright: xCannonxFilms/CourtesyxEverettxCollectionx MCDTHOF EC004THRONE OF FIRE, aka IL TRONO DI FUOCO, Sabrina Siani, 1983. Cannon Films/courtesy Everett Collection Cannon Films/Courtesy Everett Collection ACHTUNG AUFNAHMEDATUM GESCHÄTZT PUBLICATIONxINxGERxSUIxAUTxONLY Copyright: xCannonxFilms/CourtesyxEverettxCollectionx MCDTHOF EC003
Des femmes et des glaives, la chair et l’acier ou quand la fantasy dominait le monde! Première partie.
Le feu des chairs, le froid de l’acier! Ces mots empruntés à l’accroche publicitaire de « The lost empire » (1983) de Jim Wynorski traduisent bien les délires pelliculés dont il va être question dans le présent article. Pour le dire de manière moins élégante, il s’agit de parler ici de coupe-chou et de nibards, attributs essentiels d’un certain cinéma qui hanta les années 80 suite au succès de « Conan le barbare » Nul besoin de se lancer dans des analyses savantes, fut-ce au nom du post-modernisme ou d’un intellectualisme déplacé. Non, il n’y a ici de place que pour le fantasme et la nostalgie de ceux qui comme moi étaient adolescents et se rêvaient brandissant cheveux au vent des épées made in Hong Kong avec à nos pieds d’accortes demoiselles peu farouches et peu vêtues. Alors, sans plus tarder, régalez vous avec cette galerie concoctée par votre humble serviteur et, pour les plus cinéphiles d’entre vous, amusez vous à reconnaître les films et leurs vedettes, souvent bien éphémères mais qui peuplèrent nos nuits. Pour cela, elles méritent toute notre gratitude!
Ah! Encore une chose: citons quand même quelques noms pour mémoire quelques noms: Barbi Benton (La playmate de playboy, pas Klaus Barbie!) Dawn Dunlap, Raven De La Croix, Lana Clarkson (Avant que d’être flinguée par Phil Spector) et surtout la regrettée Tanya Roberts (Beaux roberts, je confirme!) A vous toutes mesdames, à toutes celles que je n’ai pas cité: MERCI!
Georges Perec, de clown littéraire à génie créateur, ou le parcours d’un de nos derniers grands écrivains.
Georges Perec (1936-1982) de son vrai nom Gargas Parak, fils d’immigrés juifs polonais connut en tant qu’auteur plusieurs vies ou plus exactement fut regardé diversement au cours de son évolution.
Entré dans la République des lettres, selon l’expression consacrée, à la fin des années 50, il fit sensation en 1965 avec « Les choses » qui lui valut le prix Renaudot et définit par ce livre le ton de son oeuvre. Ce roman décrit la vie d’un jeune couple qui se berce dans les délices de la société de consommation sous la forme d’un inventaire d’objets divers et variés à l’utilité parfois discutable. Contrairement à d’autres auteurs qui se livreraient plus tard à l’exercice avec une certaine agressivité, Perec se montre ironique et très précis dans le tableau qu’il dresse du consumérisme qui s’empare alors de la France. Outre cette ironie, ce qui distingue Perec de ses successeurs, c’est la précision quasi-maniaque des objets qu’il présente au point que ceux-ci effacent les personnages qui ne sont finalement plus que ce qu’ils achètent. « Les choses » se situe entre le pathétique mouvement du « Nouveau roman » décidé à casser les codes de la narration classique et le Béhaviorisme américain, attaché à la simple relation des actes des protagonistes, et les « Mythologies » du linguiste escroc Roland Barthes (Non, pas Ernest et Barthes!) dans son portrait des us et coutumes de la société contemporaine. En bref, le livre, pour faire un jeu de mots facile, est à la page. Et même en avance. Il demeurera une référence bien au-delà de son époque et de son pays d’origine, puisque son influence sera notamment très perceptible sur « American psycho » de Bret Easton Ellis , récit des crimes sanglants commis par un certain Patrick Bateman, jeune cadre supérieur très (Trop?) propre sur lui. Ce dernier par le soin maniaque qu’il apporte à ses tenues rappelle les obsessions des personnages des « Choses », mais à la différence de ceux-ci, il va au bout de sa déshumanisation. De mettre sa personne et ce qui la fait valoir au centre de tout, Bateman en vient à ne plus trouver de sens à la vie que par l’assassinat.
Bien entendu, Perec est beaucoup moins sombre. Foin des digressions, ce roman qui n’était pas son premier définissait son oeuvre à venir, en particulier par les contraintes surprenantes que l’auteur se donnait afin de parvenir sinon à une forme nouvelle, en tous cas sensiblement différente. Le cas plus célèbre est celui du diptyque « La disparition » et sa suite « Les revenentes » Pour ceux qui ne connaissent pas, la faute d’orthographe est ici volontaire. « La disparition » est un roman policier d’un genre inédit puisque la disparition en question est celle de…la lettre « E »! En effet, pas un mot de ce roman ne comporte cette lettre sans y perdre le moindre atome de cohérence. Puis, avec cette malice qui le caractérisait, Perec donna à cet opus sa fameuse suite « Les revenentes » ou cette fois le « E » absent du précédent opère un retour fracassant autant qu’envahissant. Sans jamais là non plus sombrer dans le ridicule. Si la presse salue le tour de force, il en est parmi es membres de cette corporation qui commencent à considérer Perec comme un pitre doué et guère plus. Un génie de l’exercice de style, genre dans lequel il s’est illustré quelques temps auparavant avec « Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour » ou, à l’instar de Raymond Queneau (Qui l’avait certainement influencé) dans ses fameux « Exercices de style » il fait raconter à plusieurs personnages la même anecdote insignifiante afin de jouer sur les niveaux de langue et par là-même la diversité des regards sur un même événement, aussi dérisoire soit-il.
L’autre reproche qui lui sera fait portera sur le manque d’émotion, la maestria occultant la vie. « Un homme qui fort » apportera un démenti à ces soupçons par son tableau précis et ans pathos d’un homme qui sombre dans la dépression. Las, cela ne suffira pas à convaincre. Pas plus que que « W ou le souvenir d’enfance » évocation nostalgique et sensible de ses jeunes années. Par ailleurs, le goût de Perec pour les mots croisés et le « sport cérébral » (Comme disent les médecins dans les maisons destinées au troisième âge) entretenait cette image de savant humoriste et surdoué mais à priori incapable de dépasser ce statut.
Au centre ,l’écrivain français Georges PEREC interviewé par les journalistes peu après l’attribution du Prix Théophraste Renaudot qu’il a obtenu pour son roman » Les Choses
Puis vint 1978. Année de la parution de « La vie mode d’emploi ». L’histoire? Simple et complexe à la fois. La vie des locataires d’un immeuble et le destin même dudit immeuble, ce qui permet à l’écrivain de sauter d’un registre à l’autre. Drame, satire, chronique sociale, voire aventures. Il aborde également par ce biais des thèmes très variés, le mariage malheureux, l’ascension sociale, le chômage, l’ambition, les querelles de voisinage ou encore la transsexualité. Perec emprunte dans la foulée des formes diverses, narration classique, courrier, article de presse, procédés qui ne sont pas originaux en soi mais dont le cumul finit par aboutir à quelque chose ne ressemblant à rien de connu. Puzzle, rébus sont des mots qui viennent forcément à l’esprit, et ce évidemment à cause de ce que d’aucuns voient comme le « passif » de Perec. Mais rien de tout cela n’est gratuit ni ne relève d’une tendance à l’épate. Perec ici ne questionne pas, ne malmène pas le récit contrairement aux tenants du nouveau roman, au contraire il pousse l’art du récit dans ses retranchements. Et avec quel talent. Sinon avec génie.
De surcroît, l’émotion est au rendez-vous, n’en déplaise à certains. En particulier à la fin du roman qui voit mourir le vieil homme au puzzle – fil rouge de l’histoire- et reste un moment poignant de littérature. Tout cela contribua à asseoir définitivement Georges Perec comme l’auteur majeur qu’il était depuis le début.
Je n’en dis pas plus afin de ne pas gâcher le plaisir de votre découverte, car oui, je recommande vivement cet ouvrage. En guise de conclusion, deux livres clés de l’auteur « Je me souviens », recueil de notes parfois humoristiques et piquantes et « Ellis island » évocation du célèbre lieu de triage du port de New York ou l’on décidait du sort des immigrés venus d’Europe, à travers laquelle Perec se confronte à sa judéité.
Perec peu avant sa mort écrivit l’adaptation de « Série noire » pour Alain Corneau, film qui porta décidément malheur à nombre de ses participants dont Patrick Dewaere, son interprète principal qui se suicida en 1982. L’année même de la mort de Perec, terrassé par un cancer.
Cela dit, et ce afin de ne pas finir sur une note trop sombre, citons Perec qui ne manquait pas d’humour lorsque dans « Je me souviens » il décochait cette pique à l’endroit d’Alain Robbe-Grillet, figure du Nouveau roman: » Je me souviens que Alain Robbe-Grillet était ingénieur de Centrale »!
Aujourd’hui: Edition spéciale truands qui déraillent, troisième partie. « Scarface » de Brian de Palma (Etats-unis, 1983) « Je suis…comment vous dites?…. Paranoiaque… » L’histoire de Tony Montana, immigré passé des prisons cubaines à l’épluchage d’oignons avant de se retrouver sur le trône de la cocaine dont il ne tardera pas à chuter. Que n’a-t-on écrit et dit sur…