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Souvenirs d’enfance, les affiches de films interdits. Comédies plus ou moins sexy, drame prostitutionnel, horreur, rire gaulois et avant-garde avec un sosie de Julien Dray.








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Souvenirs d’enfance, suite. Affiches de films interdits, après les films d’horreur, les films d’auteurs, la misère des enfants de Colombie, la prostitution à la Nouvelle-Orléans en 1917, l’introspection érotico-alcoolique ou la fragilité des dictateurs sud-américains.
Il y aura ensuite un peu de légèreté avec une comédie sexy teutonne et une surprise venue de la terre des kangourous!



Mais pourquoi n’avais-je pas le droit de voir ce film? Une petite fille avec sa poupée, c’est bien innocent!


Et là, c’est le pompon! Une sucette (pas à l’anis!) franchement c’est pour les enfants ça, les joies innocentes des friandises! Bon, d’accord, il y a les kilos en trop et les caries, mais quand même!

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Souvenirs d’enfance, les affiches des films souvent interdits, prometteuses toujours, menteuses parfois, qu’importe, elles m’ont fait rêver!








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Chesty Morgan, un bonnet de légende.
Cet article est dédié à Georgie.
Aujourd’hui, je vais vous parler de l’infiniment grand et de l’infiniment petit. Ou presque. L’infiniment grand concernant la taille du bonnet, l’infiniment petit concernant la taille tout court. LLana Wajc, également connue sous le nom de Liliana Wilczkowska, illustra en effet ce paradoxe car cette petite femme compensait son manque de centimètres par un tour de poitrine à donner le tournis à Russ Meyer en personne. Elle fut une étoile de la danse burlesque des années 60 aux USA avant de briller dans d’inoubliables productions mettant en valeur sa plastique, fascinant jusqu’à Fellini qui l’invita à jouer pour lui. Trêve de plaisanteries, cette native de Pologne de confession juive rendu orpheline par la folie nazie, passa les premières années de sa vie dans un kibboutz avant de migrer pour l’Amérique du Nord, New York, pour être précis ou, une fois adulte, elle épousa un épicier. Le malheureux homme périt lors d’une fusillade, forçant sa veuve à gagner sa vie à la sueur de ses nénés, sur les planches des théâtres spécialisés sous le nom de Chesty Morgan. Fort bien d’ailleurs.


Un tel succès sur les planches ne pouvant qu’attirer le cinéma une « grande » réalisatrice, Doris Wishman l’embaucha l’espace de deux films « Double agent 73 » (1973) puis « Deadly weapons » (1974) sortis en France sous divers titres « Tu m’étouffes avec tes bulles » ou « Mamelles story » voire « Super nichons contre Mafia » De grands moments qui permirent à notre dame au double (!) D de jouer dans le « Casanova » de Fellini ou, contrairement à une légende tenace, son rôle ne fut pas coupé au montage. D’ailleurs facétieusement, Fellini l’affubla de très hauts talons cachés par une robe XVIIIè afin de la faire passer pour la géante qu’elle n’était pas. Voir la scène de bain avec les nains.
Ce fut la fin ou presque de la carrière de Chesty qui s’en revint sur les planches. Et ce jusque dans les années 90, période ou elle se réinventa en universitaire en Israel, mais ça c’est une autre histoire!










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E viva Espana!
Que mes amis hispanophones me pardonnent l’orthographe mais je n’ai pas trouvé sur mon clavier les accents adéquats. Quoiqu’il en soit, je voulais parler depuis longtemps du cinéma espagnol ( Non, pas un « Un singe en ibère »!) par le biais de ces quelques films singuliers représentants de la culture d’un pays souvent négligé et pourtant proche du nôtre!
» A coups de crosse/Fanny Pzlopaja » de Vicente Aranda (1983)
Si les acteurs espagnols sont rares chez nous ( Il y a bien Victoria Abril, mais elle joue surtout dans des films oubliables.) les acteurs français sont encore plus rares en Espagne (Non, je ne parlerais pas des « Charlots font l’Espagne »!) C’est l’une des raisons d voir « A coups de crosse » ou s’affrontent Bruno Cremer et Fanny Cottençon. Oui, ils s’affrontent, l’un dans le rôle d’un flic véreux et à la limite du sadisme et l’autre dans celui d’une prostituée qui sert d’indic au pandore susmentionné afin de protéger l’amour de sa vie. Bien sûr les choses tournent mal et la péripatéticienne se fait casser les dents « à coups de crosse » et perd son amour par la faute du policier. Bien sûr, la belle voudra se venger.
Que dire? Noir et violent, « A coups de crosse » vaut d’abord et surtout pour ses interprètes, Cremer qui excelle comme toujours dans les rôles de salauds et Cottençon qui s’éloigne avec succès du registre léger qui était le sien. Les deux acteurs portent le film qui souffre de nombreux défauts. Manque de rythme, scénario bancal, et mise en scène maladroite. Ces faiblesses surprennent chez Aranda d’habitude plus inspiré (Vous le verrez dans la suite de l’article.) Reste une ambiance poisseuse assez rare et quelques bonnes répliques dont la tirade poussée par Bruno Cremer à la fin du film: » Vous m’avez donné des médicaments pour me rendre débile, vous me disiez: « Mais non monsieur, vous avez des tas d’amis! » J’ai passé ma vie à me faire des ennemis! »


« El Lute/ El Lute camina o revienta » de Vicente Aranda (1986)
Du même Aranda « El Lute » est d’une toute autre trempe. Inspiré par l’histoire vraie et fort connue de l’autre côté des Pyrénées de Eleuterio Sanchez plus connu sous le nom de « El Lute » Cet homme au départ délinquant insignifiant se révolta dans les années 60 contre la justice Franquiste qui le condamna d’une peine trop lourde pour la faute qu’il avait commise (En l’occurrence le bris d’une vitre.) Après avoir échappé à la police, l’homme mena une vie de fuyard imposant un jeu du chat et de la souris aux autorités jusqu’en 1975, date de son arrestation….et de la mort de Franco.
Il y a deux façons de regarder le film d’Aranda. La première consiste à le prendre pour l’excellent récit d’une traque. Certes, il y a des faiblesses de rythme mais elles sont compensées par l’art du réalisateur de nous mettre dans la peau du héros, au point de ressentir ses émotions. A ce propos, la scène de torture est particulièrement dure et cloue le spectateur sur son siège.
L’autre façon est nettement plus politique. En effet, « El Lute » comme d’autres hors la loi célèbres n’est pas seulement une figure pittoresque mais aussi le symbole de la résistance à une dictature. Un symbole d’autant plus fort que la fin de sa cavale coincida presque avec le décès du Caudillo Franco. Signe des temps qui changeaient. Par ailleurs, le film dépeint avec beaucoup d’acuité la misère qui régnait dans le pays. Certes, l’ensemble est orienté, mais quoiqu’on en pense, il y a des vérités qu’on ne saurait nier, peu importe les opinions.

El Lute II/ El Lute II Manana sere libre » de Vicente Arand (1987)

El Lute II/ El Lute II manana sere libre de Vicente Aranda (1987)
Je passe rapidement sur la suite qui n’est que la continuation du précédent. Il est également réussi quoique plus monotone. Peut-être aurait-il fallu faire un seul film de trois heures?


Ci-dessus le faux et le vrai Eleuterio Sanchez lors de son arrestation.



Pour finir, le groupe Disco Boney M consacra (Enfin les compositeurs au service de ces…artistes) une chanson

« Les vies de Loulou/ Las edades de Lulu » de Bigas Luna (1990)
« Les vies de Loulou » ou l’autobiographie sexuelle d’une jeune femme prénommée Loulou, curieuse des choses de la vie et particulièrement des amours entre hommes. Cette curiosité l’amènera à fréquenter un monde interlope. A ses risques et périls.

Sorti en 1990 et inspiré du roman homonyme( et couronné d’un grand succès) d’Almenuda Grandes, « Les vies de Loulou » suscita moults controverses à l’époque. Les féministes tiquèrent (Euphémisme!) en raison de la soumission volontaire de l’héroine à son mari lors de jeux érotiques, les homos tiquèrent en raison de la représentation soit-disant voyeuriste dont ils faisaient l’objet dans le film. Mais au-delà du (relatif) scandale entourant l’oeuvre de Bigas Luna, « Les vies… » fait figure d’exception dans la représentation de la sexualité au cinéma. Et ce parce que pour une fois, le point de vue est celui d’une femme. Et d’une femme fascinée par les homos. Cette originalité permet au réalisateur certaines audaces et par là-même anticiper un thème qui demeure peu exploité à l’écran: la bisexualité. Les scènes osées voire crues ne manquent pas et bénéficient d’une très belle photographie. On peut déplorer une fin un peu abrupte (Elle n’était pas très claire dans le roman, difficulté pour l’adaptateur!) et un certain manque de profondeur par rapport à la version littéraire. Cependant, « Les vies… » reste une réussite sinon unique en tout cas rare en son genre. A (re)découvrir.
A noter la présence au générique d’un débutant prometteur: Javier Bardem.








