Et maintenant le sosie de Alban Ceray.

Et maintenant le sosie de Alban Ceray.

Marc Dorcel, suite!














Et pour finir, Yoko. La plus belle disparue du porno français. Inoubliable dans « Une fille dans la peau » et dans le croquignolet nanar pseudo-exotique de Jean Rollin « Les trottoirs de Bangkok » ou elle côtoyait Françoise Blanchard, elle s’en alla sans laisser d’adresse, comme on dit dans la page des obsèques (Et pas des zobs secs) Qu’on me pardonne cet humour de mauvais aloi, Yoko, ou que tu sois, j’espère que tu y es bien!




A bientôt!

« Marc Dorcel, du sexe dru et puissant.. » Voila au début des années 80 ce que déclarait la publicité pour la désormais mythique firme de VHS porno, pardon de charme initiée par un ancien représentant en machines à coudre. Si personnellement j’ai une idée de ce que peut être un sexe puissant, en revanche je ne sais pas ce qu’est du sexe dru. Trêve de plaisanteries, « Marc Dorcel » fut pour les adolescents de ma génération une sorte de Saint Graal de l’onanisme juvénile mais qui présentait l’avantage d’être facilement accessible à ceux d’entre nous dont les familles possédaient un magnétoscope. Il suffisait alors à ces petits veinards de profiter d’une absence de leurs parents pour se régaler des atours de Cathy Stewart, Eva Kleber ou Marilyn Jess, Alban Ceray, Cathy Ménard. Si tant est que papa et maman étaient amateurs de ce genre de distractions. Aussi était-ce la fin du temps sinistre ou les mineurs devaient se contenter de rêver devant les affiches de films X qui ne proposaient pour tout potage que des titres suggestifs et souvent hilarants. « L’hôtesse n’a pas de culotte », « Sois belle et tête moi », « Grimpe moi dessus et fais moi mal »etc. On voyait donc enfin des images qui ne nous étaient pas destinées sans connaître le début de l’histoire. Du moins l’histoire officielle du film de fesse, laquelle commença au milieu des années 70. Certains des premiers acteurs de cette époque avaient migré chez Dorcel. Il est intéressant que le producteur et distributeur avait dans ce domaine un changement dans la continuité.Certes, il y avait la conversion à la vidéo, au détriment de la pellicule et une esthétique au goût du jour (Vestes à épaulettes, etc) qui incluait une prétention à l’élégance, mais à côté, il y avait un respect de codes défini par la firme qui avait précédé Dorcel sur ce marché: Alpha France. Comme dans les produits de cette dernière, ceux de Dorcel prenaient souvent pour cadre les milieux d’affaires, les belles propriétés voire les châteaux. Bref, on était dans le luxe et la bourgeoisie. Sans doute histoire d’ajouter du rêve au rêve.
Sur ce, je vous laisse.
















Les excentriques du Rock’n’Roll.
Aujourd’hui: Marie France.
Il n’était pas chose aisée d’écrire un article sur Marie France, tant le personnage est incontournable. Ce terme si galvaudé s’applique pourtant parfaitement à la chanteuse pied noire et transgenre qui évolua dans tant de cercle différent. Chanteuse souvent, modèle parfois, actrice à l’occasion. Reine des nuits parisiennes aux Bains douches, égéries du duo photographique Pierre et Gilles, membre des Gazolines, métastase du FHAR ou Front homosexuel d’action révolutionnaire de Guy Hocquengem et Jean Louis Bory. Personnalité de la chanson française et pourtant si proche du Rock. Tour à tour Punk, Garage et Rock’n’Roll, elle partiqua tout sans se perdre en rien. Elle fut une évocatrice plutôt qu’une imitatrice de Bardot, Marilyn et Marlene Dietrich.
Tout cela pour dire que Marie France aurait pu aussi bien trouver sa place dans d’autres rubriques de ce blog. « Les rebelles de la chanson de la française » notamment. Toutefois, et comme vivre c’est choisir, j’ai décidé de me limiter à l’aspect le plus Rock’n’Roll de l’artiste via l’album « 39 de fièvre » paru en 1981 avec pour accompagnateurs principaux Vincent Palmer et Dynamite Yan, respectivement guitariste et batteur du groupe Bijou qui avait alors le vent en poupe. Le choix de ces musiciens n’était pas seulement du à cette popularité, l’orientation »39 de fièvre » étant Rockabilly, il allait dans le sens de l’évolution clairement 50s du groupe, ainsi que le démontre le 33 tours qu’il sortit peu après son escapade avec l’oranaise.

Mai qu’en est-il du disque proprement dit? Il contient d’abord des reprises en français de classiques anglo-saxons tel « Shakin’ all over » de Johnny Kidd qui devient ici « Le Diable en personne » ou encore « It’ll be me » de Jack Clement/ Jerry Lee Lewis transformé en « Chéri ce sera moi » Ensuite, l’album se compose de titres originaux composés par Jean William Thoury (Par ailleurs manger de Bijou, comme par hasard), en particulier « Les autres filles » plaidoyer pour les transsexuels.

Le résultat? Au risque d’en décevoir (Ou d’en énerver) certains, il est rien moins qu’anecdotique. Les versions de classiques du Rock ne sont pas mauvaises mais auraient gagné à demeurer dans la langue d’origine, quant aux compositions elles se laissent écouter mais ne restent guère dans l’oreille. En fait, si l’on compare avec les autres efforts autrement plus convaincants de Marie France dans la chanson française traditionnelle, « 39 de fièvre » constitue une incursion sympathique mais plutôt ratée dans un genre que, décidément, les français ont du mal à apprivoiser. Caramba! Encore raté…
Cigarettes, bazookas, romans de gare et grosses pépées du Costa Rica. Ou quand l’aventure s’infiltrait partout lors des années 80.
Les années 80 se caractérisèrent de diverses manières, notamment en poursuivant une célébration de la virilité de façon parfois tapageuse et de l’un de ses corollaires: l’aventure. Fictive par les romans de populaires ou le cinéma, dont Rambo fut une des incarnations les plus fortes, réelle par les défis que n’importe qui pouvait tenter de relever par des compétitions type Camel Trophy. Ce fut aussi lors de cette période qu’ émergèrent avec un grand succès des personnalités d’aventuriers nouveau genre, tantôt scientifiques telle l’herpétologue Nicole Viloteau dite « La femme aux serpents », tantôt baroudeur multicartes comme Cizia Zike.
Alors, coiffez le broussard, chaussez les bottes, c’est parti!



Initié en 1980, le Camel Trophy proposait de l’aventure à la carte à qui voulait y participer. Ainsi, le cadre sup (On ne disait pas encore CSP+) avit l’occasion de perdre du gras autrement qu’à la salle de muscu. Qu’on me pardonne mon incompétence, mais j’ignore quand s’arrêta le Trophy mais il semble qu’il n’ait pas survécu aux années 80 dont il était un des aspects iconiques. Il serait probablement impossible, ou à tout le moins très difficile, de rééditer un pareil concours qui serait vu comme une vile manifestation du masculinisme (Sandrine Rousseau, sors de ce corps!) C’est vrai, sur ses publicités on voyait des hommes qui n’étaient pas déconstruits et qui ressemblaient à des hommes. C’est vrai qu’une marque de cigarettes finançait la chose et que le tabac c’est pas bon pour la santé. De nos jours n’importe quel petit merdeux est incapable de faire une phrase sans faute de grammaire mais sait vous rappeler à que c’est pas bien de fumer s’il vous surprend clope au bec. C’est vrai enfin que les grosses Range Rover emblèmes de la course et fabriquées soit dit en passant au Brésil consommaient de l’essence et polluaient, c’étaient pas le bus au colza de Bayrou ou les voiturettes électriques pour neuneus et alcoolos virés du permis que voudraient voir se multiplier les écologistes. Mais c’est l’image d’un temps ou totu n’était pas interdit. Alors, merde, buvons, fumons, roulons vite et baisons sans capote!


Sorti en 1985, « Rambo II, la mission/ First blood part II, the mission » deuxième volets des aventures de l’ancien combattant cabossé devenu super-héros de l’Amérique de Reagan suscita de nombreux avatars. Outre les films qui le plagiaient, il y eut également une série animée paraît-il désastreuse ainsi qu’une chanson intitulée « Rambo »-ça tombait bien- chantée par un sosie de Sylvester Stallone connu sous le nom de Wayne Scott (Il s’appelait en fait Joe Gentissi) Ce dernier eut droit en France aux honneurs du JT d’Antenne 2 face, si mes souvenirs sont bons, à Noel Mamère et même au plateau de « Demain c’est dimanche » émissions de variétés présentée par les Charlots. Là, c’était la consécration. Ce classique post-moderne était composé et produit par Henri Belolo, déja découvreur du collectif de génie « Village people ». On notera à ce propos les plans insistants sur les pectoraux du pseudo-Stallone qui feraient hurler au virilisme à l’heure ou notre président se prend pour Rocky. Rassure toi Sandrine, les images de ces puscles saillants et huileux ont aussi plu aux gays!



Cizia Zyke, aventurier et écrivain français de souche albanaise, jeta un pavé dans la mare en 1986 avec la publication de « Oro », récit de ses aventures en tant que chercheur d’or au Costa Rica. Un pavé dans la mare, oui, car cet homme a accompli des exploits et le moindre ne fut pas d’éviter de se faire chier en regardant Pivot et l’autre de provoquer l’ire du président costaricain qui reprochait à notre franco-albanais de se moquer de son pays. En effet, dans l’évangile selon Zyke, cette obscure nation d’Amérique latine sans armée (Ils n’ont qu’une gendarmerie) avait toutes les tares, la plus grave étant d’être peuplée de grosses femmes. Attention monsieur le président, c’est Cizia qui le dit, pas moi. Quoiqu’il en soit, Cizia Zyke eut une existence agitée avant, pendant et après la publication de ce premier livre. Cela mériterait un sujet, mais ce sera pour plus tard. Allez, comme chantait Brel: au suivant!


Honneur aux dames (Pour complaire à Sandrine) avec celle qui restera à jamais dans l’esprit du public « La femme aux serpents » : Nicole Viloteau. Elle nous fit rêver avec ses reptiles dont elle semblait la meilleure copine. Viloteau réconciliait l’exploration scientifique, l’aventure, la zoologie et le spectacle forain. A part ça? Rien. L’ennui avec es gens bien, c’est qu’il y a peu à endire. Au suivant!


« Force Knack » (Non ça n’a rien à voir avec les saucisses!) série d’espionnage parue au milieu des années 80 mettait en scène une équipe de supers agents luttant contre une organisation terroriste et forcément maléfique et dirigée par un chef supra-intelligent caché à Washington. Typique de l’époque quoiqu’en dessous de la moyenne de ce genre d’ouvrages généralement plus musclés, « Force Knack » signé Rod Garaway est en fait l’oeuvre d’un auteur déjà évoqué dans ces pages: André Caroff. Hélas, il est ici loin de la veine et de la verve de Madame Atomos.

Conclusion (En tous cas, on fait comme si!) Ces images ont suscité les rêves et les fantasmes de beaucoup, incité certains à accomplir des choses, distrait les autres. Certes, les excès et l’esthétique peuvent prêter à sourire. Toutefois, ces derniers nous rappellent une époque ou, si tout n’était pas rose (Le néolibéralisme ambiant eut nombre de perdants, ce ne fut pas pour rien que cette décennie fut surnommée « Nos fantastiques années fric »), une certaine liberté existait encore. Néanmoins, et je le dis sincèrement, il ne faut pas trop verser dans la nostalgie et se battre pour retrouver ce que les tenants autoproclamés du bien veulent nous prendre.
A bientôt!
Suite à l’article sur l’Afro, voici un aperçu des avatars européens et notamment français de la Blaxploitation.
Tourné aux USA par un réalisateur italien (En l’occurrence Duccio Tessari) « Les durs/ Uomini duri/ Three tough guys » (1974) aurait tout pour être un Blaxploitation lambda s’il n’était italien avec de Lino Ventura en vedette de surcroît. C’est d’ailleurs pour cela qu’il figure dans cet article. Ceci mis à part, il n’y a pas grand chose à en dire. Récit de deux hommes d’action s’associent pour régler une sombre affaire de meurtre, « Les durs » ne brillent ni par l’originalité, ni par le rythme. Restent la distribution surréaliste ou Lino partage l’écran avec Isaac Hayes, le Moise noir de la Soul, ainsi que quelques anecdotes de tournage. Isaac Hayes trouvait que Lino Ventura était « Adorable mais très secret » et surtout l’équipe américaine énervait Tessari par son incompétence, au point qu’il se demandait comment l’Amérique avait pu gagner la guerre. Ce fut alors qu’un assistant qui était allemand rétorqua: « Ne dites pas ça, moi je l’ai perdu! »

« La salamandre/Le salamandre » (1969) et « Zelda » (1974) de Alberto Cavallone forment un diptyque sans pour autant être relié mais qui ont en commun d’aborder les mêmes thèmes: triangle amoureux (Ou plutôt sexuel) perversions, et surtout présence dans les deux cas d’une jeune femme noire au centre du récit. Le tout saupoudré de préoccupations politiques dont il est permis de se demander si elles ne servent pas d’alibi aux nudités et autres joyeusetés qui parsèment ces films. Cela n’aurait rien d’étonnant, Cavallone ayant fini par oeuvrer dans le porno avec notamment l’inénarrable « Violée par un nain »





Après l’Italie, voyons par chez nous, la France. La France en effet n’échappa pas à cette vogue. L’autoproclamé « Maître incontesté de l’érotisme » José Benazeraf s’y intéressa avec son « Black love » également intitulé « L’homme qui voulait violer le monde » (!) Comme l’italien Cavallone, Bénazeraf balance une sauce mélangeant sexe et politique mais sans les excès parfois réjouissants du transalpin. Non, ici, on a droit à du lourd et du pompeux, du cul, oui, mais du cul qui PENSE! Benazeraf, le Don Patillo de la fesse, un label de qualité. Pour peu qu’on aime l’ennui mortel. Oui, mais qu’est-ce que ça raconte Alexandre? Ah, oui c’est vrai, ça raconte quelque chose. Un membre des Black panthers détourne l’argent de son parti et va se soulager dans les coins. Bien entendu, des tueurs, pardon des sicaires, le traquent. A part ça? A part ça rien! Sinon la présence d’Alphone Beni dans le rôle principal – lequel se fâcha d’ailleurs avec Benazeraf. Soit, mais qui est, enfin qui était Alphonse Beni (Il nous a quitté l’année dernière) Ni plus ni moins que le pionnier du cinéma camerounais et l’un des rares à ne pas avoir été financé par l’état, ce qui lui permit d’éviter le ton documentaire coutumier au cinéma de son pays. Après quelques courts métrages réalisés entre la fin des années 60 et le début des années 70, engagés malgré tout ( « Un enfant noir » entre autres) il passa ensuite à ce qui l’intéressait vraiment: les films de genre, calqués sur le modèle occidental. Et bénéficiant souvent de fonds français. En vertu de cette configuration, la carrière de Beni fut pendant longtemps un va et vient entre la France et le Cameroun. Cela lui valut d’apparaître dans quelques productions fauchées des mythiques firmes « Eurociné » (« Les hommes de joie » « Godefinger » avec Michel Leeb) et « Comptoir français du film ». Il mit en scène dans ce contexte « Les tringleuses » (1975)



J’ai déjà évoqué son « Cameroun connection » (1985) qui se déroule en partie à Paris et nous offre LA rencontre au sommet Paco Rabanne/ Alphonse Beni, sans compter la présence de l’autre grande attraction de l’affiche Bruce Le, clone de Bruce Lee, comme il se doit. Car oui, Beni avait du aimer « Opération dragon » ou un asiatique s’alliait avec un noir ( En l’espèce Jim Kelly) et avait de toute évidence emprunté cette figure pour plaire au jeune public friand de divertissements dont la cinématographie locale est avare.



Il y a également le cas du mauritanien Med Hondo, surtout connu pour être la voix française d’Eddie Murphy. Doubleur, donc, mais pas seulement. L’homme était aussi comédien à part entière ainsi que réalisateur de nombreux films aux thèmes marqués par ses engagements politiques. Racisme, colonialisme et immigration sont en effet au centre de son oeuvre, depuis « Soleil O » (1967) au dernier « Fatima, l’algérienne de Dakar » (2004) Cependant son travail le plus connu demeure « West Indies ou les nègres marrons de la liberté » (1979) évocation musicale de la colonisation des Antilles.

Venons en maintenant au gros morceau: « Pauvre France » Cette pièce de théâtre à l’origine américaine intitulée « Norman…is that you? » écrite par Ron Clark et Sam Bobrick. Elle met en scène un homme d’âge mûr quitté par sa femme qui cherche le réconfort chez son fils dont il découvre l’homosexualité. Si » Norman… » n’eut qu’une carrière discrète dans son pays d’origine, elle connut un grand succès dans sa version française interprétée par Jacques Fabbri et Bernard Giraudeau. Elle fut plus tard reprise avec Jean Lefebvre et Georges Beller. Soit mais quel rapport avec la Balxploitation? Il y en a un. En 1976, la pièce fut adaptée à l’écran avec une distribution presque exclusivement noire avec en tête d’affiche Redd Foxx, comédien bien connu des planches, des boites de nuit et de la télévision avec la très populaire série « Sanford and son ».

Il y a peu à dire à propos de tout cela sinon qu’il est assez amusant de savoir que le même personnage a eu tant de visage aussi dissemblables. Entre Jacques Fabbri, Redd Foxx et Jean Lefebvre, sans compter Bernard Menez dans une reprise récente, il y a effectivement de quoi rire!




A bientôt!
Célébrons aujourd’hui Sainte Claire D’Assise!
Aujourd’hui: Edition spéciale truands qui déraillent, troisième partie. « Scarface » de Brian de Palma (Etats-unis, 1983) « Je suis…comment vous dites?…. Paranoiaque… » L’histoire de Tony Montana, immigré passé des prisons cubaines à l’épluchage d’oignons avant de se retrouver sur le trône de la cocaine dont il ne tardera pas à chuter. Que n’a-t-on écrit et dit sur…