Guerre et pègre: quand le Milieu prend les armes pour la patrie.
Les rapports entre le pouvoir officiel, la nation et le monde criminel sont parfois surprenants. Les exemples ne manquent pas, du tristement célèbre Henri Laffont truand devenu auxiliaire de la Gestapo à Lucky Luciano facilitant le débarquement allié en Sicile en passant par Yoshio Kodama, redoutable yakuza en Mandchourie qui se refit une virginité en temps de paix grâce aux américains et accéda au rang des hommes les plus puissants du Japon. Sans compter Meyer Lansky qui finança Tsahal. Bien entendu, les motivations dans la plupart des cas précités relevaient le plus souvent des intérêts communs bien compris, du désir d’être du côté des vainqueurs ou, comme pour les autorités d’occupation U.S dans l’archipel nippon, le choix d’un moindre mal, qui plus est susceptible de servir.
Toutefois, à côté de ces faits par ailleurs bien connus et bien connus et bien documentés, il en existe qui, s’ils sont moins notables n’en sont pas moins dignes d’intérêts, soit par l’imbrication de leurs protagonistes dans le reste de l’Histoire – petite ou grande- soit par leur caractère incongru. Sans plus attendre: les voici!
Commençons par une figure du Milieu parisien, François Marcantoni. Connu pour ses liens avec Alain Delon et acteur de l’affaire Markovic, l’homme entra progressivement dans la carrière criminelle. Reçu au concours de l’Arsenal de Toulon, il participa au sabordage de la flotte française, fait qui marqua son entrée dans la résistance ( Chose qui fut reconnue officiellement par la suite.) Par la suite, alors qu’il mettait des bâtons dans les roues des allemands, notre ami François en profita pour nouer quelques liens avec ces messieurs de la Pègre, qui lui furent plus tard bien utiles. Il est permis de dégager de ces événements concomitants , deux formes d’illégalité. L’une relevant des lois d’un occupant qui considère toute contestation comme u « terrorisme » (C’était ainsi qu’était alors qualifiée la résistance.) et l’autre d’un pays souverain et en principe respectueux des libertés. Non, que je cherche à justifier la criminalité mais il est intéressant de noter que dans une situation telle que les années noires traversées par notre pays, ceux qui vivent en dehors de la loi peuvent s’avérer des alliés dans le combat contre l’occupant. Il est permis de le déplorer mais c’est parfois vrai.


Changeons maintenant de pays et même de continent, direction l’Amérique du Nord, les USA pour aller à la rencontre des plus célèbres des rebelles locaux, à savoir les Hell’s Angels et plus particulièrement de leurs mythique président (Oui, c’est bien le terme en vigueur!) Sonny Barger. Ce dernier fut connu pour diverses activités que la loi réprouve, son incarcération qui provoqua un tollé dans un certain monde ainsi que pour sa rancune envers les Rolling Stones suite au concert d’Altamont en 1969. Pour ceux qui ne sauraient pas, les Hell’s Angels assuraient la sécurité lors de cette manifestation, laquelle tourna bien vite au vinaigre pour mener finalement au meurtre d’un spectateur. Bon, tout cela est bien connu, venons en au sujet du jour. Il ne s’agit pas d’évoquer ici le bref passage de Barger dans l’Armée (Qui dut renforcer la discipline paramilitaire qui règne au sein de l’organisation, soit dit en passant.) mais la mirobolante proposition du Hell’s Angel numéro un au gouvernement américain: Envoyer les Angels combattre au Vietnam. Il va sans dire que l’idée ne fut pas retenue. Toutefois, pour extravagante que soit « l’offre », elle a sa logique. Si l’on se réfère aux exemples cités plus haut, le crime et la politique se mélangent parfois, et parfois pour des résultats fructueux. Et parfois, parfois, un vrai patriotisme anime les criminels. Il y a l’exemple en 1938 de membres de la Mafia de New York qui se frottèrent aux nazis américains menés par Fritz Kuhn, lesquels étaient déjà perçus comme des ennemis de la nation.
Encore une fois, il n’est pas ici question de faire l’apologie de la truanderie mais de souligner que la vie, en bien des domaines, comporte des zones de gris qu’il faut accepter. Sans pour autant s’y complaire.
Sonny Barger

Pour finir, quelques images du film « Les machines du Diable/ Nam’s Angels/ The losers » de Jack Starett (1970) qui montre à quoi aurait ressemblé l’intervention d’une bande de motards hors la loi au Vietnam. A noter que le film eut une influence sur « Apocalypse now »
A bientôt!

































































