

Johnny je veux ton sexe! Ou les rejetons sexués de « American Graffiti »
Que Sylvie Joly me pardonne de lui avoir emprunté cette phrase pour intituler mon article. Mais il n’empêche qu’il est pertinent en regard du sujet traité ici: la descendance du film de George Lucas: « American graffiti », chronique de la fin d’adolescence d’un trio d’amis qui remporta un succès planétaire, ce qui permit à son auteur de décoller de la Terre pour nous livrer des aventures intergalactiques remplies de boites de conserve qui parlent et de bestioles caoutchouteuses au milieu desquelles se (dé)battent des gentils contre des méchants pour le triomphe d’un bien non identifié.
Mais je m’égare. Quoiqu’il en soit, les fanas de bagnoles en quête d’eux-mêmes de ce film qui coûta peu mais rapporta gros (Comme le Loto, mais qui fut en revanche difficile à faire) ne pouvait que susciter des émules. Parmi ces derniers, certains insistèrent particulièrement sur l’aspect charnel caractérisant l’adolescence et qui n’était qu’effleuré dans le film de Lucas.
Bon autrement dit, les ados sont des obsédés. Et ces films le prouvent! «
« Happy days » (AKA « Erotic graffiti ») de Beau Buchanan (1974)
Le titre dit bien ce qu’il veut dire, non? Bon,comme je ne suis pas rat, je vous en dirais donc un peu plus sur ce porno réalisé par un certain Buchanan dont la vie était dirigé par un gras gourou au crâne rasé et aux grandes oreilles et qui organisa son film autour des fantasmes de ses interprètes sur une bande-son pseudo d’époque. Rigolo.

Kim Pope, star du porno ici en uniforme de collégienne fifties dans « Erotic graffiti »


« Faites gaffe les filles, Archie se pointe/Hot times » de Jim McBride (1974)
Ah les idées des titreurs français dès lors que le titre d’origine ne rend rien dans notre langue. Il est vrai que ces messieurs avaient du travail ors des années 70. Entre les westerns italiens et les films d’arts martiaux asiatiques, l’ouvrage ne manquait pas quoiqu’un peu monotone. Aussi ressentirent-ils comme un bol d’air cette chronique d’un puceau bien décidé à ne pas le rester (Avec sa tête, faut le dire, il y a du boulot!) dans des fifties mal reconstituées en l’intitulant « Faites gaffe les filles… » (Bon, je vous fais grâce du reste!) Pas grand chose à en dire autrement sinon que son réalisateur accéda à des budgets plus conséquents tout en demeurant fidèle à des références fifties. Preuve en est son piteux remake de « A bout de souffle » « A bout de souffle made in USA » (1983) ou Richard Gere court après Valérie Kaprisky sur fond de Jerry Lee Lewis.

Revenons donc chez nous non sans faire un crochet par le Royaume uni avec « A nous les petites anglaises » de Michel Lang (1976) qui suit des lycéens français en goguette sur la terre des angles afin de parfaire leur maîtrise de la langue. Surtout fourrée en l’espèce, la drague les occupant davantage que les études. Bon, ça tout le monde le sait. Je voudrais rendre hommage à l’actrice Brigitte Bellac. Oui, Brigitte Bellac, l’interprète de Mireille, la coincée aux cheveux tirés en arrière humiliée au début du film par un mauvais plaisant qui la débarrasse de sa jupe en plein examen. Tout ça pour voir si elle porte une culotte petit « Petit bateau » (Une marque déposée, je ne l’oublie pas!)

Heureusement, Mireille aura sa revanche. Doublement, même. Quand le mauvais plaisant susmentionné se trouvera acculé par des Teddy boys (D’authentiques spécimens locaux recrutés pour l’occasion) à la jeter dans les bras de ces derniers, visiblement affamés de françaises nubiles. La Mireille s’en trouvera épanouie, ainsi qu’on le verra plus tard, les cheveux libérés et chantant à tue tête. Ceci dit, j’en profite pour rendre hommage à cette très intéressante et éclectique comédienne qui apparut notamment aux côtés des Inconnus. Il faut saluer également son courage face à la maladie, elle souffrit de graves problèmes aux genoux. Ayant plus d’une corde à son arc, Brigitte Bellac est également un auteur et une dessinatrice de taent. So long, Brigitte!


Pour conclure, cette curiosité venue d’Israel « Lemon popsicle » de Boaz Davidson (1978) autre chronique adolescente qui suit l’éducation sentimentale de trois amis à la fin des années 50. Convenu mais plutôt agréable, il obtint un grand succès dans son pays avant d’ouvrir à ses producteurs les portes du marché américain. Pas n’importe quels producteurs, puisqu’il s’agit de Menahem Golan et Yoram Globus qui prient en charge la firme Cannon pour nous abreuver des exploits de Chuck Norris (Entre autres joyeusetés) tout au long des années 80.



A bientôt!
Les chanteurs qui font l’acteur et….inversement.
Chanson et comédie font souvent ménage. Pas forcément bon mais ménage quand même. Il n’est pas question de faire un historique du sujet – ce qui serait intéressant mais par trop long- mais de donner quelques exemples parfois surprenants des aventures des uns dans le domaine des autres. Sans mauvais jeu de mots.
C’est parti, sous le patronage de Marina Vlady, qui figure sur la pochette de cette compilation de musiques de films.

Qui ne connait pas à part les jeunes béotiens bien sûr, « La marche des anges » sur un tempo martial grâce aux bons soins de Charles Aznavour et Georges Garvarentz? Rien qu’à l’entendre, les répliques du film qu’elle illustre nous reviennent en mémoire, notamment celle d’Aznavour: »En psychanalyse o appelle ça un paranoiaque, dans l’Armée on appelle ça un brigadier! »

Curieux disque qui profitait de la vogue des albums concepts qui sévissait à la fin des années 60 pour dresser un monument au commissaire San Antonio avec le concours de Pierre Doris, Robert Manuel, Philippe Nicaud et Frédéric Dard en personne, par ailleurs et évidemment auteur du texte, le tout sur une musique de Guy Skornik. Amusant.

En parlant de Philippe Nicaud, ce très bon second rôle enregistra aussi quelques faces à la fin des années 60 à la fois olé olé et humoristiques, dont le remarquable album « Erotico Nicaud » et le très drôle 45 tours « C’ex » A noter que ce dernier figure sur la série de compilations éditées par le label parisien Born Bad « Whizzzz » consacrée à la variété française influencée par les styles anglo-saxons, notamment le Jerk et le psychédélisme. Recommandé.



Au sein de la très chaotique discographie de l’excellent Guy Marchand, « Guy Marchand chante Fragson » montre l’éclectisme autant que la curiosité de son interprète qui consacrait en 1970 un 33 tours entier çà un chansonnier de la Belle-époque qui se distingua comme pionnier du Ragtime dans notre pays (Découvert lors d’un séjour aux USA) et du combover, autrement dit l’art de cacher sa calvitie en ramenant les cheveux sur la nuque sur le front. Malin. Essayé également par Giscard.

Déjà chroniqué ici, ce très bel et malheureusement unique album d’Alice Sapritch.

Aznavour, le retour dans deux films ou il se contente d’apparitions, au demeurant remarquables de par leur exceptionnel caractère vestimentaire. Le smoking fleuri de « And then there were none » production britannique de Peter Collinson (1974) dans lequel le grand Charles perd la vie. Et l’uniforme de colonel grec avec moustache intégrée de « Intervention delta/Sky rider » production américaine de Douglas Hicock ou comment délivrer des otages en deltaplane. Inutile de dire qu’Aznavour ne s’est pas prêté à ce ridicule. Plus fort que la poursuite en char à voiles de « Docteur Justice » quand même…


Yves Montand fut, tout le monde le sait, un monument de la chanson et du cinéma, souvent avisé dans ses choix. Souvent pas toujours. Ce n’est pas le cas ici dans ce disque pourtant animé de la noble attention d’encourager le désarmement nucléaire. Avec le concours de Michel Fugain et de PPDA ( Un nom qu’il ne faudrait plus prononcer paraît-il) soutenu par des chorales et chapeauté par une ex-Mademoiselle pop des années 60 Jacqueline Taieb, ce disque de la paix donne envie de l’enlever de la platine pour l’avoir, la paix. Mélodies grinçantes, paroles à côté de la plaque quand elles ne sont pas carrément niaises, au secours, police!
Maintenant, rien ne vous empêche de l’écouter.

A bientôt!
Les EC comics. Firme légendaire pour ses bande dessinées d’épouvante, abattue par le puritanisme des années 50. Son histoire commence Après-guerre, crée et dirigée par Max Gaines, elle servait des fins pédagogiques (Le sigle EC signifiait alors « Educational comics ») proposant des publications consacrées à la Bible ou à l’Histoire. Cette période fut plus tard nommée le « Pre trend » suivie par le « New trend » ou nouvelle orientation décidée par le fils de Max Gaines: William C. Gaines. Cette nouvelle direction portait les publications vers des genres tels le policier, l’épouvante, les récits de guerre ou encore la science fiction.




Au début de ce « New trend », ce furent les comics policiers qui ouvrirent le bal, mais ces cousins dessinés des films noirs qui connaissaient alors un grand succès évoluèrent vers le fantastique plus ou moins teinté d’horreur (Souvent plus que moins!) Devant l’enthousiasme suscité par ce type d’histoire, la direction d’EC (William Gaines et Al Felstein, souvent auteur pour la firme) créa deux magazines en conséquence: « Tales from the crypt » et « The vault of horror ». Ils se distinguaient par l’apparition d’hôtes (Un concept emprunté à la radio avant d’être repris par la télévision mais c’est un autre sujet) qui introduisaient et concluaient les récits sur un mode humoristique et macabre tout à la fois, à l’image de hôtes susmentionnés à l’apparence hideuse et drôle. « The crypt keeper » « The vault keeper » et « The old witch »




Parallèlement à cette ligne, il y eut celles plus réaliste représentées par « Shock suspenstories » et « Crime suspenstories » recueils d’histoires à suspense abordant fréquemment des thèmes sociaux. Le racisme, la violence politique ou sexuelle, etc. A cette époque, ou l’Amérique était saisie d’une fièvre anticommuniste surnommée « Chasse aux sorcières », cela demandait un certain courage. Ce contexte permet de faire le lien avec le chapitre suivant, la fin d’EC.





A bien juger, l’anticommunisme n’était sans doute qu’une réaction épidermique parmi d’autres dans l’Amérique d’Après-guerre. La répression des relations hors mariage ou homosexuelles, ou celle plus tardive du Rock’n’Roll, étaient d’autres symptômes de cette frénésie normalisatrice. Il est d’ailleurs intéressant de noter que toutes ces plaies combattues par les autorités de cette période étaient parfois amalgamées. Il en alla ainsi de l’homosexualité assimilée au communisme par le patron du FBI en personne J.Edgar Hoover – lui même homosexuel en secret- sous le terme « Pinko fag »autrement dit « Pédé gaucho »
Une ambiance pareille ouvrait naturellement une brèche dans laquelle s’engouffrèrent nombres de têtes pensantes – ou prétendues telles-Némésis avides de morale et sans doute aussi de publicité. Dans le cas d’EC, la main vengeresse qui s’abattit sur la firme eut pour nom Fredric Wertham. Docteur Fredric Wertham, psychiatre. Ce dernier, horrifié par les couvertures sanglantes des magazines d’EC écrivit un traité intitulé « The seduction of the innocent » pointant du doigt la mauvaise influence de cette littérature sur leur public, à savoir les jeunes. Mais en quoi ces lectures exerçaient-elles selon sa sommité une emprise néfaste sur les petits? Parce que leur violence fantaisiste leur donneraient une fausse idée de celle-ci. (Argument repris soit dit en passant par le cinéaste autrichien Michael Haneke dans sa purge, pardon, son film dénonçant la violence au cinéma « Funny games ») Que l’on soit ou non d’accord avec cette thèse, (Ce n’est évidemment pas l’avis de votre serviteur, mais ce n’est pas le sujet) elle fut prise au sérieux par la classe politique au point que cette dernière constitua une commission sénatoriale menée par…Estes Kefauver! Oui celui-là même qui condamna Irving Klaw, déjà évoqué dans ces colonnes. Ladite commission chargée d’enquêter sur la question amena le retrait des titres jugés les plus violents de la firme. Ce qui précipita son déclin.


Cet événement sera raconté n détail beaucoup plus tard par l’auteur américain Tiger Moody dans son ouvrage « Induction of the sycophant » Pour conclure avec le problème de la censure, il est assez ironique que ces illustrés aient été attaqués de l’autre côté de l’Atlantique par la droite la plus dure, alors que par chez nous « Fantax » justicier dessiné qui dut disparaître sur la décision de la commission des publications pour la jeunesse dirigée par une majorité de….communistes!
Cela prouve que la censure la plus aveugle, pour rester poli, ignore par essence les distinctions politiques.

Et l’influence? La disparition de la firme laissa un héritage considérable, de par ses artistes tous plus doués les uns que les autres, dont certains devinrent des références comme Jack Davis, Frank Frazetta ou Wallace Wood. Dans son public se trouvèrent de futurs grands créateurs, des dessinateurs bien entndu comme Bernie Wrighston, le romancier Stephen King, le réalisateur George Romero (Lesquels s’associèrent pour enfanter « Creepshow » film accompagné d’une bande dessinée, hommage revendiqué aux EC comics) mais aussi des musiciens.

Frank Zappa s’inspira parfois du lettrage du logo ou de la maquette de « Tales from the crypt » pour ces pochettes.


Les Cramps firent de même pour composer leur logo, ce qui était logique pour ce groupe baigné par les cultures marginales des années 50.

Le Psychobilly anglais des années 80 leur emboîta le pas. Et ce bien que le clin d’oeil aux bandes dessinées n’est sans doute pas conscient. En tout cas, l’esthétique est là.

Il y aurait beaucoup à dire, notamment à propos des adaptation directes réalisées en Angleterre par la société Amicus (« Histoires d’outre-tombe’/ »Tales from the crypt ») ou « Les contes de la crypte/ Tales from the crypt » » produites par la télévision américaine au tournant des années 80/90. De la filiation avec e magazine humoristique « Mad » qui accueillit de nombreux transfuges d’EC. Mais ce sera pour une prochaine fois!
A bientôt!
Fetish fifties style!
Sous le patronage de l’égérie en talons échasses Tana Louise (Danseuse et modèle soit dit en passant), une petite virée dans l’univers du SM bon enfant des années 50.
Avec la participation de la grande Bettie Page, voici un programme fait de fessées, talons échasses, brosses à cheveux et lingerie fine, c’est parti!









Et pour quelques couvertures de San Antonio de plus!





















Marins, motards, tatouages et garçons vachers. Bienvenue dans le monde de Chuck Renslow et Samuel Steward, grandes figures gays de l’Après-guerre.
Chuck Renslow.
Photographe puis entrepreneur, Chuck Renslow fit très vite son beurre grâce au milieu « Physique » autrement dit le monde du culturisme qui entretenait des liens avec le milieu homosexuel et ce parce que nombre de ses athlètes posaient pour des magazines sportifs qui ne suscitaient pas seulement un intérêt sportif mais aussi érotique en raison de leurs copieux étalages de corps masculins dénudés (D’accord mais on garde son slip!) A ce titre, ces publications constituèrent la première forme d’homoérotisme grand public.




Dom Orejudos, plus connu sous le nom d’Etienne. Dessinateur d’origine portugaise et compagnon de Chuck Renslow.










Samuel Steward alias Phil Sparrow, alias Phil Andros. Homme actif en toutes saisons puisqu’il fut universitaire, tatoueur et surtout archiviste de sa propre vie sexuelle dans un minutieux autant qu’interminable journal. Anticipant en cela Renaud Camus et son « Tricks » ou encore l’affreux Guillaume Dustan et son illisible « Nicolas Pagès »
Bon, ça suffit comme ça, non? A bientôt!





Irving Klaw, le roi de l’érotisme vendu parfois sous le comptoir, scandaleux pour l’époque et presque innocent pour nos temps de Pornhub. Il contribua avec Robert Harrison à la popularité de Bettie Page. Interdit de publication par l’inénarrable sénateur Kefauver, le Davy Crockett de la politique américaine. Homme politique par ailleurs responsable de la disparition des EC comics, mais c’est un autre sujet. Alors, contemplons ces quelques images qui nous rappellent un autre temps ou il fallait peu de choses pour créer le scandale.

Irving Klaw avec un modèle.

Estes Kefauver (Premier en partant de la droite) et son bonnet en peau de zizi retournée. Pardon de castor.








La photo qui aurait valu son procès à Irving Klaw? Ce cliché appartenait à une série sur le thème du bondage réalisée par Klaw et sa femme Paula Klaw, série qui fut au centre de la controverse qui ruina finalement Klaw. Tout cela parce que la police avait retrouvé un adolescent mort par suicide qui détenait les fameuses photos.
Klaw réalisa également quelques films de « Strip tease » assemblages de saynètes ou des danseuses et/ou modèles exécutaient leurs numéro dans des miss en cène plus ou moins humoristiques.


A bientôt!
Célébrons aujourd’hui Sainte Claire D’Assise!
Aujourd’hui: Edition spéciale truands qui déraillent, troisième partie. « Scarface » de Brian de Palma (Etats-unis, 1983) « Je suis…comment vous dites?…. Paranoiaque… » L’histoire de Tony Montana, immigré passé des prisons cubaines à l’épluchage d’oignons avant de se retrouver sur le trône de la cocaine dont il ne tardera pas à chuter. Que n’a-t-on écrit et dit sur…