

Les borgnes, suite et fin!
Amateurs de figures monoculaires, réjouissez vous, y’a du rab’! Je ne prétend pas à l’exhaustivité et c’est impossible et c’est heureux en un sens, car si une telle chose se pouvait, ce blog devrait s’intituler « Borgne to be alive »! Ceci dit et toutes choses égales par ailleurs, voici un nouvel assortiment de chanteurs, acteurs, militaires qui ont porté pour rire ou pour de vrai le cache-oeil. Avant de commencer, je voudrais faire une mise au point concernant une photo diffusée dans mon opus précédent sur les borgnes. Certains parmi vous ont été choqués par cette dernière qui montrait un homme politique bien connu et à tout le moins controversé. Sachez que cette image avait pour seul but d’illustrer le thème de l’article. Afin que de telles controverses ne se renouvellent pas, je préfère vous prévenir, il y aura dans le présent billet une photo de Moshe Dayan et d’un acteur porno, ça vous gêne?
Quoiqu’il en soit, en route sous le patronage de Scotty McKay!
Scotty McKay, rock’n’roller.

Adolfo Celi, inoubliable Largo du James Bond « Opération tonnerre »

Ray Sawyer, co-chanteur de « Dr Hook and the medicine show » Un lien avec Tom Sawyer?

Moshe Dayan, militaire et partisan de la paix.

Existe aussi en mannequin.

Dick Curless, chanteur Country.

Jack Gatteau, acteur porno et, paraît-il, poète à ses heures.

Snake Plissken, ancien soldat devenu criminel, contraint pour retrouver sa liberté à accomplir une mission mortellement dangereuse dans « New York 1997 », film ou la ville susmentionnée est devenu une immense prison à ceil ouvert. Immortalisé sous les traits de Kurt Russel, le personnage devint si populaire qu’il engendra de nombreuses imitations. La plus étonnante et la plus proche de l’original fut celle de Gabriel Pontello, héros des magazines italiens « Supersex »




Les excentriques du Rock’n’Roll.
Aujourd’hui: Johnny Kidd and the pirates.
Pour rester avec les borgnes, voici Johnny Kidd, né Frederick Heath puis décédé dans un accident de la route. Entre temps, l’homme trouva à s’occuper en renversant les chaises longues au grand dam des soldats américains qui venaient s’y reposer. Plus sérieusement, Kidd se distingua en contribuant à définir l’identité du rock anglais qui avant lui copiait avec lus ou moins de bonheur le grand devancier US. Ce fut avec « Please don’t touch » en 1959 (On pourrait aussi ajouter « Brand new Cadillac » de Vince Taylor, pour faire bonne mesure) que l’histoire du rock insulaire démarra vraiment. Suivirent « Shakin’ all over », « Growl », « So what » autant de classiques qui tout en ne reniant pas l’héritage américain affirmait une identité typiquement britannique. Rythmique lourde, guitare saturée de réverbération sur lesquelles se posaient des mélodies travaillées. Autant de caractéristiques dont beaucoup de musiciens se souviendront, en particulier ceux versant dans le Hard Rock, de Led Zeppelin à Lemmy de Motorhead.
Outre l’aspect purement musical, Kidd innova en se produisant en pirate et dans un décor de galion, anticipant les déguisements de Bowie et consorts, ou les mises en scènes de Genesis et autres progresseux. Mais l’influence de Kidd ne s’arrêta pas là. Le Pub Rock, prédécesseur du Punk, se référa directement ou indirectement ua capitaine et à son équipage. Un groupe qui revendiqua clairement cette filiation fut le gang de Wilko Johnson et Lee Brilleaux: « Doctor Feelgood »








Et le Punk, alors? Bien après la mort du capitaine, en 1977, les Pirates se reformèrent autour de Mick Green, membre originel, donnant le 33 tours « Out of their skulls » qui força le respect de beaucoup, dont les jeunes à cheveux dressés qui bousculaient cette fin d’années 70.
Une influence plus que durable qui mérite bien un ultime salut au Francis Drake du Rock d’Albion!
Au royaume des borgnes, le bandeau est la couronne!
Je voudrais commencer cet article par un coup de chapeau à Albert Algoud, oui Monsieur Albert en personne, celui-là même qui faisait le pitre en clone raté de Claude François à « Nulle part ailleurs » et écrivait des textes de Antoine De Caunes dans ladite émission. Mais pour drôles que furent ses prestations, elles cachaient que l’homme était un professeur de français émérite et l’auteur de nombreux ouvrages de références sur des sujets divers et variés en particulier Tintin et son univers. Au milieu de cette imposante bibliographie, il y a ce petit livre consacré aux éclopés célèbres: « Oeil de verre, jambe de bois »
C’est le souvenir de ce petit livre qui m’a donné l’idée de consacrer un article au bandeau qui le borgne sexy. Le pirate, l’ancien combattant, le baroudeur pourvu de cet accessoire gagne un supplément d’allure dans la section « Tu vois petit, j’en ai chié mais je suis toujours là! »
Outre les figures monoculaires réelles qui ont émaillé l ‘Histoire, il y a les fausses, celles du cinéma. Parfois doublement, puisque les personnages en question miment la mutilation. Peu importe. Trêve de bavardages, voici un défilé dédié au charme du cyclope!

Xavier Vallat, ministre de Pétain.

Johnny Kidd et ses pirates, pionniers du Rock’n’Roll britannique.

Célèbre bande dessinée.

Alain Delon qui portait le bandeau comme personne dans « Le guépard »

Couverture d’un livre de poche inspiré par (Ou ayant inspiré, je ne sais pas!) ce film de motards dont la valeur ajoutée est cette jeune femme pour le moins agressive mais dotée d’un très beau cache-oeil! Généreux, je vous l’offre dessinée et photographiée!


Faut-il le présenter?

Mastroianni en pleine divagation oculaire dans « La grande bouffe »

Christina Lindberg, borgne vengeresse de « Thriller »

Juan José Padilla, torero.

Deux des « Sept femmes commando », délicieux nanar hong kongais.

Elle Driver, méchante de « Kill Bill » dont le cache-oeil se référait çà celui de Christina Lindberg.

A bientôt!
La guerre d’Algérie par René Vautier et Yves Boisset. Ou la contestation de la guerre.
La guerre d’Algérie…plus de soixante ans après sa fin suite aux accords d’Evian, ce conflit demeure un sujet aussi complexe que sensible. Le cinéma français l’a peu abordée pour des raisons diverses et évidentes. Dans ces conditions, les réalisateurs qui s’y sont frottés n’ont pas manqué de courage, peu importe leur point de vue.
Aujourd’hui, il sera question de deux d’entre eux marqués par leur engagement à gauche et dont les films consacrés au sujet traité par dans cet article ont forcément suscité la controverse. A ce sujet, il me semble bon de rappeler que ce blog n’a pas un caractère politique. Cependant, au vu du thème du jour, il est impossible d’éviter le contexte et donc la politique. L’un des motifs du déchirement causé par ce conflit fut le souci que les français en avaient. A la différence de l’Indochine, l’Algérie c’était la France d’une part, et d’autre part, le recours au contingent y avait eu lieu. Et massivement.
Autrement dit, pour une bonne part d’entre eux, les soldats présents dans les djebels n’étaient ni engagés, ni volontaires, mais des jeunes hommes qui n’avaient rien demandé. Certains subirent, d’autres désertèrent, d’autres encore rendus furieux par le traitement infligé à leurs camarades se laissèrent aller au pire.
C’est de cela dont parlent « Avoir vingt ans dans les Aurès » et « R.A.S »
Sans plus tarder, entrons dans le vif!
« Avoir vingt ans dans les Aurès » de René Vautier (1972)
Une section de soldats formant un bataillon de chasse se trouve confronté aux horreurs de la guerre.
Mon Dieu, en écrivant ce résumé, j’ai eu l’impression de rédiger la quatrième de couvertures d’un roman de Konsalik. Mais comment faire autrement tant le scénario du film de Vautier tient sur une feuille de papier à cigarette. Certes, il existe des films dont l’argument est mince mais les développements riches. Ce n’est pas le cas ici. Et pour cause. Une caméra jamais au bon endroit. Un montage bancal. Des dialogues maigrichons, un script poussif et des acteurs peu convaincants et peu convaincus (En particulier Philippe Léotard, plus absent que jamais dans le rôle de l’officier) Par contre, y’a des chansons, de Vautier ne personne s’il vous plait, ah il la pousse la chansonnette avec des paroles que Renaud hésiterait à chanter (« Fous pas tes pieds dans cette merde », ça c’est du texte!) Le budget évidemment rachitique ne peut servir d’excuse, « Charlie bravo » autre histoire d’une unité militaires égarés aux faibles moyens se tirait autrement mieux d’affaire.
Voila pour la forme. Mais pour le fond?
On se fait tirer comme des lapins. On est blessé et même qu’on meurt. Les officiers sont des salauds et en plus le rata est dégueulasse. Bien sûr que tout cela est vrai ou presque. L’ennui est que l’antimilitariste, anticolonialiste, antiraciste, antibactérien (Euh, non, je m’égare là!) Vautier ne sait pas servir son discours. C’est grave. C’est d’autant plus grave que l’homme est coutumier du fait. Déjà ses premiers efforts documentaires dénonçant les agissements de la France en Afrique étaient un désastre, souffrant d’un commentaire dit par Vautier lui-même avec un débit mitraillette. Soit, il en disait plus que dans « Avoir vingt ans… » mais c’était de toute façons raté.
Cinéaste médiocre et piètre propagandiste, Vautier avait au moins pour lui un sans certain de sa propre publicité. Voir sa grève de la faim suite aux méchancetés que lui avait fait la censure, suscitant une vague de protestations dans tous les hauts lieux du gauchisme.
Au moins faut-il lui reconnaître d’avoir abordé le sujet. Mais vu le résultat, était-ce bien la peine?






R.A.S De Yves Boisset (1973)
Des militaires rappelés en Algérie d’opinions diverses sont envoyés dans un bataillon disciplinaire avant de se retrouver sur le terrain.
« R.A.S » est d’une toute autre trempe. Cette dénonciation de la guerre est virulente mais se garde des excès coutumiers de son réalisateur, pour une fois nuancé dans son propos. Nombre des officiers décrits sont antipathiques (Michel Peyrelon et Claude Brosset, impériaux en ordures à képi) mais pas tous (Le commandant qi prend en charge l’unité dans la deuxième partie du film) Les appelés, pivots de l’histoire, offrent eux aussi une diversité intéressante, un communiste, un anar et un apolitique très bien campés par Jacques Weber, Jean François Balmer et Jacques Spiesser. Le montage nerveux et l’absence de complaisance dans la peinture de la violence ne donne que plus de force à la démonstration. Celle-ci, loin de la bêtise de celle de Vautier, a un but précis et évident dès les premières images: le drame des rappelés et, plus généralement de tous ceux qui se sont retrouvés à faire une guerre sans l’avoir demandé.
« R.A.S » est assurément un grand film, preuve en est l’influence qu’il a exercé en particulier sur un certain Stanley Kubrick qui lui empruntera plusieurs idées, notamment sa structure narrative.





En guise de conclusion? Il y aurait beaucoup à dire sur les différents regards portés sur ce qui fut une des grandes tragédies de notre histoire. Et ce en dépit de la rareté des films sur le sujet. Dans les cas que j’ai rapidement passé en revue, il s’agit clairement de dénoncer et comme tout pont de vue, ils ne tiennent compte que d’une partie de l’ensemble d’une situation. Obligatoirement, un point de vue est partial, aussi justes soient les arguments sur lesquels ils s’appuient. Pour ce qui concerne l’exemple de la guerre d’Algérie, cela n’a jamais été aussi vrai. Sa nature controversée s’y prête, quoiqu’on en pense.
A bientôt.
Elvis, Gégène, Jerry Lee, les Beatles et la contreculture. Quand les parents rencontrent leur descendance.
3 décembre 1968. Le King revient et…il est très content! Son hibernation à Hollywood prend fin, les Beatles sont au bord de la séparation et le rêve hippie s’étouffe au gré de manifestations de moins en moins pacifiques. Ce soir de décembre, le King s’offre un programme spécial sur la chaîne NBC qui n’eut rien d’une parodie de cirque. Mais, encore une fois, il s’agit pour le King de la fin d’une traversée du désert entamée avec son service militaire – qui correspond grosso modo au moment ou le Rock’n’Roll classique décline sans pour autant mourir, mais c’est un autre sujet- et achevée avec sa carrière d’acteur.
Imitation ou coincidence, de nombreux confrères du Pelvis tentent au même moment un retour semblable, avec plus ou moins de bonheur, ou de succès, et souvent épaulés par les rejetons de l’ère psychédélique. Ainsi Gene Vincent s’arrogera les services du fou à tout faire de la pop américaine, Kim « I’m bad » Fowley. Cette collaboration accouchera du décevant « I’m back and I’m proud » (Ou figure Skip Battin, qui rejoindra bientôt les Byrds, autre groupe phare des années 60) Gene se rattrapera plus tard avec « The day the world turned blue » Jerry Lee Lewis refait surface lui aussi mais dans le domaine de la Country – il reviendra au Rock’n’Roll en 1972 avec le somptueux « Me and Bobby MacGee » ou livre une très belle fusion entre l’ancien et le moderne, transformant sans la défigurer la magnifique chanson de Kris Kristofferson. Carl Perkins quant à lui s’associera au groupe de Country Rock NRBQ, livrant un album pas inoubliable mais sympathique.
Mais quels fut l’opinion de tout ce beau monde sur les chevelus? Au vu du paragraphe précédent, ils furent cordiaux. De Gene Vincent qui eut une rencontre mémorable avec les Beatles lors de leur période Hambourgeoise, à Carl Perkins. Même Elvis ne fut pas si hostile à la contreculture, la citant avec bienveillance lors de l’émission susmentionnée. Il reprendra même les Beatles en dépit de mots peu aimables pour John Lennon à deux reprises « Hey Jude » et surtout « Something » lors du concert d’Honolulu on pourrait en ajouter une « Lady Madonna » qui fut exhuméé pour le coffret « Walk a mile in my shoes » en 1998.
Concernant les reprises, de fameuses lames de la guitare des fifties s’attaquèrent au répertoire des Beatles. Billy Lee Riley qui lui consacra un album entier et même Mister Rumble en personne, Link Wray reprit chez Swan « Please please me » qui demeura longtemps inédit avant de voir le jour beaucoup plus tard à la grâce des compilateurs.










A bientôt!
Célébrons aujourd’hui Sainte Claire D’Assise!
Aujourd’hui: Edition spéciale truands qui déraillent, troisième partie. « Scarface » de Brian de Palma (Etats-unis, 1983) « Je suis…comment vous dites?…. Paranoiaque… » L’histoire de Tony Montana, immigré passé des prisons cubaines à l’épluchage d’oignons avant de se retrouver sur le trône de la cocaine dont il ne tardera pas à chuter. Que n’a-t-on écrit et dit sur…