Giscard, parti, Tonton (Qu’on ne surnommait pas encore ainsi, mais passons!) s’installait et avec lui une décennie nouvelle. Afin d’évoquer cette ère, voici une galerie qui instruira certains et remettra des souvenirs en mémoire à d’autres.
PARIS, FRANCE – 27 NOVEMBRE: Affiche électorale du Parti socialiste contre le retour de la droite le 27 novembre 1985 à Paris, France. (Photo by Laurent MAOUS/Gamma-Rapho via Getty Images)
Stars à l’abri de verres sombres. L’incognito chez les vedettes de Jayne Mansfield au King en passant par le président Suharto et,sans oublier Jean Claude Rémoleux!
Il est des acteurs qu’on repèrent sans pouvoir les nommer. Air connu. Que je joue un peu trop souvent dans ces pages. Je pourrais ajouter qu’il est des acteurs qui semblent toujours avoir été vieux. Pour Roger Legris, ce dernier coche ces dernières cases. Inconnu célèbre au faciès de nouveau né centenaire qui commença sa carrière dans les années 30, se retrouva aux génériques de films aussi prestigieux que « La kermesse héroique » de Jacques Feyder ou encore « Pépé le moko » de Duvivier ux côtés du grand Jean Gabin, mais se paya en fin de course de jouer dans plusieurs Mocky tel « Un drôle paroissien » et même « La grande lessive » entre Bourvil et Francis Blanche. Pour la petite histoire, Legris se fâcha avec Mocky pour d’obscures raisons d’ego. Mais si Legris mérite d’entrer dans la légende c’est pour sa participation à « Pension Jonas » de Pierre Caron. Ce dernier restera à jamais dans les annales du cinéma pour être le seul film au monde interdit pour imbécilité. Sous le régime de Vichy, il fallait quand même le faire. Au cas ou cela vous intéresserait, cette chose raconte les aventures d’un clochard qui élit domicile dans le squelette de la baleine du musée d’histoire naturelle.
Pour cela, on gardera en mémoire la tête chafouine de vieil enfant de Roger Legris. L’homme le mérite.
« Mais c’est de la merde! » Cette imprécation collera à jamais à la peau de Jean Pierre Coffe, le rotond gastronome lorrain infatigable défenseur du vrai et du bon vivre, ce qui ne l’empêcha pas de faire de la réclame pour Leader price. Et tout cela par la faute de l’intéressé, faute relayée par les Guignols de l’info. Mais avant de devenir un coutumier des plateaux télés (Et des plateaux repas, ah ,ah! Bon, ce n’est pas drôle, j’arrête.) Jean Pierre Coffe fut de ces comédiens dont on connait le visage sans mettre un nom dessus, un de ces cinquième rôles indispensables qui non seulement jouent les utilités mais ajoutent un peu de sel à des films qui en manquent parfois.
Apparu chez Boisset, Chabrol et Schondorff, il aura côtoyé Deneuve, Balasko, et bien d’autres. Maître d’hôtel anitsémite dans « Un amour de Swann » commissaire de police palpeur dans « Sac de noeuds » ou mondain compatissant dans « Ils sont grands ces petits » Il ne faut pas non plus ooublier sa participation au film expérimental « What a flash » de Jean Michel Barjol (1972) ou quarante pèlerins dont notre Jean Pierre se retrouvent enfermés dans un lieu non identifié pour…s’engueuler, en fait. Une belle nticipation de la Téléréalité Sans compter une myriade de téléfilms et épisodes de séries télévisés, parmi lesquels « Sam et Sally » et « Fantomas » ou il apparaissait en chef de la sûreté, ce qui lui allait comme un gant. Coffe avait en effet tout du bourgeois IIIè République (Ce n’est pas un reproche!) et il est à ce titre très ironique qu’il reste dans les mémoires pour une grossièreté.
Vous l’avez vu dans « Le procès » de Orson Welles, chez Godard dans « Bande à part » et surtout chez Mocky. Mocky qui utilisa douze fois sa lourde silhouette et son dôme chromé. Sans compter son sempiternel air égaré. Un personnage mystérieux qui avait le don d’agacer les comédiens aguerris tel Michel Serrault qui pestait contre lui parce qu’il ne savait pas donner la réplique. Il y a donc un mystère Rémoleux mais qui ne porte pas tant sur son amateurisme que sur sa présence régulière sur les plateaux, et ce avant sa rencontre avec Mocky. Quoiqu’il en soit le bibendum fit rire autant qu’il fascina, oeuvrant en dilettante, lui qui était le fils d’un actionnaire de Prisunic.
Courir. A priori, la chose la plus naturelle au monde. Tout le monde court ou a courut après n’importe quoi. Un bus, un train, l’argent, l’amour. Mais certains courent pour courir et le font mieux que d’autres. Ils ont commencé autour de la ferme de leurs parents, en allant à l »école quant il fallait encore user sa galoche pour s’instruire. Courir pour s’échapper. Courir pour échapper à quelque chose. Courir pour courir. La course contre la montre, selon l’expression consacrée, c’est la course contre le temps. Et celui qui la gagne remporte une victoire éphémère contre ce foutu temps qui finit toujours pas nous battre.
La course… qui n’est pas tant contre l’autre que contre soi. La solitude du coureur de fond. Michel Jazy ne fut pas le seul à l’incarner, mais peut-être le fit-il avec plus de panache que ses collègues. En tout cas, il incarnait une France qui savait fabriquer des français (Jazy était de souche polonaise) et le mérite. Une France qui demeurait unie en dépit de divergences inévitables.
Quelques images pour se souvenir. Et, pourquoi pas, en tirer une inspiration.
Aujourd’hui: Edition spéciale truands qui déraillent, troisième partie. « Scarface » de Brian de Palma (Etats-unis, 1983) « Je suis…comment vous dites?…. Paranoiaque… » L’histoire de Tony Montana, immigré passé des prisons cubaines à l’épluchage d’oignons avant de se retrouver sur le trône de la cocaine dont il ne tardera pas à chuter. Que n’a-t-on écrit et dit sur…