

Chanson française.
Aujourd’hui: « Rock around the bunker » de Serge Gainsbourg (1974)
Sorti en janvier 1975, « Rock around the bunker » appartient à la période la plus ingrate de Serge Gainsbourg. En effet, les années 70 furent très difficiles pour le musicien, rythmées par une suite d’échec qui prit fin qu’avec le succès de l’album Reggae en…1979! « Melody Nelson »? Un quasi-bide lors de sa parution en 1971 avant de devenir le disque culte que tout le monde vante de nos jours. « Vu de l’extérieur », sorti deux ans plus tard ne fit guère mieux malgré le relatif succès du simple « Je suis venu te dire que je m’en vais. » et son loin des expérimentations de son prédécesseur.
Ces dans ces conditions, Gainsbourg enregistra cet exercice de provocation ou il s’amuse à imaginer un Hitler entouré de travestis alors que Berlin croule sous les bombes. Avant d’aller plus loin, il serait intéressant de s’attarder sur l’intérêt de l’auteur pour ce sujet (Sans parler de son traitement) Sans doute la volonté de se confronter à un passé douloureux sous l’angle de l’humour noir (Gainsbourg était un enfant de la guerre, juif qui plus est, il ne faut pas l’oublier) Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Gainsbourg aborde sa judéité, il l’avait déjà fait avec « Le sable et le soldat » composée au moment de la Guerre des six jours. La volonté de provoquer un public qui n’éprouve souvent qu’indifférence pour ses dernières créations. L’influence de l’air du temps ou le cinéma prend à bras le corps (Et pas toujours pour de bonnes raisons) la question du Nazisme suite au succès des « Damnés » de Visconti et plus encore peut être de « Portier de nuit » de Lilliana Cavani, film très sulfureux pour le moins, qui montre une ancienne déportée tombe amoureuse de son bourreau devenu employé d’hôtel. L’influence de l’air du temps encore une fois, les travestis nazis renvoyant à l’androgynie alors très en vogue via le Glam Rock ou Glitter, porté par David Bowie ou Marc Bolan. Cela soit dit en passant n’aurait rien d’étonnant de la part du beau Serge, lequel prêtait une oreille attentive aux sonorités anglo-saxonnes. (Est-ce pour cela qu’il se proclama « Premier punk » quelques temps plus tard? Drôle d’idée considérant le nombre de prétendants à ce titre, de Marcel Duchamp à Pete Townshend) Quant à la musique, elle se réfère pour une grande part au Rock des origines, qui en ce milieu de décennie n’en finit pas de revenir (Voir le « Rock’n’Roll » de John Lennon). L’influence de l’air du temps, une dernière fois, 1974 étant comme l’écrivait Patrick Eudeline « L’année de la décadence »

D’accord, tout cela est bel et bon, mais qu’en est-il du disque proprement dit?
En quelques mots: brouillon, inégal, souvent facile, parfois drôle, inhabituel chez Gainsbourg en cela qu’il lui manque le soin propre à sa musique. De très bons moments « Nazi Rock » et surtout le morceau titre, sans oublier le Doo Wop « SS in Uruguay » et le stupide mais rigolo « Zig zig avec toi »
Toutefois la plus grande surprise ici c’est la reprise de « Smoke gets in your eyes » qui s’explique de l’aveu même de Gainsbourg parce que Madame Hitler, Eva Braun en personne (Eh oui!) adorait cette chanson qui était paraît-il sa préférée! Par ailleurs, elle se référait pour l’auteur aux larmes causées par les gaz. Hum.

En définitive, une oeuvre mineure dont le principal intérêt se situe dans le contexte de son époque et plus spécialement dans l’histoire à la fois personnelle et artistique de Gainsbourg qui cherche à communiquer avec le public et tâche tant bien que mal au moyen de son art d’exorciser ses démons. En somme, un chaînon manquant entre le caractère sage de « Je suis venu te dire que je m’en vais » et l’expérimentation folle de « L’homme à la tête de chou »
En guise de conclusion, cette photo de Tony Frank (Alors photographe de Gainsbourg) qui devait illustrer la pochette et ne fut finalement pas retenue.
A bientôt!

Promenade en Ford Consul dans la campagne anglaise…



Une certaine élégance…


C’est samedi soir, double dose de photo olé olé!




SS in Uruguay: ou quand le casque d’acier prend des vacances au soleil des tropiques.
Les hommes présents sur l’image ci-dessous évoqueraient facilement Varsovie. Mais les plus observateurs d’entre vous se rendront compte qu’au vu des inscriptions en espagnol, il n’en est rien. La photo en question a été prise en Argentine. Eh oui, le casque allemand a franchi les océans pour orner les crânes de soldats de divers pays d’Amérique Latine. Pourquoi me demanderez vous cette incongruité? Cette dernière remonte en gros à une période allant de la fin du XIXè siècle au premier tiers du suivant quant plusieurs gouvernements d’Amérique latine firent appel à des conseillers du tout jeune Reich allemand. En conséquence, ces pays subirent l’influence germanique pour ce qui concernait les armes, l’organisation et, bien sûr, les uniformes. Le cinéma refléta d’ailleurs parfois ce fait historique, notamment « La horde sauvage » de Sam Peckinpah avec son conseiller martial plus prussien que nature ou encore « Il était un fois la révolution » de Sergio Leone et ses soldats (Les « fameuses sauterelles »!) dont les tenues évoquent forcément quelque chose. Ainsi, la Bolivie, l’Argentine, le Chili, et même la République de Saint Domingue se retrouvèrent-ils avec des soldats attifés à la mode d’Outre-Rhin!







Il est tard, pour ceux qui sont seuls, voici une ode à la turlute. Avec en introduction un baiser, moins intime que ceux qui vont suivre! Bonne nuit!







Célébrons aujourd’hui Sainte Claire D’Assise!
Aujourd’hui: Edition spéciale truands qui déraillent, troisième partie. « Scarface » de Brian de Palma (Etats-unis, 1983) « Je suis…comment vous dites?…. Paranoiaque… » L’histoire de Tony Montana, immigré passé des prisons cubaines à l’épluchage d’oignons avant de se retrouver sur le trône de la cocaine dont il ne tardera pas à chuter. Que n’a-t-on écrit et dit sur…