Chanson française.
Branle bas dans la chanson, être Pop ou ne être…
Les Moody blues qui s’en balancent, la chanson française qui s’interroge. La the nana? Pour la trouver, allez au zoo après le métro boulot dodo à moins que ne préfériez prendre l’air de la Mancha à Broadway.

Première partie.
C’est la fin des années 60. Les pavés ont fini de voler et le Général vit ses derniers jours en tant que chef de l’état. La jeunesse la moins politisée se gorge de Pop anglo-saxonne ou de ses suiveurs français. Parmi eux des jeunes loups mais aussi des artistes chevronnés qui par goût ou par nécessité s’essaient aux sonorités exotiques.
En voici quelques uns.
Dick Rivers
En 1968, Dick Rivers vit le drame de nombreuses gloires du Twist qui ont survécu aux changements du paysage musical français. Il était, ainsi qu’Eddy ou Johnny, né trop tôt dans un monde trop jeune pour détourner Alfred de Musset. Les cheveux s’allongeaient, les bas de pantalons s’élargissaient et la musique populaire braconnaient sur les terres du Jazz, du Classique ou de l’expérimental. Loin, très loin du Twist à Saint Tropez.
Que faire alors pour survivre? S’adapter. Au moins dans une certaine mesure. Inspiré par le Rhythm’n’Blues américain et l’album des Moody Blues « Days of future passed » il décide de se lancer dans un projet combinant les genres susmentionnés avec le concours de Gérard Manset et Alain Bashung.

Cette réunion donnera lieu à l’album « L’interrogation » en 1969; mélange de chanson française traditionnelle et de Soul saupoudré du psychédélisme alors en vogue. Oui, saupoudré car la concession essentielle faite à l’époque est la structure conceptuelle du disque. Dit en terme plus simple, « L’interrogation » est composé de chansons liées entre elles formant au final un récit – qui raconte en l’occurrence la journée d’un homme qui commence banalement pour s’achever en tragédie.

Dick Rivers se tire mieux que bien de cet exercice et parvient à apposer une marque non seulement personnelle mais aussi nationale à un genre exogène, sans jamais se laisser dominer par la référence aux Moody Blues. Chargé d’émotions, jouissant de la voix chaude de son interprète, des excellents textes de Manset et de mélodies inspirées.

Une réussite en même temps qu’une oeuvre inhabituelle dans la discographie du niçois à rapprocher d’essais comparables Outre-Atlantique de Roy Orbison, Del Shannon ou Bobby Darin. On pourrait ajouter que Dick Rivers avait de l’avance – Johnny Hallyday ne fera d’album-concept en 1975 avec « Hamlet » et que la réédition du disque avait été expurgée de la narration de Gérard Manset. Curieux…

Au suivant!




























