

Dans mon article sur le carnaval, j’avais oublié l’un des groupes les plus célèbres de porteurs de masques: les ninjas. Cette société de guerriers d’assassins et d’espions qui dura jusqu’à la disparition complète du monde traditionnel nippon au début du XXè siècle. Ils laissèrent un héritage à l’armée nationale et plus encore dans l’imaginaire collectif de leurs pays avant de conquérir celui du monde. Pour le meilleur et pour le pire.
La source de cette cinématographie peut se situer en 1963 avec « Castle of owls/Ninja hicho Fukuro no Shiro » de Masahiro Shinoda, évocation sérieuse de cette confrérie. Le film connut un assez grand succès pour engendrer des suites ainsi que des imitations. Cela explique-t-il la présence de ninjas dans le James Bond « On ne vit que deux fois/You only live twice » de Lewis Gilbert (1967) ? Mystère, en tout cas, ce fut la première fois que ces personnages apparurent dans le cinéma occidental.
« Castle of owls »

« On ne vit que deux fois »

Cet article ne prétendant pas à l’exhaustivité, je passerais sur les précurseurs du genre pour arriver en l’an de grâce 1980. Franco Nero, légende du cinéma italien (Django pour l’éternité) se retrouva à jouer un ninja blanc suite à une rencontre lors d’un coquetèle avec le duo de producteurs israélien Menahem Golan/Yoram Globus. Il en résulta « Enter the ninja/L ‘implacable ninja » réalisé par Manahem Golan. Nero y était opposé à Sho Kosugi, lequel devint le héros des opus qui succédèrent à l’opus de Goaln. Cela valit mieux, Kosugi étant un authentique artiste martial, ce qui n’était pas le cas de Nero, doublé pour la plupart des scènes d’action. Bien que peu reluisante, la chose demeurait acceptable en regard de ce qui suivit. Entre les ninjas militaires américains stationnés aux Philippines (L’Afrique du sud en fait, le vrai lieu de tournage de certains de ces films employés alors que les émeutes faisaient rage dans les ghettos locaux) Le ninja réincarné en sémillante prof d’Aérobic (Ninja III, the domination) et j’en passe et des pires, comme dirait le professeur Rolin.
« L’implacable ninja »

Sho Kosugi

L’Asie ne fut pas en reste en particulier Hong Kong via les productions Filmark de l’inénarrable Godfrey Ho, spécialiste du recyclage à l’infini (Ah la même scène de téléphone réutilisée dans pas moins de dix films!) fit sa fortune grâce à une interminable série consacrée au sujet pour le moins croquignolette. Ninjas en rouge, fuschia, voire jaune poussin, toujours joués par des occidentaux, Richard Harrison en premier lieu. Triste fin de carrière pour cette figure du Western italien.


Sur ce, je vous laisse. Peut être vous parlerai-je des ninjas turcs, mais ce n’est pas tout à fait le même sujet. A bientôt!

Aujourd’hui: Jacques Dufilho
Le cabaret, le cinéma, la télévision, le théâtre. Du comique pas toujours léger à quelques exemples de ce que notre cinéma pouvait donner de meilleur, il était partout. Faire valoir dans des nanars ou il donnait parfois la réplique à De Funès. Au cours d’une carrière longue autant que prolifique, il incarna une incroyable galerie de portraits. Vigneron, paysan breton, commissaire Juve, colonel compréhensif de recrues aussi bêtes que peu motivées, les bidasses qui étaient paraît-il en folie. Il endossa souvent l’uniforme, et d’abord dans la vraie vie, appelé comme tant d’autres lors de la campagne de France. Il coiffa même le képi du Maréchal le temps d’un film, et considérait que le gouvernement Reynaud aurait du être jugé. Il fut aussi l’inoubliable chef mécanicien du « Crabe tambour » marin autant que conteur des histoires secrètes de sa Bretagne. Il fut le vengeur à vélomoteur de la « Journée bien remplie » de Jean Louis Trintignant. Il tourna pour Chabrol, pour Schoendorffer, pour Mocky et pour Truffaut qui coupa son rôle dans « Les 400 coups ». Il fut comme le comédien accompli qu’il était à lui seul bien des personnages et en bien des endroits. Ce petit homme sec à la voix si particulière se destinait à être paysan mais sa passion de la comédie le rattrapa sans lui faire oublier son goût pour la terre qu’il cultivait dans le coin du Sud-Ouest ou il se reposait entre deux tournages. Là-bas, il se consacrait également à l’autre grande affaire de sa vie: les Bugatti. Il était discret et répondait avec un laconisme ironique aux journalistes trop curieux, tout en cachant ni sa foi catholique traditionnelle, ni son Monarchisme.
Pour tout cela, merci monsieur Dufilho.













Aujourd’hui: « Gainsbourg percussions » de Serge Gainsbourg (1964)
Le début des années 60 pour Gainsbourg fut pour ce dernier celles du rythmes ou plutôt des rythmes. Celui du Jazz, du Jazz Latin puis enfin celui de la musique Afro-cubaine dont ce » Percussions » offre une interprétation très personnelle (Forcément!) de l’auteur.
Différent de son précédent opus « Confidentiel » mélancolique et intimiste, « Percussions » se montre joyeux et débordant des percussions de son titre, cela va de soi, mais aussi de choeurs, de légèreté et d’humour. Les paroles évoquent souvent un monde noir rêvé ou règnent la sensualité et la joie. Il y a bien sûr quelques titres plus sombres ou/et teintés d’ironie (on ne se refait pas!) mais l’album respire une gaité pas si fréquente chez Gainsbourg.
Au rayon curiosité, il faut signaler ‘usage de tables en bois Empire pour compléter les percussions. Au rayon décevant, les quelques chansons plagiées, en particulier « New York USA » de Babatunde Olatunji, artiste nigérian dont Gainsbourg ne jugea pas utile de citer le nom. Il récolta à la suite de cette « négligence » un procès qu’il perdit.
Bien fait.
Certes, cela n’enlève rien au plaisir de l’écoute. Mais même si chacun sait que la musique populaire fonctionne par emprunts, le procédé déçoit venant de celui qui fut un de nos plus grands artistes musicaux contemporains.

A bientôt!
Aujourd’hui Jakob Rosenfeld et Hans Muller.

» Médecin militaire, c’est recoudre les viandes » disait Alain Delon dans « Adieu l’ami ». Dans cette rubrique consacrée aux soldats étranges ou d’exceptions, un médecin militaire méritait sa place. Et pas des moindres. Jakob Rosenfeld, juif autrichien, médecin urologue qui passa par les cases prison et camps de concentration avant de quitter son pays pour la Chine, car cette dernière ne demandait pas de visa. D’abord installé dans le ghetto juif de Shangai, il fonda avec succès dans la concession française de la ville un cabinet de gynécologie. Suite à quelques péripéties, il se trouva embringué dans la guerre sino-japonaise côté chinois et communiste (Bon personne n’est parfait!) dans la Quatrième armée puis la Huitième armée. Il gagna vite l’estime de tous en compensant en créant la faculté de médecine de Huazong qui contribua à améliorer la formation des personnels médicaux militaires.
Il y gagna un grade de général et un nom couleur locale « Luo Shengte » Couvert d’honneur et de gloire, il décida de rester dans son pays d’adoption jusqu’en 1950, date à laquelle il revint en Autriche afin de rechercher ses proches dont beaucoup avaient péri dans les camps de la mort. Il put cependant renouer avec ceux qui avaient survécu puis tenta en vain de retourner en Chine. Il migra ensuite en Israel ou il exerça son métier avant de mourir d’un arrêt cardiaque en 1952.
Bien plus tard, ni ingrats, ni sans mémoire, les chinois reconnurent son importance, lui élevant une statue devant un hôpital portant son nom.

A bientôt!
Célébrons aujourd’hui Sainte Claire D’Assise!
Aujourd’hui: Edition spéciale truands qui déraillent, troisième partie. « Scarface » de Brian de Palma (Etats-unis, 1983) « Je suis…comment vous dites?…. Paranoiaque… » L’histoire de Tony Montana, immigré passé des prisons cubaines à l’épluchage d’oignons avant de se retrouver sur le trône de la cocaine dont il ne tardera pas à chuter. Que n’a-t-on écrit et dit sur…