
-
RIP Alain Delon. 1936-2024







-
Aujourd’hui: « Le téléphone sonne toujours deux fois » de Jean Pierre Vergne (1985)
Aidé de sa bande de copains, le détective privé Marc Elbichon (Marcel Bichon, en fait) traque un maniaque qui assassine des femmes au moyen d’un téléphone avant de leur enfoncer le cadran au milieu du front.
Les Inconnus étaient alors cinq. Bourdon, Campan, Légitimus avaient encore au sein de leur collectif Samin (Depuis reconverti dans la restauration) et Seymour Brussel (Depuis reconverti dans les médecines douces) Ils sortaient du « Théâtre de Bouvard » émission aux petits moyens mais aux grandes audiences qui ouvrit la porte à bien des comédiens. Au point que le film employant les acteurs sortis de cette pouponnière était devenu un genre en soi. De tout les essais qui en relèvent, « Le téléphone sonne toujours deux fois » ne fut pas, loin de là, le pire.
« Le téléphone sonne toujours deux fois » est une comédie parodique et absurde au bon sens du terme. Référentiel avec discrétion (Voir le look à la Bogart de Didier Bourdon) nonsensique avec sa galerie de personnages excentrique servie par une pléthore de vedettes invitées (Ce qui tourne parfois à l’inventaire, mais bon…) et son univers désincarné, presque irréel. Toutefois, les auteurs -également interprètes- n’oublient pas de raconter une histoire, laquelle relie un des personnages à l’assassin au téléphone. Certes, il y a des défauts, de maladresse et d’excès propres aux débutants, un manque de rigueur et de rythme. Toutefois, la chose présente assez d’intérêt pour mériter le coup d’oeil. Chacun est libre de préférer « Les trois frères’ réalisé dix ans plus tard et sans doute mieux construit et plus crédible. Mais si « Le téléphone… » n’est pas sans faiblesses ni un chef d’oeuvre, il a un charme certain.
A bientôt!

















-
Attention! Cet article aurait du être une critique de « Retour vers l’Enfer » film d’aventures narrant le sauvetage de prisonniers de guerre américains par une troupe de mercenaires commandée par un officier en retraite. Et ce bien après la fin du conflit.
Oui, voila ce que cet article aurait du être. Mais le sujet même du film susmentionné couvrait un spectre plus large que le film lui-même. Mais afin de développer cet argument, il convient d’apporter quelques précisions quant au film et au contexte. Réalisé par Ted Kotcheff en 1983 « Uncommon valor » de son titre original, n’est certes pas le premier à aborder le thème du Vietnam mais depuis le premier volet des aventures de Rambo – déjà dirigé par Kotcheff- le regard sur le conflit se distingue sur celui que portaient sur icelui les cinéastes de la décennie précédente. En effet, dans les années 70, les infirmes retour des rizières étaient tantôt justiciers ( « Vigilante Force » de George Armitage, 1977) tantôt terroristes (« L’inspecteur ne renonce jamais » de James Fargo, 1976) souvent traumatisés (« Heroes » de Jeremy Paul Kagan, 1977, avec Henry « Fonzie » Winkler en personne) parfois tout à la fois (« Rolling thunder » de John Flynn, 1977, et bien sûr « Taxi driver » de Martin Scorsese, 1975. A noter que ces derniers ont tous les deux été écrits par Paul Schrader) et même morts vivants (« Le mort vivant » justement de Bob Clark, 1972)
Dans tout les cas, les personnages des oeuvres citées étaient porteurs de leurs propre souffrance ainsi que celle d’un pays humilié par sa défaite. » Rambo » marqua un changement par rapport à ce qui l’avait précédé par sa fin. Au terme de son duel contre le shérif Teasle, Rambo est arrêté. Personne n’a oublié l’image qui clôt le récit: le héros menotté, drapé dans l’imperméable de son ancien chef, marchant d’un pas lent vers….quoi? La prison? Oui, mais est-ce vraiment tout? Avec le recul et en regard des suites et, plus largement, de l’influence de cette figure iconique, il ne fait guère de doute que les choses ne pouvaient en rester là.
Avec ces anciens combattants volant au secours de leurs frères d’armes, « Retour vers l’Enfer » donnait non seulement le « La » de la suite des aventures du Béret vert déchu mais aussi d’une orientation nouvelle quant au traitement réservé aux retombées des combats menés sous le soleil des tropiques, sans rapport avec Gilbert Montagné. Oubliée la défaite, le cinéma va se charger d’un triomphe sur les écrans. L’idée ne tomba pas dans l’oreille d’un sourd, puisque l’inénarrable duo de producteurs israélien Golan/Globus s’en emparèrent avant même que Stallone ne s’en occupe, mettant Chuck Norris dans la peau d’un ancien militaire vengeur et surtout libérateur, bottant le cul de geôliers communistes asiatiques avec une ardeur qui force le respect dans le mémorable « Missing in action/Portés disparus » de Joseph Zito (1985)


Puis enfin, l’original arriva sur les écrans, rare exemple de film plagié avant son premier tour de manivelle. « Rambo II, la mission/ Rambo, first blood part 2″ de George Pan Cosmatos sorti donc sans souffrir le moins du monde de ses devanciers. Il installa dans le paysage une nouvelle figure de l’imagerie populaire mais sans rapport avec son prédécesseur. Loin du paumé qui survivait grâce au savoir acquis lors de sa période militaire, John Rambo est ici un super héros qui rachète le passé à grands renforts d’armes tenant autant de la technologie que du surnaturel. Dans la foulée, suivirent de nombreuses imitations et ce jusqu’au Philippines (Ah, »Rambu »!) et même l’URSS (Ah, « Le camarade Rambov ») ainsi qu’une commercialisation à outrance allant du jouet au concours de sosies. A propos de sosies, une pensée pour le plus célèbre d’entre eux: Wayne Scott. Celui-ci laissa pour toute trace une chanson Disco produite par Henri Belolo, un des hommes derrière les extraordinaires « Village people » D’ailleurs le clip de Scott n’aurait as déparé dans une boite cuir de l’époque avec ses gros plans insistants sur les pectoraux de sieur Scott.



Avec tout ça, on sortait clairement du réel. Mieux, on dépassait, non, on explosait les limites de l’acceptable en la matière. Et pourtant, pourtant, le réel répondit à ces délires mongoliens. Tandis que les guerriers à bandana dans les cheveux faisaient les kékés dans des camps abritant des survivants loqueteux, de vrais militaires dans la vraie vie s’occupaient de localiser d’éventuels lieux de détentions en Asie. Ce fut le cas de l’ancien officier para Bo Gritz, soldat le plus décoré de la guerre du Vietnam, sollicité maintes fois pour calmer des vétérans – pas toujours authentiques- excités de la gâchette et qui tâta de la politique. Mais revenons ua sujet qui nous intéresse. Au milieu des années 80, les années Reagan, les années de la gagne, Gritz dirigea une expédition ayant pour but de localiser des camps de prisonniers, si possible encore pleins. Il n’en trouva pas, mais à défaut, il découvrit un juteux trafic de stupéfiants entre des officiels du gouvernement d’alors. Mais c’est un autre sujet.

Mais quel est le sujet? Le rapport, c’est celui entre le réel et l’image qu’en donne la fiction, et la manière dont les deux se confondent parfois. Quitte à se demander s’ils ne s’influencent pas l’un l’autre, ce qui, aux Etats unis n’a rien d’inhabituel. Je laisse le mot de la fin à l’écrivain soldat et vétéran de l’Indochine, Jean Lartéguy, auteur entre autres des « Centurions ». « Apocalypse now était dans son délire bien plus vrai que Rambo qui envoie des bombes atomiques au bout de ses flèches. J’ai rencontré au Laos des américains persuadés de trouver d’anciens camarades détenus dans la jungle. Un chinois les mena jusqu’à un ancien camp. Evidemment désaffecté. »

Dont acte. A bientôt!
-
Aujourd’hui: « Appelez moi Bruce/They call me Bruce » de Elliot Hong (1983)
Yoon, jeune cuisinier d’origine chinoise au service de pontes de la Mafia est un jour chargé par ces derniers de convoyer un stock de drogue de la Californie jusqu’à New York. A l’insu de son plein gré, il va sans dire. Hélas pour la Mafia, c’est sans compter les concurrents, les agents fédéraux et, surtout, la maladresse -sinon la bêtise- de Yoon.
Inspiré par mon précédent article sur les ninjas, je poursuis dans ma veine mi-asiatique/mi-américaine avec ce « Appelez moi Bruce » qui prenait le contre-pied de la Brucesploitation ou des aspirants Bruce Lee exposaient leurs prouesses en poussant encore plus de cris que leur modèle. Ici au contraire, le « Bruce » du titre montre une inaptitude constante aux arts martiaux (Voir l’usage très personnel qu’il fait du nunchaku) et ne doit son surnom qu’à sa vague ressemblance avec l’idole susmentionnée.
Il s’agit donc d’une parodie. Et qui ne brille pas par la légèreté. Les gags scatologiques s’accumulent telles les mises en demeures sur le palier d’un squatteur. Mais c’est drôle. Et parfois inattendu. Notamment lors de la scène du boss criminel adepte des raclées sensuelles et autres coups de fouet qui reproche à sa maîtresse – et porte-flingue- de mal choisir son moment pour le battre.
Je préfère ne pas en dire plus afin de ne pas gâcher le plaisir de votre éventuelle découverte de cette comédie à mi-chemin entre les Kung fu comédies de Hong Kong et « The last dragon » de Michael Schultz sorti deux ans plus tard.
Une dernière chose avant de finir, le message profond et emprunt d’une profondeur bouddhique: « L’argent n’est pas le plus important dans la vie, le plus important c’est les nanas et les boules! » Dont acte.









