Première partie.
L’Eurospy. Un genre qui évoque aux cinéphiles et aux spectateurs doués d’un peu de mémoire des chiffres et des lettres: OSS 117, Commissaire X, ou encore Coplan agent FX18. C’était aussi un bestiaire rempli de tigres et de gorilles. Souvent méprisé, considéré comme un sous-produit de la série des James Bond alors au faîte de sa gloire. La vérité est en fait plus complexe. La créature de Ian Fleming ne fut pas le seul super agent du Monde Libre à peupler les librairies et les halls de gare pendant les années 50 avant de donner lieu à des adaptations filmiques lors de la décennie suivante. De nombreux pays y allèrent de leur obole à l’espionnite et la France ne fut pas en reste. Y compris dans le domaine du cinéma, le premier OSS 117 précédant la première aventure de l’espion britannique de…six ans! « OSS 117 n’est pas mort » de Jean Sacha avec Ivan Desny dans le rôle titre.
Je passe cependant sur ce film au demeurant précurseur pour me concentrer sur la période qui fut celle de l’explosion du genre: les années 60. Et plus particulièrement sur deux exemples (Vous le savez, je ne vise pas l’exhaustivité) qui témoignent de ce que ce type de cinéma pouvait produire. Pour le pire et pour le meilleur.
Commençons par le pire!
« Le gorille a mordu l’Archevêque » de Maurice Labro (1962)
Ah là là, ne voila-t-il pas que la construction d’une voie ferrée en Afrique (Ne me demandez pas le pays, j’ai oublié!) perturbe un magnat d’on ne sait trop quoi mais vachement fort qu’on surnomme l’Archevêque (Oui l’Archevêque du titre) au point que ce citoyen décide de faire assassiner le représentant dudit pays afin de reprendre à son compte le marché de la voie ferrée. Heureusement, la France veille et envoie Géo Paquet dit « Le gorille » lui régler le nez. Et accessoirement le mordre. Enfin un film qui tient ses promesses.
Que dire? Voila une chose qui suscite à la fois l’affliction et l’amusement. L’affliction devant Roger Hanin, acteur de talent, se livrer à un numéro de mariole. L’amusement devant une entreprise qui compose avec les moyens du bord pour livrer un spectacle qui, s’il est pauvre, n’en n’est pas moins réjouissant. Intrigue foireuse, humour involontaire, bagarres mal chorégraphiées, bref l’ordinaire de ces productions bon marché qui offraient un moment de délassement aux spectateurs pas trop exigeants.
On ajoutera qu’il y a la musique de Michel Magne (Oui, deux ans avant « Les tontons flingueurs ») interprétée par le groupe vocal « Les Double-six » (Idéal pour mariages, communions, baptêmes etc) et surtout un certain James Campbell (Comme les soupes en boites immortalisées par Andy Warhol) en méchant maître dans l’art de planquer sa cigarette dans un cendrier.
Que dire d’autre? Rien regardez plutôt les images!








A suivre…
















