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Aujourd’hui: François de Roubaix
Qui allait au cinéma dans les années 70 a forcément entendu sa musique. Qui est allé voir « Ho! » « La grande lessive », « Les aventuriers » ou « Le samourai » ou « L’homme orchestre » a retenu ses mélodies qui fondaient en un tout harmonieux le classique et le moderne, le Jazz, le Traditionnel et l’électronique -Dont il fut un pionnier.
Mais qui était ce compositeur? Je ne joue pas aux devinettes. Vous avez lu son nom au début de l’article. Parmi les musiciens qui se sont mis au service du cinéma, François de Roubaix fut l’un des plus inventifs et même un précurseur. Un des plus divers aussi, allant du Polar à la Comédie musicale en passant par le Générique télé et les émissions pour enfants (Ah « Chapi Chapo », un beau souvenir d’enfance pour ce qui me concerne) Il proposa ses services au Commandant Cousteau pour l’un de ses documentaires. Ce que le Commandant refusa. Pas fâché, Roubaix garda pour lui le matériau.
L’homme était quant à lui attachant. Plongeur, aventurier qui, s’il ne provoquait pas la bagarre, ne la fuyait pas quand elle se présentait. Hélas, il lui arriva ce malheur qui touche parfois les hommes qui font toujours face à la vie, il périt à la suite d’une noyade en 1975. Il paraît qu’il n’est que les meilleurs nageurs qui se noient.
Avec lui, la culture française perdait non seulement un grand artiste mais également un des derniers chevaliers de son histoire.














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Aujourd’hui: Sonny Burgess
Il n’était pas beau et un autre pas gâté par la nature, Roy Orbison en l’occurrence, l’avait accompagné. Il s avaient même essuyé les coups de feu d’un paysan mécontent alors qu’ils s’étaient égarés lors d’une tournée. Mais à la différence de son confrère albinos, le succès l’évita soigneusement. Il faisait lui aussi partie de l’écurie Sun et fut de tous les second couteaux de la firme l’un des plus sauvages, amenant le Jump Blues aux degrés ultimes de la sauvagerie. Albert Austin « Sonny « Burgess natif de l’Arkansas apparut pour la première fois en vinyl en 1956 avce « Red headed woman », puis laissa quelques autres titres du même excellent tonneau avant de se retirer, découragé par un public indifférent. Heureusement, le public européen sut plus tard le reconnaître, lui offrant ainsi une seconde carrière.


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Aujourd’hui: »L’invitation au voyage » de Peter Del Monte (1982)

Un jeune homme fou de sa soeur qui tente sa chance sur la scène Rock est au désespoir quant celle-ci (La soeur, pas la scène Rock!) meurt électrocutée dans son bain (C’est digne de Claude François) Il décide alors de transporter son corps dans un étui à contrebasse perché sur le toit de sa voiture. Il entreprend alors un périple parsemé de rencontres.

« L’invitation au voyage » , un titre Baudelairien pour un film poétique, passé relativement inaperçu lors de sa sortie et qui aurait mérité mieux que cette indifférence ainsi que l’oubli dont il souffre aujourd’hui. » Road movie » au sens plein du terme, il emmène son héros sur l’asphalte et, chemin faisant, le confronte à cette faune routière bigarrée. Un immigré turc, une jeune femme en recherche d’on ne sait quoi, un vieil homme amateur de Kim Wilde. Et d’autres. Mais ces figures pittoresques ne servent que de miroirs à la quête de ce personnage à peine sorti de l’adolescence qui ne se console pas de la perte de sa véritable moitié. Cette soeur adorée, cette jumelle dont il ressent la mort comme une mutilation.
Tout « Road movie » il faut la rappeler, est une quête dont l’objet n’est parfois révélé que lors de son dénouement. « L’invitatioe au voyage » ne fait pas exception à cette règle, dévoilant le désir profond du jeune homme seulement à la fin, emmenant le film aux limites du fantastique. Mais, chut! Il convient de ménager l’effet de surprise.
Plastiquement beau, typique du début des années 80 (Proche du « Diva » de Beineix) mais sans excès, travaillé dans son esthétique sans nuire au naturel des images, ni à l’émotion dégagée par le récit et ce en dépit de son caractère vénéneux. Une réussite à redécouvrir!
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Kung-fu étrange et métissé. Quand l’Italie, le Western et les arts martiaux font des petits, ça donne parfois de des enfants « différents »
1974…une année riche en bien des domaines. Notamment dans le domaine du cinéma. C’est l’année des « Valseuses » et du « Parrain II », de « Peur sur la ville » et de « Phantom of the Paradise ». Et de tant d’autres. Mais à côté de ces monuments du 7è art, il y avait aussi des gaudrioles venues d’Italie, grande pourvoyeuses du cinéma populaire, pour le meilleur et pour le pire. Ici, il s’agit plutôt du pire. Il reste cependant amusant, donnant encore une fois l’occasion de regretter le passé. Les mauvais films d’hier offraient au moins de quoi se divertir, ceux d’aujourd’hui…
Mais, revenons à nos moutons (Comme dirait « Topaze ») et à l’année 1974, qui fut grâce à la gloire posthume de Bruce Lee, celle de l’explosion des arts martiaux au cinéma et, plus généralement, dans la culture populaire. Bande dessinées, sports (Bien entendu!) et même chanson avec « Kung fu fighting » (Utilisée dans une scène très croustillante des « Galettes de Pont-Aven »?Un film très poivre et celte) Le fumet argentifère dégagé par ce nouveau filon ne pouvait qu’appâter les producteurs opportunistes ou…aux abois. En effet, des genres ou des firmes en bout de course voient là un moyen éventuel de se refaire. Ainsi, la Hammer injecte du Kung fu dans la série « Dracula » avec son « Dracula et les sept vampires d’or » censé amadouer les publics de l’horreur et des arts martiaux. Le film ne plut à personne.
En Italie, les producteurs ne se firent pas prier. Très vite, certains trouvèrent à redonner de l’oxygène au Western, notamment avec « Mon nom est Shangaie Joe » Il y avait d’ailleurs une certaine légitimité chez les italiens à se lancer dans le genre. Après tout, « La fureur du dragon » de Bruce Lee avait été tourné à Rome.
Quoiqu’il en soit et foin de l’introduction voici deux films, deux curiosités issus de cette vogue qui, bien que relevant du nanar, ont leur intérêt…à leur manière!
« Trois supermen en Orient/Crash che botte, strippo strappo stroppio » de Bitto Adalberto Albertini (1974)
Trois agents de la CIA (La CIA sur Rome, faut pas rêver!) sont dépêchés à Hong Kong pour sauver des otages américains. Bien sûr ils vont gagner.
« Trois supermen en Orient » est un mélange de deux genres, dont l’un particulièrement boiteux: le film de super héros transalpin. Pas de super vilains comme dans le remarquable « Danger Diabolik » de Mario Bava. Non de super héros dédiés au bien qui ne tentent pas cambrioler le FISC. L’ennui est que là ou les italiens réussirent souvent avec bonheur les histoires de personnages maléfiques, il en alla tout autrement des « gentils », fréquemment grotesques. Comme ces trois surhommes qui ne le deviennent qu’à la grâce d’un très seyant costume rouge et noir avec slip porté par dessus le pantalon. Eh oui, sans cela, les malheureux héros en prennent plein la poire, notamment par Lo Lieh (Prononcez Loli, c’est dit!) qui fut, il faut le rappeler, la première star du Kung fu à s’exporter, peu avant Bruce Lee. Lo Lieh qu va faire le lien avec le film suivant chroniqué ici. Mais n’anticipons pas. Sinon, foin des digressions, ces « Trois supermen… » faisaient partie d’une longue série dont le premier opus fut « Les trois fantastiques supermen » réalisé par Gianfranco Parolini en 1967 avec Brad Harris, ancien acteur de Péplum qui tentait là de se reconvertir.
Ces Hercules des temps modernes connurent donc plusieurs aventures, changeant régulièrement d’interprètes et de ton. Dans le cas qui nous intéresse, il est clair qu’on est dans la parodie, épaisse et que la légèreté du Kung fu ne parvient jamais à élever. Au contraire. Reste, et poussons pour l’occasion un cocorico, Jacques Dufilho qui fait du Kung fu en pétant et joue du violon aux cabinets.



Passons maintenant au film suivant.
« La brute, le colt et le Karaté/ La dove non batte il sole » de Antonio Margheriti (1974)
Un pistolero et un immigré chinois se lancent à la recherche d’un trésor dans l’Ouest américain. Pour ce faire, ils doivent trouver la carte qui indique l’emplacement dudit trésor, laquelle se trouve….tatouée sur la fesse d’une prostituée!

Revoilà Lo Lieh. Et le vieil habitué de l’Ouest italien, Lee Van Cleef. Lee et Lo Lieh, c’est-y pas mimi? Non? Bon, continuons. Alors là encore, l’apport des arts martiaux ne change pas grand chose à une recette usée à force d’être éprouvée – le trésor à récupérer en l’occurrence. Reste l’idée de la carte tatouée sur un postérieur est amusante ( Sans doute copiée par Kevin Costner dans « Waterworld » vingt ans plus tard, en moins drôle, il v sans dire!) , la présence d’Erika Blanc – une des rares femmes à avoir fait carrière dans le Western- et le charme que le film a pris avec le temps. Nostalgie…



A bientôt!
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La Castafiore pour de vrai!





