
-
Aujurd’hui: Gin Gillette
Pour descendre aux Enfers, quoi de mieux que le train? Comme le disait une publicité « SNCF c’est possible », en l’occurrence, ce serait plutôt Satan CF (t Hassan Cérf, merci les Nuls) Et qui fut le chef de gare de cet express de cet express de la damnation? La chef plutôt, si je puis me permettre, une certaine Gin Gillette qui enregistra quelques faces sous divers noms (Notamment des chansons pour Disney!) et qui se nommait en réalité Virginia Boyle. Mais so opus majorum reste ce « Train to Satanville » sorti en 1961, prototype du Goth Rock.


-
Aujourd’hui: Nikki Sullivan
L’autre type avec les lunettes…
C’était ainsi qu’était parfois qualifié Nikki Sullivan guitariste des Crickets, célèbres accompagnateurs de Buddy Holly. Mais pas que. Sullivan était un peu plus qu’un vague sosie du chef restant dans l’ombre de celui-ci avec son instrument. Il contribua par son jeu à la sonorité du groupe, et participa à l’écriture de plusieurs morceaux, dont » Not fade away » Puis il se lassa de son rôle de second couteau. Il tenta une carrière solo sans succès, laissant un simple chez Dot « It’s all over »
Les années passèrent, emportant Holly dans un accident d’avion et Sullivan dans l’oubli. Pire, la biographie filmée du musicien ignora le grand type à binocles « The Buddy Holly story » (Ainsi que Bob Montgomery) Heureusement, plus tard l’injustice fut réparé par la comédie musicale « The Buddy Holly story » (Bravo à l’originalité!) laquelle reconnaissait le rôle du musicien dans l’oeuvre de Holly qui, s’il était un grand du Rock, ne se fit pas tout seul.


-
Troisième partie.
« Blast of silence/Baby boy Frankie » de Allen Baron (1961)

Original Cinema Quad Poster – Movie Film Posters Un tueur à gages revient à New York, sa ville natale, pour y exécuter un contrat. Surviennent alors un amour de jeunesse non partagé ainsi que d’étranges personnages qui compromettent sa « besogne ».

Original Cinema Quad Poster – Movie Film Posters 
Un héros, ou plutôt un anti-héros massif voué au meurtre depuis l’adolescence. Une voix-off qui n’est pas la sienne mais celle d’un narrateur anonyme qui commente les actes de ce « Frankie » et traduit ses pensées pour le public. Un paysage urbain, celui de New York, qui semble écraser le protagoniste principal du récit et d’ou surgissent des êtres qui échappent à cet assassin sur commande. D’ailleurs, il semble bien que son arme est la seule voix qu’il puisse faire entendre au monde. D’ailleurs, la poudre mise à part, seul le silence explose ici. Pour traduire le titre de ce film qui resta inédit chez nous et ignoré chez lui. Allen Baron, son interprète dut en conséquence se cantonner à la télévision pour y mettre en boite à la chaîne des épisodes de séries télé. « Drôles de dames » notamment.
« Blast of silence » avec son héros qui ne sait que tuer et qui marche vers un destin terrible autant qu’inévitable, incarnation du biblique « Qui vit par le glaive périra par le glaive ». Fuit par les femmes, traqués par ses frères en tuerie, »Frankie » inspire cette compassion qu’on n’accorde qu’à minima. Parce qu’un être humain demeure un être humain, aussi odieux ou rebutant soit-il. Il y a une dimension presque métaphysique ici, un désespoir renforcé par le béton et l’ambiance hivernale qui imprègne chaque plan décrivant la chute d’une brute qui meurt surtout d’avoir été depuis toujours négligée.
Voila une oeuvre qui compte en cela qu’elle anticipe « Taxi driver », « Police fédérale Los Angeles » ou « Bad lieutenant », autres opus majorum de la solitude et de la violence urbaines. Plus qu’un chaînon manquant entre le Noir classique et le Néo-Noir, une prophétie sur l’avenir du cinéma américain. Cela fut finalement reconnu plus de quarante ans après la production du film via un documentaire consacré à son auteur. Mieux vaut tard que jamais. Mais n’était-ce pas trop tard?
-
Deuxième partie.
» Traquenard/Party girl » de Nicholas Ray (1957)
Un avocat corrompu au service de la Mafia se remet en question quant l’amour qu’il porte à une danseuse l’oppose à un de ses clients criminels.

Hybride entre Noir et Comédie musicale, « Traquenard » appartient à ces fins de cycles ou des fusions sont tentées afin de sauver un genre. Le résultat est ici une réussite d’autant plus intéressante que la réunion de ces deux types de cinéma fut assez rare. Il y eut bien une référence au Noir au détour d’une séquence de « Chantons sous la pluie », plus tard, il y eut « Bugsy Malone », parodie chantée de films de gangsters jouée par des enfants. Mais cela reste des exceptions. Soit, les danseuses et le monde de la scène servent souvent de toile de fond au Noir, elles peuvent être des figures centrales de l’histoire -comme dans le cas présent- mais il est bien rare de les voir dans l’exercice de leurs fonctions. Les numéros brillamment exécutés par Cyd Charisse apportent un supplément visuel appréciable, mais ils créent également un contraste entre la féerie scénique et la noirceur du monde vicié des truands. Outre cette idée passionnante tant sur le plan pictural que thématique, il y a le personnage de Cyd Charisse qui amène celui de l’avocat joué par Robert Taylor à une sorte de rédemption. Ce dernier est un boiteux physique mais aussi moral – c’est un homme, certes d’une grande intelligence, mais qui s’est mis au service du crime. Aussi l’arrivée de cette femme va-t-elle être un exemple de « Miracle de l’amour » puisque cet de homme de loi à la solde des hors la loi va s’opposer à ceux qui le font vivre.
Après un passage par la case prison, il se trouvera racheté, rédimé et Cyd Charisse accomplira une dernière danse. Fin heureuse. C’est là que la bat blesse tant ce dénouement semble ajouté pour complaire au studio (Gros budget oblige) et tendrait à donner raison à Etienne Chaumetton qui date la mort du Noir en 1955. Ce n’est pas exact cependant, si l’on prend le genre dans son ensemble à cette époque. Pour ce qui est de « Traquenard » il s’agirait plutôt d’un défaut propre à la décennie ou il a été fait. Une auto-censure imposée à la fois par les sociétés de production et la société tout court. On pourrait aussi évoquer la retenue parfois excessive de Nicholas Ray, fréquente faiblesse chez ce cinéaste pourtant parmi les plus talentueux de son temps.
Cela dit, il convient de ne pas cracher dans la soupe. « Traquenard » ne manque pas de qualités, outre son esthétique, il comporte quelques audaces, telles les séquences de règlements de compte qui annoncent quelque peu ceux du « Parrain ». Curiosité et très bon film – deux choses qui ne vont pas forcément ensemble- « Traquenard » souffre de ne pas être tout à fait abouti. Ce qui n’interdit pas de le voir!



A suivre!
-
Le Film Noir, vaste sujet. Avec ses classiques, ses chefs d’oeuvre, ses ratés et ses oeuvres quelconques. Mais aussi ses raretés. Ses étrangetés. En voici quelques unes, qui montrent en dix ans comment le classicisme a cédé la place à…..autre chose. Bon voyage!
» The fat man » de William Castle (1951)
Avec le secours d’un détective privé aussi obèse qu’astucieux, la secrétaire d’un dentiste enquête sur le meurtre de son employeur.

Le gros monsieur du titre est le détective privé Bradford Runyan héros d’un feuilleton radio très populaire à la fin des années et, semble-t-il, déjà interprété par le comédien J. Scott Smart qui reprit à l’écran le rôle qu’il avait crée sur les ondes. Pourvu d’une intrigue classique, le film relève de la catégorie « Meurtre et mystère » du Film noir et réserve de ce point de vue peu de surprises. Là ou se révèle vraiment intéressant, c’est dans son atmosphère inhabituelle qui tient d’abord à l’obésité du personnage principal, une caractéristique relativement rare. Il en va de même pour un certain nombre du détails, le clown qui ne retire jamais son personnage ou encore le cadre quelque peu trivial d’un cabinet de dentiste.

L’accumulation d’éléments incongrus crée une atmosphère spécifique qui s’écarte du Film noir traditionnel et trahit l’origine radiophonique du sujet, proche de la bande dessinée. Certes, il existe dans le genre une tendance à explorer les marges, mais un héros excentrique est en revanche très rare, du moins à l’écran. En littérature, il y avait bien « Nero Wolfe, l’homme à l’orchidée »(Dont l’adaptation télévisée fit le bonheur du public de « Dimanche Martin » dans les années 80) figure récurrente des romans de Rex Stout. Mais c’était en littérature, laquelle a toujours été plus libre que le cinéma. Dans ce cas précis, il est d’ailleurs permis de se demander si le limier de Stout n’a pas servi de modèle à celui du feuilleton à l’origine du film de Castle. Comme Nero Wolfe, Runyan passe le plus clair de son temps dans son bureau et la cuisine de son chef qu’il regarde préparer les plats dont il se délecte. Plus fort que Maigret, Runyan, il ne se donne même pas la peine d’aller au bistrot.

En cela, Castle avait près de vingt ans d’avance, anticipant sur les privés atypiques qui peupleraient la télévision et, dans une moindre mesure, le cinéma. Castle anticipait aussi sur son propre cinéma qu’il orienterait clairement vers l’étrange voire le fantastique quelques années plus tard. Soit, il avait peu avant manifesté un goût pour le bizarre. S’attaquant au thème du trafic de drogue dans « Johnny Stoolpidgeon » ou le nanisme dans « It’s a small world » Mais dans le cas qui nous occupe, il osait dans une oeuvre modeste un mélange rarement tenté auparavant. Le metteur en scène ne considérait uère ce film, ne lui reconnaissant comme mérite principal la présence de Julie London (La fille du calendrier!) et Rock Hudson. A propos de ce dernier, il avait ironiquement subi une intervention dentaire comme son personnage d’escroc dans le film de Castle.



A suivre!




