
-
Aujourd’hui: « La Cyclope » (1978) et « La forteresse de Makiling » (1979) de Jean Van Hamme.
Vous ne l’aviez pas demandé mais vous l’aurez quand même, à savoir un article sur deux opus de l’auteur belge Jean Van Hamme mettant en scène l’aventurier monténégrin et fils de milliardaire Largo Winch. Avant d’être décliné en bande dessinée et au cinéma, ce héros naquit en littérature. Ses aventures sont dans le ton des romans de ce genre depuis la création d’un certain agent secret britannique. Action, exotisme, érotisme (Très présent ici) intrigues politico-économiques internationales, violence et surtout des méchants pittoresques et inquiétants, en l’espèce particulièrement réussis.
Si j’insiste sur ce point c’est que l’important ce sont les doubles négatifs du héros. Parce qu’ils sont à la fois la source et l’ornement du récit. Parfois séparément tel le traître qui veut la peau de Winch dans « La Cyclope » se sert d’une redoutable tueuse – la monstresse du titre- pour parvenir à ses fins. Ou tout à la fois comme dans « La forteresse de Makiling » lequel volume projette le héros entre de redoutables terroristes qui ont pris en otage son meilleur ami et les militaires réguliers (L’action se déroule aux Philippines alors sous la botte de Ferdinand Marcos)
Concernant la fonction d’ornement du méchant, il faut reconnaître que ceux des « Largo Winch » font très bien le travail. La Cyclope est une ancienne déportée qui a pour amant un attardé mental répugnant et qui doit son infirmité à son bourreau SS…Celui-là même qui l’emploie pour se débarrasser de Winch!
Puisqu’il est question d’ornementation, il est bon de parler des personnages secondaires. L’avocat militaire minuscule qui finira la fesse déchirée par des chiens, ou encore (Allez, je me répète!) l’amant de la Cyclope incapable d’ouvrir la bouche sans baver.
Bon, j’ai peu parlé de l’intrigue, en l’occurrence, ce qui compte ici n’est pas tant l’intrigue que ce qu’elle génère ou, plus exactement, elle ouvre la porte sur un univers d’une fantaisie d’autant plus débridée qu’elle n’était pas sous la surveillance des censeurs qui ne relèvent désormais plus de l’état mais de conglomérats de frustrés.
En cadeau, cette très belle illustration de Georges Pichard.



-
Aujourd’hui: The Fabulous Wailers
Apparus à la fin des années 50 dans l’état de Washington, les Fabulous Wailers s’imposèrent dans le monde du Frat Rock, tendance plutot que genre musical réunissant des orchestres étudiants (Frat étant l’abréviation de « fraternity » ou confrérie universitaire) jouant les succès du moment. De préférence dans des versions instrumentales. Instrumental. Un mot clé en cette fin des Fifties ou le Rock’n’Roll – avec le Surf Rock qui se profile- ou la part belle est faite aux virtuoses de l’instrument (Quoique la voix soit un instrument pour un chanteur) suite au triomphe parfumé de scandale du « Rumble » de Link Wray. Les Fabulous Wailers vont s’engouffrer dans cette brèche, se taillant quelques succès dont le plus important fut « Tall cool one » Ils recrutèrent ensuite un chanteur, un certain « Rockin Robin Roberts » avec lequel ils enregistrèrent l’album en public « At the Castle » en 1961. Ils s’y montrent éclectiques reprenant, outre leurs propres morceaux, quelques titres Soul.
Un peu plus tard, le groupe s’orienta vers le Garage, ainsi que le montra le 33 tours « Out of our tree », mais ça c’est une autre histoire. C’était pour dire qu’il s’agissait d’un exemple parfait d’évolution du Rock’n’Roll vers le Garage.


-
Aujourd’hui: Bobby Fuller
Bobby Fuller, natif d’El Paso, état du Texas, cumula beaucoup au cours de sa courte vie. D’abord, il fut l’un des phares de ces années 60/64, No man’s land du Rock pour nombre d’experts. Buddy était mort. Eddie était mort. Chuck en prison. Little Richard dans les ordres. Elvis englué à Hollywood (Vrai!) et dans le sirop (Cela se discute) Les « Bobbies » beuglaient leurs romances aseptisées etc, etc. Air connu.
Pourtant, taille de l’Amérique oblige, il subsistait de petits labels qui portaient encore le flambeau envers et contre tout. Mais c’est un autre sujet. Il se développa durant cette période mal aimée ce qui allait devenir le « Garage Rock ». Il y avait aussi le Surf Rock. Et le Frat Rock. Autant d’héritiers des Fifties qui taillaient chacun leur part du gâteau laissé par les anciens tels les fils de Charlemagne. Bobby Fuller constitue le chaînon manquant entre le Rockabilly désormais dans les marges et le Garage encore embryonnaire. Il fut également le continuateur de Buddy Holly, et magnifia le titre devenu depuis mythique « I fought the law’ écrit par un ancien comparse du génie texan à binocles, Sonny Curtis. Sa version servira d’ailleurs de références à tous ceux qui s’y frottèrent par la suite, Clash ou Dead Kennedys.
Bobby Fuller quitta ce monde en 1966. Pour des raisons qui resteront sans doute à jamais inconnues.


-
Aujourd’hui: The Trashmen
Ces éboueurs venaient du Minnesota et pratiquaient le Surf Rock. Une idée extravagante dans un état ou on se gèle les coucougnettes le plus clair de l’année qui ne pouvait venir à l’esprit des quatre gaziers que sous l’influence de l’air du temps. Tout le monde surfait en ce temps là des plages de sable fin de la Californie à la presqu’île de New York en passant par le désert d’Arizona. Sur une guitare, cela va sans dire. Bien peu de ces musiciens auraient été à l’aise sur une planche perché sur une crête. Ils furent des milliers ainsi, parmi eux quelques uns se distinguèrent. Dont les Trashmen. Par leur nom d’abord et ensuite et surtout, par ce « Surfin’ bird » chanson qui pourrait prétendre au titre d’un des morceaux les plus bêtes du monde. Composé de « Papa oom mow mow » et « The bird the word » des Rivingtons, groupe noir de Los Angeles. « Surfin’ bird » remporta un immense succès et fut d’ailleurs le seul que connut le groupe qui se sépara en 1967 après cinq ans d’existence. Néanmoins, une bonne action n’étant jamais perdue, le triomphe de « Surfin’ bird » survécut aux Trashmen, faisant l’objet de nombreuses reprises notamment par les Cramps et les Ramones mais aussi, plus surprenant, par le groupe de Métal « Sodom ». Le cinéma s’en servit ainsi que le prouvent « Full metal jacket » ou « Pink Flamingos » (Stanley Kubrick et john waters, des références!)
Une telle popularité ne pouvait qu’amener les éboueurs à se reformer. Ce qui advint. Allez, on prend son souffle « When everybody says about the bird….. »


Ci-dessous, le véritable « Surfin’ bird »!






