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Aujourd’hui: coup de chapeau aux nanars!
1979/1980. Espace temps pendant lequel furent réalisés les…chefs d’oeuvres chroniqués dans cet article. C’était le temps du Giscardisme finissant et du nanars à la chaîne, en particulier des comédies que d’aucuns qualifient de « Pouet pouet ». Mais il en est des nanars comme de bien d’autres choses: ils ont eux aussi une hiérarchie. Leurs aristocratie, leur roture, leur plèbe et même leurs réprouvés. C’est de ces derniers dont il va être question ici. Deux comédies oubliées à juste titre qui n’ont de remarquables que d’être en dessous des standards des films comiques ou brillaient Jean Lefebvre, Pierre Tornade ou Darry Cowl.
« Les aventures de Guidon futé » de Jean Marie Durand (1979)
Un modeste provincial débarque à Paris pour y étudier le chinois. Le film le suit dans son quotidien entre études, petits boulots pour subsister et amours éphémères.

Croyez le ou non, mais je n’ai lu aucune critique fut-elle négative des « Aventures de Guidon futé », film maudit en un sens car réalisé en 1978 – ou 1979, c’est selon- il ne sortit qu’en avril 1980. Et ne tint l’affiche que bien peu de temps en dépit des efforts des publicitaires qui en changèrent le titre. Ainsi, cette comédie passa du peau rouge cycliste au Bardot masculin en devenant « Sois beau et tais toi ». Il existerait paraît-il un autre titre alternatif « Tais toi et mange ta soupe » Deux labels qui trahissaient à la vérité le contenu. Car il ne s’agit nullement ici de la beauté du ‘héros » et encore moins d’une injonction à manger une soupe, du genre que celle qu’on adresse à un enfant capricieux. Non, là il est question d’un adulte, certes immature, mais physiquement achevé. Il suffit pour s’en convaincre de voir ses nombreuses aventures. Par ailleurs, il circule bien à vélo -un tandem, qui plus est- et se montre déguisé en indien de carnaval lors d’un spectacle forain. Bon, mais à part ça? Eh bien pas grand chose. Même pas les moments de délire qu’on trouvait dans les bandes ou figuraient Lefebvre et compagnie. C’est pour cela, ainsi que je le disais en introduction, que « Les aventures… » relèvent de la plèbe de la comédie bas de gamme et ce malgré la présence d’un ténor du genre au générique Henri Guybet (Au demeurant excellent acteur). A tel point que Jean Marie Durand, le réalisateur, se limita à cet opus dans le cinéma normal, le reste de sa carrière derrière la caméra étant consacrée au porno. Il occupa par ailleurs divers postes allant de la production à la comédie, pour des films aussi divers que « Les granges brûlées » « Je ne sais rien mais je dirais tout » ou « La vampire nue »
Que reste-t-il de ce naufrage? Alain Ganas, le Guidon du titre, qui fit son trou à la télé notamment des séries telles « Les boeufs carottes » ou « Joséphine ange gardien » (Mon Dieu!) Quant à la belle, l’amour de la vie du Guidon, la regrettée Ysabelle Lacamp (Elle nous a quitté l’année dernière) , elle eut une carrière discrète en tant qu’actrice de troisième ordre mais réussit dans le best-seller. Je l’ai déjà évoquée mais je tenais à le dire.
Une dernière précision, Durand avait réalisé en 1974 le court métrage « Présentez moi votre soeur » qui était l’embryon des « Aventures de Guidon futé »

A suivre!
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Aujourd’hui;: « Jour de fête » (1949) et « Les vacances de monsieur Hulot » (1953) de Jacques Tati.
Certains s’étonneront de voir dans ce blog une chronique consacrée à Jacques Tati. « Quoi, ce type- le type, c’est moi comme le type du véhicule des Frères ennemis- avide de sexe et de sang verse dans le cinéma candide de Tati? Serait-il malade? En fait, non.
Mais avant d’aller plus loin, je vous dois à vous mes lecteurs un aveu. J’ai mis du temps à vraiment apprécier le ton et l’humour du créateur de monsieur Hulot. Pourquoi? Je n’en sais rien. Cela a prit du temps. Toujours est-il que ce cheminement m’a mené à aimer cette oeuvre jusqu’à me fendre d’un article sur le sujet.
Sans plus attendre, commençons par le commencement ainsi qu’indiqué en début d’article et donc par « Jour de fête ». Un facteur de cambrousse entiché de la fille du boulanger se met en tête d’imiter ses homologues américains qu’il a vu au cinéma du coin. Il provoquera en conséquence une suite de situations cocasses dont la dernière sera un retour aux champs.
Que dire? Tati et son oeuvre étant déjà l’objet de nombreuses études, analyses et dialyses (C’est pour la rime en solidarité avec les diabétiques, d’ailleurs j’ai connu une dame dont le mari… euh, j’arrête là, c’est une autre histoire!) Sérieusement, il est difficile avec un tel corpus de trouver quelque chose d’original à dire. Allez, lançons nous, et hardi petit!

En fait, le thème de « Jour de fête » est des plus simple. L’irruption de la modernité made in USA dans le mode de vie français en l’occurrence le monde rural. Le facteur au centre du récit,en est à la fois l’incarnation et le gardien de par sa fonction, ce qui rend ses tentatives d’imitation de ses confrères d’Outre-Atlantique d’autant plus comiques. Ce brave représentant des PTT y met d’ailleurs du sien pour nous faire rire avec sa candeur maladroite qui transforme chaque moment de ce « Jour de fête » en happening comme le fera plus tard Pierre Richard dans ses rôles de distraits. Aussi le retour aux champs représente-t-il le retour à la raison et à un mode de vie traditionnel.
Au-delà de cet aspect sociologique, il y a le style de Tati qui est en train de se former. Comme dans ses films suivants, il centre le récit (Quoique le terme n’est ps tout à fait approprié en l’espèce) sur un personnage en décalage avec son environnement. Ici, c’est une influence extérieure qui pousse le facteur à sortir du lot, facteur qui est un personnage intégré au village. Ce qui ne sera plus le cas dans les autres films de Tati. Ensuite, si les dialogues ont une place, ils en laissent beaucoup à l’image. En cela, Tati rend ses droits à l’humour visuel qui semblait enterré depuis la fin du Muet. Enfin, Tati montre son attachement pour une France provinciale déjà menacée par la modernité.



Il est temps maintenant de passer aux « Vacances de monsieur Hulot », chronique des vacances en bord de mer de monsieur Hulot, un homme pour le moins original dans la foule des vacanciers.
Cette fois, on y est! Tati a trouvé son totem, monsieur Hulot. Un estivant parmi d’autres ou presque. Une allure faussement banale avec son chapeau trop petit et son imper trop grand, un clown discret et mutique à la bouche close par sa pipe. Il ne fréquente ni ne rejette personne, se mêlant parfois à ses frères et soeurs en villégiatures (Voir la séquence très poétique du bal masqué) Il semble chercher on ne sait quoi, le regard rivé vers l’horizon et nous sert de guide dans cette micro-société des loisirs. Monsieur Hulot c’est l’oeil de Tati, ironique mais jamais méchant. Comme dans « Jour de fête », Tati peint un tableau de la France et des français d’Après-guerre….mais un peu plus tard. Quatre ans après les aventures du facteur, les loisirs de masse font désormais partie du paysage, empiétant sur les anciennes réjouissances. Et ce n’est pas la seule différence. Là ou « Jour de fête » montrait un membre reconnu de la société sortir du rang le temps d’une journée, « Les vacances… » met en scène un personnage dont on ne sait rien et dont la présence paraît incongrue…sans pour autant choquer.
Le style de Tati s’impose ici via la création d’un personnage appelé à réapparaître dans le reste de l’oeuvre du cinéaste et, à terme, devenir une sorte de légende. Les dialogues sont considérablement réduits rapprochant parfois « Les vacances… » des premiers temps du cinéma mais le son n’est toutefois pas oublié, captant des bribes de conversations de façon faussement négligente. Afin de créer u contraste avec le silencieux monsieur Hulot.
Et c’est pour le moins novateur, en tout cas personnel. Tati était pour cela et bien d’autres raisons un grand cinéaste et qui n’eut sans doute pas la reconnaissance qu’il méritait. Et surtout pas par la Nouvelle vague dont un des membres éminents, François Truffaut, trouvait Tati « Laborieux ». Scrogneugneu!




Statue de Jacques Tati à Saint Nazaire ou furent tournées « Les vacances de monsieur Hulot »

A bientôt!
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Aujourd’hui: « Les diaboliques » de Henri Georges Clouzot (1955)

Michel Delasalle dirige un pensionnat de garçons en province qui est en fait la propriété de sa femme Christina, également professeur dans l’institution. Delasalle entretient relation houleuse avec cette dernière qui en souffre. Il a par ailleurs une liaison avec une autre enseignante Hélène Horner. Malré ou à cause de leurs rivalité, les deux femmes s’accordent pour mettre sur pied l’assassinat de celui qu’elles considèrent comme leur bourreau.

« Les diaboliques » ou l’homonymie comme moteur de la création. Inspiré du roman homonyme de Boileau et Narcejac (Duo très aimé du grand écran, voir par ailleurs « Sueurs froides) également homonyme du magnifique recueil de Barbey D’Aurevilly – dont une citation apparaît avant le générique d’ouverture. Outre ce nom omniprésent, le film et les deux livres partagent le thème de la femme à la fois victime et tortionnaire, telle l’héroine de la nouvelle du livre du grand Barbey « La vengeance d’une femme ». Mais attention, on reste ici dans un suspense de l’après-guerre finissante, situé dans un environnement provincial, banal…et d’autant plus propice à l’étrange. Oui, l’étrange car « Les diaboliques » tire l’intrigue criminelle vers le territoire du fantastique sans vraiment y entrer. Pour preuve, les touches de mystère qui s’accumulent au fil du récit pour aboutir au climax final d’une horreur et d’un insolite inédit pour l »époque. Clouzot s’offrait là un moment de délire que la conclusion rationnelle de l’intrigue effacera. Contredite par une ouverture vers le surnaturel audacieuse dans sa discrétion même.

Il est indispensable de parler des acteurs. Confirmés comme Paul Meurisse (Parfait en ordure élégante) Simone Signoret (La duplicité même) et Vera Clouzot, victime ambigue (Dont la relation avec son mari, Clouzot n’était pas si éloignée de celle de son personnage avec Paul Meurisse. A noter pour la petite histoire que la plus grande difficulté pour elle fut de contrôler son accent sud-américain à couper au couteau paraît-il) Et puis il y a ceux qui attendent leur heure, Michel Serrault en surveillant et un jeune Johnny Hallyday qui aurait pu faire une carrière sur grand écran, mais que le destin plaça sur la scène ou il devait briller de milles feux.

Un jeune Jean Philippe Smet comme à l’affût derrière Simone Signoret.

Enfin, il faut parler de l’impact du fil qui conut un immense succès critique en France et au-delà des frontières, notamment aux Etats-unis, mais aussi en Italie ou il fut le ferment du Giallo qui devait éclore une quinzaie d’annèes plus tard. Preuve de la pérennité de son influence, il eut droit à un remake réputé raté en 1996 avec Sharon Stone et Isabelle Adjani. Un classique hors du temps à voir et à revoir!

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Il était natif du Texas, un athlète accompli, un parachutiste, un chanteur, un acteur. Il contribua avec Gram Parsons et quelques autres à dépoussiérer la musique Country. Il composa en seulement un quart d’heure pour draguer une secrétaire « Me and Bobby McGee » qui devint un classique repris par tout le monde de Janis Joplin à Jerry Lee Lewis, en passant par Eddy Mitchell et Johnny.Il joua souvent pour Sam Peckinpah, pour lequel il incarna Billy le Kid, un motard violeur (Un de ses rares rôles de salauds) et un camionneur rebelle. Il participa à l’entreprise désastreuse et depuis réhabilitée de « La porte du Paradis » de Michael Cimino.
Il fut la synthèse de l’Amérique traditionnelle et de celle des hippies et l’une des dernières incarnations du héros américain. Pugnace quant il dut s’imposer à des producteurs qui ne voulaient pas de lui. Ce qu’il raconta dans sa chanson « Beat the Devil »
So long, Kris!




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Aujourd’hui: Lieutenant commander David Birkin.
Cette rubrique en principe à caractère militaire va se teinter d’une nuance de carnet mondain car, oui, David Leslie Birkin, lieutenant commander de la Marine de sa gracieuse majesté était le père de Jane. Jane B, muse du beau Serge, je t’aime moi non plus, la garçon, le fille. Mais s’il arrive que des parents existent grâce à leurs enfants (Jean Christophe Mitterrand, Louis Chédid, etc, consultez le bottin) ce ne fut en rien le cas de David Birkin. Agent du renseignement militaire qui aida nombre de nos résistants à débarquer sur nos côtes, mais j’y reviendrais. David Birkin était bien un homme d’action qui entretint des liens étroits avec notre pays, ce qui tombe bien dans ce blog certes centré sur la culture internationale mais d’abord française. Il aida à débarquer de nombreux résistants au large du Finistère, dont un certain Francisque Mitterrand (Eh oui!) ce qui lui demanda d’autant plus de courage qu’il avait le mal de mer et une instruction navale limitée. Ses faiblesses étaient toutefois compensées par sa formation d’artiste et sa vue exceptionnelle qui lui permettaient de visualiser les routes maritimes et de reproduire sur papier les rochers éventuels. S’ajoutait à cela un bagage mathématique conséquent.
Ses sorties en mer l’amenèrent à se lier à une famille Tanguy et à développer une profonde admiration pour la résistance française. Chose rare pour un britannique. Peut-être a-t-il transmis cet amour à sa fille, pour la France ainsi que pour la Bretagne, ou Jane B avait une résidence. David Birkin fut non seulement un héros mais aussi un ami de la France. Qu’il en soit doublement remercié.








