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Aujourd’hui- « Les loups dans la bergerie » de Hervé Brombergé (1960)
Trois truands évadés trouvent refuge dans une maison isolée des Alpilles qui se révèle être un centre de rééducation pour délinquants juvéniles.

Peu connu, « Les loups dans la bergerie » conte les mésaventures conjointes de truands en fuite et de leurs « hôtes » forcés. Ainsi le film met face à face des criminels endurcis et de jeunes pousses délinquantes, pour beaucoup victimes de leurs familles. Entre la violence des adultes et celle de la jeunesse, il y a le couple d’éducateurs qui croient profondément à leur mission rédemptrice. Les nombreux thèmes sont abordés avec sobriété et même avec une dureté inhabituelle pour l’époque, faisant de « Les loups dans la bergerie » un précurseur du « Total western » de Eric Rochant. Le réalisateur Hervé Brombergé utilise très bien le décor des Alpilles et accomplit un travail soigné et pertinent sur le son, tirant davantage parti des silences des sonorités naturelles que de la musique (Signée Serge Gainsbourg, soit dit en passant) qui n’intervient qu’aux moments clés. L’interprétation est excellente, à commencer par celle de Pierre Mondy qui surprend en brute cruelle et stupide. Le commissaire Cordier était encore loin. A noter enfin dans un petit rôle une toute jeune Françoise Dorléac qui apparaît brièvement seins nus.
A voir!




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Aujourd’hui: L’AMI 6.
Incontestablement la mal aimée des français, le tacot ridicule réservé aux nécessiteux, le quatre roues dont on a honte. Mais ce n’est pas le pire. Il existe une légende selon laquelle l’AMI 6 aurait eu son parent pauvre. La Jardinière. Il existe une autre légende – familiale, celle-là- selon laquelle mon oncle en aurait possédé une que mon cousin alors jeune enfant persistait à appeler la « Niardinière ». Mais ce n’est pas le sujet. Si ce parent pauvre avait son parent pauvre, qu’est-ce que ça devait être! Quoiqu’il en soit, en voici quelques images, qui évoquent la France d’autrefois. En guise de post-scriptum, la malheureuse a été réhabilitée depuis. En effet des amateurs ne se contentent pas d’en acheter, certains vont jusqu’à les restaurer. Est-ce là le syndrome du bonheur qu’on reconnaît au grand bruit qu’il fait en claquant la porte?

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Nouvelle rubrique consacrée à l’habillement masculin.
Aujourd’hui: La Plaid jacket.
Apparue en 1949 aux Etats-unis, la Plaid jacket offrit une alternative au smoking classique. Faite de tissu écossais ou tartan (« Plaid » en anglais américain) rappelant les racines irlando-écossaises de nombreux américains elle connut une popularité considérable jusqu’au milieu des années 60. Signe d’un pays en pleine prospérité qui découvrait la société des loisirs. Elle créa le scandale lors de son apparition au Royaume uni ou les journalistes de mode locaux s’offusquèrent de tant de vulgarité. Ces derniers corrigèrent le tir quand le roi George VI se montra en public vêtu de la veste honnie. Les plumitifs dirent alors avec une mauvaise foi toute insulaire « Le roi n’a porté ce vêtement que lors de réunions privées » ou encore « Le roi y apportera de la distinction! » Quoiqu’il en soit, le cinéma finit de rendre iconique la fameuse veste en la collant sur les épaules de John Cazale incarnant Fredo, le fils maudit de la famille Corleone dans « Le parrain II »



Version militaire de la Plaid jacket, la « Mess jacket »

Hommage à John Cazale, inoubliable Fredo du « Parrain II »

A bientôt!
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Aujourd’hui: le Dakota building.
Je n’aurais jamais pensé le faire un jour dans ce blog, mais ça y est, j’y suis. Je verse dans la rubrique pipeule (People en anglais San Antonio) Certes, le Dakota building est entaché d’une réputation sinistre. Roman Polanski y tourna « Rosemary’s baby » peu avant l’horrible meurtre de sa femme Sharon Tate. Lors de son procès, l’assassin de Sharon Tate, Charles Manson justifia son acte en invoquant Satan, la guerre raciale et la chanson des Beatls « Helter skelter ». Interrogé lors dudit procès, John Lennon répondit que la ballade sur les montagnes russes, ce n’était que du Rock’n’Roll. Comme par hasard, Lennon s’en alla habiter le Dakota devant lequel il se fit dessouder à coups de revolver par un gardien de parking grassouillet, Mark Chapman. Selon les dires de ce dernier, il aurait joué au ball-trap sur l’ancien Fab four à cause d’une pochette de disque. Ou ne vont pas nicher les excuses, quand même. Mais revenons à nos moutons. Oui le Dakota fut aussi un lieu de résidence pour les pipeules. Né du sol ingrat de la Nouvelle Angleterre à une époque ou le béton lambinait encore, il s’élevait majestueux au milieu du vide, au point qu’on pouvait depuis son sommet voir l’état du Dakota. Il est à ce titre le plus vieux bâtiment de la ville de New York, un exploit en Amérique du nord ou on a le bulldozer facile. Et c’est ainsi que purent s’installer des noms prestigieux. Lauren Bacall et Humphrey Bogart (Non, pas Humphrey Bensucermoi!) ou encore Leonard Bernstein. Et bien sûr, et sans oublier, le docteur Winston O’Boogie, John Lennon.
Allez, je me suis fendu de cette article. Pardonnez moi. A bientôt!







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Aujourd’hui, il ne sera pas question d’un artiste en particulier mais de plusieurs. Ces derniers ont en commun d’avoir assuré la transition entre deux époques. Non pas tant entre deux décennies qu’entre deux époques. Le Rock’n’Roll n’est pas mort en 1960, contrairement à ce que certains affirment péremptoirement. D’ailleurs le Rock’nRoll conçu dans les Fifties n’est pas mort pour ce qui me concerne. Parenthèse fermée. Donc, avant d’aller plus loin, il convient de définir cette période. Par un repère temporel. 1958/1962. 1958/1962. Le service militaire d’Elvis. Les morts de Buddy, Richie, Big bopper et Eddie. Little Richard dans les ordres et Chuck Berry en prison. L’arrivée des soporifiques Bobbies. Bref, tout cela sent la fin d’u monde. Et pourtant…et pourtant. Au milieu de l’eau de rose et de la tragédie, il se passe quelque chose que peu d’historiens évoquent. Des musiciens mélangent à ce moment expérimentation et durcissement. Beaucoup font de l’instrumental, préfigurant le règne tardif des « Guitar heroes ». Link Wray qui avec « Rumble » pourra se vanter d’être l’auteur du seul morceau instrumental interdit pour « incitation à l’émeute » Duane Eddy, champion du son « Twangy » qui sublimera le titre génial d’Henry Mancini « Peter Gunn » (Ou quand le Rock rencontre le Polar) D’autres beaucoup plus obscurs s’engouffrèrent dans cette brèche, tel le canadien Ray Ethier avec son « Slave girl » qui donne à regretter que son auteur n’ait pas continué. Et le phénomène s’étendit au reste du monde et forcément au Royaume uni avec les très étonnants Frogmen (Qui n’eurent malheureusement pas la bonne idée de se déguiser en hommes grenouilles, mais passons)
Mais si cette portion d’espace-temps fit la part belle aux guitaristes muets, des vocalistes y trouvèrent également leur place. Ronnie Dawson qui sorti sous le nom de Commonwealth Jones des chansons à la longueur inhabituelle pour la période tel l’excellent « Do do do ». Il y eut aussi les excités et éphémères « Ralph Nielsen and the chancellors » dont le titre « Scream » se passe de commentaires.
Que retenir de tout cela? Que les années 1958/1962 furent un chaudron bouillonnant sur le plan artistique. Mais qui devait aboutir à quelque chose de nouveau. Forcément. (Comme aurait dit la mère Duras) Des artistes incarnèrent parfaitement cette transition, les Fabulous Wailers, que j’ai déjà évoqué dans ces pages, qui passèrent du Frat-Rock au Garage. Mais aussi et peut être plus encore, Paul Revere and the raiders. Bien avant la gloire en costumes de la Révolution américaine, le groupe de Mark Lindsay entra dans la danse avec l’instrumental « Orbit ».
Un pas avant la célébrité. Une manière de préparer le terrain pour le Garage Rock, dont ils comptèrent parmi les précurseurs et, en un sens, les représentants. Mais ça c’est une autre histoire! 1958/1962!
















